Nous avons aimé
Publié le 07/12/2011

Cabu : "Assez de spectacles blasphématoires !"


Dans son édition du 7 décembre 2011, Charlie Hebdo s'étoffe d'un génial dossier consacré à Golgota Picnic. Dans leur grande générosité, les dessinateurs de Charlie vous offrent huit affiches prêtes à porter anticathos intégristes. Pour les aficionados de ventscontraires.net, voici celle de Cabu !
Vous n'imaginez pas le nombre de manuscrits, de films, de livres, de projets que le Rond-Point reçoit chaque mois. Et parmi ces monticules, il y a des perles qui n'ont pu trouver place dans la programmation déjà très fournie du théâtre. La tête pleine de pages vibrantes et le cœur chaviré, nous publions ici ce que nous avons aimé et que nous désirons vous faire partager.
 

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Le 10 novembre 2011 à 12:36

« Dis-moi si Dieu mange, et s'il a un boyau rectum ? »

Voltaire (dictionnaire philosophique, article déjection)

D’approximations en incompréhension, intégristes mais aussi catholiques plus ou moins traditionalistes et désinformés conduisent depuis une dizaine de jours une campagne désastreuse contre la création artistique dont les conséquences dépassent les calculs de quelques apprentis sorciers mitrés. Des spectateurs accueillis sous les insultes, plusieurs centaines de manifestants hurlant au blasphème, quelques arrestations, des adolescents en larmes place du Châtelet qui égrènent leur chapelet pour obtenir l’exorcisme d’un artiste et d’un spectacle sataniques, c’est le bilan de dix jours d’agitation aussi saugrenue qu’anachronique. Tout cela prêterait à rire si le pathétique de la situation ne fondait d’authentiques motifs d’inquiétude. Celle de voir à Paris des représentations théâtrales assurées librement à la condition d’être protégées par la police,  des artistes diffamés, un spectacle chaque soir compromis, entravé, dénaturé par les conditions honteuses de sa représentation.    De l’œuvre d’Andres Serrano, Piss Christ, partiellement détruite en avril dernier à Avignon lors de son exposition à la Galerie Yvon Lambert, au boycott, organisé comme une opération commando, du spectacle de Romeo Castellucci, Sur le concept du visage du fils de Dieu, au Théâtre de la Ville, la hargne militante de catholiques intégristes cherche à imposer une forme d’épuration à la création artistique, et lui conteste le droit de s’emparer de l’héritage religieux collectif. Intimidation et censure, le projet n’est pas nouveau, la méthode éprouvée, les responsables bien repérés. Beaucoup plus inquiétant est le phénomène qu’on observe depuis quelques mois et qui touche un catholicisme réputé modéré et ouvert, peu enclin pourtant à la bigoterie et respectueux des limites qui doivent être celles du religieux dans la cité. Sous l’action concertée d’un nombre d’évêques et d’archevêques significatif, fulminant des déclarations incendiaires sur des œuvres dont ils ne connaissent que partiellement le titre et rarement le fond, c’est à une bronca bientôt généralisée contre les artistes et les théâtres que nous assistons.   Dépassant le cercle des militants d’extrême droite qui font le gros des troupes de l’intégrisme, voilà que l’Eglise catholique elle-même éructe contre Gólgota Picnic, le prochain spectacle de Rodrigo Garcia. Qualifiant l’œuvre d’ « hystérie culturelle » et de spectacle « indigne de la démocratie », des ecclésiastiques voudraient la voir interdite pour satisfaire des catholiques blessés et souffrant dans leur chair une nouvelle mort du Christ. Les théâtres qui la présentent, le Rond-Point à Paris comme le Théâtre Garonne à Toulouse, s’ils étaient privés de subventions et sanctionnés par l’Etat et La