Jean-Michel Ribes
Publié le 01/01/2011

L'Almanach de l'auteur dramatique - janvier


En hommage à Alexandre Vialatte qui ne l'était pas

Janvier est un bon mois pour l'auteur dramatique. Il porte des culottes chaudes, marche dans la neige et oublie le 17 de téléphoner à sa soeur Roseline dont c'est la fête. Les pièces qu'il écrit entre le 9 et le 28 sont lourdes et chaudes mais digestes. Ses personnages ont le caractère savoyard voire espagnol si le temps est clair. L'auteur dramatique s'il n'a pas la fève en souffre plus que la plupart des gens. C'est sa faiblesse, il la connaît, il évite donc les repas en famillele jour de l'Epiphanie. En janvier il se lève à 8h45 et se couche à 22h10. Son animal préféré est le canard, son jour favori le mardi et la chanson qu'il fredonne est turque.

Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.
http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701





Auteur dramatique, metteur en scène et cinéaste, Jean-Michel Ribes dirige le Théâtre du Rond-Point depuis 2002. Il écrit et met en scène une vingtaine de pièces, dont Les Fraises musclées (1970), Tout contre un petit bois (1976), Théâtre sans animaux (2001, recréation en 2012), Musée Haut, Musée Bas (2004) et René l'énervé – opéra bouffe et tumultueux (2011)

Récemment, il signe plusieurs mises en scène : Batailles (2008) co-écrit avec Roland Topor, Un garçon impossible (2009) de Petter S.Rosenlund, Les Diablogues (2009) de Roland Dubillard, Les Nouvelles Brèves de Comptoir (2010), adapté du recueil de Jean-Marie Gourio et L'Origine du monde (2013) de Sébastien Thiéry.

Il écrit et réalise des téléfilms, des séries cultes comme Merci Bernard (1982 à 1984) et Palace (à partir de 1988) ainsi que des films, Musée Haut, Musée Bas (2008) et Brèves de comptoir (2013) qu'il adapte avec Jean-Marie Gourio à partir de son oeuvre éponyme.

Parmi ses derniers ouvrages, citons Le Rire de résistance (2007, Tome I De Diogène à Charlie Hebdo - 2010, Tome II De Plaute à Reiser), un catalogue-manifeste d'insolence, de drôlerie et de liberté. En 2013, il publie chez Points dans la collection Le goût des mots dirigée par Philippe Delerm, Les mots que j'aime et quelques autres.

 

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Jean-Michel Ribes

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Le 6 juillet 2015 à 08:11
Le 20 mai 2015 à 10:03

On vit tous dans l'argent

On vit tous dans l’argent. Moi par exemple ça me fait chier : c’est complètement naïf mais je voudrais être en dehors de l’argent. Je veux être dans l’écriture hors de l’argent. C’est naïf mais c’est lié : l’argent et l’écriture sont liés dès l’origine : l’origine de l’écriture (cités-états de Sumer) c’est lister des choses à stocker, à échanger ; l’origine de l’argent c’est matérialiser des rapports, des relations, des échanges. C’est naïf mais je veux écrire des rapports autres, libidinalement autres : le rapport à l’argent comme le rapport à l’écriture (écriture au sens large, très large, au sens de fiction – fiction au sens très large, mégalomaniaquement large de fabrication de vie) passe par un rapport au fantasme ; l’argent et l’écriture sculptent du fantasme, de la fiction libidinale. Pour être hors de l’argent je veux sculpter une intensité vie dont la fiction est autre que celle du pouvoir d’achat. En dehors de l’argent je veux sculpter de l’écriture-forme-de-vie qui fait exploser les concepts de pauvreté et de richesse, le pouvoir d’achat est un fantasme pas drôle. Les concepts de pauvreté et de richesse s’inscrivent dans le paradigme malade de l’argent, dans la mauvaise fiction du paradigme malade de l’argent. L’argent comme croyance fondamentale indubitable du monde contemporain est la clôture métaphysique la plus tenace de l’époque : ne pas croire en l’argent aujourd’hui est aussi impensable que de ne pas croire au christianisme au Moyen-Age : ça n’a pas lieu d’être. Dire « je ne crois pas en l’argent » est complètement inutile, c’est du vent, je veux être ce vent, je veux à nouveaux frais dire que la pauvreté n’est pas le problème mais la solution. Pas au sens chrétien dévoyé condescendant bien sûr, mais au sens de l’intensité nue d’un vent de clochardisation biohardcore des comportements. Travail sur les fantasmes, sculpture des fantasmes et désirs, pardon d’être naïf mais je souhaite que l’écriture-argent n’entre en quoi que ce soit dans l’écriture des formes de ma vie, désolé je pars bosser à un autre paradigme, pauvre, clodo, biohardcore, riche, salut !

