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Publié le 07/12/2011

Pour commencer, le Christ sur la croix prend bonne note de ce qu'il adviendra plus tard de son image : vu qu'il est Dieu, il a cette faculté, c'est dans ses cordes.


Rodrigo Garcia, Golgota Picnic

« Si vous voulez avoir des idées propres, changez-en comme de chemise. »
Francis Picabia 

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Le 21 septembre 2010 à 14:56

Le Guili-guili show

Rire et résistance en République islamique d'Iran

Contrairement aux idées du prêt à porter médiatique en vogue, il ne faut pas confondre les Iraniens et les institutions qui les gouvernent. Plus les lois morales d’une société sont rigoureuses, plus forte est l’envie de rire et de s’en moquer. Plus il y a d’interdit, plus le désir de transgression devient un état permanent de la société, un passe-temps collectif. Les gens ne s’identifient pas aux lois, ils se mettent en face d’elle et n’arrêtent pas de chercher des moyens de les détourner. Tout peut devenir objet de dérision. Au début de la révolution islamique, il y avait à la télévision une émission animée par un ayatollah qui donnait une interprétation et une explication minutieuse à des situations improbables que pouvait rencontrer dans sa vie tout bon croyant : « Si lors d’un tremblement de terre un homme habitant le cinquième étage tombe sur une femme résidant au quatrième et qu’à l’issue de cette collision un enfant naît, le fruit de cette union est-il légitime ou illégitime ? ». Cette émission qui se voulait sérieuse rencontra un immense succès comique. Les Téhérani l’appelaient le « Guili-guili show ». Vingt ans plus tard la censure s’est assouplie, elle autorise la sortie du Lézard, long métrage de Kamal Tabrizi racontant l’histoire d’un voleur qui s’échappe de prison déguisé en mollah et qui se retrouve malgré lui le saint prédicateur d’une mosquée de village. Il est harcelé par de jeunes apprentis mollahs qui lui demandent ce qu’a prévu le Livre pour le cas où deux cosmonautes homme et femme se trouvent en apesanteur dans l’espace et se touchent ? « Doivent-ils faire un mariage provisoire ? ». En trois semaine, ce film a pulvérisé le record de fréquentation de toute l’histoire du cinéma iranien, avant d’être retiré des salles par les autorités…

Le 19 novembre 2011 à 09:00
Le 8 décembre 2014 à 10:29
Le 3 novembre 2014 à 15:33

Qui crée quoi ?

Le Vatican va de l'avant

(AFP2) Le pape François vient de créer de toutes pièces, ex nihilo, comme Jéhovah créa le monde, la Congrégation pour les Idées Nouvelles, dont il a confié la direction au cardinal Mateo Falcone, 31 ans, archevêque de Vigata. Mgr Falcone, qui vient tout juste de recevoir le chapeau, s’est aussitôt attaqué à la grave question de la pluralité des mondes. Certes, il y a urgence, puisque les astrophysiciens découvrent tous les jours une nouvelle planète, et pour la plupart sont d’avis qu’il ne peut pas ne pas y avoir, dans la vastitude de l’Univers, des planètes habitées par des êtres pensants. Reste à savoir si c’est le Dieu de la Bible qui a créé ces planètes extra-solaires et leurs extra-terrestres habitants ? S’appuyant sur le texte de la Genèse, Mgr Falcone n’a pas eu peur de déclarer, dans le tout premier communiqué de la Congrégation dont il est le Préfet, que « Le Dieu de la Sainte Bible et de l’Église de Rome  n’y est pour rien » (sic), car « Les extra-humains ne sauraient être de son ressort. » Dans un récent entretien accordé au magazine Play Boy, s’agissant de savoir qui aurait créé ces êtres non-adamites, il a évoqué « l’action d’un autre Dieu, ou d’autres Dieux, opérant sur d’autres sites. » Il a même envisagé l’hypothèse d’une « guerre des Dieux », ajoutant que « le nôtre est le plus fort ». S’il ne s’est pas encore prononcé sur ces propos de Mgr Falcone, François vient de lui renouveler publiquement sa confiance, en lui pinçant familièrement l’oreille. Une encyclique est attendue qui devrait trancher, non pas ladite oreille, mais la lourde question théologique soulevée par le préfet de la nouvelle Congrégation.

Le 5 décembre 2015 à 07:43

Prenez, ceci est mon... hips

En avril 2013, à Avignon, un homme été contrôlé par la police avec un taux d'alcoolémie de 11 grammes par litre. Quand on sait que le taux d'alcoolémie théoriquement mortel se situe autour de 5 grammes, on ne peut s'empêcher de saluer la performance du valeureux Vauclusien. Pourtant, en l'an 33 de notre ère, un homme s'était illustré avec un niveau d'alcoolisation encore plus spectaculaire. Lors d'un repas qu'il partageait avec une douzaine d'amis, notre champion leur confia que son sang était en fait du vin, un délicieux rouge à 12 degrés que son père adoptif aurait qualifié de bien charpenté. J'imagine d'ici les doutes qui ne manqueront pas d'émerger dans votre sourcilleux esprit mais l'homme dont on raconte ici l'exploit n'a rien d'un menteur et je vous demanderais de considérer ses propos comme paroles d'évangile. Revenons à nos moutons, ou plutôt à notre agneau pascal qui révéla à ses camarades que son sang et le vin avaient les mêmes caractéristiques et contenaient donc la bagatelle de 12% d'alcool. Quand on sait qu’un humain (fils de Dieu ou pas) compte environ 6 litres de sang et que la densité de ce sang est de 1,06 kg/litre, on peut en déduire que notre ami comptait 6,360 kg de sang. Le sang de celui que, pour préserver son anonymat, nous appellerons JC contenait 12% d’alcool soit 763,2 grammes d’alcool pour 6 litres de sang. Le taux d’alcoolémie du prodigieux buveur était donc de 127 g/l. Avec un tel taux d’alcoolémie, notre homme aurait dû être mort depuis longtemps. Le miracle de sa survie peut sans aucun doute être considéré comme la preuve de sa nature – n'ayons pas peur des mots - divine. Pour savoir ce qu’a bu JC pour atteindre un tel taux d’alcoolémie, on applique la règle suivante : taux d’alcoolémie : Alcool Total absorbé (g) ÷ [ Poids (kg) x le coefficient de diffusion ] Pour un homme, ce coefficient de diffusion est de 0,7. Si on estime que JC pesait 70 kilos, on peut conclure que, pour atteindre un taux d'alcoolémie de 127g/l, il a ingéré 6223 g d’alcool soit 622,3 verres et donc environ 83 bouteilles, ce qui représente, reconnaissons-le, un sacré exploit. Rien d'étonnant donc qu'avec un tel niveau d'alcoolisation, notre ami JC ait pu avoir l'impression de marcher sur l'eau et voir des pains se multiplier sous ses yeux.

Le 20 mai 2011 à 08:55

Nous avons remplacé notre mémoire par l'image

Restons vieux jeu

L’image omniprésente au XXIe siècle a immortalisé ce que l’Homme a déjà : le regard et la mémoire. Cette parodie est révélatrice: les gens ne cessent de se prendre et de prendre à tout va en photos. Pourquoi un arrêt sur image ? L’Homme aurait-il peur d’oublier le présent ? Notre appareil remplace notre cerveau mémoriel. L’instantanéité remplace le temps du récit, le temps de l’orateur. Voler ces instants et les publier pour que tout le monde voie ce que vous avez vu. Partager l’illusion d’être ailleurs, alors que vous êtes devant votre écran à lire. Mais nous ne voyons pas plus. Nous restons coincés entre une machine photographique, nos souvenirs et un écran. Pourtant ces instants peuvent être racontés, partagés   Une amie me racontait ces voyages passés des années 80 en Russie et en Birmanie. Les tensions dans ces pays lors de ses séjours l’empêchaient de prendre des photos. Mais son regard sur place ne l’empêchait pas de mémoriser ses événements. Elle peut vous les raconter en détails comme si c’était hier. Aujourd’hui nous croyons pouvoir tout dire, tout faire derrière notre écran. L’image tant modifiable, « photoshopée » en perd sa vérité. Nous voulons montrer quelque chose qui n’existe pas.   La mémoire est donc l’outil le plus précieux. La mémoire conserve les images, les odeurs, les sensations vécues. L’Histoire ne s’oublie pas. Le passé raconté est riche d’images. Cela s’efface avec le temps ou se déforme, mais cela garde une authenticité humaine.

Le 2 janvier 2011 à 12:32

Henri-Joseph Dulaurens (1719-1793)

Les cracks méconnus du rire de résistance

Pour découvrir les stupéfiantes « effronteries pamphlétaires » du chanoine Dulaurens au XVIIIe siècle, sur lesquelles m’aiguilla Raoul Vaneigem en 1980, il fallait jusqu’à il y a peu se téléporter dans les salles de lecture des grandes bibliothèques. Grâce à une petite maison d’édition téméraire, Les points sur le i, on a accès désormais à la fois à un des ébesillants chefs-d’œuvre du prêtre mécréant, paru clandestinement en 1767, L’Antipapisme révélé ou les Rêves de l’antipapiste et à Écrire et s’enfuir dans l’ombre des Lumières, Henri-Joseph Dulaurens, la truculente biographie d’un jeune chercheur inspiré, Stéphan Pascau, qui a fricassé également pour les éditions Honoré Champion Henri-Joseph Dulaurens (1719-1793). Réhabilitation d’une œuvre.Jugées licencieuses et blasphématoires, les satires de Dulaurens, déployant « un comique mêlé de délire et d’érudition préfigurant l’esprit de Sade », mirent en pétard les autorités ecclésiastiques caricaturées férocement à longueur de pages. Leur auteur fut sans fin ni cesse poursuivi, jusqu’à son enfermement à vie au couvent pénitentiaire de Marienborn. La plupart de ses œuvres « décelant une imagination dépravée » selon les frères Didot, des éditeurs-imprimeurs trônant à l’époque, furent brûlées. Il est vrai que le facétieux frigousseur des Jésuistiques, de La Bataille des nonnes, de L’Arretin, ou d’Étrennes aux gens d’église exhortait lui aussi aux feux de joie : « Pour rendre la France heureuse et tranquille, il faut ramasser nos livres de morale, nos casuistes réservés, nos contreversistes, nos bans théologiques, nos rubriques, les mîtres de nos évêques, les habits des Capucins, et mettre le feu à toutes ces belles choses en chantant un hymne à la Raison ».Qu’est-ce qui avait donc pris à l’indévot Henri-Joseph Dulaurens d’entrer en religion ? Il n’avait pas, en fait, eu le choix : c’est à la suite de contraintes familiales qu’il s’était retrouvé claquemuré au collège des jésuites d’Anchin alors qu’il se gaussait de leur enseignement, « ces billevesées dont on endort les sots ». « Puisque les mœurs, les coutumes, les usages, les lois, les religions auxquels la plus grande partie du genre humain est soumise causent de tels désordres et de si grands maux, ces choses ne sont point dans l’ordre naturel ; et j’ai conclu que pour que l’homme soit aussi heureux qu’il est capable de l’être, il ne devrait être soumis à rien de tout cela, ne devait suivre que l’instinct de la nature, et pouvait fronder ouvertement tout ce qu’il y trouvait de contraire. »Plus météoriquement, quand on lui demandait ce qu’il pensait de la foi catholique, Dulaurens répliquait que « la religion ressemblait beaucoup au cocuage ». Et de faire l’éloge du péché. « Sans le péché, l’homme était un nigaud. Que le Démon nous a rendu service ! ». Et de considérer que « le vice, la vertu, le bien et le mal moral, le juste et l’injuste, et tout ce qui en dépend, ne consistent que dans l’opinion de ceux qui les ont inventés pour appuyer leurs intérêts », qu’il y a « à déchirer le voile de l’illusion », qu’il y a « à secouer le joug du travail, de la misère, de la servitude et de la superstition ». Et de concevoir, dans le Compère Mathieu (1766), un des personnages les plus furieusement iconoclastes de l’histoire de la littérature anti-religieuse, Père Jean : « J’ai juré d’étriper tous les moines qui me tomberont dorénavant entre les mains, mais c’est de la façon dont on extermine ces reptiles dangereux dont le souffle empoisonne l’air et dont la piqûre tue l’homme. »Henri-Joseph Dulaurens, dit Brise-Crosses, dit Modeste-Tranquille, dit Xang-Xung (il avait le génie des pseudonymes !), transgressera cocassement bien d’autres interdits encore dans son œuvre littéraire sulfureuse. Il proposera qu’on reconnaisse comme un droit naturel la fabrication et l’écoulement de fausse monnaie. « Il est certain qu’il n’y a rien de plus naturel que le pouvoir de donner telle forme, tel poids que l’on juge à propos à un morceau d’or et d’argent et de lui attribuer la valeur qu’on veut. » Il invitera à désapprendre l’usage des mouchoirs : « Jean était bon et non pas débonnaire. Quoique dévôt à la sainte Amitié, Il n’était homme à se moucher du pied. Toujours ses doigts servoient à ses usages Pour épargner les frais de blanchissage. » Et il appellera même à un renouvellement radical de nos mœurs alimentaires. « L’horreur ridicule que l’on a de manger de la chair humaine, le respect imbécile que l’on a pour le cadavre d’un homme ne tirent leur origine que de notre ignorance. S’il y avait quelque chose à faire pour la sépulture de l’homme, l’estomac humain devrait l’emporter sur le tout. »Notons enfin que l’un de ses titres de gloire est d’avoir définitivement orthographié le mot godemiché. Et qu’il y a lieu de le créditer d’un véritable exploit. Alors qu’un triste jour les choses s’étaient corsées pour lui, les jésuites vilipendés par ses diatribes l’ayant enfermé dans une cage de bois qu’ils avaient supendue dans les airs, le chanoine Dulaurens, privé sous ce régime de tout moyen d’écrire, n’en était pas moins parvenu à couvrir, avec une pointe de fer, les ais de sa cage de quolibets et d’épigrammes.Jambon à cornes, croquons quelques hosties à la santé de ce diable d’homme !

