Lionel Serre
Publié le 13/11/2011

La dette grecque.


Crise du capitalisme ?

Né en août 1979, à Montluçon, petite ville du centre de la France, j’ai rejoint Paris pour des études supérieures en communication visuelle. Après plus de dix années de direction artistique acharnée en agence de publicité, je me suis éloigné du millieu de la communication pour retrouver mes esprits, un bon usage de la parole et du dessin. J'exerce aujourd'hui mon activité d’illustrateur autodidacte et indépendant à Nogent-sur-Marne. 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 26 septembre 2011 à 08:27
Le 5 mai 2011 à 09:20

Ceci n'est pas une Porsche

En tombant sur la photo qui fait trembler les murs de Solférino actuellement, c'est l'image subliminale du parapluie de Kadhafi qui m'est immédiatement revenue en tête, avec la conscience toutefois que les deux n'ont rien à voir. Encore que...          Alors que quelques inconditionnels du sondage s'émoustillent de la date fatidique à laquelle le Messie fera son apparition dans le cercle des primaires disparues, un signe qu'on n'attendait plus surgit d'une manière quelque peu désobligeante pour le prétendant partisan apparemment des envolées mystérieuses. La Porsche de DSK fait jaser, parce qu'elle ramène à quelque chose qu'on connaît bien et qui rappelle quelqu'un. La Porsche de DSK serait-elle le petit Fouquet's de Sarkozy qui s'annonce trop tôt ? C'est en tout cas à deux pas de ce lieu désormais emblème du sarkozysme que la photo a été prise. Nous sommes ici bien loin de la radieuse DS des Trente Glorieuses plébiscitée par le Général de Gaulle et dont Roland Barthes disait: "Jusqu'à présent, la voiture superlative tenait plutôt du bestiaire de la puissance ; elle devient ici à la fois plus spirituelle et plus objective… la voici plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l'ustensilité que l'on retrouve dans nos arts ménagers contemporains…".Et nous, on la sent bien loin, cette gauche Porsche, bien loin de nous et de nos petits "arts ménagers" du quotidien... Alors à quand une gauche Deuch' ?---Sur le même sujet, lire aussi la chronique d'Eole Contrario, SuPorscherie.

Le 5 octobre 2011 à 08:56
Le 25 mars 2012 à 10:23

« Hollande est nul ! Il est nul tu comprends ? Royal on peut en dire ce qu'on veut, mais elle avait du charisme. Bien sûr tu gardes ça pour toi. »

Nicolas Sarkozy, M, le magazine du Monde, 24 mars 2012

En route vers un  second tour : « Le Nul » contre « Le Sale Mec ». Quand le Président-candidat « prend par la main » le reporter Philippe Ridet, il a évidemment une idée derrière la tête. Distiller par le canal d’un « off » destiné à être branché de suite sur le mode « on », une dose du venin susceptible de paralyser l’adversaire. En la circonstance, l’opposer  à l’ancienne qui se voit décerner un brevet de « charisme », alors que les membres du « Sarko Tour 2007 »  murmuraient à l’oreille des journalistes, que la « Nulle » c’était elle. Philippe Ridet, aurait pris le « Sarko Tour 2012 »  à une étape précédente,  c’était Martine Aubry qui était regrettée, car elle au moins avait des « convictions ».   Dans la série  « casser »  l’ Autre, que faire de mieux ( ou pire) ?  Plus que nul, il y a bien archi-nul, mais ça fait redondance, alors que le « sale mec » lancé naguère par François Hollande sans avoir l’air d’y toucher, a des applications multiples.  Est-ce pourquoi les Sarkozystes ont surréagi au « sale mec » quand les Hollandais ont opposé un silence remarqué au « nul » propagé par le Monde ?  François Hollande  a  juste ironisé  : « ça se rapporte toujours à celui qui l’emploie. » C’est que, pour l’heure,  il semble y avoir une majorité de l’opinion pour penser que le risque qu’un « nul » l’emporte est moindre que celui d’un « sale mec » qui rempile.

Le 9 décembre 2012 à 10:18

La bulle de l'euro (version 1.0)

Econotrucs #9

Une des façons simples de décrire la crise européenne est d’y voir l‘éclatement de la bulle de l’euro. Ce que je vais essayer de faire ici, en la comparant avec la bulle de l’Internet de la fin des années 90. On peut en effet voir l’euro comme une innovation, au même titre que l'Internet. Une « monnaie sans état », c’était un truc vraiment nouveau auquel on prêtait tout un tas de vertus. Bien sur elle comportait aussi tout un tas de défauts et de risques dont débattaient les économistes, mais il existait une utopie de la construction européenne, et la réalité économique a quelque peu été étouffée par une croyance un peu « magique ». C’est toujours le cas avec les bulles financières : elles sont le fruit d’une réelle innovation apportant du progrès (et des bénéfices), qui provoque un emballement de plus en plus généralisé. Il est chaque fois question d’un temps nouveau, d’une nouvelle économie, ou d’un nouveau paradigme. L’innovation attire des investissements, nourris par une expansion du crédit : jusqu’à ce que l’on comprenne que les anticipations des bienfaits apportées par l’innovation sont largement exagérées, et que la bulle explose.  Avec la « bulle de l’euro » les actifs financiers dont la valorisation était irrationnelle, étaient les dettes souveraines. Ainsi, avant 2010, le taux d’intérêt la dette grecque était pratiquement aussi bas que celui de la dette allemande : de même que pendant la bulle de l‘Internet, le prix des actions de certaines entreprises ne reflétait pas leur véritable potentiel (les bénéfices actuels et futurs), le marché des dettes souveraines ne reflétait plus l’état des finances  des pays, (le ratio d’endettement, la dynamique économique, etc.). Un peu comme pendant la bulle de l'Internet il suffisait d’avoir un « point com » accroché à son nom pour être valorisé comme Yahoo, il suffisait d’entrer dans la zone euro pour voir son taux d’intérêt se rapprocher de celui du modèle le plus vertueux, l’Allemagne. Dans les bulles, il y a souvent une haute autorité qui valide la croyance des marchés. Alan Greenspan (alors président de la FED, la Banque centrale américaine) avait produit le discours de la « nouvelle économie » pour « valider » le potentiel de croissance de l’internet, et booster la bourse. De même la Banque Centrale Européenne en décidant de traiter de la même manière le collatéral grec et allemand (c’est-à-dire les titres souverains qu’elle accepte comme garantie d’emprunt) a envoyé un  message aux marchés : La Grèce était aussi solide que l’Allemagne.  Tous les pays de la zone euro pouvaient se financer sur les marchés à très faible coût, et donc s’endetter pour pas un sou, ce qui ne pose pas trop de problèmes tant que les taux d’intérêt restent très bas, (ou que l’endettement sert à financer des reformes structurelles qui à l’avenir vous permettront de produire, d’exporter, et d’équilibrer votre balance des paiements).   Lorsque le doute s’installe sur l’avenir (de l‘entreprise ou du pays) on se retrouve dans un schéma de ce qu’on nomme une panique auto-réalisatrice. Les investisseurs craignent l’effondrement de leurs actifs (actions internet ou dettes souveraines)  et vont chercher à tout prix à éviter des pertes en cas de défaut (faillite de l’entreprise ou restructuration de la dette). Ils vont donc vendre leurs titres ou leurs obligations. Celle-ci vont s’effondrer (les taux d’intérêts exploser dans le second cas) et vont aggraver la crise et rendre plus probable le défaut ou la faillite redouté. Certes, ma présentation est un poil simpliste et la crise européenne a de nombreux autres aspects bien plus complexes. Mais cette vision doit nous rassurer un peu : l’Internet n’est pas mort à cause de la bulle. Nous devrions passer un jour à l’euro 2.0

Le 11 avril 2010
Le 29 septembre 2011 à 10:14
Le 12 février 2012 à 08:41

Industrie et rouflaquettes : le retour de la contrainte extérieure

Econotrucs #6

Dans le débat économique de ces derniers mois, le sujet de la  « politique industrielle »,  cette vieille lanterne pompidolienne,  a fait un come back détonnant. OK, je l’admets, ces jours-ci, d’autres choses peuvent nous rappeler la France de Pompidou, comme la peur des Chinois, le contrôle de la télévision publique (et de l’O.R.TF1), ou encore Jacques… Heu, Thomas Dutronc. Mais ceci est une rubrique économique… Si sauver quelques emplois ouvriers juste avant les élections ne relève pas de la politique industrielle, mais de la cosmétique,  cela vous a au moins permis de découvrir, la larme à l’œil, que notre pays avait perdu une large partie de son industrie.  On se rappelle subitement qu’on ne peut pas vivre sans industrie.   On assiste en fait au retour d’une ancienne terreur, qu’on avait plus connue depuis que  nos ministres ont abandonné les lunettes en plastique marron et les rouflaquettes : celui de la « contrainte extérieure ». Un pays est « contraint » lorsqu’il voit ses importations progresser plus vite que ses exportations. Il doit donc les financer par la dette, et cet endettement va peser sur la valeur de sa monnaie. Dans les années 70, cela voulait souvent dire une monnaie attaquée, une dévaluation pour trouver sa compétitivité extérieure. C’est une des raisons pour lesquelles on à créé le SME puis la monnaie unique. Une dette en euros essentiellement détenue par des investisseurs européens éliminait les questions de contrainte extérieure. Ce qui devenait important, c’était l’équilibre commercial de la zone euro, qui était grosso modo assuré grâce aux excédents commerciaux allemands. L’Europe  restait globalement légèrement excédentaire vis-à-vis du reste du monde.   Pour être plus clair, disons que d’un point de vue financier, on voyait l’Europe un peu comme les  Etats-Unis ou les excédents de tel état vont compenser les déficits de tel autre : personne n’a songé à attaquer le dollar lorsque la Californie était au bord de la faillite. Mais la crise a rappelé que la dette grecque et la dette allemande quoique libellées dans la même monnaie, n’étaient pas équivalentes, et donc que l’euro n’était pas suffisant pour éliminer la contrainte extérieure. Elle a souligné les faiblesses de l’Europe  : une construction inachevée avec un faible budget communautaire, une mobilité faible du facteur travail, et des mécanismes de solidarité inexistants, que l’on est obligé d’inventer en catastrophe, à la faveur de la crise.   Sur une planète où les trois quarts des échanges mondiaux portent sur des biens industriels, un pays qui n’est pas compétitif, (c’est-à-dire qui n’est pas capable de vendre les biens demandés sur le marché international) est conduit à avoir des difficultés grandissantes. Entre 1978 et 82, puis au début des années 90, la France a déjà connu deux vagues de désindustrialisation,  au point qu’on se demande si cette troisième vague ne vas pas sonner le glas de nos derniers bastions industriels. Le désarroi s’installe, que peut-on faire, face aux petits chinois sous-payés ?   On admet en effet désormais que la concurrence des pays émergents est largement responsable de la disparition de tout un pan de l‘industrie française : L’aspect positif des choses, c’est que la crise a sonné la fin d’une certaine mythologie libérale arrivée avec la mondialisation (une « économie de service », des entreprises « sans usines »). Mais puisque d‘autres pays européens sont parvenus à maintenir leur base industrielle, (en particulier l’Allemagne), ne peut-on pas nous aussi envisager une politique industrielle sans rouflaquettes et sans pantalon pattes d’ef, bref, une politique industrielle innovante, basé sur un nouveau modèle ?    Je tenterai de vous apporter des éléments de réponse au prochain épisode, mais j’ajouterai pour conclure que Pompidou, lorsqu’il passait à télé, avait de la classe, de la culture, et la cigarette au bec, choses qui nous manquent cruellement ces derniers temps.

Le 23 septembre 2010 à 09:50

"Il faut juste être malade mental pour jouer la défaite de son camp"

Jean-François Copé, RTL, mercredi 22 septembre 2010

Déjà que les hôpitaux psychiatriques sont bondés, la situation empirerait si l’on suivait le diagnostic du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Eriger la duplicité politique au rang de pathologie mentale, c’est la charité qui se moque de l’hôpital. Charitable, ce Copé qui pense à la présidentielle le matin en se rasant, à midi en se curant les dents et le soir en se les brossant ? Selon lui les traîtres seraient des irresponsables. Certes. Mais l’irresponsabilité dans l’action criminelle permet d’échapper au procès populaire. Une aubaine alors pour les Chiraquiens qui, après avoir plombé Chaban en 1974 ont joué Mitterrand contre Giscard en 1981, les Communistes faisant l’inverse, les Mitterrandiens plantant Rocard aux européennes en 1994 au bénéfice de Tapie, les plus nostalgiques récidivant en 2007 pour le « jaurésiste » Sarkozy contre  l’« évangéliste » Royal, quand des Rocardo-strausskahniens faisaient un détour par Bayrou pour contourner Ségolène. Sans parler de récurrences comme le vote révolutionnaire à droite de l’extrême-gauche et le vote nationaliste à gauche de l’extrême-droite. Aujourd’hui, à droite, qui fantasme sur une défaite de Sarkozy en 2012 ? Le sieur Copé n’est pas exempt de pulsions en ce sens, lui qui visant ouvertement 2017 préfèrerait sans doute que le sarkozysme soit discrédité pour mieux apparaître comme le recours au coup suivant.  Qui a crié : « Au fou  » ?

Le 12 novembre 2010 à 12:05

Au secours les mots : Eric Pessan défend le mot "grève"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici.Un jour de grève d'octobre 2010, quelque part en France…" Font chier avec leurs grèves"." Mes enfants, je les ai mis à Saint-Blaise, là-bas les profs ne font jamais grève », entends-je ce matin, en accompagnant mon fils à l’école, alors que je suis occupé à regarder le ciel par-dessus le village, magnifique éboulement de nuages tirant sur l’orangé. Le ciel est vaste en haut de la rue du Coteau, et toujours beau. Je le regarde, ce ciel, et me demande si le mot "grève" a un rapport avec la grève, celle du bord de mer ou de rivière, où on peut perdre pas mal de temps à observer l’eau couler sans rien faire. Effectivement, l’arrêt volontaire du travail par les salariés dans un but de protestation doit son nom à la place de la Grève à Paris (maintenant place de l’Hôtel-de-Ville) où avaient lieu les exécutions et où les ouvriers attendaient chaque matin une hypothétique embauche. La place de la Grève, elle, était nommée ainsi parce que située sur une grève de la Seine. CQFD.Ce matin, il a gelé, à peine, un voile blanc sur les champs en contrebas. C’est la grève, ceux qui la font roulent sous les insultes de ceux qui la subissent, on nous répète à loisir que la grève est irresponsable, puérile, idiote, inutile. On vomit un mot, on le brandit comme une menace, comme une malédiction, une erreur, une folie.Partout, la grève provoque de l’attente. Les mains bien au chaud dans mes poches, je fais un petit détour par les vignes avant de rentrer de l’école pour rejoindre mon bureau. L’attente d’un train, l’attente d’un métro ou d’un tramway. L’attente dans le piétinement lent des manifestations : la grève renvoie chacun à la patience matinale des ouvriers qui – chaque jour – espéraient être choisis et gagner le droit d’aller travailler. L’attente est devenue insupportable, le moindre retard ou le moindre report viennent heurter notre routine. C’est la grève, donc, et je me dis que lorsque l’on attend, les yeux dans l’eau ou les yeux dans le ciel, on se met à penser. C’est sans doute pour cela que la grève est belle, que ce mot est magnifique : sur la grève, face aux flux sociaux, aux remous et aux courants, on est seul et on réfléchit.Eric Pessan écrit des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre et des fictions radiophoniques. En un mot, il est auteur. Il collabore avec des artistes plasticiens, ainsi qu'à de nombreux ouvrages collectifs, comme au site remue.net. Ses derniers ouvrages : Un matin de grand silence (avec Marc Desgrandchamps, Ed. du Chemin de Fer), La fête immobile (avec Hervé Plumet, Ed. Presque Lune) et Tout doit disparaître (pièce de théâtre, Ed. Théâtre Ouvert, coll. Tapuscrit).Illustration : Dupont&Barbier www.dupont-barbier.com    

Le 28 novembre 2011 à 08:27
Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication