Philippe Mouchès
Publié le 01/10/2012

Hand-Ball à Florence


La technique dite "Leonardo" très efficace pour arrêter les penalties

Peintre
Fondateur et théoricien du Divisionnisme Périgourdin
Membre de l'Oupeinpo

http://doublevue-mouches.blogspot.fr/

 

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Le 28 octobre 2015 à 09:23

La beauté du sport amateur

Au bout de trois tours, j'avais fini par comprendre qu'il s'agissait de prendre la balle et de la passer à son voisin. Elle était un peu plus petite qu'une balle de hand, mais très lourde. De loin, elle donnait une impression de souplesse, mais au toucher, elle était d'une matière s'approchant du formica. Elle passait de mains en mains, un peu comme un témoin dans une course de relais. Nous faisions des pas chassés autour de ce qui ressemblait à un but de football.Il n'y avait aucune urgence, aucune pression, aucun élan. Personne ne tentait de marquer, ça ne devait pas être l'objectif. L'ambiance était à la désinvolture. Les membres des équipes (il y en avait manifestement trois, puisque les uns portaient un t-shirt bleu, d'autres un t-shirt vert, et les derniers des protège-tibias jaune) affichaient un air de détachement, voire de dédain à l'égard du jeu. C'était tellement ostentatoire que je me mis à croire qu'ils obéissaient là à une des règles. Alors j'ai fait la moue – j'ai senti une forme de contentement de la part des Verts, dont je faisais partie. En tout, on comptait seize joueurs.Tout le monde parlait à mi-voix, je ne distinguais pas grand chose. Il n'était pas question du match que nous étions en train de jouer, c'est sûr. J'étais le seul sans moustache.Il y avait un arbitre, placé à une cinquantaine de mètres de nous sur le terrain vague (nous nous trouvions sur un long espace en extérieur, moitié boueux, moitié herbu). Il portait un mégaphone à sa bouche régulièrement. "200 !", cria-t-il. Puis : "145 !". Il se passa un long moment encore avant qu'il répète : "145, j'ai dit !". Selon ce que je constatais, les joueurs ne modifiaient pas leur comportement, ni le rythme ni rien.D'autres projectiles entrèrent soudain dans le jeu, sans que je comprennent d'où ils venaient. En lieu de balles, il fut plutôt question de billes en métal. Quelqu'un les projetait sur nous à toute force, alors qu'on continuait les pas chassés. Aucun mouvement d'esquive de la part des joueurs. Rapidement, ils se mirent à saigner, des ecchymoses, des plaies. Des arcades sourcilières éclatèrent, je me protégais comme je pouvais, tout en continuant de passer la balle à mon voisin.L'arbitre agita une clochette à l'autre bout du terrain. Aussitôt, les Bleus exultèrent, sauts en l'air, chant de victoire. Les Jaunes se congratulèrent chaleureusement. Les Verts n'étaient pas mécontents non plus. "On a fini troisièmes, pas mal", me glissa un coéquipier qui pansait son genou. Bon esprit, me dis-je. On se donna rendez-vous à l'année prochaine.

Le 24 juin 2010 à 16:07

Della Monna Lisa al Cavaliere della Notte

Réponse aux textos de Pierre Notte à Mona Lisa

Treize messages reçus.  Archivés. Tredici piccoli testi en mémoire dans ma petite boîte noire. Treize, nombre étoilé au ciel mathématique, mon chevalier de la nuit.Pourquoi répondre ? Si tu m’avais vraiment regardée, tu aurais vu ce que cachaient mes mains abandonnées sur mon giron. Si tu m’avais observée, tandis que d’un coup de pouce tu expédiais tes messages, tu aurais vu s’abaisser mon regard, s’entrouvrir discrètement mes doigts. A chacune des treize fois, tu aurais perçu le frisson sur ma peau à l’apparition de ton nom. Tu aurais vu se creuser mes fossettes et se fendre mes yeux. « Regardez ! Elle sourit ! », s'extasiaient les convenus. « C’est moi qu’elle regarde ! », clamaient les vaniteux. Non je ne répondais pas. Je cherchais par-delà le troupeau moutonnant ta silhouette fébrile. T’apercevais me regardant mais ne me voyant pas. D’ailleurs tu étais souvent en compagnie. Gérard Philipe, Catherine Deneuve, des journalistes, deux petites dames du Nord… Rarement seul.Alors… Garce ? Non ! Juste une ragazza comme une autre, un peu sage, un peu folle, un tantinet perverse. Tu m’en veux, n’est-ce pas, d’avoir publié mon courrier intime, et toi seulement en page 117, entre Valmont et Sibleyras ! Tu ne supportes pas d’être un parmi d’autres ! Petit garçon… Mais si j’avais répondu, je n’aurais plus reçu ton désarroi, tes impatiences, tes menaces et tes serments ! Nous nous serions perdus à parler pour ne rien dire que des banalités.Pourtant, je romps l’omerta aujourd’hui. Parce que j’ai peur. Oui, moi, la Gioconda ! Peur qu’un jour tu ne te lasses, ne te taises à ton tour. Peur de ne plus sentir vibrer tes mots et que meure à jamais mon envie de sourire quand je pense à toi.> voir Pierre Notte "Textos restés à ce jour sans réponse à madame Lisa" 

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