Noël Rasendrason
Publié le 12/09/2011

37 kilomètres


NR sera un jeune prodige du dessin dans environ 10 ans.

D’ici-là, il en profite pour faire des choses diverses et variées, comme

- imprimer des photos de requins, 
- ouvrir des brèches dans le continuum espace-temps (et dans les tomates), 
- du graphisme,  
- et surtout, les dessins de La Dissonance des Corps.

Sans pitié aucune, il publie un premier recueil de ces dessins en mars 2011 aux édition Lapin.

Tout est là :

http://donne-moi-ton-ballon.blogspot.com

 

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Le 15 janvier 2015 à 12:09

Des histoires

« La flamme est un monde pour l’homme seul »Gaston Bachelard Sous le ciel bas et lourd (de la connerie) qui pèse comme un couvercle, le lendemain est advenu et il a bien fallu mettre un jour devant l'autre. Nous, les grands, encore choqués du coup de conscience derrière la nuque, du morceau de coeur arraché, du recul infligé à la petite épaule rougie de la liberté après la déflagration. Et vous, les petits, nos petits, ou sonnés, ou perdus, ou aussi méticuleusement que possible protégés de l'avalanche lourde et froide, perpétuelle, de tous ces mots accumulés pêle-mêle sur l'ère du temps. Des mots comme terroriste, attentat, prophète, traque, manifestation, otages, juif,  etc. Tous ces mots qui n'expliquent rien. Toutes ces petites boîtes à peur. Lorsqu'on n'y prend garde ce genre de graine ne fait rien pousser de bon. Alors tout le long du jour je m'échine, parce qu'à 5 ans on ne comprend pas le lien entre un dessin et un cadavre, à t'épargner des giboulées sanguinolentes de la bêtise. Télé éteinte bien sûr (ça c'est la base) mais surtout, tenter de t'abriter sous le parapluie de mon rire de cette pluie perpétuelle d'oiseaux morts, de jugements et d’avis, qui tombent partout de la bouche des gens autour de nous, et dont on met un peu plus de temps à trouver la tache incrustée de souillure. Oui, d'abord commencer par n'en rien dire, l'en préserver parce que quoi, ça suffit déjà comme ça la petite Suzie dans la cour qui nous rend chose, l'hôpital pour les vers de terre, la bataille de Laval et Gragger au pays des Legochima, cette histoire de cuillère cassée à la cantine qui se paiera un jour, et l'autre là-bas qui est méchant, bref on a tous une journée chargée, sans parler du cauchemar de l'araignée jaune, ça en fait du pain sur la planche. Et puis surtout ne jamais te laisser l'occasion de demander Papa pourquoi tu pleures ? Et c'est ainsi cahin-caha, à pousser notre boule de peine, que tout ce petit monde atteint un nouveau soir, soleil couché dans l'heure du bain, avec l'envie de dire bêtement merci (on ne sait à qui) d'être après tout, encore intact jusqu'à demain. Et c'est là l'erreur fatale. Bain donc et réflexe (oh l'amateur) de rallumer le poste radio comme ça d'un clic en même temps que le chauffe-serviette, trois mots tombent dans le silence rouge "(...)ont été décapités(...)" avant de bondir sur le bouton et d'enchaîner piteusement sur Nostalgie. Mais c'est trop tard on le sait déjà, d'évidence tu as été touché, à bout portant, par ces trois balles perdues venues de nulle part. Je le vois dans les yeux tout ronds triple diamètre que tu me fais. Le temps d'imaginer comment commencer à dire l'horreur, te voilà qui éclate de rire pendant que moi parfaitement coi, je mets du temps à déchiffrer ce que tu répètes plusieurs fois  : "ont tété, ont tété, comme les tétés des filles" pour finalement me raccrocher, soulagé comme pas deux, au demi croissant de lune, fleur ouverte de ton énorme sourire. Cette fois c'est bon mon cochon mais la prochaine... Car il y aura une prochaine horreur à traverser en lui tenant la main comme on visite des ruines, n'est-ce pas ? Et comme dit Woody Allen "Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire cuire un bon steak." Alors quoi mon p'tit gars, que fait-on de tout ça, de cette réalité, ce mur, ces mots et ces images qui constituent le mur, qui constituent le monde, ces chiens féraux, bêtes sauvages prêtes à te sauter à la gorge, meute de peine et de douleur, d'incompréhension, de questions, de crocs en verre aussi déformants qu'aiguisés, comment les dompter, petit bonhomme, les tenir à distance, avec le fouet de notre amour ? D'autant que j'ai comme l'impression que tu commences jeune ! Moi à ton âge à part le goût des bonbons bananes je n'habitais pas trente-six mystères, tandis que toi, mon minot, avec des questions comme Où est ce qu'on est quand on n'existe pas ? Ou comme Mais dans quoi il est l'univers ? À 6h45 du matin avec des petits bouts de rêves encore collés au bord des paupières, on ne peut pas dire que ta douce curiosité me facilite la mastication des cornflakes. On se débrouille avec les réponses. On se débrouille toujours avec les réponses. Plus ou moins bien. Parce que la vérité n'est pas faite pour consoler. Moi, vois-tu, mon père est mort quand j'avais trois ans. On m'a dit qu'il était monté au ciel. Alors j'ai demandé quand est-ce qu'il allait redescendre. Je voudrais faire en sorte que tu n'attendes jamais que quelque chose redescende du ciel, à part des martinets et des flocons de neige. Je voudrais répondre à toutes tes questions sans en clore aucune. Je voudrais que tu puisses construire une cabane dans le baobab de ta curiosité. Je me dis que depuis toujours les hommes se sont raconté des histoires pour s'épargner de la peur et se consoler de la mort. Je me dis que toutes ces histoires ont fait quelques bons livres et pas mal de mauvais massacres. Je me dis que je voudrais te raconter des histoires sans jamais te mentir. Les vraies histoires ne sont pas des mensonges, ce sont des dragons sauvages qui permettent d'amadouer le monde, tu le sais déjà pendant que nous nous appliquons à l'oublier. Ce dont il faut te préserver ce n'est pas le potentiel d'horreur qui existe en vivre ; tu connais déjà les loups, les sorcières, les ogres et les enfants abandonnés dans la forêt par leur père. Tu connais déjà l'obscurité. Ce dont je dois te préserver c'est la paralysie, l'incapacité à traduire le monde dans une autre langue que celle de la peur et en particulier que celle de la peur des adultes. Ce que je dois te transmettre c'est la capacité à en dire, à en penser, à en faire des histoires. Tous les Dieux sont des histoires et toutes les histoires sont des Dieux. Nous construisons en racontant, nous nous construisons en nous racontant. Tout le piège consiste à confondre histoire et mensonge. Dieu est une histoire d'apparition qui sert à expliquer la disparition. Un enfant ne demandera jamais tout seul qui nous a créés, par contre il ne manquera pas de demander ce que c'est que de mourir. A cette question mon fils, je t'ai raconté l'histoire que j'ai choisie. Il y en a d'autres. Poussière d'étoile, fumier, réincarnation de moustique, paradis, esprit animal, tu te choisiras la tienne. Chacun ses silex pour tenir dans le noir. Mais veille à partager le feu.