Ville, illustreraient alors, selon l’église, par leur honte bue, le sens des responsabilités des élus nationaux et locaux qui les auraient cloués au pilori des blasphémateurs. Un brûlot officiel publié sur le site Internet de la Conférence des évêques de France laisse pantois par sa brutalité et son caractère liberticide. Pour ceux qui se souviennent qu’il est écrit dans l’évangile « tu seras jugé à la mesure dont tu auras toi-même jugé », ils ont fort à redouter un passage à tabac des fanatiques le jour venu. Avant de trembler pour le salut des prélats d’Inquisition, c’est l’intégrité artistique et physique de tous, artistes, techniciens, acteurs culturels participant à la liberté de création qui inquiète et mobilise. Et c’est encore bien évidemment la sécurité mais aussi la liberté des spectateurs de Rodrigo Garcia qui préoccupent. Voilà l’aberration à laquelle on livre aujourd’hui artistes et institutions culturelles : celle de redouter, au cœur de la capitale d’un pays qui s’honore d’avoir fondé les principes des Droits de l’Homme, que la faculté de voir, de ressentir, de penser et de s’exprimer soit compromise du fait de l’action d’extrémistes relayés imprudemment par l’impéritie de quelques religieux obscurantistes.    Certes, Rodrigo Garcia est iconoclaste. Il ne ménage ni son discours ni les moyens de l’asséner mais n’oblige personne à le voir ni à l’entendre. Oui, il attaque frontalement au nom du message biblique l’action de l’Eglise catholique comme avant lui l’ont fait les philosophes des Lumières, ou Dostoïevski, ou même, accordons ce plaisir à nos extrémistes, Charles Maurras, parmi une cohorte d’autres pourfendeurs.   Certes, tout cela est en partie subventionné par l'État et la ville, parce que notre pays fonde aussi la liberté des citoyens sur la liberté de leur accès à une culture diversifiée, privée ou non, rendue possible par une politique culturelle qui permet par ailleurs l’existence et la pérennité d’édifices classés (a caractère religieux ou non), de manifestations qui peuvent à voir avec l’art et la musique dits sacrés, avec la conservation et l’exposition d’œuvres picturales (aux figures religieuses ou non), ce que personne ici ne souhaite remettre en cause. La finalité du subventionnement sur fonds publics dans le spectacle vivant, c'est justement la possibilité et la garantie de la pluralité des formes et des opinions, non la rétribution d'une conformité à une norme édictée bien pensante, non clivante, neutre et neutralisante.   Oui, il y aura sur la scène du Rond-Point de la viande et du sang comme il y eut des excréments sur celle du Théâtre de la Ville ces derniers jours. N’en déplaise aux groupuscules extrémistes, il n’est pas certain que cela soit ce qui pue le plus fort dans le paysage de cette affaire. Il y aura de l’irrespect, de la provocation, c’est-à-dire de la pensée qui s’oppose à la pensée, du vent qui souffle dans tous les sens.   Jean-Michel Ribes rappelle dans « Le Monde » qu’en 1545, Lucas Cranach grave une caricature du pape chevauchant une truie. Complice, Martin Luther la légende : « Tu veux avoir un concile ? À sa place, reçois ma merde ! ». Alors excommunié et menacé de mort, Luther s’est vu au mois de septembre dernier salué comme un puissant théologien par Benoît XVI lors de son voyage en Allemagne. Il n’en est pas tant demandé pour Rodrigo Garcia. Qu’on lui accorde seulement le droit de créer et d’être entendu dans des conditions pacifiques, qui sont celles de l’art et de la culture, fussent-ils subversifs. Qu’on laisse à ceux qui auront la curiosité ou le goût de partager son œuvre de le faire sans menace et sans insulte. Qu’on nous laisse le temps de ne pas désespérer des catholiques.

Le 22 avril 2010 à 14:43

3 salles

Ça c'est le Rond-Point

Une spectatrice quitte perturbée la grande salle du Rond-Point. En traversant le hall elle croise un ouvreur (ou un responsable de salle).  LA SPECTATRICE. – Vous avez trois salles ! C’est impossible, vraiment impossible !! L’OUVREUR. – Impossible ??!LA SPECTATRICE. – Bien sûr ! Quand je vais dans la première, au bout de trois minutes je me dis « pourquoi je ne suis pas dans la seconde ?… je suis sûre que le spectacle de la seconde est beaucoup mieux », et dès que je suis dans la seconde, je suis aussitôt traversée par l’envie d’aller dans la troisième où je suis sûre que ce qui se passe sur scène est beaucoup plus excitant.L’OUVREUR. – Madame, je crois que…LA SPECTATRICE (le coupant). – J’ai déjà vécu ça avec mon premier mari, un jour il m’a présenté son frère Paul, un grand gars tout blond et je me suis dit : « Tiens, il est peut-être plus…plus… », enfin vous voyez. Alors je l’ai épousé. Seulement Paul, deux mois après il m’a fait rencontrer son cousin Marc, un petit homme brun avec les yeux bleus et aussitôt j’ai ressenti qu’il était peut-être plus… plus… enfin vous voyez. Et à peine j’avais épousé Marc… (elle se prend la tête dans les mains) Non, croyez-moi, ce n’est pas drôle… Alors je me suis dit, allons au Théâtre du Rond-Point, ça va me changer les idées, et toc! il y a trois salles…pareil !!… je suis maudite ou quoi ? L’OUVREUR. – Je suis désolé Madame, vous voulez qu’on vous rembourse ? LA SPECTATRICE. – Non, mais peut-être vous pourriez me faire oublier. L’OUVREUR. – Oublier ? LA SPECTATRICE. – Qu’est-ce que vous faîtes ce soir ? On pourrait aller dîner ensemble parce que sincèrement je vous trouve plus… plus… L’OUVREUR. – Avec plaisir Madame, mais je ne suis pas sûr que ce soit la solution. LA SPECTATRICE. – Pourquoi ? L’OUVREUR. – La carte, Madame. LA SPECTATRICE. – La carte ? L’OUVREUR. – Du restaurant, Madame. Il n’y a rarement qu’un plat sur une carte de restaurant. LA SPECTATRICE. – C’est vrai !… Ma vie est un enfer. Effondrée elle se dirige vers la sortie.L’OUVREUR (la suivant, inquiet). – Où allez-vous Madame ? LA SPECTATRICE. – Comme d’habitude, me réfugier dans ma salle de bains. L’OUVREUR (inquiet). – Mais pourquoi ? LA SPECTATRICE. – Parce que figurez-vous que là au moins, dans ma salle de bains, il n’y a qu’une baignoire !! Elle quitte le théâtre en laissant l’ouvreur interdit. FIN

Le 24 décembre 2014 à 10:05

Marie Nimier : "Si je pouvais éradiquer Noël du calendrier..."

Chez ces gens-là, Noël revient tous les ans. Le fils porte sa belle chemise. Ses fiancées, d’année en année, se ressemblent, paupières hautes, lèvres tombantes. Elles s’appellent Catherine, Patricia ou peu importe. Tel est le point de départ de Noël revient tous les ans, la dernière pièce de Marie Nimier créée au Rond-Point par Karelle Prugnaud. Pierre Notte – Noël, c’est une fête de famille ? Ou une défaite ?Marie Nimier – Certaines années, si je pouvais éradiquer Noël du calendrier, ce serait un grand soulagement. Et pourtant, j’aimais tellement ça quand j’étais petite... Aujourd’hui, dès que les décorations pointent leur nez, une angoisse sourde m’envahit. Alors, je répondrais fête ET défaite. Bûche et embûche. Joie et calvaire, dans un même mot, comme les deux points du tréma sur le « e » de Noël. Voilà un endroit intéressant pour l’écriture, entre ces deux points, comme entre deux aimants qui s’attirent ou se repoussent.– Où est passé le père ? Le patriarche ? Le Père Noël ?– Mon père à moi (celui de Noël, pas l’autre) est un des acteurs bienveillants de la grande parade. Il voit le monde d’en-haut, comme une bonne fée à barbe plutôt qu’un gros livreur rutilant. Il essaie de comprendre, il pose des questions, mais comme il ne sait rien refuser, il pose aussi avec les spectateurs afin que l’on garde un bon souvenir de lui. Il trouve les humains bien compliqués. Dans la mise en scène de Karelle, il est interprété par l’acteur qui joue le fils (Pierre Grammont). Comme lui, il fait tout pour étouffer le souvenir des morts sous le coussin doré de son traîneau. Ou l’asphyxier dans un sac en plastique rose, de ceux qui attendent sous le sapin. – Pourquoi avoir choisi de mettre en scène huit réveillons successifs, plutôt qu’un seul bien ficelé ?– Un bon gros réveillon, façon chapon ? Façon bûche crémeuse et foie engraissé ? Rebondir d’un réveillon à l’autre me semblait plus digeste. Et finalement plus lourd de sens à cause de la répétition. Tout semble s’être arrêté depuis la disparition de la sœur, et pourtant tout continue. Les mêmes blagues, la même chanson, pour cacher le même drame. Année après année, on en rajoute une couche, pour insonoriser les souvenirs. Les anesthésier. On sait ce que deviendra le bébé dodu allongé dans la crèche, dit le Père Noël, un corps très maigre cloué sur une croix, on le sait... et pourtant, on fait comme si, on fait la fête. On y croit, on fait semblant d’y croire. On se promet de faire des efforts. Et on fait des efforts. Ce n’est pas la volonté d’apaisement qui compte : c’est la magie. – Vous avez écrit le rôle de la mère pour Marie-Christine Orry ?– Il existait une version très courte de ce texte, mise en espace par Anne-Laure Liégeois (merci Anne-Laure !) au Festival de Hérisson, c’est là que j’ai rencontré la comédienne Marie-Christine Orry. Sa façon d’habiter le personnage de la mère m’a donné envie de poursuivre le travail. J’avais envie d’écrire pour sa voix, son corps, sa drôlerie, ses larmes rentrées. Sa capacité à dire une chose, cash, et son contraire, dans une même phrase, un même mouvement. Elle forme avec son fils au sourire rectangulaire un couple étrange, il y a une vraie tendresse qui circule entre eux, beaucoup d’émotion. Quant aux amies successives du fils (toutes interprétées par Félicité Chaton), elles ont dû batailler pour trouver leur place, et finalement devenir LA fille qui représente toutes les filles, celle qui parle pour moi, pour nous toutes. De la pièce rapportée à la pièce manquante en passant par la pièce montée et la pièce d’artillerie, elle est l’électron libre de l’histoire. Avec elle, on peut s’attendre à tout. – Karelle Prugnaud et Marie Nimier, guirlande et bolduc ?– Quand l’une arrive au théâtre (le bruit de ses hauts talons sur l’asphalte) l’autre n’est pas loin (le chuchotement de ses semelles crêpe). Nous travaillons ensemble depuis huit ans. Huit Noël ! Notre première collaboration, dans la Halle aux poissons du Havre, s’intitulait Pour en finir avec Blanche Neige déjà une référence aux héros de notre enfance. J’aime en elle son côté performeuse de choc. Son engagement. Sa sensibilité extrême. Ses visions. Avec Noël revient tous les ans, elle révèle pour la première fois une autre facette de son talent. Moins démonstrative, sans doute, plus intime, proche de mes mots, comme si elle poursuivait l’enquête avec des outils différents. – Pourquoi écrire du théâtre, quand on sait écrire des romans ? À quoi ça sert ?– Pour être plus vivant. Ou vivante. Chercher avec d’autres. Écrire des textes qui prennent sens avec la complicité d’une équipe. Pour faire parler le silence. Les corps, et pas seulement les mots. Pour prendre des risques... et les partager. Une sorte de « Debout les morts ! » qui, chaque soir, se remet en jeu. En comparaison, le travail du roman paraît bien plan-plan. Bien solitaire.Photo Franck David

