"Je subis depuis deux, trois mois une sorte de lapidation médiatique assez impressionnante"
Eric Woerth, ministre du Travail, interview dans Le Parisien/Aujourd?hui, lundi 30 août 2010
C’est sans doute sa contribution personnelle à la campagne de solidarité en faveur de Sakineh
Mohammadi-Ashtiani, cette iranienne condamnée à la lapidation pour un adultère dont l’aveu lui a été
arraché – dans les divers sens du terme – par ses bourreaux islamistes. Plus que de la sympathie, de l’empathie.
Ceux qu’un tel parallèle révolte n’ont pas dû prendre la
mesure de l’extrème gravité du sort particulier d’Eric Woerth. Au moment où il
s’exprime Sakineh attend, dans sa
cellule de la prison de Tabriz, confirmation de la sentence par un tribunal
islamique, alors que lui est en
cours d’exécution, sans aucun sursis du tribunal médiatique. Une crauté sans nom. En Iran, le supplicié a le corps
demi-enseveli exposé aux lanceurs de pierres, mais au moins on lui recouvre le
visage. En France, au lieu d’objets contendants – ni trop petits, ni trop gros
pour faire durer l’agonie – on arrose de « papiers » confondants – ni
trop courts, ni trop longs – on bombarde de sons et d’images à heures fixes,
sans que le malheureux puisse y échapper, faute d’avoir été rendu sourd et
aveugle par une toile serrée autour de son cou.
Et tout ça pour quoi ? Pas même un adultère,
il aurait juste été trop attentif au sort de son épouse, et peut-être trop attentionné envers un bienfaiteur
de son parti, décoré de la légion d’honneur. Que de la générosité. C’est ainsi que cet homme est grand.