Wandrille
Publié le 08/10/2011

Hallo Freunde


Mes gentils collègues d'atelier


HF2
Wandrille vit entre Paris et Berlin. Il a fondé avec Benoît Preteseille les éditions Warum pour y éditer leurs livres et ceux des autres.
En poussant un peu le concept de minitel, il invente internet avec quelques amis et le voilà blogueur. Il fonde une autre maison d'édition, Vraoum !, pour éditer les copains du net.
Au départ, il voulait être Victor Hugo, puis Romain Gary. Maintenant, il se dit que finalement, devenir Garcimore ou Gérard Majax ce serait pas si mal.
Il a toujours du mal à comprendre qu'on accepte de lire et de rire à ses conneries, mais finalement, qui est-il pour juger du goût de ses contemporains ? Plus tard, la postérité lui rendra justice en l'oubliant.
Aussi, si vous m'en croyez mignonne, tandis que votre âge fleuronne, cueillez cueillez votre jeunesse, comme à cette fleur la vieillesse fera ternir votre beauté.
 

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Le 31 octobre 2011 à 08:52
Le 7 juin 2011 à 15:01

La fougue de Bach

(et encore, j'ai pas osé « Mais vous êtes fougue ? Oh oui ! »)

« Plus fougueux, la prochaine fois », m'a-t-on demandé. Je ne suis pas du genre à refuser l'obstacle, comme on dit dans les milieux hippiques, mais je suis embêté : j'ai, actuellement, moins de fougue qu'un barracuda. Pour tout dire, je suis à peu près aussi fougueux qu'un discours d'après-match de Roger Federer (je sais pas si tu as remarqué mais quand il ne verse pas sa petite larmichette, il est à peu près aussi passionnant qu'une partie de Scrabble filmée au ralenti). Au début, je pensais que c'était à cause de la pression atmosphérique centrée sur les Açores, mais en fait, je pense que c'est de votre faute. Enfin pas de la tienne à toi, qui est quelqu'un de raisonnable, mais de celle à la société, qui n'est pas quelqu'un de responsable. Parce qu'en ce moment, la société, elle ne mange pas ses cinq fruits et légumes, à cause des bactéries allemandes qui sautent du concombre au soja sans crier Bahnhof et des consommateurs qui ne savent plus à quel sain se vouer. Du coup, les maraîchers ne maraîchent plus et dans mon supermarché, les légumes sont en action (c'est du suisse pour dire promo, hein, ils ne tournent pas des remakes de Die Hard). Comme je suis de nature pragmatique, j'ai donc une alimentation très végétale. Et franchement, je préférais quand vous aviez peur des vaches. Un steak de soja saignant, on a beau dire, mais c'est pas pareil. C'est pourquoi, je le dis avec fougue : Attention, derrière-toi, une entrecôte tueuse !