Le 27 juin 2010 à 16:36

Laissez Noël en paix

Conseil Citoyen 6

Nous ne sommes qu’en juin et ton moral en berne Face au jeu malicieux de ceux qui nous gouvernent Te fait déjà penser que pour le réveillon Tes rejetons n’auront ni cadeau ni bonbon, Que seuls de pauvres trous rempliront leurs chaussettes, Que tu n’auras pour feu que quelques allumettes Et que le seul sapin restant à décorer Ce sera ton cercueil et ses quatre poignées.   Arrête-là, veux-tu  et redresse la tête Surtout pour ce qui est de préparer les fêtes. Ne sais-tu pas, l’ami, que la nuit de Noël, Avec tous ses présents et sa bonne nouvelle, C’est l’arnaque du siècle et le baise couillon Le plus élaboré pour prendre ton pognon ? Si tu crains de sombrer au cœur de la tourmente Ne va pas te mêler aux masses consommantes. Il y a des moyens pour remplir une hotte Qui ne coûtent pas plus qu’une boite de crottes.   Surtout pour ce qui est des tout petits enfants, Je veux parler de ceux qui ont moins de trois ans. Dis-toi bien que ceux-là ne savent pas du tout Si Noël est en mai, en décembre ou en août. C’est donc quand tu le veux, si tu veux bien le faire Et il en va de même à leur anniversaire. Et si pour eux quelqu’un te donne des étrennes Tu les mets dans ta poche et puis tu les fais tiennes.   A partir de trois ans et disons jusqu’à sept Si tu ne donnes rien, ils te feront la tête. Alors n’hésite-pas, vas-y le cœur en liesse, Rends leurs allègrement le menu de leur pièce ; Tableaux de grains de riz, cendriers de Saint-Jacques Poupées de mie de pain ou colliers de pâtes.   Pour les plus grands, ma foi, tout est dans l’emballage Et dans la marque aussi. Ce qu’il faut pour leur âge, C’est un logo connu qu’ils pourront exhiber. Dans ce goût tout est bon et rien n’est prohibé. Passe chez Emmaüs et pique une étiquette Recouds là bien en vue sur une autre liquette Et ne t’affole pas à cacher l’origine Grande marque ou chiffon tout est cousu en Chine.

