Vincent Lecoq
Publié le 29/11/2012

Vite !


Bricoleur d’images, de sons et de mots, il a débarqué sur ventscontraires.net via la Piste d’envol et s’est tellement incrusté qu’il a fini par en devenir le responsable éditorial. Il est également l’auteur d’une pièce de théâtre et a collaboré à plusieurs fictions TV.

 

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Le 13 juin 2011 à 09:53

« Il s'agissait d'humour corrézien entre républicains qui se connaissent de longue date »

Jacques Chirac, communiqué de presse, dimanche 12 juin 2011.

C’était la mise au point ou la scène de ménage. Chez les Chirac, «Maman » qui est née Chodron de Courcel ne rigole pas avec les mésalliances. Alors , quand son époux prend par l’épaule le socialiste François Hollande un samedi à Sarran (Corrèze), et lui confie à haute voix, qu’il votera pour lui à la présidentielle puisque son candidat préféré, Alain Juppé, n’est pas candidat, elle a dû rire jaune. A quoi ça sert que la Bernadette se décarcasse pour faire endosser par l’UMP, avec le feu vert du président de la République qui aspire à être réélu, les trois quarts de l’ardoise des emplois fictifs de la mairie de Paris ? Et à l’approche du procès qui doit solder l’affaire, est-il malin de le titiller, lui qui n’est pas sans influence sur les choses de Justice ? Alors Jacques Chirac  a dû signer le lendemain un acte de contrition dont on ne jurerait pas qu’il soit de sa main. Chirac connaît trop sa Corrèze pour savoir que l’humour politique, entre Brive et Ussel, ce serait plutôt dans un second degré tout en retenue, dont Henri Queuille, ancien président du Conseil, fut l’indépassable orfèvre. On lui doit : «Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout.» Et surtout cette maxime, dont Jacques Chirac a fait un large usage : «Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. » C’est une des raisons sans doute qui ont fait que François Hollande ait eu le sourire modeste.          

Le 2 avril 2013 à 10:32

Un enfant gravement malade réconforte un clown d'hôpital sur sa vie

La vie réserve parfois de touchants instants. Cette rencontre entre Jérémy Lachèze, 8 ans, et Fabrice Lecamp, 41 ans, fait partie de ces instants. Le premier est atteint de la mucoviscidose et le second travaille comme clown d’hôpital depuis 2003. Les deux garçons ont fait connaissance lors d’une intervention de Fabrice à l’hôpital Necker où Jérémy est alité depuis 1 mois. Une rencontre pleine de bienveillanceet de rire mais qui ne s’est pas déroulée comme on pourrait le penser puisque les gestes de réconfort et de compassion sont finalement venus du jeune garçon malade. Donner envie de s’accrocher « Je suis sorti de là, j’avais complètement rechargé les batteries. Ça m’a fait tellement de bien ! » nous confie Fabrice à la sortie de son numéro de clown auprès de Jérémy. Une prestation très vite interrompue par ce dernier qui a souhaité s’adresser au clown d’hôpital : « Il m’a dit d’arrêter ce que je faisais. De stopper les gags et le nez rouge. Que j’étais pas obligé de faire ça. Ensuite il m’a expliqué qu’il était déjà très heureux comme ça  et que ce qui l’inquiétait vraiment, ce n’était pas tant son état mais plutôt la tournure que prenait ma vie » raconte Fabrice, encore sous le coup de l’émotion après sa rencontre avec l’enfant. Jérémy de son côté a lui aussi trouvé cette rencontre enrichissante et reste content d’avoir pu apporter un peu de réconfort à un clown d’hôpital : « Si ma maladie me permet au moins de rencontrer des clowns d’hôpitaux et de les aider à comprendre que rien n’est perdu pour eux, alors c’est déjà ça. » et le tout jeune mourant de continuer : « Je sais que je ne pourrai pas faire de miracle et changer complètement leur vie. Mais si je peux juste les aider à s’accrocher, à les convaincre de changer de métier, parce qu’au fond je pense qu’ils méritent mieux, alors je continuerais de le faire jusqu’au bout. » Une course contre la montre Une ambition que le garçon malade a décidé de voir comme un challenge, le temps jouant de fait contre lui. Mais Jérémy Lachèze semble avoir fait au moins un nouveau converti après cette rencontre avec Fabrice, comme l’explique ce dernier : « Je pense que je vais arrêter de faire clown d’hôpital. Alors, ce qui m’attend après je sais pas trop. Soit je décide de persévérer en tant que comédien, peut-être intégrer une compagnie, soit je décide de faire carrément un autre métier. Peut-être cariste. A voir. » Le Gorafi Illustration: iStock / foto-rolf

Le 2 avril 2010

Cadeau : cliquez et gagnez 70 Euros

ventscontraires.net s'est procuré les romans à paraître ces jours-ci. Soyez à la page tout en économisant temps et argent, le Service Rond-Point les a lus pour vous  Seule ma nuque me remarque, de Astrid Biel (Ed. Pragma 21 Euros) Qu'advient-il quand le passé précipite le présent ? Quand la réalité dissout l'imaginaire ? Quand vérité et mensonge entrent en fusion ? Clara, protagoniste de ce récit tout en intériorité, mènera-t-elle à terme ce projet fou de refaire l'amour avec son père, désormais grabataire, ou retournera-t-elle auprès de Bruno, son "Homme Cendre", le mari dépressif, l'homme qui ne sait pas ce qui se trame en elle ?La réponse du Service Rond-Point Elle renonce à son père et revient se garer gentiment auprès de Bruno.Le Flegme des orchidées, de Réginald Durand (Ed. du Loquet 26 Euros)R., paléontologue septuagénaire, héberge une jeune étudiante cambodgienne, Thinrâh, enceinte de six mois. Elle vient avec des relevés de crânes retrouvés dans des fosses communes, à la recherche de ses parents. Connaît-elle le passé  de R. proche de certains dirigeants Khmers rouges rencontrés à la Sorbonne? Est-elle venue se venger? Ou cèdera-t-elle aux bienfaits de R., tenaillé par sa culpabilité ?La réponse du Service Rond-PointElle renonce à retrouver ses parents et vient avec flegme se garer auprès de R.Le Trou blanc, de Claude Dominik (Ed. Follimard 23 Euros) Myriam,  jeune Strasbourgeoise, est humiliée en public par son mari à plusieurs reprises parce qu'elle est issue d'une famille juive. Déprimée, elle va se réfugier chez ses deux sœurs, très religieuses, qui partagent la même maison. Elles la convainquent de prendre conseil auprès du rabbin de la communauté alors que Myriam s'en est écartée depuis son adolescence. Hésitante, elle se rend néanmoins à un premier rendez-vous, "pour voir", dit-elle. Peu à peu, l'homme censé lui porter secours s'avère un manipulateur qui tente à tout prix de fiancer religieusement Myriam avec son fils autiste. Myriam perd pied, va-t-elle sombrer encore plus bas ?La réponse du Service Rond-Point Elle couche avec le rabbin pour humilier publiquement son mari.21 Euros + 26 Euros + 23 Euros = 70 Euros

Le 27 août 2010 à 15:49

L'insécurité n'est pas un mal en soi, mais un symptôme

Lutter contre l'insécurité par le tout répression, c'est comme prendre du sirop pour la toux quand on a mal à la gorge, et continuer à dormir dehors sous la pluie en hiver.

En médecine comme en politique, il y a plusieurs façons de lutter contre les maux auxquels nous sommes confrontés.   D'abord, on peut chercher à soigner les symptômes. Quand on a une pharyngite, on prend du sirop pour la toux. Quand l’insécurité est latente, on envoie la police. On peut aussi s’attaquer aux racines du mal. Pour certaines pharyngites, on prendra des antibiotiques. Si l’on est assez robuste, il suffit parfois de rester au lit, et l’organisme se chargera de lutter contre l’infection. Dans le même esprit, pour lutter contre l’insécurité, on s'efforcera d’endiguer la pauvreté, le chômage, la paupérisation... Enfin, et c’est la troisième option, on peut faire de la prévention ; éviter de sortir sous la pluie, avoir une alimentation saine et un train de vie équilibré, bref disposer d’un organisme qui ne favorise pas le développement de la maladie. En appliquant cette idée à la lutte contre l’insécurité, on en vient à se demander si une société qui pousse à la consommation à outrance ne favorise pas ainsi la délinquance, en faisant de l'argent une finalité en soi.   Un dernier commentaire. Ce n’est qu’en phase terminale, ou devant une maladie inconnue, que les médecins se résignent à ne s’attaquer qu’aux symptômes, afin de soulager le patient…

Le 6 avril 2011 à 13:46

Le nouveau sport à la mode chez les éditeurs : la chasse aux clichés

Les bons conseils pour se faire éditer.

On pourrait s'attendre à ce que les éditeurs, ardents défenseurs de la langue française, privilégient le style, la grammaire ou la syntaxe pour retenir ou non un manuscrit ; les auteurs plus naïfs pensent même qu'ils tiennent compte de l'originalité des idées ou du scénario. C'est une erreur. Si vous souhaitez voir vos écrits publiés, mieux vaut suivre ces quelques conseils…Allez d'abord voir sur le site ou le blog des éditeurs auxquels vous destinez vos œuvres pour y repérer tout ce qu’ils trouvent de rédhibitoire. Ensuite, il vous faudra corriger votre texte afin qu’il se plie aux désirs de chacun de vos destinataires, cela vous évitera la désagréable expérience d’avoir deux refus pour une même nouvelle, le premier prétextant qu’elle contient trop de descriptions, et le second vous reprochant de ne pas en avoir donné assez.  Pour être publié actuellement, la seule règle en vigueur est d'éviter les clichés. Le mieux étant, selon certains érudits éditeurs de se référer à l'ouvrage d'Hervé Laroche : Le dictionnaire des clichés littéraires (Ed. Arléa). On y trouve de précieux conseils : si vous écrivez un polar, votre personnage principal ne doit être ni flic, ni tueur en série. L'idéal, c'est de choisir un quadra fonctionnaire, mais pas divorcé. Il devra être étranger, mais pas trop basané quand même (les Nordiques ont la cote en ce moment). Il vivra dans un pavillon de banlieue et n’ira au restaurant qu’une fois par semaine. L'histoire ne se passera ni à Paris, ni près de la mer, et surtout pas à New York. Optez pour une ville de province, de taille moyenne et d'intérêt limité (Limoges, Besançon, etc.). L'héroïne ne doit pas être une infirmière rousse, ni une institutrice à lunettes. Les adolescents ne doivent pas se droguer et les enfants doivent être bons en classe, mais sans subir les brimades de leurs camarades. Pour le style, optez pour des verbes standards. Les personnages mangent, boivent, baisent. S'ils venaient à se sustenter, à épancher leur soif ou à s'unir charnellement, ça ferait cliché. Ultime recommandation : évitez les rayons de soleil qui filtrent à travers les stores au petit matin. Certaines maisons d’éditions refusent systématiquement les manuscrits à stores. Vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenus.

Le 28 août 2014 à 08:41

Travailler tue. Ne pas travailler aussi

La stratégie des dinosaures

Dès qu’on essaye de nous faire croire que des choses saines sont excitantes, il y a anguille sous roche. Comme ces gens qui disent que le travail, c’est la santé. N’importe quoi. C’est totalement idiot. Si c’était le cas, les médecins prescriraient du travail, pas des médicaments.Remettons les pendules à l’heure : le travail est une maladie. On ne s’en aperçoit pas, parce qu’on est payé pour cette maladie. La stratégie est brillante.Regardez les gens dans le métro à six heures du matin, vous verrez sur leur visage que le travail n’est pas une chose saine. Il est moins dangereux d'avoir la grippe ou un zona que de travailler. C'est un virus virulent qui vous pourrit la vie pendant quarante ans.Je pensais à ça après avoir vu un documentaire sur la disparition des dinosaures. C’est fascinant de penser qu’une espèce qu dominait la planète a subitement disparu. Il y a plusieurs théories pour l’expliquer. La principale est celle de la météorite qui s’écrase sur terre et soulève un nuage de poussière qui cache le soleil. Résultat : la faune et la flore s’éteignent.Avouons-le, l’explication est un peu simpliste.J’ai une théorie différente.Selon moi, les dinosaures ont disparu parce qu’ils ont refusé de travailler.Ils avaient atteint un stade de leur évolution où ils allaient accéder à la civilisation. Mais ils aimaient trop leur vie de loisir et de flânerie. Ils aimaient tendre lentement le cou pour manger de jeunes pousses sur les arbres, se rouler dans la boue et se réchauffer au soleil.Alors ils ont refusé de domestiquer le bétail et de développer l’agriculture, de construire des routes et des villages. Ils ont refusé de travailler.Ils se sont laissé mourir pour ne pas évoluer vers la civilisation.Il y a une grande sagesse dans la fin des dinosaures : plutôt que de gâcher sa vie à être utile et productif, pourquoi l'espèce humaine ne mettrait-elle pas en œuvre sa propre disparition ?  

Le 17 décembre 2011 à 07:40

Ô Senescence !

Vieillir, c'est se suicider au temps qui passe. On ne le dit pas assez. J'ai remarqué que, arrivé à un certain âge, on devient épicurien de gré ou de force, dans le sens où on vit chaque jour comme le dernier. Il n' y a aucun remède contre cela, et la mort viendra à nous aussi sûrement que la joue vient au poing à qui sait la tendre. Dans notre société de consommation sans scrupules, même la sénilité fait recette. Les vieux sont prêts à avaler n'importe quoi pour rajeunir, comme le viagra, ou les crèmes anti-rides. Ou le concept des femmes cougars. Je m'excuse, mais une cougar, sans ses dents, ça fait pas courir grand monde ! Et notre Johnny, ils vont nous le tuer avec sa prochaine tournée, Cheveux blancs, idées noires. Ma grand-mère me donnait son avis sur la question l'autre jour : « Tu veux que je te dise ? La jeunesse, c'est dans la tête ! » La pauvre. Elle ne se rappelle même plus qu'elle a Alzheimer. Mon grand-père me disait à ce propos : « Regarde cette photo sur le mur. Elle était belle à dix-huit ans, ta grand-mère. Cette photo c'est un peu le portait de Dorian Gray, mais à l'envers. » La vie est une vaste blague et la mort en est la chute. Parfois, c'est une chute qui n'en finit plus de chuter. Chute des cheveux, chute des dents, chute de tension, chute dans la baignoire et, pour finir, chute dans l'oubli. Sans rigoler, on en finirait presque par se demander si ce ne seraient pas les plus courtes les meilleures.

Le 8 juillet 2010 à 07:00

Maman (1)

Dialogues de quartier

- J’ai lu ton livre… Ça m’a un peu secouée.- Je t’avais prévenue, maman, ce n’est pas une histoire très divertissante. - Non, c’est le moins qu’on puisse dire. C’est loin de la vie que nous avons bâtie, ton père et moi. - C’est sûr. - Mais déballer l’histoire des quenelles, quand même, c’est un peu dur à avaler. - Quelles quenelles ? - Non, je sais, tu ne dis pas explicitement que ce sont mes quenelles de poisson, mais je suis ta mère et je sais lire entre tes lignes. Quand tu dis que tu es devenu ce que tu es devenu parce que je faisais tous les dimanches la même chose… Je ne sais plus ce que tu as inventé… « sempiternelle », tu dis… Et que c’était chaque fois aussi dégueulasse …  « Dégueulasse » ce mot là je l’ai en travers de la gorge ! - Mais maman, la mère de mon bouquin ce n’est pas toi, c’est la mère du personnage. C’est un roman noir ce n’est pas une autobiographie. - Peut-être, mais ça, les gens ne le savent pas ! Je faisais la panade, moi-même je te signale, dès le samedi soir et le poisson venait tout frais du marché. Alors jeter ça comme ça, « dégueulasse », en pâture aux voisins et à tout le monde… - Je ne pense pas que les voisins, s’ils en viennent à lire mon roman, cherchent un rapprochement avec toi et surtout avec moi. Je ne suis pas comme le personnage : violeur et psychopathe.- Je n’en sais rien ! Personne n’en sait rien. C’est ta vie ça ! Tu ne nous dis pas tout et c’est normal. Mais que tu n’ais jamais aimé mes quenelles, ça au moins tu aurais quand même pu me le dire… Dégueulasse ?!

Le 26 avril 2011 à 18:33

Voyager abîme

Voyager dégrade, les arbres sont immobiles les chats les chiens courent tout le temps mais les arbres restent solides immobiles ancrés et meurent surtout des mouvements des tempêtes ou des tronçonneuses. Et même avec les tempêtes et les tronçonneuses les arbres vivent plus longtemps que les chats ou les chiensTenez prenons les sourisÇa bouge, fffuït ça se dégrade viteLes chats aussi normalement, parce que ça court après les souris, mais comme maintenant il y a les croquettes et les paniers, ça va.Puis il y a les éléphants, les paresseux, ça dure, c'est lent, ça conserve bien, comme les pépés de Crète, pas à dire l'huile d'olive c'est joli mais c'est surtout qu'ils n'en bougent pas de leur île ni même du village, ça garde, ça repose, c'est discret, c'est comme un arbre c'est le paysage, là il y a un arbre, tu tournes à droite et tu verras un pépé, tu peux pas te tromper parce que celui-là il a une salopette bleue, il sera sur un banc sauf si tu arrives vingt minutes plus tard, alors tu le verras dans le jardin, certainement avec une bêche.Du repos, du mouvement mais rien de précipité : de la constance, de la régularité seulement : “Les choses à faire”Les gens avant d'être sédentaires ne faisaient pas long feuVoyager abîmeVoyager pour voir des gens qui ne bougent pas comment ils sont et s'émerveiller de la différence mais bon dieu ils ne bougent pas et ils sont heureux comment ils font abîmeAlors les voyageurs sont malades en rentrant dans leur pays. Ils veulent changer des choses mais ils abîment : leurs amis, leurs travaux, parfois leur famille mais peuEt c'est heureuxIls auront bien besoin de quelqu'un pour les réparer.

Le 16 août 2011 à 10:00

Mieux connaître les maladies pour mieux connaître le monde.

L'éducation devrait d’abord consister en une éducation aux maladies. Rien n'est plus important que la maladie. Les virus et les bactéries sont nos animaux domestiques, les colocataires de nos corps. Mieux que ça : ce sont les premiers êtres que nous rencontrons. Ils nous accueillent dès la naissance. Quand nos parents nous prennent dans leurs mains au sortir du ventre, ce sont des bactéries qui nous font la fête et se jettent sur nous. Apprenons à nous connaître. Faisons les présentations. Essayons de trouver un terrain d'entente. Peut être alors que nos rapports ne seront plus aussi conflictuels.Les maladies devraient être une matière à l'école comme les mathématiques et la géographie. On étudierait leur histoire et leur action. On mettrait tout en oeuvre pour vivre en bon voisinage.Et puis nous rapprocher des maladies nous aiderait à comprendre la société humaine. Il n’y a pas meilleur indicateur social : elles nous renseignent sur les inégalités de revenus, sur la répartition des richesses d'un pays, son hygiène, son rapport au corps, à la nourriture. Apprendre à connaître les maladies c’est apprendre à nous connaître nous-mêmes.Les maladies sont la base de la société. Rien n’est plus important. Elles nous accompagnent à tous âges. Rhume, acné, grippe, infarctus, allergies. Je les soupçonne d’être notre copilote. Elles nous guident et nous cadrent.Surtout en considérant les maladies on comprendrait que nous sommes nous-mêmes une maladie. Alors on ne s’étonnerait plus des dégâts que nous faisons à notre planète, des tragédies que nous nous infligeons à nous-mêmes. A partir de là, à partir de ce diagnostic, il sera enfin possible non pas de changer, mais d’inventer des ruses qui atténueront nos effets les plus délétères sans pour autant nous soigner complètement. Car nous guérir, ce serait nous éradiquer.

Le 8 septembre 2011 à 09:03
Le 1 juin 2010 à 16:14

« Quand Nicolas Sarkozy nous donne des leçons de maîtrise budgétaire, c'est un peu M. Madoff qui administre quelques cours de comptabilité ».

Martine Aubry, Convention nationale du PS, samedi 29 Mai 2010

Quand la première secrétaire lâche une blague de ce genre elle fait un tabac chez tous les sarkophobes, et ça fait plus de monde qu’il n’en faut pour gagner une primaire présidentielle. Dans le sérail socialiste, il est connu et répété que ce bon mot lui a été soufflé par un spécialiste maison, Guillaume Bachelay, qui est un peu à gauche ce qu'André Santini est à droite.Une aide précieuse, car lorsque Martine Aubry est livrée à sa seule inspiration le trait s’épaissit. En 2006, elle commenta la candidature à la candidature de Ségolène Royal en ces termes : « Il faut proposer un autre modèle aux Français. Donc le problème n’est pas de leur plaire, pas de savoir si on a les bonnes mensurations ».Il est vrai qu’au jeu des « autant demander à », le risque de dérapage est à la mesure du désir de nuire. C’est ainsi que Jean-Marie Le Pen commit en 2007 cet aphorisme d’un goût exquis : « Confier à Jacques Chirac des responsabilités en matière écologique reviendrait à confier la protection de l’enfance à Dutroux ». Dans un registre plus convenable, mais peut-être plus convenu, il faut retenir un éditorial non signé de Lutte ouvrière : « Sarkozy prétend moraliser le capitalisme : autant demander du lait à un bouc » (Août 2007).Ce filon rhétorique du comparatif assassin devrait, grâce à Martine Aubry, s’enrichir de nouvelles perles dans un avenir proche.

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