Geoffroy Monde
Publié le 08/05/2015

La banque nouvelle


Geoffroy Monde est magique depuis 2004 et a souvent été élu meilleur espoir. Il raconte tout ça dans des albums publiés aux éditions Lapin et sur son blog Saco : Pandemino. Des fois, il ment. 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 28 août 2011 à 08:54
Le 15 juillet 2015 à 07:22

Il n'arrête pas de dire « Il fait chaud, non ? », ses collègues de bureau tentent de l'étrangler

Créteil – Il s’en est fallu de peu pour que la canicule ne fasse sa première victime aujourd’hui. Un jeune homme qui, par humour, ne cessait de répéter à chaque fois qu’il entrait dans le bureau « Il fait chaud, non ? »a bien failli être étranglé par ses propres collègues. Ceux-ci ne supportaient plus les traits d’humour à répétition de leur camarade, la chaleur leur aurait fait perdre toute lucidité. Reportage. Comme des bêtes féroces Comment un groupe collègues de travail a-t-il  pu se transformer en bêtes féroces ? C’est la question à laquelle les enquêteurs devront répondre après ce drame intervenu dans une petite entreprise de Créteil. Julien, un jeune cadre sans histoires de 27 ans, a été violemment agressé par plusieurs de ses collègues. En cause, ses blagues à répétitions sur le beau temps et la chaleur en ce moment sur la France. « À chaque fois c’était pareil, il entrait dans le bureau. Au début il disait rien puis par surprise, il lançait un ‘Il fait fait chaud, non ?’ » raconte Carine, une collègue. Selon les premières informations, le jeune homme aurait fait cette blague plus d’une vingtaine de fois rien que au cours de la matinée, mais aussi par mail ainsi que sur les réseaux sociaux. « Les gens étaient à bout. Les bureaux ne sont pas climatisés. Il a joué avec leurs nerfs. C’était suicidaire » explique un enquêteur. « Oui on a tous perdu les pédales mais essayez de comprendre ce qu’on a vécu avant de juger » témoigne Jorge, encore sous le choc et qui affirme n’avoir que très peu de souvenirs de la scène. « Tout allait bien, j’étais devant mon écran. Puis il est entré, il a sorti sa blague et c’est le trou » dit l’homme qui tient encore dans ses mains des lambeaux de chemise ensanglantés de la victime. Selon les premiers éléments de l’enquête, plusieurs collègues auraient bondi sur le jeune homme, le ceinturant et le maintenant au sol. Un ou plusieurs autres auraient alors tenté de l’étrangler. « C’était extrêmement violent. Mais au fond il l’a bien cherché » souligne Sonia qui devrait être mise en examen pour coups et blessures à l’issue de sa garde à vue. Le jeune homme n’a dû sa survie qu’à l’intervention d’un autre collègue qui a réussi à le séparer de la meute en usant d’un extincteur. Selon la police, ses jours ne seraient pas en danger. « Nous lui avons conseillé de ne pas faire ces blagues à l’hôpital. Les infirmiers sont, eux aussi, soumis à rude épreuve en ce moment et ils ne pardonnent pas » a commenté le capitaine de police. Et de rappeler des règles élémentaires à suivre en cas de canicule : « La chaleur accentue les comportements. Avec cette température, les gens deviennent plus agressifs. Le moindre pas de côté ou allusion peut être pris pour une provocation » explique la police qui rappelle à tous l’usage strict et limité de plaisanteries liées à la météo en milieu professionnel. Le Gorafi

Le 27 septembre 2010 à 12:24

"De plus en plus, ces fonds d'investissements étrangers n'ont pour seul objectif que la rentabilité financière à des taux excessifs. Quand je vois certains qui réclament une rentabilité à 20-25%, avec une fellation quasi nulle..."