Le 1 juillet 2014 à 08:30

Ils décident de se détester pour relancer leur couple

Dans l’impasse depuis plusieurs mois, un couple d’Agenais vient d’opter pour une technique radicale afin de sauver son ménage. Les deux amoureux ont décidé de se déclarer la guerre, pour le meilleur et pour le pire, espérant ainsi retrouver l’harmonie qui avait fait leur bonheur au tout début de leur relation. Ensemble depuis plus de deux ans, Pulien et Marah(1) se retrouvent confrontés à l’épreuve de la troisième année de vie commune, souvent fatale à de nombreuses histoires d’amour. Le couple parle de sa méthode comme d’une simple évidence. « Il suffit tout simplement de se mettre à haïr profondément toutes les petites choses qu’on adorait chez l’autre au début et qui construisent sa personnalité » reprennent-t-ils en cœur avant de se balancer une série de noms d’oiseaux. La dernière chance Les deux amoureux affirment avoir tout tenté avant de finalement basculer dans la haine. « Au départ nous avions pourtant pris soin de complètement changer nos caractères pour forcer un peu le feeling » raconte Pulien reprochant aujourd’hui à sa compagne de « trop chercher à vouloir lui plaire ». De son coté, Marah ne semble pas non plus avare de reproches envers l’homme de sa vie. « Il m’a harcelée pendant trop longtemps en me prouvant qu’il était vraiment amoureux de moi. Ce mec est un malade » lance-t-elle en lui adressant un regard noir. Pulien et Marah tiennent régulièrement un blog permettant aux internautes de suivre et de réagir à l’évolution de leur couple. « La scène de ménage publique est devenu le ciment de notre couple, tout comme les injonctions de justice » expliquent-t-ils avant de se mettre d’accord pour publier chacun de leur coté des photos compromettantes de l’autre sur les réseaux sociaux. (1) Une lettre des prénoms a été changée Le Gorafi

Le 28 décembre 2011 à 08:10
Le 10 mars 2015 à 08:19

L'autre, espèce menacée

Dans mon pays, noir comme la beauté, où il pleut du soleil sur l'humain à longueur d'année grégorienne, nous avons un problème : nous ne sommes, en définitive, que des Hommes. Nous aimons, haïssons... et avons la perfidie fatale et suave d'être des Hommes dans toute la complexité contiguë au genre.Donc, dans mon pays, noir comme un jour de guerre, il y a une sagesse colorée qui dit : "Celui qui n'a personne ne se permet d'avoir une plaie dans le dos". Au delà de la proverbialisation atypique de la langue fongbé* que j'ai essayé de traduire sans en altérer l'essence du sens, que comprendre de la sagesse tropicale de mes ancêtres ? N'avoir personne au Bénin porte le sens de "ne pas avoir de famille (père, mère, frères/sœurs...)." C'est qu'au Bénin, l'individu se définit par le patronyme et par sa provenance géographique sur les 112.622 km² du territoire-pays. Et quand un Béninois rencontre un Béninois, il recherche l'altérité du Béninois d'en face. Parce que le ciment social n'a pas la même portée sémantique, cognitive ou sociologique partout sur notre belle bleue tourneuse, ici, il commence par "Comment t'appelles-tu?" et "De quelle région es-tu?" avant le "Je t'aime" expiatoire qui re-lie les sables liés dans le sablier de l'humain, ou le fatal "Tu es l'autre" qui ostracise et jette aux gémonies l'humain de par le fait de l'humain. Je suis l'autre, mais dans la communauté de nos peines et de nos pains ; de cette terre, ses scènes et son sein, il nous reste – c'est ma foi têtue – une parcelle de poésie qui nous permettra de sauver "notre" espèce car si je suis ton autre, tu es le mien. Nous sommes tous les "autre" des uns. De mon pays, noir comme un espoir, j'inaugure le geste enfanteur. Je croque la pomme en égérie sacrificielle d'un poème nouveau pour qu'il ne soit mal écrit et je signe l'ouvrage entamé de l'unique ardeur de mon vœu vivant.  C'est une invitation violente : "Inhumons l'inhumain" et soyons l'autre qui aime l'autre ! ______________________ *Fongbé : langue du continuum "gbé" parlée majoritairement au Bénin et au Togo (Afrique de l'Ouest)

