Muriel Friboulet
Publié le 15/10/2011

La grande peur


L’autre jour, les chats russes sont revenus sur le tapis. – Vous allez voir les chats russes arriver ! – disait très fort un monsieur qui ne parle pas souvent à la légère. C’est vrai que les chats russes actuels sont impressionnants à voir. J’en connais deux. Ils sont très gras. C’est parce qu’entre deux repas, ils ne quittent guère le fauteuil ou le coussin qui leur est dévolu. On les comprend un peu. L’été à Moscou, il fait vraiment très chaud, l’atmosphère est étouffante, bouger est un calvaire. L’hiver, s’il leur prenait le caprice de faire un petit tour dehors, lourds comme ils sont, ils se retrouveraient vite enfouis dans la neige. Ou alors il faudrait les monter sur raquettes, voire sur chenilles. Mais leurs maîtres ont autre chose à penser. Quant à les envoyer quelque part, qui plus est à l’étranger, cela relèverait d’un exploit comparable à celui de Youri Gagarine. Et on a peine à imaginer qu’ils puissent entreprendre un quelconque voyage de leur propre initiative, comme le font parfois certains de leurs congénères d’autres pays. Non, ce n’est pas demain la veille que l’on verra débarquer les chats russes ici. N’ayez pas peur !
Petit animal fouisseur possédant aussi quelques modestes compétences dans d'autres sphères (travaux ménagers divers, récitation de tête des œuvres d'Alphonse Karr ect...). 

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Muriel Friboulet

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Le 30 juin 2014 à 12:00
Le 22 février 2012 à 08:48

« Ça fait quoi si on mange des bonbons à la menthe ? »

Ventscontraires.net répond vraiment à toutes vos questions

Il y a quelques jours, nous vous parlions de quelques unes des requêtes google qui avaient conduit des internautes jusqu'à ventscontraires.net. Dans notre volonté constante de vous satisfaire, nous nous attelons aujourd'hui à répondre à une autre de vos questions fondamentales : « Ça fait quoi si on mange des bonbons à la menthe ? »   Généralement, rien. Mais dans certains cas très rares, on observe des effets secondaires extrêmement graves. En 1965, une femme de 41 ans qui n’avait pas répondu à une chaîne de mails lui annonçant pourtant que cela aurait de graves conséquences, s’est étouffée dans la rue avec un Frisk à la menthe de 2 mm de circonférence, ce qui est quand même louche. Elle se promenait un couteau à la main lorsqu’elle s’est effondrée, inconsciente (c’était le couteau en céramique de son voisin, qui le lui avait prêté la veille pour découper une volaille, et qu’elle allait justement lui rendre), et elle a alors empalé dans sa chute un chats siamois (on dit un « chats » siamois parce qu’on considère bien que les humains siamois sont deux, alors pourquoi pas les chats). Le sang du chats s’est alors répandu sur la chaussée, faisant glisser et déraper un camion citerne qui passait par là, et qui a alors foncé droit sur un crématorium. Il se trouve qu’à ce moment-là, un mort était en train de brûler (c’est d’ailleurs pour cela qu’on peut appeler les morts « Feu Machin », ou « Feue Truque »), et que l’accident a provoqué une explosion très intense, faisant brûler tout le quartier puis une grande partie de la ville, un incendie qu’on appela le Grand Incendie de Londres de 1666. Il faut donc faire très attention quand on ne répond pas aux chaînes de mail et qu’on mange des Frisks.

