Le hérisson est un petit animal mignon
de la famille des petits animaux mignons. Se nourrissant
essentiellement de petites bestioles peu mignonnes, il fera la joie
des jardiniers écologistes. Comme son lointain cousin le porc-épic,
le hérisson est un animal de type piquant : lorsqu'il est face
à un danger, il se hérisse (ah, tiens, je n'avais jamais fait le
rapprochement). Hélas, cette manoeuvre de diversion est bien
inefficace face à son prédateur naturel, l'automobiliste. Elle a
également valu au pauvre animal de prêter son nom à des choses
aussi terribles que « l'élégance du hérisson », un
roman où l'on se sert du malheureux rongeur pour enfoncer des portes
ouvertes, ou que la tactique du hérisson. Cette dernière consiste à
s'arc-bouter en défense à l'aide de longues piques et de miser sur
la rapidité de ses ailiers pour tenter de piéger l'adversaire sur
une contre-attaque. Une technique bien connue en Suisse : en
1386, les Autrichiens sont ultra-favoris du match retour, qui se
dispute à Sempach. Mais, alors qu'ils s'arc-boutent en défense à
l'aide de longues piques, le Suisse Winkelried trébuche bêtement,
emportant dans sa chute suffisamment de lances adverses pour que ses
coéquipiers puissent s'engouffrer dans la brèche et mettre la pâtée
aux Autrichiens et c'est particulièrement troué que Winkelried
entre dans la légende nationale.
Quant à moi, on m'a demandé une
chronique « un peu moins hérisson », je pense que c'est
en rapport avec ma passion pour les ramoneurs. Ou alors parce que je voulais qu'on me caresse resse resse. Je vous tiens au courant.