Le 14 juin 2011 à 05:39

Lettre démodée à un libertin...

Les libertins sont avisés, surtout ne pas dépasser les limites du bon goût des petits jeux qu'ils jouent. Un zeste de sadisme, un zeste de romantisme, un soupçon de luxure, délicieuse blessure. On se délecte des lectures du divin Marquis, on se donne en pâture... oh vraiment, c'est exquis ! On s'épanche, on caresse, on frappe avec rudesse, et puis on se mélange. On est bien dans la fange! On observe discret, derrière des glaces sans tain. On déguste en gourmet, des corps qui seront siens. Peu importe le sexe, tout est bon à toucher. On a plus de complexes à sucer, à lécher. On se masque, on se cherche pour mieux se découvrir, on saisit mille perches qui vont nous faire plaisir. Derrière le loup de soie se cache l'agneau tendre. On tâtonne, on perçoit, on a soif de surprendre. La manipulation  est un état jouissif et la domination un droit définitif. Plus fine est la partie, plus grand est le danger. La douce mélancolie des liaisons inavouées.  Tout ce beau monde s'adonne à ces plaisirs pervers sans penser un instant à ces nombreux revers, qui arrivent pourtant et qui leur jouent des tours...Le mot n'est pas fréquent, chez ces gens élégants. Elégants dans l'habit et non dans tout le reste. Ils sont toujours bien mis, une rose à la veste. Le mot qui n'a plus cours et qu'ils ont oublié, ce mot est un état, un état démodé. Ce mot qui joue des tours, on ne peut le contourner. Ce mot devient suspect. Il s'agit de l'amour.

Le 26 mai 2014 à 09:19

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Y-a-t-il des mots qui font du bien?

OUI. Par exemple, les mots amour, savon, choucroute garnie, vins des pays de Loire, caresse, câlin, viens dans mon lit, copains, joie, pâtisserie, service après-vente gratuit, soldes sur la lingerie fine, plombier à l'heure, sieste, Mozart, soleil, farniente, barbecue (à gaz ou pas), théâtre, ouvreuse sexy, où sont les toilettes, ma petite chérie? La liste est loin d'être close et chacun peut la compléter selon ses goûts. Ceci étant dit, les mots sont réversibles : un mot sensé faire du bien peut renvoyer à une réalité désagréable ou affligeante. Un barbecue, cela peut vous exploser à la gueule. Toutes les ouvreuses ne sont pas sexy : j'en connais qui pourrait être maître-chien. Mon plombier arrive à l'heure, mais c'est juste pour me faire un devis. Et que dire de la lingerie fine, si on n'a personne à l'offrir ? Que dire encore d'une choucroute garnie à laquelle il manque deux saucisses ? Et je ne parle même pas du savon sur lequel on glisse dans la baignoire, de l'amour de ma vie qui ne veut pas qu'on la caresse, des copains qui ont passé l'arme à gauche, de mes voisins qui préfèrent Céline Dion à Mozart et qui m'empêchent de faire la sieste, merde ! Bref, méfiez-vous des mots qui font du bien : il se pourrait qu'ils fassent très mal. La semaine prochaine, justement, nous parlerons des mots qui blessent comme redressement fiscal, hachoir à viande, Syrie, andouille, mine anti-personnel, enfoiré. Et si vous êtes bien sage, on fera un abécédaire !

Le 29 juin 2014 à 11:07

Premières fois...

