version mobile
ventscontraires.net
version mobile
 
impact
Règles du jeu
Actus contraires
Gens contraires
Galerie foutraque
Cadeaux Rond-Point
Je lance ma chronique
Chroniqueurs
Ils en parlent
Les vidéos
Les sons
Les vidéos
Les textes
Les vidéos
 Go 
Newsletter
 je m'inscris 
Dans quel état sommes-nous ?
Publié le 09/11/2011
 

Les bonus de la saison


Partager
Golgota Picnic | Laure Albernhe | Christophe Alévêque | Kader Aoun | Alfredo Arias | Fernando Arrabal | Alexandre Astier | Jacques Attali | Au secours les mots | Florence Aubenas | Hélios Azoulay | Alexander Balanescu | Guy Bedos | Tahar Ben Jelloun | Enki Bilal | Romane Bohringer | Mathurin Bolze | Jacques Bonnaffé | Christophe Bourseiller | Xavier Boussiron | Zabou Breitman | Cabaret philosophique | Cabu | Cartes postales | Cartoonistes for peace | Charlie Hebdo | Eric Chevillard | Jean-Loup Chiflet | citations | Boris Cyrulnik | Marie Darrieussecq | Pippo Delbono | Manault Deva | Roland Dubillard | Etienne Dumont | Fabrice Eboué | Pierre Etaix | Michel Fau | David Foenkinos | Paul Fournel | Jean-Louis Fournier | Lewis Furey | Jacques Gamblin | Noël Godin | Jean-Marie Gourio | Le Grandiloquent Moustache Poésie Club | Jean-Claude Grumberg | Pierre Guillois | Peter Handke | Jean-Michel Helvig | Catherine Hiegel | Régis Jauffret | Yannick Jaulin | Denis Lavant | Alexis Macquart | Jean-Daniel Magnin | Sophie Marceau | Thierry Maugenest | Bernard Menez | Jacques Mérienne | Donatienne Michel-Dansac | Frédéric Mitterrand | Gérard Mordillat | Jean-Paul Muel | Christine Murillo | Thomas Ngijol | Marie Nimier | Stanislas Nordey | Pierre Notte | Michel Onfray | ORLAN | Martin Page | Stéphane Paoli | Fabienne Pascaud | Fred Pellerin | Christophe Pellet | Sophie Perez | Judith Perrignon | Tattoo & Piercing | Bernard Pivot | Plonk & Replonk | Eric Poindron | Jérôme Prieur | Gaspard Proust | Nata Rampazzo | Jean-Michel Ribes | Denis Robert | Patrick Robine | Michel Serres | Macha Séry | Sites recommandés | Pierrick Sorin | Sébastien Thiéry | Stéphane Trapier | Pierre Vial | Martin Winkler | Les Yes Men
| Frémeaux et Associés | aaa | alcool | ami | argent | banque | communication | conseil | couple | cuisine | droite | humour | moustache | oupeinpo | pape | paul martin | philippe mouchès | poète | radio | révolution | santé | sport | sécurité | ségolène | télévision | vide | vieux | voiture | voyage .
a

Marie Darrieussecq & Alfredo Arias : être une pute

Marie Darrieussecq & Alfredo Arias : être une pute, ventscontraires.net, Théâtre du Rond-Point
      Partager la vidéo 

 

Ernest Coeurderoy (1825-1862)


