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Publié le 27/09/2011
 

Thomas Vinau


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Jean-Paul Clébert, clochard céleste


Portrait 25

Jean-Paul Clébert a été surnommé un temps, le clochard qui a failli avoir le prix Goncourt. Jean-Paul Clébert est né le 23 février 1926 et il est mort la semaine dernière, le 21 septembre 2011. Dans son nom, Jean-Paul Clébert est à une voyelle de clébard. Après avoir été cheminot, trimard, résistant puis avoir parcouru l’Asie, il tape la cloche dans le beau Paris Insolite des années cinquante. Ses compagnons de route ? Doisneau, Giraud, quelques surréalistes, quelques situationnistes. Il écrit au dos des paquets de gauloise après avoir découvert Bourlinguer de Cendrars. C’est lui qui l’introduira chez Denoël. Son seul maître, avec peut être Henry Miller à qui il fait visiter les bordels Parisiens. Clébert parlait des gitans, des arabes, des juifs, des caniveaux, des chiens, des petits matins rouges, des ficelles, des putes, des chineurs, de la faim et du vin. Il n’idéalisait rien et surtout pas la misère. Il montrait ce que personne n’en connaissait, sa beauté, sa fierté, son courage. Il était venu finir sa vie pas loin de chez moi, dans les collines du Luberon, loin du Paris frimeur qu’il ne reconnaissait plus, écrire des livres sur l’ail ou la Provence. Mais il sera resté jusqu’au bout du même bord ; «avec ces hommes qui crèvent de  faim, se foutent pas mal des beautés de la liberté et de la marche à pied, ont misé sur l’avenir et le boulot bien fait et dont on apprend du bout des yeux le décès dans la colonne des faits d'hiver, vieux et vieilles morts solitaires dans un taudis innommable, ou rongés tout vivants sur leur grabats par les rats». Les éditons Attila ont rééditées son Paris Insolite il y a deux ans.
 

Elsa Von Freytag-Loringhoven, clochard céleste


portrait 23
Elsa Von Freytag-Loringhoven (1874-1927) devient baronne en en épousant un. Avant cela, elle a fui sa famille oppressante et rigoriste à 18 ans, est allée de Berlin à New York et a étudié l’art. Elle en est déjà à son troisième mariage qui deviendra cinq ans plus tard veuvage. La baronne désargentée et farfelue a investi Greenwich Village. Il lui arrive de se raser le crâne, de se baigner nue dans des fontaines publiques ou de se faire des robes en petites cuillères.  
La baronne est naturellement Dada. La baronne est tout ce qu’il y a de plus Dada. Elle devient leur égérie internationale. Vedette du film de Man ray et Marcel Duchamp au titre qui est lui-même un poème : « La baronne rase ses poils pubiens ». Il lui arrive de créer des sculptures en morceaux de plomberie mais elle préfère faire de sa vie une sculpture en morceaux plomberie. Il lui arrive d’écrire des poèmes d’avant-garde mais elle préfère faire de sa vie un poème d’avant-garde. Ezra Pound ou William Carlos Williams pensaient qu’elle était un sacré bout de femme. Elle est fantasque, instable, suicidaire, cleptomane et libérée sexuellement. De retour en Europe, elle connait misère et hôpitaux psychiatriques. Tente de faire chanter André Gide ou George Bernard Shaw. Elle meurt en 1927 dans les effluves de gaz de son petit appartement Parisien. Et garde ainsi dans sa tête petits bijoux et fabuleux animaux cachés.

Michel Onfray : "Eloge du sabotage et du cambriolage pour la bonne cause"


Le post-anarchisme - 12

Michel Onfray : "Eloge du sabotage et du cambriolage pour la bonne cause" ventscontraires.net Théâtre du Rond-Point
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La pensée anarchiste est riche de potentialités à réactiver. La légende du socialisme libertaire mérite , comme toutes les légendes, une déconstruction afin de rendre à cette force de frappe intellectuelle et politique toute sa puissance contemporaine. Il s'agit de pratiquer le droit d'inventaire dans un corpus foisonnant et contradictoire : l'individualisme de Stirner ou le collectivisme de Kropotkine ? Le pragmatisme de Proudhon ou l'utopie débridée de Fourier ? La pruderie de Sébastien Faure ou le libertinage généralisé d'Emile Armand ? Le millénarisme de Godwin ou le municipalisme de Bocklin ? La violence de Ravachol ou le pacifisme de Reclus ?"

Michel Onfray

ventscontraires.net diffuse en feuilleton la conférence de Michel Onfray sur le post-anarchisme, donnée au Théâtre du Rond-Point avec l'Université Populaire de Caen
> L'intégralité de la conférence est disponible dans un coffret 4 Cd édité par Frémeaux et Associés
> Captation diffusée par Cinaps TV, la chaîne de la culture et de la connaissance (disponible sur la TNT en Île-de-France)

Jean Caupenne (1908- ?)


Les cracks méconnus du rire de résistance
Un beau jour de 1930, le premier de promotion de l’École militaire de Saint-Cyr, la recrue Keller, reçoit dans les gencives une lettre assassine provenant de Novaro, dans le Gers.

« Nous tenons à vous dire, et c’est pourquoi nous vous écrivons malgré le peu de loisirs que nous laisse la paresse, que nous crachons sur les trois couleurs : bleu, blanc et rouge du drapeau que vous défendez. Nous attendons avec une vive impatience le prochain soulèvement des hommes que vous prétendez commander et qui, demain, avec notre concours, mettront au soleil les sales tripes de tous les officiers de l’armée française et celles des petits binoclards casoardeux de votre espèce (…) ».

« Il est du moins indispensable que vous remettiez, sitôt cette lettre reçue, au général directeur de l’école de Saint-Cyr (Seine et Oise), votre démission d’élève de cette école avec l’exposé des motifs de cette décision, en y joignant une copie de la présente missive. Sinon, nous continuerons à vous considérer comme le premier et le dernier des tristes Cyrs dont vous n’aurez pas que l’air (Keller) !! Et, comme tel, nous vous fesserons publiquement sur la place Saint-Cyr ! »

La missive fait scandale. Et ses deux auteurs se retrouvent inculpés de « violences sous condition ». L’un d’eux, Georges Sadoul, qui deviendra le célèbre historien stalinien du cinéma qu’on sait, est même congédié aussi sec de la NRF. Et, pour éviter les trois mois de prison ferme que lui vaut sa lettre antipatriote, il préfère prendre le large jusqu’à Moscou aux bras du couple Aragon.

L’autre coupable, Jean Caupenne, n’est pas passé, lui, à la postérité. On ne trouve en tout cas trace ni de sa queue ni de ses oreilles dans les principaux dicos et panoramas du surréalisme (Clébert, Nadeau, Passeron, Fauchereau…). Ce qui est d’autant plus curieux qu’à l’époque, Caupenne faisait partie des drôles de paroissiens du mouvement surréaliste. Et que sa prose sulfureuse courait parfois la grande bordée dans ses bulletins de combat (La Révolution surréaliste, Le Surréalisme au service de la Révolution).

Comment accommoder le prêtre de Jean Caupenne (1929), dont voici quelques fragments fracassants, peut être tenu pour l’un des chefs-d’œuvre absolu du pamphlet mécréant frénétique.

« Chaque fois que dans la rue vous rencontrez un serviteur de la Putain à Barbe de Nazareth, vous devez l’insulter sur ce ton qui ne lui laisse aucun doute sur la qualité de votre dégoût. D’ailleurs, si votre bouche ne déborde pas d’insultes à la vue d’une soutane, vous êtes digne d’en porter une (…) ».

« Voler les objets sacrés, souiller les églises, sont des actions essentielles. (…) ».

« Quant aux sacrilèges locaux, ils présentent de grands avantages pratiques, étant donné la rareté des chalets de nécessité et la disparition progressive des vespasiennes. Quatre-vingt-cinq églises et soixante-dix temples de divers cultes sont à la disposition des Parisiens (…) ».

« Ces trois sacrilèges : insulter les prêtres, souiller les lieux saints, voler les objets sacrés, doivent être les trois principales actions habituelles qu’accomplit un homme probe quand son activité se tourne vers la religion ; mais bien des moyens restent à sa disposition pour se défendre contre les malfaiteurs ecclésiastiques, des moyens variant entre la plaisanterie de mauvais goût et l’ignoble sacrilège et que chacun trouvera, selon ses dispositions, pour la pratique de l’anticléricalisme. On peut, par exemple, comme cela se fit longtemps à Notre-Dame-des-Champs, tirer plusieurs fois dans la nuit la sonnette pour les Saints Sacrements : à la fin le bedeau ne se dérange plus et quelques croyants, au désespoir de leur famille, crèvent sans être munis des Excréments de l’église. Dans le métro, à une heure d’affluence, si vous êtes à côté d’un prêtre, ne le prenez pas à partie immédiatement, mais au bout d’une ou deux stations, vous commencez à hurler, en lui foutant un coup de poing en pleine gueule : « Vieux porc, vous n’avez pas fini de me peloter ! » La foule écoute ; alors vous déclarez : « C’est la troisième fois cette semaine qu’un curé me fait des propositions, et dire qu’on envoie encore les enfants au catéchisme ! » Vous donnez à quelques personnes un exemple réel de l’ignoble hypocrisie des prêtres, ce qui peut, dans certaines circonstances, influencer les actes de ces personnes contre eux
.

Tout ce qui est fait contre les curés étant bien fait, ce n’est que la volonté de leur nuire qui peut manquer ; que tous ceux qui n’ont pas cette volonté aient la face couverte de nos crachats ».


Illustration : photographie de Man Ray : "Au Cabaret du Ciel", Paris, 1927
Cette scène de cabaret a été photographiée dans l'intention de la reproduire dans "Variétés", une publication belge dédiée au surréalisme. On y retrouve les penseurs, écrivains et artistes de proue du mouvement surréaliste. Il s'agit de : (debout) Hans Arp, Jean Caupenne, Georges Sadoul, André Breton, Pierre Unik, Yves Tanguy, Cora, André Thiron (qu'on voit de dos, face à Cora), René Crevel, Suzanne Musard, et Frédéric Mégret (avec la cigarette). Assis à la table se trouvent Elsa Triolet, Louis Aragon, Camille Goemans et Madame Goemans.
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