Paul Martin
Publié le 13/01/2012

"Une expérience hors du commun"


Plutôt qu'une biographie assommante, voici un texte qui vous sera vraiment utile. Si votre ordinateur fige régulièrement, essayez le truc suivant : d'abord, rehaussez le moniteur à l'aide d'une ou deux briques ; puis versez dans le lecteur de DVD un verre d'eau déminéralisée à laquelle vous aurez ajouté quelques gouttes d'essence de térébenthine. Eteignez l'appareil, rallumez-le et constatez le résultat : il est comme neuf. Ne me remerciez pas, je suis comme ça, altruiste.

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Le 31 mai 2011 à 08:58

L'extraprogrammateur

Le directeur de théâtre-extraprogammateur-et-multidiffuseur avait l’œil. L’œil des œils. En une fraction de seconde, le directeur de théâtre-extraprogammateur-et-multidiffuseur jugeait un artiste entrant dans son bureau un dossier sous le bras. Le directeur de théâtre-extraprogammateur-et-multidiffuseur appréciait un budget en moins de temps qu’il n’en faut à un banquier pour parcourir une demande de crédit à refuser sur-le-champ. Le directeur de théâtre-extraprogammateur-et-multidiffuseur savait d’un coup d’œil choisir entre la belle affiche qui frappe en-dessous de la ceinture et l’affiche efficace qui touche là où il faut frapper. Le directeur de théâtre-extraprogammateur-et-multidiffuseur avait un œil imparablement mensurateur quand une femme traversait son champ de vision. Le directeur de théâtre-extraprogammateur-et-multidiffuseur était craint pour la sûreté de son œil de Broadway à l’Oural. Mais, ce jour-là, ses assistantes le supplièrent de lire enfin la pièce qu’il produisait pour des acteurs qui emplissent les salles à faire craquer les murs. Alors il s’enferma dans la salle contiguë au bureau où il faisait valser les millions, les réputations et les minettes. Seul, il s’assit, la brochure de la pièce sur les genoux, et il poussa un cri de désespoir en prenant bien garde qu’on ne l’entendît. Le directeur de théâtre-extraprogammateur-et-multidiffuseur à l’œil clair ne savait pas lire.Gilles Costaz

Le 17 janvier 2012 à 08:25
Le 23 octobre 2013 à 08:10
Le 22 février 2014 à 08:06

S'émerveiller... Serait-ce ringard ?

Shakespeare est toujours à l'honneur et aujourd'hui plus que jamais. Il est parfois mis en scène avec bien de l'intelligence. C'est le cas, à mon avis, à la Comédie Française avec Hamlet. Mais, si l'on regarde d'autres pièces, où est passée la dimension féérique ? Avec les moyens techniques contemporains, rien n'y apparaît comme impossible... Certes, l'illusionnisme était combattu dans les années 1970. Une attitude qui semble s'être prolongée jusqu'au nous : le spectateur n'a pas la tête à l'enchantement ; on ne la lui fait pas... Il est amené à être trop intelligent, conforté par tout un bataclan de dossiers et d'intentions du metteur en scène. Prothèses l'invitant à jouir là où lui dit de jouir. Le rêve est banni. Et son envers complice, le cauchemar, aussi. C'est pourquoi j'ai choisi quelques mots bien désuets et bien oubliés. L'apothéose : elle concerne le théâtre grec et à la féérie. C'est l'admission posthume des héros parmi les dieux de l'Olympe. C'est la mythologie qui, en Grèce ancienne, fournit les sujets. A la fin du spectacle, le deus ex machina ne manquait pas d'apparaître pour dénouer l'intrigue, trônant sur les nuages, accompagné de l'Olympe au grand complet. Au XIXe siècle, la féérie, fondée sur la magie du spectacle, ne manque pas de réussir l'effet de surprise final, parfois accompagné d'un feu d'artifice. Cette concrétisation scénique d'un moment de l'action porte le nom de gloire. La gloire date du XVIIe siècle. C'est une machine praticable, souvent en forme de char, faisant apparaître des personnages surnaturels. Au Théâtre des Tuileries, construit en 1660, le jeu des machines était si puissant que certaines gloires pouvaient enlever jusqu'à cent figurants à la fois. Il est une partie décorative qui entoure une gloire. C'est le gâteau de nuages. Les pièces à grand spectacle du XIXe siècle proposait apothéoses et gloires. Les comédiens apparaissaient sur des plateformes qu'il convenait de dissimuler aux yeux des spectateurs afin de maintenir l'illusion. Des nuages peints en masses moutonnantes – en gâteaux- arrivaient opportunément pour masquer la machinerie. Et voilà ce qui nous manque aujourd'hui. Pour ma part, j'ai envie que, au théâtre s'entend, on me fasse mousser la chantilly !