Les cracks méconnus du rire de résistance
On sait que les utopistes historiques (Platon, Owen, Cabet, Saint-Simon, Campanella…) n’étaient guère des marrants et qu’ils s’escrimaient à vouloir imposer rigoristement leur conception moralisto-hygiéniste du bonheur obligatoire. Il y a eu heureusement d’égayantes exceptions. Y a eu, bien sûr, Fourier et Rabelais. Y a eu l’Oscar Wilde de L’Âme de l’homme sous le socialisme. Y a eu, peu après 68, L’An 01 de Gébé. Y a eu au XIXe siècle l’ahurissant Didier de Chousy dont on peut découvrir les vues toc-toc dans cette rubrique. Mais il y a eu également quelques dizaines d’années avant ce dernier le docteur Ernest Coeurderoy qui avait lui aussi une sacrée écrevisse dans la tourte, ce qui ne l’empêchait pas d’être atrocement lucide quand il expliquait pourquoi il urgeait de faire la Révolution dans l’homme et dans la société, titre d’un de l’un de ses pamphlets cardinaux (1852). « Sache donc pourquoi ton intérêt particulier est toujours absorbé par un intérêt plus fort. Et tu verras que c’est la substitution du signe à la chose, de la fiction à la réalité, de la propriété à la possession, de l’héritage à l’usufruit, de l’encombrement à la circulation, du devoir au bonheur. Il n’y a plus à hésiter. Nous n’avons pas le temps d’être eunuques. Affirmons donc que ce qu’ils appellent Dieu, c’est l’autorité qui bénit le crime. Que ce qu’ils appellent Prêtre, c’est l’autorité qui protège le crime. Que ce qu’ils appellent Professeur, c’est l’autorité qui dresse au crime. Que ce qu’ils appellent Propriétaire, Banquier, Entrepreneur, Commissionnaire, Bourgeois, Patron, Roi, Maître enfin, ce sont les autorités qui entretiennent le crime. » « Arrière, froqués et défroqués !, s’écrie Coeurderoy dans Jours d’exil. Ne me touchez pas. Je n’ai besoin ni de vos enregistrements, ni de vos parchemins, ni de vos actes. Vos cierges sentent le vieux bouc amoureux, votre eau bénite est un poison, vos bureaux puent l’employé, vos prières résonnent à mes oreilles comme des chapelets de blasphèmes ! » « Quand chacun combattra pour sa propre cause, précise-t-il dans son troisième et dernier manifeste Hurrah !!! ou la Révolution par les Cosaques (1854), personne n’aura plus besoin d’être représenté. Au milieu de la confusion des langues, les avocats, les journalistes, les dictateurs de l’opinion perdront leur discours. » Car, et c’est là l’enseignement-clé du polémiste, « l’homme veut jouir, jouir de lui-même et jouir de sa vie. Et en vérité, en vérité, l’homme jouira ! » « Peuple, tu as raison ! Il te faut le beau froment qui mûrit au soleil glorieux, et puis le vin vermeil, les fruits aux saveurs fines, les métaux utiles et les pierres précieuses, les enivrants parfums, les tentures écarlates, les manteaux de velours et de soie, les femmes aux seins rosés, les coursiers hennissants, et la chasse et les fêtes, et les concerts, et les réjouissances et les spectacles qui versent dans le cœur des flots d’amour et d’harmonie. Il te faut tout cela à profusion pour accomplir ta destinée, pour développer pleinement ta splendide existence. Et si l’on te refuse tout cela, Peuple, prends-le ! »
Les fulminations de notre esculape écrites d’un jet dans de petites brochures semées à tout vent lui vaudront, l’on s’en doute, quelques mistoufles. Jeté à la porte de l’hôpital du Midi de Paris, traqué par la police française pour avoir conspiré contre l’État, expulsé de Suisse où il s’était réfugié par le gouvernement radical vaudois, refoulé par les autorités belges, rechassé de France par un arrêt de la Haute Cour de Versailles, éjecté des États du Piémont « sous prétexte d’aliénation mentale », le docteur rebelle n’en continuera pas moins à fignoler par voies et chemins ses appels volcaniques, magnifiquement cocasses souvent, à la refonte hédoniste de la civilisation judéo-chrétienne. C’est ainsi que, ne doutant de rien, Ernest Coeurderoy nous invite, notamment, à réimaginer l’identité : « Votre nom doit varier suivant l’âge, le lieu, le temps et les événements. Aux uns, il suffira d’un nom pour toute leur vie, les autres en useront autant que de chemises. » À réimaginer l’amour : « On reste ensemble tant qu’on se convient, éternellement si l’on veut ; on a plusieurs hommes ou plusieurs femmes, si l’on s’en sent le courage ; on alterne, on varie. » À réimaginer l’élégance : « En ces temps de liberté, de grâce, de bonheur et de fête, chacun choisira son costume dans l’étoffe et la couleur qui lui plairont davantage. Les tailleurs seront quelquefois consultés, rarement obéis. Alors, chacun étant différent de tous, l’originalité des costumes ne sera plus un ridicule. » À réimaginer l’écriture : « Je me mets au-dessus des règles de style, de ponctuation et d’orthographe que voudrait m’imposer l’usage. Ce sont là encore des entraves, des bâillons qui paralysent mes allures libres, ma libre diction. » À réimaginer l’information : « Au premier beau jour de la liberté, les journaux pousseront tous à la fois comme chiendent en bonne terre, traceront, envahiront et finiront par étouffer leur père, le journalisme. Alors, sur chaque question, tout individu pourra donner son avis, le faire tirer à des milliers d’exemplaires et le répandre en public. » À réimaginer l’urbanisme : « Les habitations des hommes sont disposées en cercles, en croissants, en squares, en corbeilles de plantes, en ermitages, au hasard et au cordeau. » À réimaginer même la villégiature : « On est chez soi partout. Le train de plaisirs devient une réalité. On part à son heure, on s’arrête à son gré. Les convois sont fournis de toutes les commodités, de tous les luxes, de tous les divertissements désirables. Beaucoup ne connaissent plus d’autre patrie. »
« Affligés, voici l’heure de la joie, épilogue le toubib insurgé. Fondons les canons de fusils avec les fers qui meurtrissent nos chairs et si le plomb nous manque, nous le chargerons avec des fragments de couronnes ! »