Et au lit, comment ça se passe ? C'est à peu près la question que j'avais posée à une quarantaine de personnes lors d'entretiens anonymes qui avaient nourri Sous ma peau, mon précédent spectacle. Je poursuis cette plongée dans l'intime en m'entretenant à présent avec des adolescents. Ils me confient leur "première fois".  Charlotte (15ans)– Moi je croyais que j’allais avoir un feu d’artifice à l’intérieur, alors j’ai pensé : Je suis infirme...! je ne trouve pas le plaisir …Anna (18ans)– Je ne lui ai pas dit que j'étais vierge ... On parlait pas la même langue, il était Libanais. Déjà c'est pas des sujets faciles à aborder, mais en plus dans une autre langue... Ça a été atroce parce que j'ai eu super mal. Mais ce qui était trop cool, c'est que quand il s'en est rendu compte, Il m'a dit : « Eh ben, eh ben... mais pourquoi tu me l'as pas dit ? »Il était très touché, il a fait vachement gaffe après. Comme il y avait du sang, il m'a emmenée à la salle de bain, il m'a lavée.... il m'a habillée… il m'a pris dans ses bras… il m’a câliné… C'était très joli...Joe (16ans)– Moi la première fois que j’ai failli réussir à ne plus être puceau, j'étais avec un pote à moi, Victor et sa copine et il y avait aussi une très jolie fille blonde, Clémence : des gros seins, un beau cul, une danseuse, cool... On buvait... on parlait cul.Victor, il paie pas de mine, hein, il est moche. C'est mon pote mais il est moche, il est petit et gros mais il se tapait des boulets de canon.A un moment il a dit : « Bon ben nous, on va baiser. » Ils y vont.Clémence et moi on se regarde et on monte aussi dans la chambre.« – On va essayer de faire l'amour aussi. »  Ah ! ben oui, d’acc ! Faites l'amour. »Ils étaient là, nous on était là. J'ai la trique, tout va bien. J'enfile la capote, on commence à s'embrasser, j'entendais l'autre jouir derrière, c'était énorme . Putain, ça va le faire ! Et là elle me regarde dans les yeux et elle me dit : « C'est ma première fois, donc t'y vas doucement. »Euh !!!! Bon d'accord, OK. J'essaie de rentrer, j'arrive pas à rentrer. Beppp je débande. Victor et sa copine, ils arrêtent :« Qu'est ce que t'as mon pote ? T'arrives pas à bander ? »Clémence elle dit : « – Tu veux te regarder un film de cul, Joe ? Peut être ça va te redonner la trique. »« – Oh…!!! Ben non, t'es là à côté de moi, t'es magnifique, je vais pas regarder un film de cul! »Je me souviendrais toute ma vie de ce jour-là, toute ma vie... Illustration : Sous ma peau, Geneviève de Kermabon DR

Le 1 mars 2013 à 10:15

Je ne m'aime pas

Je suis comme plein de gens, je ne m’aime pas. Mieux : je me déteste. Or, pour vous, c’est simple : vous vous détestez, bon, voilà, c’est dit. Mais pour moi, c’est terrible ! Car je suis juif ! Et je ne peux pas me piffer. Je ne peux pas me voir en peinture, je me hais, je me conchie. De nos jours, c’est ultra-grave : Je suis juif, je ne m’aime pas, DONC je n’aime pas les juifs. C’est de l’antisémitisme primaire ! Ça tombe sous le coup de la loi ! C’est très grave ! Oh, j’ai bien essayé de tourner la chose différemment : Je ne m’aime pas, mais c’est pas parce que je suis juif ! Hum… Ça revient exactement au même ! je ne m’aime pas mais quoi que j’en dise, je suis juif DONC je n’aime pas le juif que je suis DONC je n’aime pas les juifs. Il n’y a pas moyen de sortir de ça avec ce putain de syllogisme !Que faire ? C’est extrêmement dangereux, ces idées là ! On sait où ça mène ! Dans un train ! Et pas en première classe ! Et si j’étais arabe ? Vous imaginez ? On me collerait vite fait l’étiquette d’islamophobe ! Ou noir ? Pof, raciste ! C’est vite fait de vous cataloguer… Par contre, handicapé, femme, myope, nain, c’est déjà moins grave. Y a pas de lobby.Mais juif ! Cependant, moi, qui suis juif et qui ne m’aime pas, j’ai une chance, oh toute petite, de ne pas être poursuivi pour antisémitisme : Je ne suis pas circoncis, oui, un accident. Ah pardon, ce n’est pas un détail. Car je peux dire en toute innocence : je ne m’aime pas mais rassurez-vous : je ne suis pas circoncis !

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