Le renard d'un Romand
« Plus
rusé, ton prochain texte », m’a-t-on demandé. Je me suis donc mis, pour
chercher l’inspiration, dans la peau d’un renard, un animal qui, comme le
prouve une récente étude de l’Université de Cambridge, est réputé pour sa
ruse. Enfin, quand je dis « je me suis mis dans la peau », il faut le
voir au sens métaphorique du terme, n’appelez donc pas immédiatement Brigitte
Bardot, merci : alors que les températures flirtent avec les normes
saisonnières en raison de la dépression centrée sur les Açores, se mettre
physiquement dans une peau de roux serait une idée particulièrement peu rusée.
Je me suis mis dans la peau d’un renard, donc, mais d’un renard urbain, cet
animal fougueux qui a su s’adapter à la modernité, délaissant les poulettes
pour se rapprocher des centres-villes, où il y a quand même plus de choses à
faire le samedi soir. Alors qu’autrefois, le goupil était obligé de suivre un
entraînement rigoureux dans les plus célèbres académies ninja pour pouvoir
approcher sans se faire surprendre des poulaillers, il mise aujourd’hui sur des
arguments différents : il a bien compris, comme avant lui le moineau qui a
pourtant une cervelle de moineau, que pour pouvoir se prélasser dans les rues
de nos villes, sans naturellement travailler , le renard a un terrible poil
dans la main, il lui suffisait d’être mignon. Il a beau éventrer nos sacs poubelles
et dévorer nos chatons, le renard a droit de cité dans nos cités grâce à sa grâce.
Et c’est de la même manière que je vais tenter de faire passer ce billet un
brin poussif à l’aide d’un sourire charmeur.