Wandrille
Publié le 09/11/2011

Gontran l'énervant


Le théâtre Môssieu le théââââtre !


Wandrille vit entre Paris et Berlin. Il a fondé avec Benoît Preteseille les éditions Warum pour y éditer leurs livres et ceux des autres.
En poussant un peu le concept de minitel, il invente internet avec quelques amis et le voilà blogueur. Il fonde une autre maison d'édition, Vraoum !, pour éditer les copains du net.
Au départ, il voulait être Victor Hugo, puis Romain Gary. Maintenant, il se dit que finalement, devenir Garcimore ou Gérard Majax ce serait pas si mal.
Il a toujours du mal à comprendre qu'on accepte de lire et de rire à ses conneries, mais finalement, qui est-il pour juger du goût de ses contemporains ? Plus tard, la postérité lui rendra justice en l'oubliant.
Aussi, si vous m'en croyez mignonne, tandis que votre âge fleuronne, cueillez cueillez votre jeunesse, comme à cette fleur la vieillesse fera ternir votre beauté.
 

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Le 3 décembre 2011 à 10:27

Jean-Marie Decheneux

Les cracks méconnus du rire de résistance

Ce mois-ci, les loulous, je vais me faire tout petit-petit et m’effacer résolument devant un véritable petit chef d’œuvre d’humour mutin flagellant qui n’était pas du tout destiné à être diffusé. Il s’agit de la lettre historique qu’adressa en 1966 un bouquiniste wallon, toujours en vie présentement, aux responsables des services hospitaliers de l’Assistance publique de Liège. Lesquels, suite au recommandé qui suit, durent se réunir d’urgence pour statuer sur le bien-fondé des trois contre-propositions qu’y formulait leur ancien patient involontaire Jean-Marie Decheneux. Après bien des tergiversations, c’est sur la solution n°2 que l’Assistance publique se rabattit. Attention, il s’agit là d’une histoire belge, les chiffres figurant dans cette lettre doivent être reconvertis en francs français.   Lettre à l'Assistance publique (1966) Messieurs de la Recette de l'hôpital de Bavière (Assistance publique), il y a un peu plus d'un an, j'ai eu le relatif avantage de séjourner quelque temps dans vos locaux. J'y avais été amené à la suite d'une absorption volontaire et massive de barbituriques. Ayant décidé – avec impulsivité peut-être, mais sain d'esprit – de cesser définitivement tout commerce avec ce qu'il est convenu d'appeler mes semblables, j'avais jugé ce moyen propre à ne pas déranger trop de monde. Mal m'en prit : ma femme, âme sensible, s'émut des teintes curieuses que prenait mon véhicule charnel en voie d'anéantissement, d'où mon arrivée chez vous. Vous me sauvâtes donc ce bien qu'on dit le plus précieux : la vie. Je sortis de vos établissements affligé d'une pneumonie mais sauf. Je me remis besogneusement à exister et, jusqu'à ce jour, je croyais bien ne plus avoir, de longtemps, à vous considérer. Je recevais bien de temps à autre quelques papiers portant en guise d'en-tête votre raison sociale, mais, croyant qu'il s'agissait là de publicités pharmaceutiques que ma qualité d'ancien pensionnaire me valait de recevoir, je les mettais d'une main négligente au panier. L'aspect plus solennel de votre envoi du 17 courant (ref: n°1267/2823/05/x) fit que je lui accordai une attention plus soutenue. J'appris ainsi que vous me réclamiez depuis huit mois une somme de 779 FB pour vos bons soins et que, faute de paiement dans les huit jours, vous vous verriez – pour reprendre vos propres termes – « dans l'obligation de recourir à des mesures de contrainte ». Sans préjuger de la nature, ni de l'importance, de ces dernières, les raisons m'apparaissent nombreuses de ne pas donner suite à cette mise en demeure : 1. d'ordre pratique d'abord ; Il me serait fort difficile de réunir une somme de 779 FB en d'aussi brefs délais, mes bénéfices habituels restant fort en deça d'un tel chiffre ; 2. d'ordre strictement technique ensuite : Il me semble pour le moins étrange que je sois tenu de payer des soins que je n'ai jamais sollicités, qui m'ont été infligés contre mon gré et dont le but manifeste était de contrecarrer ma volonté consciente. De surcroît, durant mon séjour chez vous, j'ai été victime, suite à quelques négligences dans le manipulement de ma personne physique, d'un petit traumatisme crânien dont je porte encore la trace visible, à savoir un espace de peau de 3 x 2 cm entièrement dégarni de cheveux. Je n'ai toutefois jamais songé à vous tenir rigueur de cet accident et encore moins à vous réclamer un dédommagement, quelque manifeste que soit le préjudice moral et esthétique subi ; 3. d'ordre moral enfin : Le nom même de votre organisation – Assistance publique – m'inspire la plus grande méfiance. Je suis d'abord opposé à toute forme d'assistance tant aux pays sous-développés qu'à qui que ce soit ; cette forme particulièrement pernicieuse de charité n'ayant pour objet que de retarder les révolutions libératrices et, de surcroît, je dois vous avouer que la simple référence à toute forme de public, groupe, communauté ou société suffit à éveiller en moi des allergies. Toutefois... Désireux de trouver malgré tout une solution satisfaisant les deux parties et guidé, je l'avoue, par le souci de vous éviter des démarches fatigantes et – qui sait ? – peut-être coûteuses, je prends la respectueuse liberté de vous proposer l'arrangement suivant : je suis prêt à vous verser mensuellement une somme de 10 FB jusqu'à extinction complète de ma dette, soit durant une période de 6 ans et 5 mois. Il va sans dire que, tenant compte du caractère éminemment philanthropique et prophylactique de vos services, je ne vous ferai pas l'injure de vous proposer le moindre intérêt. Trois possibilités s'offrent à vous : 1. Devenus sensibles au côté « technique » de mes précédents arguments, vous renoncez à me réclamer la somme de 779 FB (si je ne devais plus avoir de nouvelles de vous, j'interpréterais ce silence comme une décision en ce sens). Le cas échéant, vous n'auriez d'ailleurs pas à vous en repentir ; je me ferais un devoir de recommander votre maison à mes amis et connaissances ; 2. Tenant par-dessus tout à percevoir ladite somme de 779 FB, vous acceptez l'arrangement que je vous propose (veuillez dans ce cas m'en avertir dans les plus brefs délais, je ferai immédiatement un premier versement de 10 FB à votre CCP) ; 3. Négligeant tout ce qui vient d'être dit, vous persistez dans votre intention d'user de « mesures de contrainte ». Dans ce cas, je me verrai contraint de vous restituer la vie que vous m'avez prêtée en m'excusant de l'avoir conservée aussi longtemps indûment. J'userai alors d'un procédé plus expéditif que celui qui fut à l'origine de notre rencontre : j'ai l'avantage d'occuper le troisième étage de l'immeuble où je suis domicilié, la distance séparant mes fenêtres du trottoir me paraît suffire à l'exécution de mon dessein. Est-il besoin de dire que je souhaite vivement vous voir choisir l'une des deux premières solutions. Inquiets comme vous l'êtes de l'ordre public et de la propreté des rues, je crois pouvoir vous faire confiance à ce sujet. Dans l'attente de vos nouvelles, recevez, Monsieur, l'expression sincère de ma considération distinguée.   Jean-Marie Decheneux   P.-S. Auriez-vous l'obligeance extrême de me faire parvenir le détail de ma dette de 779 FB. Je suis particulièrement curieux de savoir si les secours de notre mère la Sainte Eglise catholique qui me furent aimablement et obligatoirement fournis dès mon arrivée en vos locaux ont été tarifés et si oui à combien. Merci.

Le 22 janvier 2015 à 08:36
Le 22 septembre 2012 à 09:10

Le problème avec ces caricatures

Le problème avec ces caricatures c’est que j’ai du mal à imaginer comment le cerveau humain peut physiquement souffrir qu’on lui ôte le droit pourtant inaliénable de se marrer, comment quiconque envisage de survivre à l’infinie absurdité de l’existence humaine sans, parfois, dans un léger élan, amorcer un salvateur petit pas de côté pour observer goguenard d’incrédulité le manège de nos vies inutiles, comment quiconque peut concevoir de survivre sans s’en extraire par le rire à un monde dans lequel, parmi la liste des atrocités perpétrées par l’Homme sur lui-même au nom de ses propres inventions, on envoie des mômes se faire péter les entrailles en se gargarisant de mille formidables raisons de le faire, que oui, j’ai de la peine à concevoir que quiconque puisse supporter l’intolérable cruauté du monde sans s’arrêter parfois pour, aussi paradoxal que ça puisse sembler, en pisser gaillardement de rire, qu’il me semble quasi-impossible de résister à la l’implosion totale de cervelle devant la vue quotidienne du spectacle barbare de la folie des Hommes, sinon en amorçant ce petit pas de recul salvateur et en s’autorisant à s’esclaffer du constat de l’ampleur de la la connerie humaine, que considérant qu’elle atteint un point où l’Homme ne peut décemment en soutenir la cruauté, il me semble impératif qu’il se désolidarise de cette humanité follement sanguinaire, en riant d’abord, en commandant un demi-pêche ensuite, puis en rêvant peut-être de toute sa naïveté à un monde de paix où chacun se tiendrait la main et ferait tranquillement pousser des pommes dans son jardin, sauf, que les dieux, visiblement, la pomme, ils ont toujours eu un problème avec. C’est ça le problème avec ces caricatures.

Le 18 mars 2012 à 08:31
Le 27 janvier 2015 à 08:45

Rencontre fortuite

Ce photomontage (d'un goût douteux) à la fois lourd et léger, me permet de poser plein de questions. Depuis quelques jours, j'essaie de réfléchir sur l'irreprésentabilité dans le dessin. Comment dessiner quelque chose que l'on n'a pas le droit de représenter ? Parce que c'est clair qu'on n'en a pas le droit. Il y a eu 12 morts pour appuyer cette idée, et depuis, en réitérant à 7 millions d'exemplaires ce méfait, même avec un message de paix, on comprend que c'est formellement interdit. La censure se cache derrière de nombreux mots doux : la bienséance, le respect, la prudence, le péché ... On commence à entendre, après de nombreux défilés soutenant la liberté d'expression, que plusieurs représentations de spectacles sont annulées, des affiches retouchées, ou retirées des panneaux... Peur de choquer, ou peur de remettre de l'huile sur le feu ? La liberté s'arrête là où la sueur froide coule. Oui, mais une contrainte, dans le dessin, c'est un challenge. C'est une consigne même. Ça pourrait être un sujet de cours d'illustration : représentez ce qui est interdit. Et comment fait-on ça ? En questionnant la notion même d'interdit. Qu'est-ce que nous avons sur cette page blanche? On pourrait très bien répondre « Enfoiré, t'as représenté Voldemort avec un nez en forme de saucisse ! Mais je vais t'égorger !! ». Mais en réalité, on voit quoi ? Une belle cacahuète, deux olives farcies, deux chips paysannes, un mini-boudin, et des piques d'apéros. Bon, mis à part le fait que ce l'ensemble soit un peu haram, c'est pas bien grave. Qui se représente une autre image que celle visible au premier regard ? C'est le cerveau de celui qui zieute. Hahaaa, qu'on vienne me reprocher mon image pour autre chose que ce qu'elle est, à savoir, un hommage aux masques bachiques de l'Antiquité, une évocation d'un portraitiste italien , un clin d'œil à Lautréamont, et à ses descendants, ou encore un manifeste en l'honneur d'un moment convivial. Celui qui viendra me soupçonner d'autre chose, bah ce sera en gros « celui qui dira qui sera ». Pour en revenir à l'interdit, à partir du moment où celui-ci se retrouve fortuitement bravé, quel châtiment préconiser ? Et si on ne représente l'image défendue qu'en partie, en kits, à l'envers ou même qu'on la fait fabriquer par quelqu'un d'autre (dessins en point à relier), qui doit-on punir, et à quels degrés ? Rhalala, il y a des choses pas claires dans tout ça... Il va vraiment falloir mettre au point une charte, un truc précis. Mais en attendant, ça laisse le champ libre pour s'aventurer aux alentours de ces limites pour lesquelles le sang a coulé. L'histoire de l'illustration regorge de techniques permettant de diffuser des images subliminales. Généralement, c'était plutôt pour faire passer des scènes érotiques, mais bon, chaque époque a les petits péchés mignons qu'elle mérite. Evidemment, ça s'applique à nombre d'autres tabous visuels, mais comme celui-ci est le plus bouillant du moment, ça donne envie de s'y frotter.

Le 17 août 2015 à 09:08

De ma participation contre le mansplaining

Quand un HOMME vous dit : - L’avortement, je ne suis pas foncièrement contre, mais… On en reparle quand tu seras doté d’un utérus, ok ? - Les filles maquillées, en jupe et avec des talons c’est quand même vachement plus sexy. Vas-y, commence en premier, mec. Je te regarde.   - Tu sais, je ne suis pas contre le féminisme, mais il y a des priorités dans les combats des femmes. Fais-moi la liste de tes priorités pour ne pas déranger ton petit confort de mâle dominant, que j’aille en faire un autodafé.   - Les féministes, je les supporte à partir du moment où elles ne me cassent pas les pieds avec leur hystérie. Et moi les hommes je les supporte à partir du moment où ils ne me disent pas comment penser et réfléchir. Bisous.   - Tu sais, ton histoire de dégenréer la langue franchement, t’as pas autre chose à faire ? Non.   - Si tu veux mon avis… Je ne pense pas te l’avoir demandé.   - Holala, vos histoires de gonzesses ! On parle prostate de suite, histoire de te mettre à l’aise, ou on attend un peu ?   - Je ne comprends pas pourquoi tu n’as pas allaité tes enfants. C’est mieux pour la relation mère/nouveau-né. Rappelle-moi combien de fois tu t’es levé la nuit pour aider ta compagne qui venait d’accoucher ? Ah oui, tu n’entendais pas le bébé pleurer. Tu es sourd. La masturbation, tout ça…   - Ce n’est pas en t’acharnant sur ce type de sujets (ton méprisant) que tu vas faire évoluer la société pour les droits des femmes. Tu ferais mieux de… … De ne pas écouter un mot de plus de ta diatribe sous peine de me créer un ulcère.   - Moi je les connais pas les mecs dont tu parles, je sais pas où tu les croises. J’aurais bien une réponse, mais je vais rester polie.   - Il faudrait arrêter de monter en épingle les propos de X, Y ou Z, occupe-toi des vrais problèmes. Là, tu deviens mon vrai problème, tu vois.   - Tu es certaine qu’il a dit ça ? Bon, écoute, y a pas mort d’homme non plus. Non mais il y a humiliation de femme.   - Tu n’as pas d’humour, franchement. Tu sais ce qu’on dit, « femme qui rit », etc. Et ben là, tu vois, tu vas même pas pouvoir rêver de mon petit orteil.   - Tu te rends compte tout ce que tu as réussi à faire en tant que femme ? Faut croire que je ne suis pas encore parvenue à être traitée en être humain lambda en revanche.   - Une femme doit faire des enfants. C’est important pour elle. Sinon, ça va la vie ?   - Non mais vous parlez d’agression sexuelle à toutes les sauces maintenant, c’est n’importe quoi ! D’ailleurs ça commence quand une agression sexuelle ? Avec ta main actuellement sur mon cul alors qu’elle n’y a pas été invitée.   Vous pouvez continuer la liste ad lib. Et vous avez le droit de crier aussi. Parce que oui, c’est insupportable.    Dessin : James

Le 14 septembre 2011 à 14:57

"Tant qu'il y aura des « énervés » le rire est toujours à venir"

Entretien avec Jean-Michel Helvig

Avec près de 60 billets publiés, l'éditorialiste et écrivain Jean-Michel Helvig est un des piliers de l'équipe de ventscontraires.net. Rencontre avec ce gourmand amateur des dérapages pas toujours contrôlés de la classe politique. Comment êtes-vous tombé dans le journalisme ?Par élimination. Non pas des concurents, mais d’autres itinéraires professionnels où aucun ne m’offrait la certitude que le travail du jour ne serait pas le même que celui de la veille – on appelle ça aussi l’actualité -  ni ce privilège immense que d’être payé à lire les journaux pour les remplir ensuite.Les moments forts ? Les moments durs ?On se renforce avec les premiers, on s’endurcit avec les seconds.Vous éludez la question…Comment avez-vous deviné que je suis tombé très tôt dans le journalisme politique ?Pour ventscontraires.net, vous vous penchez régulièrement sur les « petites phrases » des politiques.Au risque du vertige parfois, je vous l’avoue. Plus exactement, ce sont plutôt leurs grosses bêtises qui sont mon fonds de commerce à l’enseigne de ce sympathique site. La ressource est inépuisable pour peu qu’on opère un tri sélectif. Les petites phrases sont préparées sciemment en amont, les grosses bêtises sont lâchées imprudemment en aval. Le propre de la bêtise est d’échapper à son auteur, aussi ne court-on pas le risque d’être manipulé en s’en saisissant. C’est jubilatoire à sonder tant il y a à dire, médire et contredire face à la boursouflure des mots, aux dérapages de sens ou aux fuites d’inconscient. Là-dessus, vous étalez une fine couche de références savantes, saupoudrez d’une pincée de mauvaise foi, mixez en 1500 signes (espaces compris), enfin confiez l’objet au web-iconographe, et voilà le lecteur internaute servi jusqu’à ce que de nouveaux arrivages repoussent peu à peu votre « bêtisier » vers le bas de l’écran. Vertigineux, vous disais-je.Ces "petites phrases" indiquent-elles, selon vous, une évolution significative du langage et de la vie politiques ?Non pas vraiment. Ce sont les moyens de communication qui ont évolué. Tout est soumis désormais à l’instantanéité et la simultanéité de la diffusion. Vous imaginez les dégâts si Youtube avait existé du temps du président Mac Mahon s’extasiant devant une crue de la Garonne : « Que d’eau, que d’eau ! ». Mais il est vrai que la rapidité de la diffusion se paie d’un raccourcissement de l’expression si l’on veut être vu ou entendu. Foin des propositions trop subordonnées, des conjugaisons trop raffinées ou du vocabulaire trop léché, si t’es pas compris en 30 secondes, tu gicles coco. Ou tu changes de métier.Cet appauvrissement coïncide-t-il, selon vous, à un appauvrissement de la pensée ?C’est l’œuf et la poule. Les grandes idéologies passent de toute façon mal sur twitter. Mais si l’on s’inscrit plus facilement sur un réseau social qu’on n’adhère à un réseau politique, il doit bien y avoir quelques raisons.Politique et humour peuvent-ils faire bon ménage ?Un ménage à trois pour peu que le journalisme s’immisce, en n’analysant plus seulement le texte et le contexte, mais en explorant le sous-texte.Quel serait votre palmarès personnel ?Tant qu’il y aura des « énervés » le rire est toujours à venir.

Le 9 février 2011 à 08:00

Baudelaire, le rieur

C’est un texte majeur et pourtant méconnu de Baudelaire qui vient tout juste d’être réédité* : De l’essence du rire et généralement du comique dans les arts plastiques, paru initialement dans la confidentielle revue Le Portefeuille le 8 juillet 1855. Pour le spécialiste Alain Vaillant qui oublie toutefois Notes sur le rire (1947) de Marcel Pagnol, il s’agit même du seul essai théorique de toute la littérature française explicitement consacré à la question de l’humour si essentiel dans l’esthétique baudelairienne, lors même que son auteur était « l’âme véritable de la presse artistique et contestataire du Second Empire ». Que dit Baudelaire ? Que le rire, expression de l’orgueil et de la supériorité, est satanique et « donc profondément humain ». Pas trace de cette joyeuse morsure au Paradis Terrestre. « Le Sage craint le rire, comme il craint les spectacles mondains, la concupiscence. Il s’arrête au bord du rire comme au bord de la tentation. » Baudelaire distingue le comique significatif (Molière) et le comique absolu (Hoffman) qui est violence, férocité, grotesque, carnaval, tonnerre, cataclysme, ivresse. A celui-là, bien sûr, va sa préférence. « Pour qu’il y ait comique, c'est-à-dire émanation, explosion, dégagement du comique, il faut qu’il y ait deux êtres en présence ; - que c’est spécialement dans le rieur, dans le spectateur que gît le comique ; - que cependant, relativement à cette loi d’ignorance, il faut faire une exception pour les hommes qui ont fait le métier de développer en eux le sentiment du comique et de le tirer d’eux-mêmes pour le divertissement de leurs semblables, lequel phénomène rentre dans la classe de tous les phénomènes artistiques qui dénotent chez l’homme l’existence une dualité permanente, la puissance d’être à la foi soi et un autre . » Quant au Sage, qu’il continue de trembler !  *Baudelaire journaliste. Articles et chroniques choisis et présentés par Alain Vaillant. GF Flammarion, 381 p., 8,90€.

Le 13 décembre 2011 à 08:35
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