Le 13 décembre 2012 à 08:26

France-Allemagne : leçon de politesse comparée

Vivant à Berlin, j'ai tendance comme, je pense, de nombreux français expatriés à trouver les Allemands abrupts et parfois très désagréables, voire malpolis. Ma théorie, car ce n'est rien de plus, c'est qu'il y a un profond malentendu entre ce qu'est la politesse pour un Français et pour un Allemand. Pour nous, Français, la politesse consiste à mettre les formes, à sourire, à être aimable, à dire bonjour, à rendre le bonjour, à le re-rendre et encore et encore, à dire au revoir pendant des heures, à se présenter en faisant des ronds de jambes, à tenir la porte, bref, à rendre agréable le quotidien par pleins de petites attentions qui, si elles ne sont pas là, c'est pas grave c’est normal, mais, si elles sont là, la politesse à la française exige qu'elles soient rendues ou au moins "actées" (l'autre en prend connaissance et vous en rend grâce au minimum d'un signe de tête, d'un sourire, d'un merci). Si ce n'est pas le cas, vous êtes un malotru, une connasse, un fils de pute, et on peut à bon droit vous faire la gueule et une crasse, parce que vous n'êtes « vraiment pas poli ». En Allemagne, la politesse – et je crois vraiment que c'est à ça que ça correspond – c'est de respecter l'autre en respectant les horaires et les règles. Bref, rendre le quotidien agréable, dans le sens où tout est à sa place en son temps.  Si vous le faites, vous êtes poli, sinon êtes un malotru, une connasse, un fils de pute, et on peut à bon droit vous faire la gueule et une crasse, parce que vous n'êtes « vraiment pas poli ». Quand un Allemand ignore votre bonjour, votre sourire, votre rond de jambe,c'est  parce que tout simplement ça ne veut rien dire pour lui. C'est comme si une négresse à plateau venait, en signe de politesse, vous agiter l'étui pénien de son mari sous le nez ; je me mélange au niveau anthropologique, pardon, mais c'est pour la blague, en même temps, ah ah ah, on a ri, c’est si bon de rire, reprenons… Pour elle, c'est peut-être le comble de la politesse, mais vous, vous ne saurez pas forcément comment réagir (pour info, il convient alors de vomir en chantant joyeusement l'hymne national pygmée). Eh bien votre voisin allemand, c'est pareil. Quand vous l'attendez et que vous lui tenez la porte, pour lui, c'est bizarre, parce vous n'avez pas à faire ça : il n'est pas dans les temps pour passer la porte, elle doit se fermer, voilà. Si vous l'attendez, vous cassez le rythme normal et lui peut à bon droit penser que vous attendez quelqu'un derrière lui ou que vous avez une crampe au bras, la main collée à la porte, ou que sais-je... En revanche, si vous avez décidé de marcher sur la piste cyclable, si vous ne dites pas bonjour à tout le monde alors que vous êtes le dernier arrivé (bonjour qu'on n'est d’ailleurs pas obligé de vous rendre, car vous êtes le dernier arrivé, même si vous à l’heure, vous êtes en retard...) alors vous êtes un butor et on peut à bon droit être bien désagréable avec vous, parce que vous dites fuck à la société, avec désinvolture. Ainsi, mon joli scooter m’a, l’autre jour, valu un billet rageur d'un voisin car mon poney mécanique était parqué, un soir de neige, sous le porche qui n'est – pour reprendre les termes du billet doux (même si bon… doux écrit en allemand, ça fait un peu billet doux dur) – "ni un lieu de stationnement, ni un lieu de passage" (sic pour le lieu de passage, parce qu’un porche, si c’est pas fait pour passer en dessous, je vois pas bien à quoi ça sert, enfin bon…). Bref, je me demandais comment faire un gros bras d’honneur à ce voisin vengeur et anonyme, tant vous savez que c’est quand même plus facile de rendre la justice quand on est caché derrière un masque et qu’on n’a pas de compte à rendre. En même temps, un Allemand, lui, n’hésitera pas à venir vous faire la morale en direct, il assume bien… C’est plutôt un truc d’Américain ou de Mexicain, de rendre la justice sous pseudo (Zorro, ce gros pédoque, les super-héros, ces baltringues). Mais là, le type n’avait pas signé, je ne pouvais pas lui envoyer un chien de ma chienne, pas moyen de savoir comment lui casser les pieds de façon impolie, voire carrément insultante, c’est mieux. J’ai finalement trouvé : il me suffira tout simplement de passer sous le porche comme de rien. Cela sera bien suffisant pour dire au gars "leck mich am Arsch" (littéralement : « lèche-moi au cul », expression toute berlinoise qui correspond à notre "je t'emmerde, va te faire foutre, pauvre cul"). Bien sûr, je prends le risque de me faire dégonfler les pneus dans la nuit, mais la cordialité des relations franco-allemande est à ce prix.   Mit freundlichen grüssen, vôtre.  

Le 13 juin 2011 à 09:53

« Il s'agissait d'humour corrézien entre républicains qui se connaissent de longue date »

Jacques Chirac, communiqué de presse, dimanche 12 juin 2011.