Le 22 novembre 2014 à 08:33
Le 27 juin 2015 à 09:53

Punk anarchiste, sois un Dieu et un maître pour ton chien 

Les réseaux sociaux sont alimentés par deux flux très empruntés : les vidéos sur les animaux  et les épandages vomitoires sur les assistés profiteurs, les immigrés cupides et les chômeurs non-flexibles. Juxtaposer deux informations ne veulent pas dire qu'elles ont un lien. Cependant il s'agit dans les deux cas de rapport à l'altérité, le sur-investissement de la relation affective avec l'animal en corollaire d'un désinvestissement compassionnel pour l'espèce humaine.Les propriétaires canins vous parlent d'amour. Comment peut-on s'extasier d'une liaison si déséquilibrée et la qualifier d'amour inconditionnel ? Comment puis-je me penser aimé, élu d'un être que j'achète, que je domine et que j'entretiens ? La dépendance entre le maître et son chien emprunte son fonctionnement à l'idéologie capitaliste et libéral : un toit, de la nourriture et des loisirs contre la reconnaissance. Le maître jouit de sa domination, apprécie d'être obéi. Son serviteur participe au système défensif de son patrimoine et ses aboiements xénophobes le rassurent sur sa sécurité. L'homme peut être qui il veut, cela n'influence en rien ce qu'il  reçoit en retour. Il peut être lâche et veule (ou même tortionnaire), le chien ne le sait pas. Il trouve, dans les yeux de la bête, la douceur d'une mère un matin de maladie.Comme un bien de consommation, le chien est conforme à nos attentes. Si le produit est déficient ou décevant, il termine l'été dans un fossé. Dans sa calendarité et sa cardinalité (pour reprendre les termes de Bernard Stiegler 1), il est en parfait phasage avec son propriétaire. On attribue aux chiens des émotions et des sentiments  dont la société humaine se désape : de l'empathie par exemple pour des espèces qu'il devrait chasser si l'humain n'était pas là pour remplir sa gamelle. Leur exemplarité nous conforte dans notre vision de la société médiocre. La jouissance dans cette union exclusive est d'autant plus grande que notre capacité à nouer des liens avec les hommes est contrariée par nos intérêts, par notre jalousie et par notre peur surtout.  Nous peinons à nous reconnaître dans nos semblables, leur fréquentation est laborieuse, trop compliquée et stérile souvent. Alors qu'un speed-dating avec des croquettes, ça marche à tous les coups.1 Bernard Stiegler Aimer, s'aimer, nous aimer Du 11 septembre au 21 avril, Galilée.

Le 19 juillet 2013 à 08:22

Cet été, j'ai fait un échange d'appartements...

« Cher monsieur Robertson, Si vous lisez ces lignes, c'est que la gardienne vous a remis les clés et que vous êtes installé dans notre appartement. Bienvenue à Paris ! Nous vous souhaitons un agréable séjour. Merci d'arroser les plantes vertes tous les deux jours. Le liseria scapulata du salon est particulièrement fragile. Si vous constatez qu'il perd ses feuilles, rajoutez dans l'eau d'arrosage une mesure et demi du produit phytosanitaire (emballage marron) qui se trouve en bas à droite dans le placard de la cuisine. Pour le chat, c'est une demie boîte le matin, une demie boîte le soir et une poignée de croquettes tous les trois jours. Veillez à ne pas dépasser ces quantités, c'est un animal qui a tendance à prendre du poids depuis qu'il a été opéré d'un fibrome. Le numéro du vétérinaire figure dans la liste affichée dans l'entrée. N'hésitez pas à consulter en cas de vomissements ou de diarrhée. Et pensez à vider régulièrement sa litière (celle du chat ! ?) c'est un animal très maniaque capable de vengeances inattendues. La porte de la chambre du fond est fermée à clé. Ne vous inquiétez pas si vous entendez des bruits, ce n'est pas un fantôme ( ? ), c'est ma belle-mère impotente qui habite cette pièce. Soyez tranquille, elle dispose de tout ce qui lui est nécessaire en terme de confort et d'hygiène : toilettes, eau courante, stock de conserves et de surgelés qu'elle peut réchauffer avec son micro-ondes. Elle ne vous dérangera pas, nous lui avons fait la leçon. Si toutefois, vous l'entendiez crier ou gémir, ignorez-là, elle est très comédienne. De toute manière elle ne comprend pas votre langue. »

Le 11 novembre 2010 à 15:43

Les oiseaux

Chroniques de mon jardin à moi

Dans mon jardin à moi, il y a des oiseaux. C’est écrit « Propriété privée », à la porte de mon jardin mais ils s’en foutent, les oiseaux, de la propriété privée. Ils ont dû lire Marx et Proudhon, les oiseaux de mon jardin. Ils picorent les insectes de mes rosiers, ça c’est plutôt bien. Ils picorent mes cerises au printemps, ça c’est franchement agaçant. Un coup de bec par cerise, pas deux, un, un seul, rien de plus, histoire de bien saloper la récolte. Jamais ils ne les finissent. Les oiseaux, ils chipotent, ils gâchent, ils ponctionnent à droite à gauche, ça leur plait de détruire la moitié des fruits. En plus ils commencent par celles du bas, celles qui sont accessibles. Et ils attaquent dès six heures du matin ! C’est courageux, les oiseaux. A la fin, il reste plein de cerises en haut, intactes, rouges, appétissantes… mais inaccessibles. Et les oiseaux, eux, ils s’en foutent, ils sont déjà partis chez le voisin faire les mêmes dégâts. L’hiver, Il n’y a plus rien à becqueter pour les piafs, je les regarde se dandiner sur place, battre de l’aile, soulever les feuilles, fouiller les bosquets, visiter les buissons. Et pépier de leur ridicule petit gazouillis. Ils crèvent la dalle. Parfois ils lorgnent vers le sommet du cerisier, ils pensent aux belles cerises qu’ils ont laissées intactes et qu’ils aimeraient tellement bouffer maintenant. Ils regrettent de ne pas avoir de congélateur pour faire des réserves, les piafs. Alors je descends leur mettre des graines dans une mangeoire. Et c’est tout de suite la folie. Je les regarde se battre pour attraper les meilleures graines. Je les regarde se gaver, devenir ronds, dodus et gras. Je les regarde tout en caressant mes chats. Puis je soulève la chatière et je dis : Allez, à table les chats, servez-vous !Illustration : Black bird suite, huile sur toile 200 x155, Jean-Loup Martin-Melville