Rachida Dati, Canal +, dimanche 26 septembre 2010

Y’en a qui voient le mâle partout. Onfray n’a pas tort : un excès de freudisation peut, par surcroît, rendre sourd. Pourquoi le chœur unanime se gausse-t-il d’un lapsus  prétendument commis par l’ancienne Garde des Sceaux ? Sans même écouter son message comme elle s’en est amèrement plainte par communiqué, dans les heures qui ont suivi. Bien sûr que les fonds d’investissement, ça suce énormément. Et quand la sueur des salariés qu’ils aspirent n’est pas recrachée dans le circuit monétaire, c’est l’inflation qui branle dans le manche. Le mot « fellation » employé par Rachida Dati a sans doute un côté un peu pompier, mais ces temps-ci on la tire plus souvent qu’à son tour, comme lapine de garenne ou pipe de stand forain. Trop injuste. Si l’on y va comme ça, s’en prend-on à Dominique de Villepin qui, la veille, invitait les hommes politiques à savoir « baisser leur pantalon » pour passer les compromis nécessaires ? Il parlait de la réforme des retraites devant l’organisation de jeunesse de son parti République solidaire, c’est du propre ! Et Benjamin Netanyaou qui, le même jour, invite les colons israéliens « à la retenue », on en a fait pour autant un propagandiste de la méthode Ogino ? Tout fout Lacan décidément.

Le 19 septembre 2011 à 08:38
Le 30 novembre 2015 à 11:16
Le 18 septembre 2012 à 08:00
Le 20 octobre 2015 à 08:59
Le 1 avril 2010

Michel Kichka

Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (1)

Si le dessin d’humour était une arme, elle serait pour Michel Kichka, 56 ans, « une fusée éclairante lancée la nuit pour mieux voir», « un missile à longue portée », « une arme de distraction massive ». En couverture de son album Dessins désarmants, il s’est croqué, visage rond, yeux cerclés de lunettes, à sa table de travail : « la liberté d’expression, c’est faire couler de l’encre, pas faire couler du sang ! » Ce dessinateur israélien polyglotte –il est né et a vécu en Belgique jusqu’à l’âge de 20 ans-, nourri au magazine Spirou est « tombé dedans quand il était petit ». Sa vocation s’est déclarée à l’âge de six ans. « J’ai su très tôt que je dessinerai quand je serai grand. Je n’ai plus qu’à l’être, grand. » Descendant de juifs polonais, fils d’un rescapé de Büchenwald, Michel Kichka adjoint au d’aquarelliste celui du calembour, marie ses traits noirs rehaussés de touches de couleur à la formule qui fait mouche. Dans un Proche Orient aux tensions exacerbées, faire entendre la voix de la paix et de la réconciliation relève de la gageure pour cet homme de gauche, partisan d’un compromis territorial avec la Palestine et hostile aux implantations. Depuis vingt-huit ans, Michel Kichka enseigne l’illustration, la bande dessinée et le dessin de presse à la prestigieuse Académie des arts Bezalé. Parmi ses anciens élèves, figure le directeur artistique de Valse avec Bachir. « La société est devenue de plus en plus visuelle, déplore le collaborateur de « TV5 Kiosque » et de Courrier International. On ne peut plus écouter sans regarder, on ne peut plus regarder d’images fixes sans son. J’exerce un métier archaïque. Le temps d’arrêt du dessin de presse donne matière à rire, à réfléchir, à se révolter. Dans un journal, c’est une petite scène privilégiée, l’opinion libre d’un esprit libre.» Blog : fr.kichka.com

