On l’avait rarement vu dans un tel pétard, l’ancien ministre
préféré des « djeunes. C’est vrai que l’agent purificateur du PS a un peu
forcé sur le Kärcher. Dans une lettre à Martine Aubry, Arnaud Montebourg non
seulement dénonce les magouilles du député socialiste de Liévin pour financer
le PS du Pas-de-Calais, mais il mouille son collègue de Calais, en stigmatisant
un système de corruption « dont la présence de Jack Lang dans ce
département n’est qu’un des tristes symptomes. » Faute du moindre début de
preuve, de présomption ou d’indice, c’est un cas de diffamation assez
facilement emballable par le premier juge d’instruction venu. Ca tombe bien,
Jack Lang dépose plainte, mais il a quand même la main qui le démange. Là où il
déçoit, Jack, c’est qu’il avait l’occasion de renouer avec la tradition du duel
sur le pré, tombée en désuétude puis 1967.
Cette année-là Gaston Defferre avait traité d’ « abruti »
un député gaulliste, René Ribière, qui lui avait aussitôt envoyé ses témoins. L’Elysée
s’émut qu’un député de la majorité soit occis car l’on savait que Gaston avait pratiqué
l’escrime dans sa jeunesse. De Gaulle diligenta donc des émissaires auprès du
maire de Marseille qui les rassura : « je ne viserai que les
couilles… » Il avait en effet appris que René Ribière allait se marier. En
fait le combat cessa à la première égratignure de Ribière… au coude. Le Général,
dit-on, en a longtemps rigolé.