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Dans quel état sommes-nous ?
Publié le 14/12/2011
 

Dominique Cozette


Chroniqueuse

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J'suis pas ta bonne ! Ou alors tu me paies...

Les statistiques le démontrent : le quota de couples où règne la parité ménagère est loin d'être atteint, très très loin. Au rythme où ça va, il faudra 400 ans pour que la balance s'équilibre. Et dans 400 ans, soit on aura des robots, soit nous serons devenus troglodytes tricéphales, victime d'explosions diverses, et nous n'aurons plus rien à récurer ni à cirer. La solution : payez votre femme au tarif syndical, selon le nombre d'heures travaillées, avec le chèque emploi service. Que des avantages : - votre femme est plus riche et son travail à la maison est reconnu. - elle accumule des points retraite - ses congés payés sont payés. Si vous la faites bosser durant cette période, filez-lui du black. - en tant que patron, vous pouvez coucher avec elle sans risquer de procès - et vous déduisez 50% de son salaire sur vos impôts. C'est comme si vous la payiez moitié prix. Et c'est qui qui paie ? Devine ! En résumé, l'argent du ménage reste dans le ménage, il change juste de mains et tu paies moins d'impôts. Encore mieux : chacun s'octroie un salaire. Tu paies ta femme, ta femme te paie. Et la France devient exemplaire, le chômage tombe à 2%, le PIB s'accroît considérablement, la Sécu comble son trou, le moral des ménages monte en flèche, on refait des bébés, la croissance repart à donf, on sourit tous en secouant nos plumeaux multicolores. Que du bonheur !
 

Maman (2)


Dialogues de quartier

Mon chéri, bravo, bravo ! Nous sommes allés te voir jouer dans le film. Comme tu nous avais dit que tu n’entrais que vers la fin, ton père m’avait demandé de le réveiller et du coup il t’a un peu raté, mais il t'a vu quand même dans l’enterrement. Moi, j’ai été prise tout du long. J’ai pleuré ! Je comprends pourquoi tu nous as dit un jour que le monde du cinéma et celui du théâtre ce n’est pas du tout la même chose. Quand on était venu te voir jouer à Paris, on nous avait bien accueilli et la jeune fille nous avait donné des tickets d’invitation, mais là j’ai eu beau dire que tu jouais dedans, ton père a montré ses papiers pour faire voir qu’il était bien ton père, il n’y a rien eu à faire, le gars du guichet n’a rien voulu entendre. Des réductions carte vermeille, c'est tout ce qu’il a proposé. Ce n’est pas grave, on t’a vu et c’est ce qui compte. Comme promis, nous passerons voir ton petit spectacle à Avignon avec les cousins de Carpentras. J’espère qu’il y aura une climatisation parce qu’avec cette chaleur… Quoi qu’il en soit nous t’embrassons ton père et moi et, comme vous dites entre vous : une grosse crotte pour ton festival.
Maman

La bohème, ça voulait dire on mange du bio



Il en faut du courage pour assumer jusqu'au bout sa boboïtude, croyez-moi. J'ai l'habitude d'aller au marché acheter des légumes de saison en vélo, et ainsi m'expose aux mille périls de la jungle urbaine. D'ailleurs, à Paris, il n'y a bien que la jungle qui soit urbaine. Parce que les usagers, merci ! C'est incivilité et compagnie ! Samedi dernier, un type à qui j'avais, d'une bifurcation malheureuse, légèrement coupé la route, le forçant à piler avec sa 405, m'a insulté avant même que de dire un quelconque bonjour. Il est sorti de sa voiture et a commencé d'une voix furibarde à vomir des tombereaux d'insanités, notamment sur ma mère, allant jusqu'à me menacer de, je cite : « m'en coller une ».

Moi, et là c'est du pacifiste qui bouillonne en ma gringalette personne dont je parle, je sais que la violence ne mène nulle part, et comme cette brute épaisse faisait bien une tête de plus que moi, j'ai réagi comme n'importe qui l'aurait fait dans cette situation délicate. J'ai sorti mon couteau papillon en lui disant que si il voulait pas que je le saigne il allait gentiment rentrer dans sa caisse de plouc en fermant sa gueule de gros con. Il s'est exécuté. Que ma réaction vous étonne, venant d'un homme de paix comme moi, me surprend. N'est-ce pas sur ce type de raisonnements que notre beau pays de France participe au maintien de la paix mondiale par la dissuasion nucléaire ? Bref, je continue ma route et là, sans crier gare, un de mes poireaux achetés à prix d'or à la biocoop vient se glisser dans les rayons de mon vélib'. J'ai chu cul par dessus tête et tête par dessus guidon. Croyez-moi sur parole, ça, ça fait bobo !
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