Le 10 novembre 2015 à 10:19

Golgota Picnic : une pièce de théâtre en correctionnelle

Récit d'un procès, lestroiscoups.fr

J.-M. Ribes : « Je redirai ici ce que j’ai déjà dit à l’époque : on ne vous empêchera pas de croire, mais vous ne nous empêcherez pas de penser. » J.-M. Ribes : « Je redirai ici ce que j’ai déjà dit à l’époque : on ne vous empêchera pas de croire, mais vous ne nous empêcherez pas de penser. » Jean-Michel Ribes : « Je redirai ici ce que j’ai déjà dit à l’époque : on ne vous empêchera pas de croire, mais vous ne nous empêcherez pas de penser. » "On se souvient de l’affaire Golgota Picnic, de l’effroyable mobilisation contre le Théâtre du Rond-Point à coup de menaces de mort, de manifestations et d’actions coup-de-poing pendant les 9 représentations de la pièce de Rodrigo García. C’était au mois de novembre 2011 ; le procès, lui, se tenait vendredi 30 octobre." Ainsi commence le très détaillé compte rendu du procès en correctionnelle intenté par l'A.G.R.I.F contre le Théâtre du Rond-Point et les éditions Les Solitaires intempestifs, le 30 octobre dernier, quatre ans après les faits. Prise de note pointue par Lise Facchin et crobards noirs et blancs stylés de Frédéric Chaume, les envoyés spéciaux de la revue théâtrale lestroiscoups.fr  – bref si vous désirez en savoir plus, allez voir l'article complet ici. En attendant, quelques instants croqués et leurs verbatim ci-dessous : Maître Richard : « Oui, Rodrigo García provoque ! Bien sûr qu’il provoque ! Comme tous les artistes, qu’est-ce qu’une œuvre qui ne provoque pas ? (...) Quant à la prétendue unanimité de l’opinion des chrétiens sur ce spectacle, en tant que catholique, je ne me reconnais pas et ne me reconnaîtrais jamais dans l’A.G.R.I.F. » Maître Triomphe : « L’auteur peut dire ce qu’il veut, le titre parle pour lui : Golgota Picnic, c’est la crucifixion du Golgotha qui est le thème. » Mme le procureur : « L’avocat de la partie civile nous a posé la question de savoir quel était l’intérêt de cette pièce pour le débat public. Mais la question n’est pas là. La question est de savoir si la communauté chrétienne est délibérément visée par les propos incriminés, et je n’en suis pas convaincue. (...) Le parquet considère que la plainte de l’A.G.R.I.F. n’est pas caractérisée (…) et demande donc la relaxe. »

Le 12 juin 2010 à 17:39

Le sacrifice jurisprudentiel

Dieu bientôt de retour aux affaires ?

Christine Boutin, ex-ministre du Logement, vient d'inaugurer un nouveau genre d’esquive en politique : le sacrifice jurisprudentiel, par lequel un responsable politique pris la main dans le sac fait briller soudainement une auréole autour de sa tête, tout en détournant vers ses camarades les regards et les soupçons. C’est Jeanne d’Arc montant seule au bûcher et imposant le chemin de la sainteté à ses pairs : en renonçant à ses 9500 euros mensuels pour une mission que lui avait confiée l'Elysée, elle prévient : « Je suis en train de créer une jurisprudence avec cette décision. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui sont dans cette situation et qui vont aujourd'hui ou demain être confrontés au même problème » – ce qui bien entendu reste à prouver. Bien mieux que le mea culpa du secrétaire d'état à la Coopération Alain Joyandet, pincé il y a peu pour avoir loué aux frais de l’Etat un Falcon privé pour se rendre à Haïti après le tremblement de terre. Si la même grâce l’avait lui aussi touché, qu’aurait-il fait, sinon doubler la mise en offrant de sa poche deux fois 116 000 euros aux sinistrés qu’il s'empressait de visiter ?Et Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, accusé d’occuper deux logements de fonction ? Miracle, il déménage, offre les clefs à deux familles dans le besoin en proclamant : que tous ceux qui ont un logement de fonction suivent mon exemple !Imaginez le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, récemment condamné pour injure raciale, se jetant à terre et suppliant qu'on le pardonne, se dépouillant de ses vêtements avant de cheminer vers la Mecque pour y faire pénitence...