Le 20 mai 2014 à 08:29

Dieu confirme que les meilleurs continueront de partir les premiers

Lors de son traditionnel point presse du jeudi, Dieu est resté intraitable sur la question de la mort et a confirmé que les meilleurs continueront à partir les premiers, et qu’aucune résurrection n’aura lieu cette année. Interrogé sur la question, Dieu explique que sa marge de manœuvre reste infime. « Le contrat est clair nous rappelons à nous vos meilleurs éléments depuis la nuit des temps » a-t-il rappelé avant d’ajouter « Je ne vois pas pourquoi tout serait remis en cause en 2014 ». Le grand créateur confirme avoir validé ce matin même une nouvelle liste de personnes spécialement choisies pour leurs grandes qualités morales, ou leur coté boute-en-train, qui seront amenées à décéder très prochainement. Dieu répond ainsi aux attaques dont il se dit victime depuis le début de l’année de la part de plusieurs associations qui veulent avoir leur mot à dire. « Cette règle est absurde, tellement de personnes sur Terre méritaient mille fois plus de mourir » affirme un opposant à Dieu qui vient de perdre son meilleur ami. Pourquoi pas vous ? Dieu contre attaque en affirmant « avoir fait des efforts » pour laisser certains bons éléments à disposition des vivants. « J’ai tout fait pour que vous puissiez profiter de Nelson Mandela le plus longtemps possible. Et pour ça, même pas un merci » lance-t-il en lançant des éclairs de colère du regard. Il termine en lançant un avertissement. « Au lieu de pleurnicher sur ceux qui partent, demandez-vous plutôt pourquoi vous êtes encore là » a-t-il ajouté avant de claquer la porte de la salle de presse.   Le Gorafi

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