Le 13 mars 2012 à 15:42

Marie Nimier et Karelle Prugnaud en flagrant délit de promo

Karelle Prugnaud met en scène La Confusion de Marie Nimier. Pour ventscontraires.net, elles nous parlent de la pièce, de leur collaboration et se laissent même aller à une promo éhontée. Mais comme elles sont vraiment trop cute, on les a laissées faire. Comment êtes-vous passée de l’écriture romanesque à l’écriture théâtrale ? Marie Nimier : J’ai toujours voulu écrire pour le théâtre. Le théâtre m’a toujours plu et intimidée. Adolescente, je découvrais les univers de Robert Wilson et d’Ariane Mnouchkine, ce fut le coup de foudre. La scène pour moi a toujours été associée à la vie, au partage, à l’aventure collective, alors que le roman avait quelque chose à voir avec la solitude et la mort. Grâce au chorégraphe Dominique Boivin, j’ai fait mes premiers pas en crabe vers la scène, le spectacle s’appelait A quoi tu penses ?, ce fut une expérience exaltante. J’étais à la recherche d’une parole fluide, mais faite de reprises, d’atermoiements, intimement liée aux mouvements des danseurs et encore proche du monologue romanesque. J’étais encore trop effrayée pour passer à l’acte d’écrire vraiment pour le théâtre, jusqu’à ce que la publication de La Reine du silence m’offre les commodités financières et la disponibilité de me consacrer à un projet nouveau. J’avais un an devant moi, je m’y suis mise, je n’avais aucune obligation de résultat, j’avais seulement les moyens et le temps de m’y consacrer. J’ai écrit alors mes deux premières pièces La Confusion, puis Adoptez un écrivain (éditions Actes sud Théâtres). Aujourd’hui, je reviens fouler les sols du Théâtre du Rond-Point où je faisais, gamine, du patin à glace ! C’est un ancien territoire de glisse qui m’émeut beaucoup. J’ai l’impression de retrouver quelque chose d’essentiel, qui tient à la fois de l’enfance et de l’accomplissement. Je reviens dans ce lieu chargé d’images, je me sens faite de tous ces mélanges, de toutes ces histoires, et cela prend soudain un drôle de sens… Comme si quelque chose s’était incarnée, c’est ça, avec le passage à la scène, grâce à toute une équipe, quelque chose de moi prend corps, quelque chose de moi, qui n’est pas moi. C’est la vie même, non ? Faites-vous, avec le texte de Marie Nimier, plutôt du théâtre, de la danse, du cirque, une performance ? Karelle Prugnaud : Cette fois-ci, nous investissons l’unité de lieu théâtral, celui qu’apporte le texte de Marie, pour tenter d’y élaborer un travail performatif. Une boîte où les images se construisent et déconstruisent sous l’oeil du spectateur. Partir du réel, de l’hypra réalisme, du théâtre de situation pour tenter de le faire basculer dans l’imaginaire. En mélangeant des codes, des genres.Nous travaillons avec des artistes venant de différents horizons : le dessinateur Mickael Pecot Kleiner, le vidéaste Maximilien Dumesnil, les musiciens Bob x et Fabien Kanou... Marcher sur le fil du réel en tentant de le faire basculer. Le texte de Marie est un texte de théâtre, nous allons donc faire du théâtre. Mais un théâtre sur le fil... (Propos recueillis par Pierre Notte)  

Le 5 septembre 2014 à 08:11

L'école - 2000

C'est Noël tant pis - Journal de bord, carnet de route d'une création #1

> Premier épisode J’ai quitté l’école à leur âge. Ils sont en première et en terminale. Groupe d’option théâtre facultative du Lycée St-Louis St-Clément de Viry-Châtillon. Quatrième année, avec Sylvie Jopeck et Hélène Pavamani, nous menons des projets pédagogiques autour de l’écriture et de la représentation, une école de spectateurs. Ils vont au théâtre, à Paris, aventure compliquée, dix fois par an. À quoi ça sert, où ça nous mène, jouer à représenter le monde sur les plateaux. Comment ça marche, comment ça se fait. On rencontre les artistes avant les représentations, on interroge ce monde-là, ces métiers, où des gens vivants payent très cher des places inconfortables d’où ils regardent des gens vivants faire des tas de trucs et des machins bizarres sur des scènes avec ou sans décor qui racontent ou non des histoires. Qu’est-ce qui fait de ces moments-là des errances, des tortures ou des grâces ? Parfois des moments fondateurs d’actions communes, penser les autres et le monde, les réfléchir et sentir ensemble, partager ce moment-là d’expérience unique d’échange de vivants à vivants autour d’une aventure humaine, une histoire ou une peinture, un fragment du monde pour y voir plus clair, y vivre moins comme des chiens,  prendre le recul nécessaire au travail d’amélioration, y rire aussi mais si c’est pour ces raisons-là. Et tous les pièges à fuir, l’attrait du donneur de leçon, du redresseur de torts, le goût du divertissement à consommer, la séduction diabolique des émotions collectives. On travaille à tout ça, avec Sylvie et Hélène, profs de lettres et d’histoire. On emmène les élèves à Rome et à Capri, quand on travaille sur la représentation au plateau de scènes filmées. On s’intéresse au Mépris de Godard Moravia, alors on part jeter un coup d’œil sur la villa Malaparte à Capri, et on visite Cinecittà grâce à l’intervention de Danièle Heymann. On emmène les élèves à Stockholm quand on s’intéresse au théâtre épique, scandinave, aux parcours initiatiques chez Ibsen, Bergman, Strindberg. On monte notre petit Peer Gynt à nous et une flopée de portraits dramatiques. J’écris pour eux Les couteaux dans le dos, une aventure nordique, qu’ils jouent au Théâtre L’Envol de Viry et au Théâtre de la Bastille. J’écris pour eux des pièces pour qu’ils s’en coltinent un, d’auteur vivant, avec ses doutes, ses machineries, ses accidents et ses erreurs, son travail en cours, son organisation solitaire et sa manie du collectif. J’écris pour eux Pour l’amour de gérard philipe, une autre année. Parce qu’on s’intéresse cette année là à la forme du cirque. Il est toujours question de la famille, ses désastres, ses fêtes, ses rites, ses tueries. On emmène les élèves à Tokyo, parce que la même pièce y est créée simultanément en japonais. Ils présentent leur performance au Théâtre Caï, sous l’impulsion de Masao Tani, producteur, qui m’avait demandé deux ans plus tôt d’écrire une pièce sur son idole, Gérard Philipe. C’est fait, on va au bout des choses, on a de la suite dans les idées. On fonce. Et Marie Notte et moi, deux frangins, nous livrons un récital de chansons autour de la figure du comédien avec Machiko Yanase au piano. La même année. Avec ça, je donne une conférence le jour même de notre arrivée à Tokyo sur Gérard Philipe, l’engagement citoyen, l’acteur star et l’homme de troupe. Les élèves dévastés par le décalage horaire tombent comme des mouches pendant ma conférence. Le spectacle du sommeil de vingt-six gamins français réjouit davantage les tokyoïtes que mon blabla. Mais cette année là, c’est la famille qui est en jeu.  Parce que tous les gamins en ont une et nous aussi. Parce que c’est un premier lieu de sociabilité à tendance belliqueuse. Espace de rites, d’humiliations, de joies parfois, de guerres intestines, de failles et de déracinement forcément, à un moment donné, il faut négocier avec le départ. On travaille là-dessus et sur la figure centrale de la  mère, de la figure maternelle et matriarcale. On la retourne comme une crêpe, on désacralise, on interroge, on enquête, on rassemble les informations, les points de vue, pour comprendre mieux comment ça marche, à quoi ils tiennent, nos effrois, nos peurs et nos tourments. Les élèves écrivent, jeux d’écriture autour de la mère, on chante, on danse, on joue, on déclame, on profère. On se demande aussi ce que cela veut dire, une langue maternelle. On la triture dans tous les sens, on joue avec les armes de la parole sur le plateau, toutes les armes de