« Nicolas Sarkozy doit porter la rupture de la rupture. Il doit porter le changement »
Jean-Pierre Raffarin, le Figaro Magazine, vendredi 7 octobre 2011.
Une raffarinade c’est comme un filet d’air frais qui
vous surprend agréablement dans la touffeur du débat public. Elle vous
transporte dans une autre dimension de l’esprit avant de vous rendre à vous-même
dans un état de complète zénitude.
Son auteur éponyme qui conçut : « notre route est droite, mais
la pente est forte » ou encore : « il
est curieux de constater en France que les veuves vivent plus longtemps que
leurs maris » mais surtout : "The Yes needs the No to
win... Against ze No !" » faisant croire sur l’instant que l’issue
du référendum constitutionnel européen allait basculer, cet homme-là aurait pu
se reposer, assuré d’une gloire inégalable. Que nenni. Celui qui fut l’âme du Poitou ne débande pas. C’est Sarkozy qu’il entend sauver contre lui-même en lui recommandant une rupture de la rupture qui, si l’on ose
la glose, revient à ce qu'il fasse désormais le contraire de ce qu’il annonça
lors de sa précédente campagne présidentielle. Or la rupture de 2007 valant
promesse de changement, on mesure toute la force eschatologique de la
raffarinade susdite où l’injonction initiale est associée à la prescription de
devoir maintenant « porter le changement ». Ne rien faire et tout
faire à la fois, ce n’est peut-être pas de la tarte mais c’est l’art de joindre
les deux bouts. Un exemple qui viendrait d’en haut et serait bien utile aux
gens d’en bas. Longue vie au résilient Raffarin !
Bonne nouvelle aussi pour le gouvernement français. Apparemment,
aucun ministre, aucun secrétaire d’état et autre haut-fonctionnaire du Quai d’Orsay n’a passé ses vacances à Tripoli.