> A lire :
Ernest Coeurderoy (1825-1862) Révolution, désespoir et prophétisme, orchestré par Alain Brossat, L’Harmattan
Deux éditions récentes de Jours d’exil d’Ernest Coeurderoy, l’une aux  Archives Karéline, l’autre chez Canevas

Au plus nord du continent américain #2


Tant qu'il y aura du froid

Manière de commencement
Ce que l’on voit, c'est d'abord la nuit dans ces images prises par une webcam posée dans les hauteurs de Barrow, village situé au plus nord du continent américain.
Eben Hopson est né ici en 1922. > voir l’épisode précédent

Eben Hopson ne comprend pas.
Il n’a pas vingt ans, et cette fois-ci, il n’a pas demandé à partir de Barrow. Il est inupiaq, esquimau, indien, il n’a pas de droits civiques. Il s’est retrouvé dans un bateau, ce n’était pas le North Star, mais un bateau de l’armée américaine, de l’incorporation américaine.
Direction Nome, toujours en Alaska, mais au-dessous du cercle polaire, au-dessous du détroit de Béring. Nome, une ville de chercheurs d’or, de crevards, de joueurs, de tricheurs.
 
Eben Hopson se rend chaque matin sur la base aérienne, la dernière base avant l’Urss. Il est là pour construire des avions, des avions russes. La guerre n’a pas commencé, alors les Américains et les Russes commercent.
Eben Hopson ne comprend pas. Il est encore chez les Inupiat, en face, de l’autre côté du Détroit, des Tchouktches doivent subir le même sort, un peu plus au sud, ce doivent être des Aléoutes, des nomades, éleveurs de rennes, chasseurs de morses, amateurs de viandes crues, ne demandant rien à personne.
Eben Hopson fait ce qu’on lui dit. Les Américains et les Russes entrent en guerre. Il fait ce qu’on lui dit, il embarque sur un autre bateau pour la guerre des mille miles dans l’archipel des Aléoutiennes. Au moment du bombardement d’Unalaska par les Japonais, il n’est pas loin. Quand les Américains déportent les Aléoutes dans des camps sans eau ni chauffage au centre de l’Alaska, il n’est pas loin. Quand, ils pillent les maisons, tuent les phoques sans raison, s’amusent à la chasse au phoque, il est là.
La guerre se finit, Eben Hospon fait ce qu’on lui dit, il reste à Nome pour installer les radars contre les missiles balistiques russes. Il est un soldat accompli, l’Amérique a besoin de lui, il ne rentrera à Barrow qu’en 1946.

Diogène de Sinope


Clochard céleste n° 28
Diogène de Sinope (Sinope v. 413 ? Corinthe, v. 327 av. J.-C.), de notre belle lignée de clochards célestes, je décide qu'il est le premier. Diogène le cynique, le clochard philosophe, ami des chiens et penseur pervers-pépere du monde antique. Notre père à tous. Habitant du tonneau et des rues de Sinope, d'Athènes et de Corinthe. L'homme qui n'avait besoin que d'une écuelle pour vivre, jusqu'au jour où il prit exemple sur un enfant pour jeter l'écuelle et boire avec ses mains. L'homme qui fut vendu comme esclave en déclarant : Je sais gouverner, vendez moi à quelqu'un qui cherche un maître. L'homme qui tournait au ridicule chaque démonstration platonicienne. Mille anecdotes à son propos. Une légende. Subversif. Méchant. Insolent. Drôle. Interlope. Libre. L'homme qui se masturbait dans la rue. L'homme qui voulait qu'on jette son cadavre à l'égout et qui volait leurs os aux chiens. Le clochard qu'admiraient les empereurs. Un jour Alexandre le Grand va à sa rencontre : Demande moi ce que tu veux je te le donnerai et Diogène de lui répondre : Ôte-toi de mon soleil !
 Les règles du jeu   Actus contraires   Gens contraires   Galerie foutraque   Cadeaux Rond-Point   Je lance ma chronique   Chroniqueurs   Ils en parlent 
 Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes   Nous contacter   Accès chroniqueur
 Site administré par
© 2010 - CC.Communication 
  CC.Communication, création de sites web et édition de logiciels en ligne