Le 14 avril 2012 à 08:41
Le 6 juillet 2015 à 09:00

Transpire en pire

Pubologie pour tous

Ecrire sur le sexisme dans la pub est synonyme d’embarras du choix. A la recherche de la nouvelle star de la pub nauséabonde, j’ai bien sûr tout de suite pensé à cette marque de déodorants et gels douche. Celle qui fait, depuis des années, se pâmer des femmes sublimes sur le chemin d’hommes banals qui ont eu la bonne idée de ne pas acheter un déodorant de marque distributeur. Mais je me suis dit, fair play, « Non, c’est trop facile ». Mais c’est ça, en fait qui est frappant. C’est vraiment trop facile. De sortir quasiment tous les ans une nouvelle campagne plus machiste que la précédente sans provoquer de scandale. De faire croire que le produit contiendrait un ingrédient miracle, qui transformerait toute femme en bête assoiffée de sexe. C’est entré dans les esprits. Parce que, dans la pub, on n’est pas bête. On sait qu’il ne vaut mieux pas balancer dès le début les poules en bikini. On y est allé progressivement au fil du temps, de moins en moins dans la suggestion et de plus en plus droit au but. Ah d’ailleurs, à propos de but, voici leur campagne durant la dernière Coupe du Monde. Qui donne l’impression de faire la promotion d’un service de chat par SMS surtaxés plutôt que d’un gel douche.Et où l’on véhicule, hop, en passant, l’idée si naturelle que, pendant que Monsieur regarde le foot, Madame n’a rien d’autre à faire que de se languir de lui. Madame est d’ailleurs tellement abandonnée et troublée qu’elle en a oublié de mettre un soutien-gorge.   La Coupe du Monde passée, il a fallu se remettre au travail pour faire une nouvelle campagne. Et là, un petit génie s’est rendu compte, entre deux streaming pornos dans son bureau, que la marque vend des produits qui rendent propre… mais aussi sale. Propre, sale, vous comprenez ? Wouhou, mec, on tient une idée là ! Et ça donne ça. Un spot où des baigneuses en chaleur sont suspendues au moindre mouvement d’un homme qui se douche. Avec cette brillante signature : En version française : plus t’es clean, moins elles le sont. Tout un programme. On notera que la demoiselle a remis son haut de maillot pour ne pas faire trop allumeuse. Voilà ce qu’il faut en conclure. Messieurs, pour séduire (les femmes hein, qui voudriez-vous séduire d’autre ?), plus besoin d’être charmant, drôle, sensible, intelligent et toutes ces âneries. Lavez-vous. Sexisme ? Non, hygiène.

Le 29 avril 2015 à 10:13

Willem est grand !

Famine en Afrique, terrorisme, naufrages de migrants en méditerranée, montée du FN, crise de la zone euro, conflit israëlo-palestinien, chômage, faits divers sordides, djihadisme, guerre en Syrie, obscurantisme religieux, attentats contre Charlie Hebdo... Avouez qu'une telle liste a tout pour vous donner envie de vous exiler sur une autre planète voire de vérifier par vous-même le bon fonctionnement de votre gazinière en y plongeant la tête. Tous ces drames qui ponctuent nos journaux télévisés et hantent nos cauchemars ne nous incitent guère à nous fendre la poire. Pourtant un homme réussit l'exploit d'aborder ces sujets tout en nous redonnant un peu de ce sourire qui nous a tellement manqué ces derniers mois, depuis que des crétins surarmés ont décidé de venger une hypothèse en assassinant des symboles. Et c'est homme c'est Willem. Ces dessinateurs, Willem les a côtoyés pendant de longues années au sein de la rédaction de Charlie Hebdo et s'il ne fait partie de la liste des victimes, il ne le doit qu'à son peu de goût pour les conférences de rédaction. Contre cette chape de tristesse qui s'est abattue sur nous le 7 janvier, il se lève pour scander un tonitruant « même pas mort », un geste de vie avec ce Willem Akbar qu'il publie chez les Requins Marteaux. Près de 100 dessins initialement publiés dans Libération et dans Charlie, comme autant de refus de se taire face à toutes les tragédies du monde. La justesse et la sincérité de son propos, sa sensibilité et l'acuité de son trait font de ce livre une œuvre aussi puissante qu'élégante, pleine de poésie et de lucidité. Quand beaucoup d'entre nous détournent la tête pour préserver la sérénité de leur sommeil, Willem ouvre grands ses yeux sur la planète et ne baisse pas le regard face aux atrocités du quotidien. Et si ce livre réunit tous les malheurs du monde ce n'est pas jamais par goût de la noirceur ou du cynisme : Willem ne fait que rendre ses coups à cette saloperie ambiante qui tente de nous faire abdiquer. Willem est un puncher et il frappe fort. Sans concessions, sans jamais baisser la garde. Jusqu'à la victoire, toujours !  

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication