Christophe Esnault
Publié le 25/12/2011

Votre grande frustration


Prenez soin de votre névrose

Vous consultez psychiatres et psychanalystes depuis une quinzaine d’années. Vous interrogez vos périodes d’abattement, vos ratages. Analysez au scalpel votre relation à votre mère. Vous saluez la finesse d’esprit et la clairvoyance de votre analyste. Vous vous extasiez sur l’énonciation d’un lapsus révélateur survenant lors d’une séance particulièrement éprouvante. Vous avez déterminé les sources de vos angoisses en replongeant dans des périodes enfouies et déterminantes de votre petite enfance. Votre vie est moins douloureuse qu’autrefois. Mais au fond de vous, quelque chose vous désole : vous n’avez pas eu la chance d’être un heureux psychotique.

Né en 1972. Réside en Neuroleptie. Ecrit comme un insuffisant respiratoire cherche de l’air… Traumatisé par les innombrables lectures du sublime  4.48 Psychose de Sarah Kane. Co-parolier et filmeur du groupe Le Manque. Un livre paru : Isabelle à m'en disloquer aux éditions Les doigts dans la prose.

http://lemanque.free.fr/

 

 http://lemanque.free.fr/

 

 

 

 

Plus de...

Christophe Esnault

 ! 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 4 octobre 2012 à 11:26

J'avais des hauts, j'avais des bas

j'avais plus ou moins chaud

Je dis pas ça pour râler, mais c'est Mitt Romney qui a remporté le débat. Les juges l'ont déclaré vainqueur à l'unanimité par ippon dans le troisième round. Ça a l'air super important. Quelque part, aux Etats-Unis, peut-être à Punxsutawney mais peut-être pas, d'ailleurs ce n'est pas le sujet, il y a des gens, ils sont, je ne sais pas, représentants en articles de toilettage canin, ou compositeurs de musiques d'attente pour administrations municipales, je ne sais pas, je ne les connais pas vraiment, des gens qui se disent "ah tiens, j'allais voter Obama, mais il a perdu le débat". Ils n'ont pas regardé, hier soir, leur fils cadet Polgar avait une répétition avec son club de ballet, ils ont dû aller le récupérer avec le 4x4 parce que leur fille aînée Gunda avait cassé l'autre voiture en sortant du garage, depuis elle est consignée (mais il faut aussi dire que j'ai une vision des Etats-Unis principalement basée sur les sitcoms des années 90)(sauf pour les prénoms), mais ils ont entendu dire à la radio qu'Obama avait perdu le débat et, du coup, ils vont plutôt voter pour Ralph Nader. Parce que bon, perdre le débat, quand même, ça ne se fait pas, ce n'est pas comme ça qu'on nous a éduqués (rires).    Et c'est pile leur voix qui va faire balancer le Connecticut (ou l'Indiana, je ne suis pas raciste) et ainsi faire pencher la balance, et c'est quand même ballot parce que d'habitude, ils n'écoutent jamais la radio mais là Ramuncho, leur labrador, a appuyé par inadvertance sur le bouton en essayant de ratrapper le frisbee que lui lançait Hans, le voisin noir homosexuel handicapé. Alors bon, quand on voit les milliards que les candidats investissent malgré la crise dans leurs campagnes pour tout perdre sur une blague mal placée en deuxième partie de débat, je me dis que finalement, on aurait mieux fait d'organiser directement des championnats du monde de débat, et à la fin le gagnant est président et tout le monde s'embrasse.

Le 6 octobre 2010 à 15:21

« J'ai oublié de vous dire, j'étais l'amant de Martine aussi, mais gardez-le pour vous. »

Bernard Tapie, France Info, 6 octobre 2010

Sigmund reviens, ils vont nous rendre fous ! Rachida venait de faire fourcher sa langue sur l’inflation, lorsque l’irremplaçable Nanard nous a plongé dans la troisième dimension érotique du deuxième degré politique, à propos d’un livre faisant état d’une rencontre secrète entre Jean-Marie Le Pen et lui, avant le second tour des législatives de 1993. L’anecdote est minuscule, sa vraisemblance moyenne, mais « hénaurme » est la réaction de Tapie qui choisit France Info pour se livrer à un démenti acrobatique. Par dérision il renchérit sur les questions en assurant que, oui il a toujours été copain avec ce « gros con » de Le Pen, même qu’ils jouaient ensemble au poker, au tennis-ballon, sans oublier que…. Mais là, patatras, Tapie a beau faire désormais l’acteur, il s’est planté dans son impro en parlant d’une certaine « Martine » à la place de Marine, la fille de qui l’ont sait. Eliminons un retour de libido pour la regrettée Martine Carol, et parions à coup sûr que c’est Martine Aubry qui est lovée dans son subconscient. Martine, dont Tapie disait en 2007 qu’elle aurait fait une meilleure candidate que Ségolène, mais Martine qui, tout récemment, s’indignait du « cadeau » de 285 millions d’euros fait par l’Etat à un homme « aux pratiques pas toujours convenables ». Une maitresse femme qui ne châtie bien que ceux qui la désirent. C’est une souffrance intime que nous a livré le «sévèrement burné ».

Le 1 juillet 2011 à 08:29

Ce que veulent les femmes

Pubologie pour tous

En publicité comme en politique, on a besoin d’une opinion publique. On l’appelle « les gens », « les Français », « la ménagère » ou « Monsieur Dugenou », mais la réalité de base est toujours la même : il existe une kyrielle de personnes différentes, avec des avis différents, des besoins différents et des aspirations différentes, mais aussi un peu pareils des fois. Et il faut en faire un tout compact et transparent, qu’on peut facilement saisir et qui offre des généralisations bien pratiques, du type « les Français veulent plus de sécurité » ou « la ménagère veut qu’on lui vende du rêve ».En publicité comme en politique, il n’est pas question de tirer cette opinion publique vers l’avant. Il est question de la suivre. De la comprendre au mieux. De savoir de quoi parlent tous les Monsieur Dugenou et les Madame Duchemin quand ils prennent le thé. Mais en publicité comme en politique, on ne croise pas Monsieur Dugenou et Madame Duchemin tous les jours (on a arrêté de prendre le métro, c’est sombre et ça pue la pisse).En publicité comme en politique, Monsieur Dugenou et Madame Duchemin sont donc des graphiques en bâtons, des courbes, des camemberts et de bons vieux clichés réacs. Une pincée de mépris et l’on obtient des certitudes sur ce qu’ils veulent entendre. Et l’on a bon espoir que si on leur dit ce qu’ils veulent entendre, ils nous donneront ce qu’on attend d’eux.Dans une France où tout le monde penserait ainsi, la peine de mort aurait cours, l’on avorterait encore avec des kits de loisirs créatifs et la publicité ne serait que le tas infâme et fade de clichés que cette chronique essaie de dénoncer.Et maintenant, une parenthèse de fiction théâtrale (toute ressemblance avec des faits réels est probablement garantie par une étude d’opinion) :MONSIEUR DUGENOU. - Ah vous verriez ma petite-fille. A 6 ans c’est déjà une vraie petite femme. Comme elle minaude ! Tout ce qu’elle veut, elle l’obtient ! MADAME DUCHEMIN. - C’est celle dont les parents ont divorcé ?MONSIEUR DUGENOU. - Non, ça c’est mon autre petite-fille. Mon fils n’a pas aimé que sa femme lui fasse un gosse dans le dos. Il était pas prêt vous voyez. Mais c’est comme ça les femmes, quand y’a les hormones qui se réveillent, elles peuvent pas attendre. Elles sont faites pour ça après tout !MADAME DUCHEMIN. - Ah ben oui hein, c’est la nature. Les femmes elles ont le charme pour elles, les hommes c’est la force. Il faut respecter ça.MONSIEUR DUCHEMIN. - C’est bien vrai ça : il faut respecter la nature. Tenez, les homosexuels, moi j’ai toujours dit : c’est contre-nature. C’est qu’ils ont pas essayé d’être normaux, ou que ça s’est mal passé. J’ai toujours dit : un homme, ça ne peut pas résister à une belle femme !MADAME DUCHEMIN. - Bien sûr. Y'a quoi à la télé ce soir ?

Le 28 juin 2011 à 08:28

Juste une dernière (psy)chose

- Et donc vous confirmez que Miss Crane a bien passé une nuit au motel et qu’elle est repartie le lendemain matin ? - C’est cela, Inspecteur.- Lieutenant.- Oh, Lieutenant. Reprendrez-vous du café ? - C’est pas de refus. J’adore le café. D’ailleurs ma femme me dit toujours que j’en bois trop. - Ah c’est drôle Lieutenant, ma mère aussi me répète sans arrêt : « Norman, arrête de boire tout ce café ! ». Ahahahaha !!! - Ahahaha ! Il est délicieux votre café. - Merci Lieutenant. -  Et votre motel est très agréable, très bien entretenu. Depuis combien de temps en êtes-vous propriétaire ? -  Oh, en fait il appartient à ma mère, mais elle est âgée maintenant, alors c’est moi qui m’en occupe. -  C’est un bel endroit… Un peu isolé peut-être, mais joli quand même. Et comment avez-vous trouvé Miss Crane ? -  Je vous demande pardon ? -  Je veux dire… Est-ce qu’elle vous semblait pressée ? Inquiète ?-  Oh vous savez, Lieutenant, elle est arrivée tard, et je lui ai proposé de partager mon repas, il n’y a pas de restaurant à proximité. Nous n’avons pas beaucoup parlé, elle semblait fatiguée. C’est tout ce que j’ai remarqué. D’ailleurs, elle est très vite retournée dans sa chambre. - Je comprends, je comprends… Et est-ce que vous avez vu dans quelle direction elle est partie ? - Oh, je crois me souvenir qu’elle a pris la route de Fairvale. - Très bien, Msieur, je ne vais pas abuser plus longtemps de votre hospitalité, merci encore pour le café. - Mais je vous en prie Lieutenant, Lieutenant comment, déjà ? - Colombo. Lieutenant Columbo. Oh, Mr Bates, juste une dernière chose… Je voudrais parler à Madame votre mère, peut-être qu’elle a remarqué quelque chose… - Oh, euh… Je… Euh… Oui, je veux dire… Bien sûr… Attendez ici, Lieutenant, je vais la chercher…

Le 22 février 2012 à 07:00

Image de campagne

Ça l'affiche mal

La rupture ! Sacré nom de nom, la rupture, encore et toujours la rupture.Voilà le leitmotiv de l'homme qui casse tout. Garnement, il devait réduire en miettes tous ses joujoux. Il casse tout. Il nous les briserait, même, à en croire ses détracteurs de la première heure. La rupture, il la vante, s'en revendique jusque sur ses affiches de campagne.En 2007, il nous regardait en face, « Ensemble, tout devient possible » semblait-il dire. Derrière lui, un vague paysage de campagne. Il n'y avait pas âme qui vive. La campagne était floue, non identifiable, déserte. Nous avions un homme accompagné par le néant.En 1981, Mitterrand nous en avait déjà servi une, avec un village de la Nièvre et son clocher. La force était tranquille, comme la vie à la campagne. Giscard d'Estaing, quant à lui, président sortant s'apercevait devant un paysage industriel qu'« il fallait une France forte ». Il était temps.Georges Marchais, en 1981, « l'anti-Giscard », souriait devant une foule de travailleurs cégétistes, tandis que Jacques Chirac assis dans un salon possiblement Louis XV, photographié par Helmut Newton nous regardait dans le fond des yeux. Tout en haut, l'affiche proclamait « Maintenant, il nous faut un homme de parole. » et tout en bas, se terminait par ce slogan de marque de lessive « Jacques Chirac le président qu'il nous faut ». Finalement après avoir été bien rincés et bien essorés nous avions sans doute besoin de changement d'où l'idée de rupture.Nouvelle élection, nouvelle campagne, nouvelle affiche et nouvelle rupture. Cette fois, l'image rurale a disparu et est remplacée par une mer étale. L'homme ne nous regarde plus en face. Ne nous voit-il pas ? Ne peut-il plus nous voir ? Il fixe un point invisible à tous. Pas même l'horizon, qui est derrière lui, et vide de tout, comme le paysage campagnard de 2007. A bien le contempler cet horizon, on se rend compte qu'il n'y a rien à voir.

Le 30 novembre 2011 à 09:00

Conversation entre un dépressif et un terrien

Texte inédit de David Foenkinos

Le dépressif : Je voulais te dire quelque chose.Le terrien : Oui.Le dépressif : En ce moment, je vois quelqu’un.Le terrien : Moi aussi.Le dépressif : Quoi ? Toi aussi, tu vois quelqu’un ?Le terrien : Ben oui. Je te vois toi. Tu es en face de moi.Le dépressif : Mais non… je parlais de voir quelqu’un.Le terrien : Quelqu’un ? Je le connais ton quelqu’un ?Le dépressif : Ben non. Je ne crois pas. En général, c’est mieux de voir quelqu’un qui n’a pas de relation avec son entourage.Le terrien : Je ne te suis pas du tout.Le dépressif : Je vois un psy quoi !Le terrien : Ah d’accord. Tu aurais dû le dire toute de suite. Je n’ai jamais compris cette manie de dire quelqu’un pour parler d’un psy. C’est la seule profession qu’on ne dit pas, c’est louche, non ?Le dépressif : Si tu veux tout savoir, je ne réfléchis pas à ça en ce moment.Le terrien : Et pourquoi pas le boucher ?Le dépressif : Quoi, le boucher ?Le terrien : Pourquoi on ne dirait pas « quelqu’un » pour parler d’un boucher. Quand tu vas acheter de la viande, tu dis à ta femme que tu vas voir quelqu’un. C’est pas plus con. Tiens, moi je vais faire ça. A partir de maintenant, mon quelqu’un c’est le boucher.Le dépressif : Bon je crois que je n’aurais pas dû venir te voir.Le terrien : Oui, pardonne-moi. C’est ton quelqu’un qui m’a embrouillé. Je ne supporte pas qu’on ne définisse pas les choses. Tant qu’on y est, on pourrait dire que « quelque part » c’est la Suisse. Et même la Suisse du Sud, si je veux.Le dépressif : J’ai l’impression que tu ne vas pas fort en ce moment. Je me demande si tu ne devrais pas voir quelqu’un.Le terrien : Ah, non j’ai déjà mangé de la viande hier.

Le 30 septembre 2011 à 08:22
Le 8 avril 2014 à 07:32

Les Français perdraient 22 heures par an à faire des calculs statistiques inutiles

Une étude menée sur un panel représentatif et pilotée par le Centre National de la Recherche Scientifique prouve que les Français passeraient chaque année 22 heures en moyenne à faire divers calculs statistiques loin d’être indispensables. Les chercheurs ont suivi pendant toute une année 400 volontaires qui ont accepté de faire un compte rendu de toutes les opérations statistiques qu’ils effectuaient au quotidien. « Cela peut aller du simple fait de compter les marches d’un escalier jusqu’aux calculs les plus improbables » dit Marc Giron, responsable au CNRS, qui explique que l’étude a, par exemple, permis de découvrir une forte tendance chez les hommes à tenir des statistiques très précises sur leurs performances dans le domaine du sexe et de la séduction. Avec plus de 30 heures par an, il s’agirait même, selon le chercheur, du domaine de prédilection des hommes, loin devant le football et l’automobile. « Les hommes ressentent un besoin irrésistible de se comparer, et de tenir une comptabilité précise de leurs exploits ou de leurs échecs sexuels » commente Marc Giron, qui avoue, graphique et tableau à la main, en être à une moyenne de 14,66 rapports par an depuis sa majorité. Une épidémie de « statistite aiguë » ? Les chercheurs ont également pu démontrer que la petite manie de faire des statistiques peut, dans certains cas, tourner à l’obsession, voire virer à la pathologie grave. « Nous avons rencontré chez certains sujets une addiction extrême » explique Marc Giron en prenant l’exemple d’un patient qui, selon lui, passait chaque jour plusieurs heures à comptabiliser le temps de parole de chacun de ses interlocuteurs. Une pathologie à laquelle le chercheur dit échapper, puisqu’il démontre à nouveau à l’aide d’un graphique rester sous la moyenne nationale avec 20,9 heures passées par an à dresser des statistiques.   Le Gorafi

Le 29 mai 2014 à 16:40

Les années 2000 : Papa Soprano, got yourself a gun

Des Ingalls aux Soprano, quoi de neuf docteur ? #3

1999. Pour ne pas changer, les USA ont de nouveau une bonne gueule de bois, suivant avec angoisse les déboires moraux de leur président, qui s'en prend plein la poire depuis son élection et qui est à présent condamné par la cour suprême comme parjure. Il va falloir aussi composer avec une nouvelle donne : le début d'une volonté du tout sécuritaire et de la paranoïa du terrorisme (et on n’est pas encore en 2001) que va créer le massacre de Columbine. La peur du tueur de masse n’est pas en soit une nouveauté aux USA, mais soudainement, même le petit Macaulay Culkin dans sa crèche est potentiellement un Charles Manson en puissance. Les responsables désignés ? Tout un pan de la culture populaire : le black/death metal, les jeux vidéo, le cinéma, les comics, les mangas, et parfois impopulaire : les nazis, essentiellement. Viendra quand même aussi un questionnement sur la libre circulation des armes ;Charlton Heston va commencer sa longue croisade pour la NRA. C’est donc dans ce contexte que se déroule la nouvelle élection présidentielle qui verra après quelques tours de montagne russe électorale l’avènement de Bush Junior ‘zident.   Un OVNI dans les figures paternelles Au milieu de tout ça que la famille Soprano montre le bout de son nez sur la chaine HBO, créée par David Chase. Tony Soprano ou Papa Soprano, pour ceux qui suivent, est un OVNI dans les figures paternelles télévisuelles pour la simple et bonne que Papa Soprano n'est pas un « papa » tombé du ciel. A la différence de Papa Ingalls ou de Papa Seaver, sortes de monolithes semi-divins  dont la paternité est une fonction, si ce n'est la caractéristique principale. Papa Soprano à commencé comme fiston Tony est c'est bien là son plus gros problème : héritier de l'entreprise familiale (qui marche plutôt bien au demeurant) Papa Soprano se retourne vers ses propres pères et pairs et tentent de comprendre ce qu'on lui a légué et très franchement n’y comprend rien. Pourtant on lui a légué une way of life en quelque sorte, elle est vertigineuse, violente mais fait de lui un élu qui se doit d’être à la hauteur, surtout quand on voit la gueule de sa mère, on comprend qu’il ne veuille pas décevoir le fiston Tony.   Papa Soprano, un paumé donc ? Il lui arrive de faire des crises d'angoisses devant des canards et suit une thérapie pour surmonter ce petit problème. Mais si fiston Tony doute, Papa Soprano lui « agit » et dans un seul et unique but : protéger sa famille. Ce sera même le leitmotiv de toutes les actions de notre bonhomme et la seule façon pour lui de protéger sa famille c’est d’en défendre les intérêts. Et pour se faire quoi de mieux que les années Bush ? Disons le franchement : adieu le hug ici : un rottweiler enragé est tout aussi rassurant qu’un Tony qui vous tend les bras.   Une seule famille, celle du sang Si, dans un premier temps, Papa Soprano veut composer avec deux familles (sa femme et ses deux enfants d’un coté), son entreprise de l’autre dans laquelle opèrent un cousin, un neveu et un oncle. Papa Soprano va vite faire un choix : il n’a qu’une famille : celle du sang. L’autre n’en est pas une mais une entreprise (un peu particulière et les indemnités de licenciement sont plutôt désagréables). Papa Soprano évolue dans une société chaotique ou le chacun pour soi devient une règle d’or dans une société traumatisée post-onze-septembre. A partir de ce moment c’est bien simple papa Soprano n’a plus que des « alliés » sur des visées à très court terme. Sorte de ballet incessant d’une realpolitik fiévreuse. Papa Soprano s’interroge, il fait face à son histoire (on le voit dans une scène s’interroger sur ce qu’est devenu Carry Grant et son flegme inébranlable, cette sorte d’homme qui agit toujours sans sourciller, sachant naturellement ce qui doit être fait et comment, dans l’intérêt de tous.) Papa soprano lui n’en sait franchement rien ; il part dans tous les sens, dessoudant au fur et à mesure ennemis et alliés lorsque ces derniers deviennent une gêne (ce qui dans la paranoïa ambiante est franchement systématique).   Un vide total Papa Soprano, donc, c’est le grand nettoyage : tout ce qui dépasse dégage, pas seulement les balances, les familles rivales mais aussi ce qui n’est pas dans la « norme » : un de ces capos qui se révèlera être gay l’apprendra à grands coups de canon scié. Bref, Papa Soprano qui ne comprend pas très bien qui il est s’évertue quand même à modeler une société à son image.   Ce qu’il en reste ? Rien ! Papa Soprano dans sa volonté de protéger les intérêts de sa famille va tout simplement créer un vide total et s’isoler entièrement, haï par tous, sa famille comprise. C’est que nous montre la fin emblématique de la série, où la famille sort manger un morceau dans le restaurant familial et se rend compte avec inquiétude que la moindre silhouette est une ombre menaçante prête à leur faire payer chèrement leur héritage.   Dans le même temps Bush ‘zident évite une grolle durant une allocution.