la représentation, on se forge un autre langage pour dire le monde, l’autre, l’être aimé, la figure qu’on voit mieux avec un peu de distance. La culture pourrait être ça, aussi, ce lien qui fourbit des armes nouvelles du langage et de la parole, qui constitue un moment où ensemble quelque chose se fait contre tous ces temps passés à rester seul à ne rien faire, contre la consommation abrasive, aporétique, anéantissante des produits de consommation culturelle courante qui visent à la décérébration lente des consommateurs isolés et réduits à l’état inoffensif de poupées mécaniques végétales. Pareil sur le plateau, s’il s’agit d’une chose à apprendre, c’est à s’affranchir. Facile à dire. Autour de la mère, on s’empare des textes écrits, extraits, fragments, chez les vivants, Grumberg, Minyana, Renaude, Kribus, Aubert. Et des chansons, des films, des poèmes. On étudie les langues et les manières de les porter. J’écris à nouveau pour eux, les élèves, une pièce courte pour le groupe des terminales. Pour eux, avec eux, comme ils sont, à quoi ils ressemblent, comment ils jouent. Ils sont une dizaine, ils vont passer l’option facultative du bac avec ça, ce petit machin là, ce bout du truc écrit pour eux autour de la figure matriarcale et des liens familiaux, ces catastrophes humaines qui tiennent à un oui, un non, un fil. Dans cette promotion, les élèves de terminales sont une vingtaine, j’écris pour eux huit rôles dédoublés. Le père et la mère, anciens petits patrons d’une sorte de fabrique de moules à tarte d’une toute petite ville de province, Nathan, frère aîné condescendant, Tonio et Geneviève, couple hétéro vaguement plouc, Zoé et Lola, couple de lesbiennes, un médecin et une grand-mère. Chaque figure a son double qui le commente, l’observe, le juge, l’analyse, le condamne ou l’absout, et comment le tout. Chacun des commentateurs s’en prend aux autres, et en miroir à la fête de famille s’organise aussi une petite guerre sociale des commentateurs, être supérieurs et pathétiques, chacun son tour. Tout le monde s’y met, ça dégénère, ça se déglingue, c’est très compliqué mais assez rigolo. Les personnages portent les prénoms ou les diminutifs de certains des élèves, ou des dérivés. Nathan, Tonio, Lola, Zoé, Et d’autres. Je réunis alors autour de la grand-mère mourante quelques monstres que la peur, le rassemblement, le deuil à faire et la panique révèlent, dévoilent, dénoncent. Ils s’illustrent tous, chacun, dans leur horreur et dans leur projet de rassemblement réconciliateur pour finir, leur misère aussi. Les miennes, toujours. J’avoue. J’écris la réunion familiale d’individus dont les secrets implosent. C’est une pièce de quinze minutes, et c’est l’avant-dernière scène de la pièce C’est Noël tant pis, scène appelée aujourd’hui « déflagration dramaturgique ». C’est par là que cela commence. La scène est jouée à Viry et à la Bastille, les élèves la présentent au Bac. La scène rassemble une dizaine de figures familiales qui se réunissent, s’entredéchirent, et commentent les ravages faits ou observés, jouer de l’action, sans distance, l’incarner absolument, et en sortir, tout le temps, s’en détacher l’interroger, la dépeindre et l’analyser. C’est rigolo et vachement périlleux, ces allers-retours. On y arrive, les élèves sont épatants. La scène alors s’intitule Ma mère pour en finir avec, parce que je me débrouille toujours pas mal avec les titres. Depuis la représentation, par les élèves, de leurs écrits, des extraits des pièces des autres et de la mienne, j’ai entrepris de mettre en place une politique définitive de conciliation avec la mienne, de mère. Arrêter un peu de la faire chier, de lui faire payer tant et tout, l’accuser de la pluie et du froid qu’il fait. L’éprouver, la torturer pour voir jusqu’où tient son amour, et apprendre à supporter l’idée de sa disparition, long boulot. La scène nous fait jouer à ça, aussi, aux petites leçons d’anatomies des sentiments. Et à l’école, ce que j’aurais fait de mieux, et qui va devenir C’est noël tant pis, c’est peut-être ce petit machin là, mais c’est assurément ce temps passé avec Sylvie et Hélène et leurs élèves, sur treize ans d’action culturelle, concrète, tangible, d’aventure d’une option théâtre intensive pendant laquelle l’écriture et le travail au plateau, le geste artistique, ont pris un sens matériel définitif. Notre option aura été une entreprise de bâtisseurs. Du vent peut-être, mais dans le désert c’est mieux avec que sans. Du vent utile, qui vaut toujours mieux qu’un vieux prout. Et puisque rien ne sert à rien, autant faire ça ensemble, que rien tout seul. 