Le 18 février 2015 à 08:51
Le 30 septembre 2011 à 08:22
Le 9 septembre 2013 à 11:02

La boîte à sels

Vous avez bien lu, ce n'est pas une coquille : « sels » avec un « s ». En effet, il ne s'agit pas du sel mais des sels. Sels de réanimation pour les spectateurs – et surtout les spectatrices – trop sensibles aux représentations des mélodrames à la Porte-Saint-Martin, à la Gaîté, à l'Ambigu-Comique, au cours de la première moitié du XIXe siècle ou au Grand-Guignol à la Belle-Epoque et pendant les Années Folles. C'est en bas de la boîte à sels que le médecin de service – toujours obligatoire à chaque représentation et dont le théâtre d'épouvante avait fait un véritable personnage – dépose sa trousse contenu les premiers secours, en particulier des sels. On a beaucoup glosé sur cette boîte, puisqu'autrefois les boîtes à sel (sans « s ») étaient hautes. De l'importance de l’orthographe... Aujourd'hui, à « boîte à sels » est préféré le mot « contrôle ». beaucoup moins poétique, moins imagé et surtout plus impérieux. C'est là que les spectateurs invités peuvent retirer leurs billets avant la représentation. Elle est située dans le hall, à l'accueil. Au T.N.P de Villeurbanne, elle est surnommée, en raison de sa forme, « camembert ». Il y a d'autres boîtes au théâtre : la boîte noire liée aux pendrillons, ces lourds tissus noirs garants de l'illusion théâtrale. Il est une autre boîte, celle à rictus ou à inflexions, renvoyant à tous ces trucs, à ce catalogue d'inflexions stéréotypées mis à la disposition des comédiens. C'est Samson Fainsilber, disparu en 1984, que j'ai rencontré à plusieurs reprises, qui se plaisait à perpétuer cette survivance du vieux jeu. Ce ne sont plus que les vieux briscards du théâtre qui osent lancer : « rendez-vous à 20 heures devant la boîte à sels ! ». Les autres, les up-to-date, préféreront « on se retrouve à l'accueil ! »

Le 18 février 2014 à 07:27

Après la théorie du genre, des livres pour enfants leur racontent qu'ils n'auront ni travail ni de retraite

