Je passe, quotidiennement, beaucoup de
temps dans ma voiture. Une obligation dont j'essaie de m'accommoder :
cette parenthèse obligatoire (une parenthèse que même Philippe
Jaenada trouverait longue, certes, mais une parenthèse tout de même)
entre domicile et travail me permet de décompresser, de penser à
autre chose. Alors qu'autrefois, dans le train, je lisais, dormais ou
m'adonnais à des tâches aussi nobles que le dressage de Pokémon,
je peux désormais laisser vagabonder librement mon esprit. Mais
pourquoi il freine, ce con ? Et c'est une source constante
d'inspiration, j'envisage ainsi de me lancer prochainement dans la
biographie complète de ce débile là-devant qui se croit sans doute
sur son tracteur, mais c'est quand même pas possible de traînasser
pareillement ! C'est aussi dans ces moments-là que me viennent
les idées pour ces chroniques hebdomadaires. Bon allez, avance, on
n'a pas toute la nuit non plus. Et c'est là, alors que je longeais
le magnifique lac de Neuchâtel et ses reflets enchanteurs que je me
suis dit qu'il serait difficile de rédiger ce billet « plus
énervé » que l'on m'avait demandé, tant la nature automnale
invitait à l'apaisement, et que la vie était trop courte pour s'énerver et ces travaux, ils vont jamais les finir,
ces travaux ? et en plus j'ai le soleil dans la gueule.