
Albert Cossery est né le 03 novembre 1913 au Caire et il est
mort 94 ans plus tard à Paris.
Entre temps il s’est beaucoup assis, a beaucoup lu et a un
peu écrit.
Sous les rides d'Albert Cossery, se cachait l’élégance fripée
des corbeaux qui ne se laissent pas apprivoiser.
Il vient d’une famille bourgeoise d’Egypte et débarque à
Paris juste après la seconde guerre. Il s’installe alors dans une minuscule chambre d’Hôtel et y reste. Jusqu’à la fin.
Albert Cossery pratique la paresse (tout comme Perros) comme
un art martial. Celui de la contemplation séditieuse.
Albert Cossery sait que les choses ne tournent pas rond et
que ce n’est pas en allant pointer que la terre se remettra sur ses pieds.
Albert Cossery se fait aider par Henry Miller pour publier
son premier livre.
Il est du côté de l’ironie de la vie et de l’insolence des
mendiants.
Dans ses romans la fange est noble et belle. Elle triomphe toujours des servitudes
de l’ordre établi. Mais il ne l’idéalise pas. Il est de son côté. C’est tout.
Les titres de ses romans sont beaux comme des poèmes dans la fumée d’un
narguilé : Les Morsures, Les Hommes oubliés de Dieu, Les Fainéants dans
la vallée fertile, Mendiants et orgueilleux, Un complot de saltimbanques, Une ambition dans le désert, etc.
Lorsqu’on lui
demandait « Pourquoi écrivez vous ? » Il répondait : « Pour
que quelqu'un qui vient de me lire n'aille pas travailler le
lendemain »...