Le 2 août 2013 à 08:32

"Vous êtes tous des auteurs dramatiques"

Cet été j'écris une comédie puis une tragédie ! Jean-Michel Ribes vous tient la main

Il n'est plus admissible aujourd'hui, alors que la lune est à portée de la main, que l'on guérit et comprend tout, que vous ne puissiez écrire une pièce de théâtre - simplement parce que vous n'êtes ni doué, ni créatif, ni inventif. Nous vous proposons un certain nombre d'éléments qui vous permettront aisément d'écrire un drame ou une comédie, sans avoir un instant recours au talent que vous n'avez pas.20 personnages au choix :- Le Roi - Madame Andrée - le fils - le conseiller - la mère du conseiller - Jean-Claude - Michel son demi-frère - le capitaine de la garde écossaise - Andromaque - Andromaquette - Monsieur Peyrol (peut être anglais ou grec) - le jardinier - saint Antoine - l'Homme qui revient - Hermione - le chanteur musulman - Madame Sardine - Périclès - Richard III du Portugal12 répliques au choix et quelques rimes :1/ Bonjour2/ Tu sais, Michel, si tu continues...3/ La mer tout entière enragée t'emportera jusqu'au port.4/ Je vous rappelle que c'est ma femme que vous aimez.5/ Oui! Oui!6/ Si vous dites demain, je suppose que vous avez vos raisons!7/ Madame, s'il vous plaît... il faut qu'à petits coups de hache je me détache de vous... (Peut être utilisé au masculin en remplaçant "Madame" par Monsieur".)8/ A quelle heure tu rentres (ou "rentres-tu" si on préfère) Jean-François?9/ Juste te regarder sourire, et puis fermer les yeux, et puis t'aimer doucement au fond de moi...10/ Madame, fuyez, le Roi est hors de lui. (A dire essoufflé.)11/ -Hector? Je pensais que vous vous appeliez Alain?12/ Je pense que c'est mieux ainsi Simone, le mensonge n'a pas d'issue. (Si on est gêné par l'allitération ainSi Simone, on peut appeler Simone Bernard.)Pour ceux qui seraient tentés d'écrire une œuvre dramatique en vers, voici quelques rimes :A/ Pain, vain, matin, Simonin, alors, hein!?, cabotin, chien de chasse (enlever "de chasse").B/ Bateau, allô, pas beau, caraco, San Francisco, bateau (attention, très utilisé), Dario Moreno.C/ Chandernagor, changer de bord, alors, tribord, totor, Salvador, bague en or, cors de chasse (enlever "de chasse").4 idées de décros au choix :- la Place Saint-Marc à Venise;- la salle de bains de la fille du personnage principal;- une partie de chasse (enlever "de chasse");- un magasin de canapés.6 intrigues au choix :1/ Le père de Jean s'aperçoit qu'il est norvégien. L'avouer, ne pas l'avouer? Tout se finit bien grâce à Denise qui vient lui rendre visite dans un rêve. Il comprend que c'est elle qu'il aime, il quitte aussitôt son emploi de juriste dans une grande société dont on taira le nom.2/ Urbain de Casterheim, seigneur de Livarie, n'a qu'une fille. Cosme VII, comte d'Estremadure et de Roubaix, n'a qu'un fils. Louis le Pieux dit Louis le Brave (ou le Sérieux), évêque de Tunis, de Saint-Mandé et de Brestlitovsk, n'a qu'un rein. C'est à ce moment de l'action que débarque André, envoyé du pape Camille VI, père de trois jumeaux qui n'ont qu'un oeil.3/ Françoise aime Paul qui ne l'aime pas. Paul aime Catherine qui ne l'aime pas. Catherine aime Françoise dont le vrai nom est Liliane.4/ Jean se réveille sur une île déserte perdue au milieu de l'océan. Soudain il aperçoit son visage dans une flaque d'eau et réalise que l'île n'est pas déserte. Bouleversé il se pend. (Pour une pièce en un acte, ou un lever de rideau.)5/ Le docteur F., célèbre psychanalyste, découvre que sa patiente Mireille G. n'est autre que lui-même. Il refuse de la faire payer.6/ Koa-tang vient de mourir, sa femme Tsi-buhli le veille en silence.8 titres au choix :- Cours mon beau printemps;- La Camaraderie;- Le Cendrier attendu;- Le Tigre et la Rascasse;- L'Anniversaire de Paula;- L'Echafaud cartilagineux;- Le Décès de la veuve;- Les Alouettes suisses.Prix des places (quelques propositions) :- 2 euros;- 15 euros;- 23 euros;- 15075 euros.Une fois que vous aurez terminé votre pièce, si vous souhaitez un metteur en scène et des acteurs, vous trouverez quelques conseils pour les choisir dans un prochain article de ventscontraires.net.Bravo d'y être arrivé et merci de ne pas nous envoyer votre manuscrit. Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701

Le 6 septembre 2016 à 10:19

Blandine Pélissier : "En matière d'égalité hommes-femmes, le monde de la culture est en retard sur le reste de la société"

Blandine Pélissier est comédienne, metteuse en scène et traductrice du théatre contemporain anglo-saxon vers le français. Depuis plusieurs années elle milite avec le collectif H/F pour une véritable parité dans le monde du spectacle. Un milieu que l'on pense a prioiri émancipé et où pourtant il y a énormément à faire.Un exemple? Il y a cinq ans, nous avions voulu consacrer une saison entière du Rond-Point aux femmes : la majorité des spectacles programmés sur nos trois plateaux allaient être écrits ou mis en scène par des femmes. Cet enjeu nous a enthousiasmé et l'équipe s'est mise à lire des manuscrits, rencontrer des artistes, voir des spectacles au féminin. Les choses avançaient pour le mieux, de très bons et très forts spectacles s'annonçaient, sauf que la délicate alchimie présidant à l'élaboration d'une saison s'avéra bien plus difficile et lente à "monter" cette année-là. Comme si nous avions divisé par deux, par trois ou peut-être par un chiffre beaucoup plus grand les œuvres parmi lesquelles nous pouvions faire notre choix. Je ne veux pas dire par là que les projets portés par des femmes étaient moins intéressants , évidemment pas, mais nous avions la plus grande peine à trouver suffisamment de spectacles signés par des femmes déjà en tournée ou en cours production. Au final ce fut une réelle déception : nous n'avions réussi à programmer que 11 spectacles "Femmes, femmes, femmes" sur 33 — un tiers. Et c'est à ce moment-là que nous avons été contactés par la comédienne et traductrice Blandine Pélissier qui nous proposa, avec le collectif H/F, de nous joindre à quelques théâtres qui s'engageaient  à annoncer une « Saison 1 égalité homme-femme » dans les théâtres publics… Quelques années plus tard, on devra à ce mouvement l'instauration de "short lists" paritaires lors des appels d'offre pour la direction des centres dramatiques ou des grands théâtres publics, mais depuis les choses ont-elles vraiment changé dans le milieu du spectacle ?C'est sur ces questions, et au-delà, que Blandine Pélissier a bien voulu s'entretenir avec nous.

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