Le 13 avril 2015 à 08:28

L'apparition au XXIe siècle de ce petit symbole à la con :)

Les mots sont d’autant plus faibles qu’ils ont de nombreux synonymes et ils sont sans équivoque quand ils ne ressemblent à rien d’autre ou presque. Terreur est un mot faible, il a trop de synonymes. Lune est un mot éternel, il est difficile de lui trouver plus d’un synonyme et rien ne signifie ce que Lune signifie. Et pendant que je m’échine à chercher les mots adéquats pour écrire, par exemple, un message sur mon téléphone, à ma grande surprise, je constate que mon interlocuteur a décidé de se torcher le cul avec le langage et de réduire ses capacités d’expression à un triste et pitoyable :) Il m’est arrivé de passer trente ou quarante minutes à chercher mes mots avant d’envoyer un message écrit ; je mettais le point final à un joli texte et tous mes efforts récoltaient pour seule réponse :) Un petit symbole à la con qui n’a rien d’ingénieux et qui met en évidence l’inaptitude linguistique et la débilité mentale de l’imbécile qui, au lieu d’explorer les nuances de sens jusqu’à trouver la bonne, réduit le pouvoir d’une culture ancestrale à un :) Je t’ai écrit à propos d’une gravure de Rembrandt et tu m’as répondu :) Je t’ai écrit : j’ai acheté une araignée de mer pour le dîner de ce soir, et toi, tu as répondu :) Quand j’ai pris la décision d’éliminer du répertoire de mon téléphone tous ceux et celles qui un jour m’avaient répondu un :) j’ai dû faire marche arrière et annuler les modifications, car il ne me restait plus aucun contact. Extrait de Daisy - texte original en espagnol traduit par Christilla Vasserot, publié par les Solitaires Intempestifs.

Le 9 mai 2017 à 16:57

Copi fait rire Marilú Marini et Pierre Maillet dans leur loge #1

En conversation avec son metteur en scène Pierre Maillet, Marilú Marini se maquille et se prépare pour jouer La Journée d'une rêveuse (et autres moments...) d'après Copi.   Pierre Maillet — Quand la grande Marilú Marini m’a proposé del’accompagner dans une aventure autour de Copi, qu’elle a connu et qu’elle a beaucoup joué, souvent sous la direction d’Alfredo Arias (notamment l’inoubliable Femme assise, personnage récurrent dessiné par Copi pour la première fois incarnée sur une scène de théâtre),nous avons tout de suite rêvé d’une forme libre comme l’était notre « cher maître ». Copi, moi, je ne l’ai pas connu, mais je l’ai beaucoup joué aussi, avec Marcial Di Fonzo Bo et Élise Vigier. Copi, c’est pour Marilú, autant que pour moi, un auteur emblématique, important, un ami qu’on a toujours hâte de retrouver, et de découvrir, encore. J’ai imaginé ce spectacle bien sûr comme un hommage vibrant à l’auteur, acteur, dessinateur et figure emblématique du mouvement homosexuel des années 70, mais je voulais qu’il soit aussi et surtout un hommage à Marilú Marini par le biais de son compatriote et ami. Et j’ai tout de suite pensé à La Journée d’une rêveuse.   Terrain neutre pour elle comme pour moi, inconnu du grand public. Un beau poème théâtral, énigmatique et méconnu, créé par Jorge Lavelli en 68 avec Emmanuelle Riva dans le rôle-titre... Nous avons fait un monologue du personnage central de cette pièce, qu’elle incarne comme un double féminin de Copi acteur (dans Le Frigo ou Loretta Strong : monologues mythiques et délirants qu’il jouait avec une élégance et un détachement rares et inoubliables pour tous ceux qui l’ont vu et entendu). Elle invente sous nos yeux une sorte de Blanche-Neige, plus proche de Brigitte Fontaine que de Walt Disney. Et en miroir avec tout ce matériau poétique et fictionnel, nous traversons le Rio de la Plata, un texte écrit en 1984. Conçu comme la préface d’un roman qu’il n’a pas eu le temps d’écrire, dans lequel Copi parle comme jamais, de lui, de ses origines, de l’Uruguay, de l’Argentine où il était interdit, de l’exil, et de son rapport à l’écriture...

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