Le 6 mai 2014 à 06:26

Trop souriant dans le métro, il finit en garde à vue

Une histoire bien singulière dont se souviendra sans doute pendant longtemps Jean Baptiste Rumelier. Alors qu’il se rendait sur son lieu de travail en métro, il a, à plusieurs reprises esquissé plusieurs sourires envers les autres voyageurs de sa rame.  Il a par ailleurs été plusieurs fois  aimable avec d’autres voyageurs, n’hésitant pas à laisser son siège à une personne âgée. Jugeant son comportement suspect, plusieurs voyageurs ont averti le service de sécurité de la RATP. L’individu a été appréhendé dans le calme. Récit. Comportement suspect Il est à peine dix heures du matin dans cette rame de la ligne 4 lorsque les usagers remarquent le comportement suspect d’un voyageur. Celui-ci vient de laisser, sans préavis, son siège à une personne âgée. Auparavant, l’homme s’est fait plusieurs fois remarquer. Alors qu’il entre dans la rame, il lance un « Bonjour tout le monde » avant d’aller s’asseoir et de s’excuser à plusieurs reprises tandis qu’il bouscule involontairement des usagers. Un peu plus tard, il n’hésite pas à donner son journal gratuit qu’il vient de finir de lire. La tension monte un peu plus dans la rame, quand par inadvertance, une jeune femme lui marche sur les pieds. Alors qu’elle s’excuse, celui-ci répond de manière péremptoire selon les témoignages  « Ce n’est rien du tout, voyons. » C’est alors que tout bascule. Une personne âgée, ayant visiblement du mal à se déplacer pénètre dans la rame. Aussitôt, l’homme se lève et propose à la vieille dame de prendre sa place. Les usagers, inquiets d’un tel comportement, ont alors demandé l’intervention du service de sécurité de la RATP. L’homme a été interpellé à la station suivante et placé en garde à vue. Retour de vacances Interrogé, l’homme a expliqué son comportement par « un reste d’euphorie des vacances » et une volonté de commencer cette rentrée dans la bonne humeur. « J’ai pensé bien faire, je ne voulais pas créer une psychose » a-t-il confessé. Pour la police, la réaction des usagers peut se comprendre: « Dans un contexte marqué par le terrorisme, certains comportements apparaissent plus suspects que d’autres, ce qui permet de rapidement localiser ces individus » saluant aussi la réaction prompte et maîtrisée des usagers.