Nouveau scandale dans l’Education nationale. Après les livres qui traitaient de la théorie du genre, plusieurs spécialistes ont repéré des ouvrages sensibles pour les enfants. Des ouvrages qui laissent entendre aux enfants qu’ils auront du mal à trouver du travail plus tard et qu’il leur sera difficile, voire impossible, d’obtenir une retraite décente. Reportage. Encore des livres qui s’en prennent à nos enfants. La découverte de ces livres à problèmes pose un réel problème, estime Michel Eckert, le premier à avoir donné l’alerte. « Sous ses allures guillerettes et innocentes, ces livres racontent comment sera le réel de nos enfants dans quelques années » explique-t-il sur son site internet. « Ainsi dans l’un, on y décrit les péripéties d’une oursonne pour trouver du travail à l’usine. Une usine qui est rachetée par le grand méchant loup. Refusant d’être délocalisée au pays du loup, Missy l’ourse se retrouve alors au chômage avant de sombrer dans la dépendance au miel » écrit-il. Le père de famille ajoute qu’il a dû rassurer son fils sur le fait qu’il trouvera bien plus tard du travail sans problème, dans la filiale qu’il veut et au salaire qu’il veut. Car ce père de famille courageux refuse que ses enfants ne se fassent de fausses idées sur leur futur. Dans un autre ouvrage incriminé, « Pas de retraite pour Papy Libellule » une vieille libellule arrivée à la fin de de sa vie souhaite se reposer. Mais hélas, ses bébés libellules sont tous partis, ne donnent plus de nouvelles et Papy Lib’ va devoir continuer à travailler pour subvenir à ses besoins car le Mouvement De L’Étang et du Fleuve estime qu’il n’a pas assez chassé de moustiques durant sa vie. « Mon fils m’a demandé si cela pouvait arriver dans la vraie, je lui ai dit que non, ça n’arrive pas, toutes les grandes personnes ont leur retraite après avoir durement travaillé » précise-t-il. Le gouvernement n’a pas souhaité commenter cette nouvelle liste de livres sensibles mais plusieurs parents d’élèves sont inquiets. « Les enfants sont des êtres fragiles et naïfs, s’ils apprennent ce qui se passe vraiment dans le monde, cela sera sans doute un choc terrible » réaffirme ce père de famille brandissant un autre livre qu’il estime dangereux. Dans cet ouvrage pernicieux, on peut y voir Isa qui joue avec ses frères à être garagiste. Mais celle-ci réalise bientôt qu’elle est moins bien payée que ses autres frères pour le même travail. « Jusqu’où cela va aller, il faut retirer ces livres avant que cela soit trop tard » s’alarment les parents.

Le 3 février 2011 à 08:00

Gary for ever

"On a envie de changer le monde, pour enfin l'envoyer se faire foutre."

Excellente nouvelle : l’exposition que le Musée des Lettres et Manuscrits de Paris consacre à Romain Gary est prolongée jusqu’au 3 avril 2011. Elle propose de redécouvrir le parcours de cet auteur d’exception à travers une sélection émouvante de ses manuscrits, cahiers toilés ou feuilles libres recouvertes de la même écriture puissante et ronde. On croit le connaître, mais au fond qui est Roman né Kacew, devenu Romain Gary (Gary signifie « Brûle ! » en russe) puis Emile Ajar (« Ajar », c’est la braise) ? On le sait écrivain prolixe qui a ravi ses lecteurs, trompé les critiques, génial mystificateur aux deux prix Goncourt (pour Les racines du ciel et La vie devant soi). Amoureux des femmes aussi, mais surtout amoureux de la vie au point de décider de la quitter d’un coup, avant qu’elle ne le quitte à petit feu. Gary l’aviateur, le diplomate, l’auteur, le réalisateur, le fils de sa mère, Gary l’inclassable qu’on a tenté, sale défaut de chez nous, en vain d'étiqueter. Il aimait à dire, se comparant au caméléon qui, placé au centre d’un tissu écossais, devient fou, qu’il n’était pas, lui, devenu fou. Il était devenu écrivain. A son sujet, beaucoup se souviennent de cette phrase élégante et digne qui clôt son manuscrit confession Vie et mort d’Emile Ajar : « Je me suis bien amusé. Au revoir et merci. » Pour ma part, je garde comme un talisman cette autre, qui me résume mon Gary à moi, du moins tel que je l’imagine, cet humaniste insolent dont on ne peut toujours pas, à se demander à quoi sont payés les éditeurs, trouver les œuvres complètes publiées décemment : « On a envie de changer le monde, pour enfin l’envoyer se faire foutre. »Pour en savoir davantage : museedeslettres.fr

Le 3 décembre 2012 à 09:47
Le 13 décembre 2011 à 08:35
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