Le 30 septembre 2014 à 08:49

Il ne se souvient plus de ce qu'il était venu faire dans cette pièce

Melun – Étrange histoire que celle de ce jeune homme qui s’est retrouvé seul chez lui, dans l’impossibilité de se souvenir pourquoi il venait de se lever de son canapé pour aller dans sa cuisine. Une histoire toujours inexpliquée au moment où nous écrivons cet article, mais qui heureusement se termine bien. Reportage Le trou noir Il est 16h38 quand Giovanni, étudiant en lettres décide d’arrêter son activité pour se rendre dans sa cuisine. Problème : une fois qu’il pénètre dans la pièce, il ne souvient plus du tout pourquoi il y est venu. De terribles minutes pendant lesquelles « Gio » comme le surnomment ses amis, est pris au dépourvu et ne sait pas comment réagir. « Je me suis retrouvé comme paralysé. Ça faisait comme un trou noir dans ma tête, mais tout petit » confie-t-il lors d’un point presse improvisé dans son salon. Le jeune homme va alors utiliser une technique, celle de revenir sur ses pas et de refaire exactement ses mouvements. Sans succès. Il s’inquiète, commence à respirer de plus en plus vite. Soudain, tout lui revient, comme une fulgurance. Il cherchait ses lunettes. Machinalement, il passe la main dans ses cheveux, pour justement les y trouver. Tout est bien qui finit bien. Mais l’instant de panique intérieure aura cependant duré plus de 3 minutes 12. Giovanni affirme ne plus courir aujourd’hui derrière sa mémoire perdue. « Parfois, je me dis que je suis pas loin d’être passé à coté de quelque chose » dit le jeune homme, expliquant qu’il aurait pu ne pas réaliser une action qui aurait pu influencer le reste sa vie. Mais le jeune homme promet qu’on ne l’y reprendra plus. « Depuis cet incident, je note chaque chose que je m’apprête à faire juste avant de les faire » ajoute-t-il en nous montrant un petit carnet qu’il garde toujours sur lui.

Le 1 août 2012 à 08:16

I can haz a chronique

(on m'a demandé : "plus lolcat, la prochaine")

Que se serait-il passé si Galilée avait disposé d'Internet, ce formidable outil d'expression ?   Bon, d'abord rien : il était très mal classé par Wikio, n'avait pas un énorme pagerank et un tout petit Klout. Son fameux post « et pourtant, elle tourne » serait d'abord passé inaperçu.   Jusqu'au jour où un Twittos serait tombé dessus par hasard, en googlisant « mon chaton refuse de manger de la salade, que faire ? » par exemple.   Il aurait alors relayé l'information et, très vite, le buzz aurait pris. Aux premiers commentaires outrés (« Je suis pour la tolérance mais des propos pareils ne devraient pas exister, si on accepte ça après ce sera quoi ? On va nous faire croire qu'il existe une loi de la gravitation universelle, aussi, peut-être ? » ou « LOL de toutes façons t'as tout piqué à Copernic ») auraient succédé les premiers commentaires moqueurs. Très vite, le hashtag #elletourne aurait fait son apparition dans les trending topics de Twitter, incitant ainsi les journalistes à s'intéresser aux théories de Galilée :  « L'héliocentrisme fait le buzz sur les réseaux sociaux. Un certain Galilée (@justapoorboy) a prétendu démontrer qu'en réalité, la Terre tournerait autour du soleil ! Très vite, les internautes se sont déchaînés. L'hilarant @LeJeanBon a ainsi déclaré « Je comprends pourquoi j'avais mal au cœur ce matin, dire que j'allais accuser la vodka ». La fameuse blogueuse @niniblogue s'est quant à elle exclamée « LOL, je vais devoir acheter des Louboutin à crampons pour ne pas tomber ! » Les déclarations insensées de ce Galilée ont également inspiré de nombreux LOLcats, ces désopilants montages à base de chats. Ce buzz négatif a poussé Galilée à effacer son post, preuve qu'il disait bien n'importe quoi».                

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