Le 11 novembre 2011 à 08:27

Chimiethomanes

Pubologie pour tous

Le travail d’une agence de publicité, en somme, c’est de remplir les objectifs de ses clients, les marques. Souvent, l’objectif du client - disons que le client s’appelle Bliblop - c’est « faire de Bliblop la marque préférée des Français ». C’est un peu compliqué, vu qu’en général il n’y a qu’une seule marque préférée des français, mais il faut savoir se fixer des défis après tout. Bon. Là ça a probablement été un peu différent. Le client a dû faire la liste de ses qualités et de ses défauts, et réaliser que 1. « nous avons de l’argent » ne compensait pas très bien 2. « nous avons inventé le Zyklon B » et 3. « nous cultivons des patates OGM». Avec modestie, il a donc décidé de procéder par étapes, et la première étape s’est avérée être « faire aimer la chimie aux Français ». Quand on est l’agence de publicité de ce genre de client et que l’on reçoit ce genre de brief, il faut être inspiré. Parce que l’on a davantage envie de profiter du 1. que du 2. Seulement voilà, on réalise assez vite qu’on ne va pas vraiment pouvoir dire des choses vraies (« on fait des trucs pas très bons pour l’environnement, mais on a mis beaucoup de sous dans cette campagne pour que vous nous aimiez bien »). Alors il faut trouver des choses pas vraiment vraies qui pourraient faire l’affaire (« la chimie, c’est plutôt cool en fait »). Mais ça ne marche toujours pas, alors on cherche un truc qui n’a rien à voir. Et des trucs qui n’ont rien à voir avec l’industrie chimique, il y en a pas mal. Il y a l’amour par exemple, les enfants aussi (notamment les enfants asiatiques), les toboggans ou les fleurs. Il y a Philippe Risoli aussi, mais il n’était pas dispo.

Le 10 novembre 2010 à 18:11

"Le président de la République est le premier depuis Louis XIV à avoir soumis le budget de l'Elysée à l'appréciation de la Cour des comptes"

Henry de Raincourt, ministre des Relations avec le Parlement, Assemblée nationale, 9 novembre 2010

Si on y va par là, Matignon n’avait pas payé les sondages de l’Elysée depuis Colbert !  A la Cour des anachronismes déconnants, le sieur de Raincourt serait grand chambellan. A quelques jours d’un remaniement mieux vaut se faire bien voir, mais là il a tellement chargé le carrosse qu’il a fait crouler de rires les députés de l’opposition, lors de la séance des questions au gouvernement. Nicolas s’inspirerait donc de Louis en faisant viser ses dépenses par la Cour des comptes. Outre que cette dernière a été créée sous Napoléon, le côté mendésiste du Roi-Soleil était resté méconnu jusqu’ici. A commencer du Parlement de l’époque – qui votait les impôts – et auquel le jeune monarque asséna en début de règne : « L’Etat c’est moi ». Même ignorance du côté de Fouquet, superintendant des Finances, jeté au cachot pour avoir exhibé en son château de Vaulx-le-Vicomte de tels signes extérieurs de richesse que le Souverain s’en trouva humilié et décida alors la transformation du château de Versailles en Elysée somptuaire : « le Budget c’est moi » en quelque sorte. Cela coûta 100 millions de livres (un ouvrier gagne alors 12 sous par jour – une livre vaut 20 sous) mais ce n’était que 5% des dépenses militaires qui ruinèrent plus sûrement le pays. Nul Philippe Séguin pour ronchonner. La Cour passait avant les Comptes.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication