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rond point
Publié le 12/10/2011

Espace collabo

 

Hop une citation !


« Si vous voulez avoir des idées propres, changez-en comme de chemise. »
Francis Picabia
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«L'Amérique déborde de gens qui sentent que peu importe ce qu'ils disent ou font, il ne sera fait aucune différence; que personne n'écoute; qu'il n'y a personne pour écouter.»

Hakim Bey


Hakim Bey, Sermons radiophoniques, traduction de Fleur Ramette, éditions Le Mot et le reste 2011.

 Espace collabo 
le 18/07/2011
 

Pour la plus grande joie des lecteurs de ventscontraires.net, l'infatigable Paul Martin a rejoint depuis bientôt 3 mois l'équipe des chroniqueurs réguliers de la revue . Rencontre avec ce trublion adepte d'absurde et d'humour noir, qui nous régale de ses savoureux post-it.  

VL : Qui êtes-vous ? D’où venez-vous et vos intentions sont-elles pacifiques ?
PM : Mon nom est Paul Martin, je viens de déjeuner. Mes intentions sont rarement belliqueuses, mais elles sont parfois inavouables.

La plupart des enfants dessinent. Et vous quand avez-vous décidé de continuer ?
Il y a six mois, à la faveur d’une crise existentielle. C’était ça où l’haltérophilie, quand j’ai vu ces trucs hyper-lourds mon choix a été vite fait.


Qu’auriez-vous pu faire d’autre si ça n’était pas devenu votre métier ?
A vrai dire, ce n’est pas devenu mon métier, ce que j’ai fait d’autre c’est écrire des trucs que d’autres illustrent, souvent avec un tel talent (les autres, je précise) que ça m’a longtemps découragé d’essayer d’en faire autant.
 
Quels sont vos inspirateurs en termes de graphisme et d’humour en général ?
Mon secret, c’est un poulet.

Selon vous, qui a inventé l’humour ?
Je ne sais pas qui, mais je sais que c’était un vendredi à 14h25.

Un souvenir de premier coup de cœur sur une bande dessinée ? Un maître ?
A 20 ans j’ai découvert Gary Larson et ça a été la révélation qu’on peut faire des dessins absolument hilarants sans être un « bon dessinateur », je lui en suis très reconnaissant.

Comment définiriez-vous votre style ?
Inexistant. Je m’efforce d’en avoir le moins possible sans que ça soit moche.

En quelques mots, qu’est ce que l’Hippopotable ?
Un blog lancé en 2006, pour voir comment on fait un blogue. J’avais sous le coude quelques vieilles pubs scannées dans des revues des années 50, j’ai eu envie d’en faire un truc rigolo. Mon exemple littéraire, c’était les orphelins Baudelaire, c’est un échec total de ce point de vue. Mais cinq ans plus tard j’ai des millions de fans dans le monde entier (essentiellement en Picardie et dans les Ardennes) et un projet d’adaptation au cinéma par les frères Wachowski.

Vous êtes manifestement passionné de publicités anciennes. Est-ce une question de nostalgie d’une époque bénie ?
Alors, c’est un malentendu. Je suis totalement publiphobe, et radicalement anti-nostalgie. La pub, c’est à mon sens une des grandes nuisances du monde moderne, avec les pères Noël accrochés aux balcons et les quinquagénaires à chapeau.

D’ailleurs, quand auriez-vous aimé vivre et pourquoi ?
Je crois qu’on traverse actuellement une période abominable mais je ne vois pas d’époque antérieure à laquelle j’aurais préféré vivre, notamment en raison de l’amélioration constante de l’efficacité des antalgiques pour les soins dentaires. Je crois aussi que ça va aller en empirant. Donc, objectivement, nous vivons l’âge d’or de l’humanité, disons l’âge de plastique doré.

Quel est votre avis définitif sur les extraterrestres ? En avez-vous rencontré ?
J’ai essayé, vraiment, j’ai même passé une nuit avec un groupe d’ufologues amateurs à observer le ciel dans l’espoir naïf d’apercevoir une soucoupe. Faute de résultats probants, je me suis tourné vers une sorte d’agnosticisme soucoupiste. Et puis maintenant j’en fais en BD sous le nom de Kiki et Aliène, c’est dans Astrapi, vous devez lire ça.

Vous êtes incroyablement productif (plusieurs blogs, un vrai travail, ventscontraires…), quel est votre méthode de travail ?

Vraiment ? Moi je me vois plutôt comme un glandeur. Eh bien, je tournicote, je farigoule,  je louvoie, je tergiverse, puis je bâcle beaucoup et je prends sur mon temps de sommeil (surtout de 23h à 1 h du matin).

Parmi les chroniqueurs de ventscontraires.net, qui aimez-vous retrouver ? Auriez-vous quelque chose à leur/lui dire/demander ?
Je préfère lui envoyer un mail parce que c’est un peu personnel.

Raphaël Chabloz nous a transmis plusieurs questions pour vous.

RC : Mais où va-t-il chercher tout ça (surtout les photos, je veux dire) ?
J’ai une énorme pile de revues des années 50 à 70 récupérées un peu malgré moi, je pioche toutes les images de mon blogue dedans. Pour les idées, ça me vient en faisant la sieste, dans le train, ou juste devant une feuille blanche.

RC : Est-ce que c'est plutôt bien, ou pas, de n'avoir que des prénoms dans son nom ?
Avantage de m’appeler Paul Martin, je suis ingooglable, je me perds au milieu de mes homonymes comme un gnou dans le troupeau savaneux. Les gens rient juste en voyant mon nom, ils pensent souvent que c’est un pseudonyme. Et encore, ils ne savent pas le plus beau : mon nom complet c’est Paul Pierre Jacques Martin.

 Espace collabo 
le 27/07/2011
 

Une lectrice, Jeanne C., nous a récemment adressé un message qui déplorait la publication d'un billet de Paul Martin intitulé "Le complexe de BB" :

Le post de Paul Martin banalise la cruauté envers les handicapés. Si vous pensez que ce genre de blague est pris largement au second degré et ne crée pas une émulation malsaine, vous vivez dans une bulle.
Jeanne

Voici la réponse de Jean-Daniel Magnin, Rédacteur en chef de ventscontraires.net :
Chère Jeanne, Tout d'abord merci de vous intéresser aux publications de notre revue collaborative. Ce post-it de Paul Martin traite malicieusement du mépris que vous évoquez via un clin d'oeil au film "le Mépris" de Godard. Disons que c'est une variation sur le thème éculé - si j'ose dire - des blagues de cul-de-jattes. Je note que vous ne craignez pas que les handicapés eux-mêmes s'en ombragent - en effet ils ont je pense assez d'humour en réserve - mais plutôt que nous propagions ainsi une "émulation malsaine" auprès de ceux qui ne seraient pas en mesure de comprendre l'humour au second degré de ce post-it...  S'il vous plaît, ne stigmatisons pas non plus les bien portants! Bien contrairement vôtre Jean-Daniel Magnin

 Espace collabo 
le 09/01/2013
 

Félix est une pédale de 35 ans. Comme toutes les grosses tantouzes de son âge, il écoute du Lady Gaga à longueur de journée et est fan de Mylène Farmer. Comme tous les gays, il possède un tout petit chien qu'il couvre d'attentions et de caresses et comme tous les gays, une fois le soir venu, il se travestit comme de bien entendu et danse dans des boîtes de nuit interlopes dans lesquelles il fait l'amour avec plusieurs gros moustachus tous habillés de cuir dans une backroom sombre et sordide. Comme toutes les grosses pedzouilles de cet âge, il aime se faire fouetter, insulter et parfois même, il se fait cracher dessus. Comme toutes les tantes, Félix est très efféminé et aime porter des vêtements moulants fluorescents. Il est évident que Félix est coiffeur et qu'il n'aurait pu exercer un autre métier que celui-là. Mais quand bien même Félix correspondrait à l'idée que vous vous faites de l'homosexualité, n'en demeurerait-il pas moins aussi humain que vous pour très justement avoir les mêmes droits que vous ? Cela changerait-il tant la face du monde qu'il puisse se marier avec Bastien - gros pédé baraqué et chauffeur de poids-lourds - qu'il fréquente depuis maintenant plusieurs années ? N'avez-vous pas d'autres combats à mener bien plus importants que celui-là et qui mériteraient toute votre énergie ? Je vous souhaite de vivre le même amour que Félix et Bastien, les gros pédés qui reçoivent en ce jour, toute mon affection. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, ce qui, ne vous en déplaise, inclut aussi Félix.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point