« Quand on n'a qu'un seul objectif dans la vie, on perd le cap »
Martine Aubry, compte rendu de mi-mandat à la mairie de Lille, 23 juin 2011
Présidente de la République, ministre de la Culture, maire
de Lille, première secrétaire du PS, bonne copine ou supportrice du LOSC, il
fallait choisir en cette veille d’annonce de candidature aux primaires
socialistes. Angoisse de la gardienne de Solferino, au moment du tir aux pigeons
de la campagne présidentielle ? Martine Aubry qui entretient avec la
syntaxe académique les rapports
conflictuels de tout énarque plongé dans le grand bain populaire, a donc énoncé
cette maxime abyssale.
Dans l’esprit on peut l’entendre comme une salutaire
incitation aux richesses de la vie et à l’imagination eschatologique. A la lettre
c’est le manuel du parfait petit naufragé. Les marins savent ce que cap veut
dire, ils se garderaient bien de laisser aller la barre un coup vers le port,
un autre vers le large, ou encore un mouillage abrité ou une régate disputée. Sur l’eau, le compas ne ment
pas. Si l’on se fixe un cap c’est qu’on a un objectif et un seul.
L’objectif change ? Mieux vaut infléchir le cap, sinon c’est
la mauvaise surprise assurée. Mais elle est comme ça Martine Aubry, elle ne veut pas
paraître « habitée » par une seule ambition élyséenne (« Tu ne convoiteras point
la maison de ton prochain »). Si elle se résigne à concourir, c’est
pour la France et les Français.
Pas moins, mais pas plus non plus. On ne l’amputera pas du reste. Même
si, à son corps défendant, elle doit faire taire ses détracteurs :
« Même pas cap’ ! »