C’était la mise au point ou la scène de ménage. Chez les Chirac, «Maman » qui est née Chodron de Courcel ne rigole pas avec les mésalliances. Alors , quand son époux prend par l’épaule le socialiste François Hollande un samedi à Sarran (Corrèze), et lui confie à haute voix, qu’il votera pour lui à la présidentielle puisque son candidat préféré, Alain Juppé, n’est pas candidat, elle a dû rire jaune. A quoi ça sert que la Bernadette se décarcasse pour faire endosser par l’UMP, avec le feu vert du président de la République qui aspire à être réélu, les trois quarts de l’ardoise des emplois fictifs de la mairie de Paris ? Et à l’approche du procès qui doit solder l’affaire, est-il malin de le titiller, lui qui n’est pas sans influence sur les choses de Justice ? Alors Jacques Chirac  a dû signer le lendemain un acte de contrition dont on ne jurerait pas qu’il soit de sa main. Chirac connaît trop sa Corrèze pour savoir que l’humour politique, entre Brive et Ussel, ce serait plutôt dans un second degré tout en retenue, dont Henri Queuille, ancien président du Conseil, fut l’indépassable orfèvre. On lui doit : «Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout.» Et surtout cette maxime, dont Jacques Chirac a fait un large usage : «Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. » C’est une des raisons sans doute qui ont fait que François Hollande ait eu le sourire modeste.          

Le 12 février 2012 à 08:41

Industrie et rouflaquettes : le retour de la contrainte extérieure

Econotrucs #6

Dans le débat économique de ces derniers mois, le sujet de la  « politique industrielle »,  cette vieille lanterne pompidolienne,  a fait un come back détonnant. OK, je l’admets, ces jours-ci, d’autres choses peuvent nous rappeler la France de Pompidou, comme la peur des Chinois, le contrôle de la télévision publique (et de l’O.R.TF1), ou encore Jacques… Heu, Thomas Dutronc. Mais ceci est une rubrique économique… Si sauver quelques emplois ouvriers juste avant les élections ne relève pas de la politique industrielle, mais de la cosmétique,  cela vous a au moins permis de découvrir, la larme à l’œil, que notre pays avait perdu une large partie de son industrie.  On se rappelle subitement qu’on ne peut pas vivre sans industrie.   On assiste en fait au retour d’une ancienne terreur, qu’on avait plus connue depuis que  nos ministres ont abandonné les lunettes en plastique marron et les rouflaquettes : celui de la « contrainte extérieure ». Un pays est « contraint » lorsqu’il voit ses importations progresser plus vite que ses exportations. Il doit donc les financer par la dette, et cet endettement va peser sur la valeur de sa monnaie. Dans les années 70, cela voulait souvent dire une monnaie attaquée, une dévaluation pour trouver sa compétitivité extérieure. C’est une des raisons pour lesquelles on à créé le SME puis la monnaie unique. Une dette en euros essentiellement détenue par des investisseurs européens éliminait les questions de contrainte extérieure. Ce qui devenait important, c’était l’équilibre commercial de la zone euro, qui était grosso modo assuré grâce aux excédents commerciaux allemands. L’Europe  restait globalement légèrement excédentaire vis-à-vis du reste du monde.   Pour être plus clair, disons que d’un point de vue financier, on voyait l’Europe un peu comme les  Etats-Unis ou les excédents de tel état vont compenser les déficits de tel autre : personne n’a songé à attaquer le dollar lorsque la Californie était au bord de la faillite. Mais la crise a rappelé que la dette grecque et la dette allemande quoique libellées dans la même monnaie, n’étaient pas équivalentes, et donc que l’euro n’était pas suffisant pour éliminer la contrainte extérieure. Elle a souligné les faiblesses de l’Europe  : une construction inachevée avec un faible budget communautaire, une mobilité faible du facteur travail, et des mécanismes de solidarité inexistants, que l’on est obligé d’inventer en catastrophe, à la faveur de la crise.   Sur une planète où les trois quarts des échanges mondiaux portent sur des biens industriels, un pays qui n’est pas compétitif, (c’est-à-dire qui n’est pas capable de vendre les biens demandés sur le marché international) est conduit à avoir des difficultés grandissantes. Entre 1978 et 82, puis au début des années 90, la France a déjà connu deux vagues de désindustrialisation,  au point qu’on se demande si cette troisième vague ne vas pas sonner le glas de nos derniers bastions industriels. Le désarroi s’installe, que peut-on faire, face aux petits chinois sous-payés ?   On admet en effet désormais que la concurrence des pays émergents est largement responsable de la disparition de tout un pan de l‘industrie française : L’aspect positif des choses, c’est que la crise a sonné la fin d’une certaine mythologie libérale arrivée avec la mondialisation (une « économie de service », des entreprises « sans usines »). Mais puisque d‘autres pays européens sont parvenus à maintenir leur base industrielle, (en particulier l’Allemagne), ne peut-on pas nous aussi envisager une politique industrielle sans rouflaquettes et sans pantalon pattes d’ef, bref, une politique industrielle innovante, basé sur un nouveau modèle ?    Je tenterai de vous apporter des éléments de réponse au prochain épisode, mais j’ajouterai pour conclure que Pompidou, lorsqu’il passait à télé, avait de la classe, de la culture, et la cigarette au bec, choses qui nous manquent cruellement ces derniers temps.

Le 11 août 2010 à 09:45

« Français ou voyou, il faut choisir"

Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, Europe 1, lundi 9 août 2010

Normal, c’est la guerre, faut pas se tromper de camp. En cet été 2010, le pays est devenu belligérant  avec déclaration de «  guerre nationale »  par le général Sarkozy, inspection des troupes dans les quartiers des Beaudottes à Sevran et de la Villeneuve à Grenoble par le colonel Hortefeux, charges au clairon des lieutenants Estrosi, Lefebvre ou Marleix. Il faut avoir les oreilles bouchées à la crème bronzante, pour ignorer que la guerre est non pas à nos portes, mais dans nos murs. Les forces hostiles sont assez habiles pour ne pas se présenter en lignes repérables aux frontières, mais agir de l’intérieur en ordre dispersé : braquages,  snipers, caillassages, déprédations et même quelques campements  séditieux. L’adversaire peine ainsi à être cerné car les « voyous »  ne sont pas une nationalité, une ethnie, une classe, une communauté et encore moins une grande cause. Dès lors, avec qui des négociations d’armistice ou de paix pourraient-elles  être engagées ?  Qu’on se rassure,  il n’est pas envisagé par l’état-major sarkozyste d’autre victoire qu’éradicatrice. Christian Estrosi qui a commis une biographie de Napoléon III avec un « nègre » (en situation régulière), l’écrivain Raoul Mille, a-t-il songé pourtant que le sort de la guerre pourrait basculer et que l’ancien maire de Neuilly finisse à Sedan ? Ou même que l’heure de la retraite sonne après le 7 septembre, quand la cinquième colonne syndicale défilera dans les rues ?

Le 29 novembre 2013 à 09:44
Le 27 avril 2012 à 08:22
Le 14 mars 2011 à 11:46

Vacances en France

Visite guidée

« Quiconque va visiter l'Algérie ou la Tunisie — et aujourd'hui cette excursion est tellement facile que tout le monde l'aura bientôt faite — ne peut s'embarquer sans s'être muni du Guide-Joanne, dont l'auteur pour l'Algérie et la Tunisie est Louis Piesse. Mais bien peu des voyageurs qui en feuillettent distraitement les pages se doutent qu'ils ont à la main un chef-d'œuvre d'érudition et de conscience artistique ; bien peu se doutent que l'auteur est, en même temps qu'un savant hors ligne, un littérateur de premier ordre ; bien peu se doutent de la modestie, de la ténacité, de l'honnêteté de cet écrivain qui, à soixante-dix ans passés, partait tantôt pour les pays qu'il avait déjà tant de fois visités, et, les trouvant passablement changés, entreprenait de refaire son guide, véritable monument qu'il ne semblait pas possible de perfectionner. » [Je savais] que Piesse, l'été, vivait en famille dans sa maison des bords de l'Yonne, ou plutôt dans son jardin et dans son bateau, car il a un bateau, l'heureux homme ! Or nous traversions précisément le village qu'il habite. L'idée nous vint d'aller lui faire à l'improviste une petite visite. Il était, c'est vrai, bientôt l'heure du dîner. Mais cette considération ne nous arrêta pas, au contraire, et cinq minutes après, avec nos costumes hétéroclites, nos bicyclettes, nos dents longues d'une aune, nous apportions le trouble en ce paisible intérieur, en cette vraie maison du sage, toute tapissée de verdure et de fleurs sous lesquelles disparaissent les murs. »(Jean Bertot, Août 1893 : la France en bicyclette : étapes d'un touriste de Paris à Grenoble et Marseille)

Le 19 novembre 2011 à 09:00
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