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Dans quel état sommes-nous ?
Publié le 18/01/2012
 

Stéphane Meireles


Chroniqueur

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Viens Poupoule !

Ce matin, au chant du coq, j’allume ma radio, et je monte sur mes ergots en apprenant qu’une directive européenne a obligé les aviculteurs à augmenter la taille des cages ; car jusqu’à alors les cages offraient aux poules pondeuses la surface d’une feuille de papier A4, mais grâce à l’Europe les galinettes ont gagné l’équivalent d’une carte postale ! Elles vont pouvoir rouler des mécaniques, se dandiner du croupion, battre des ailes comme des petites folles avec leur 40 % d’augmentation ! D’ici, j’entends les coqs gaulois et autres bouffeurs de poules au pot qui se gaussent ! Ne riez pas, mes amis ! L’Europe veille au grain et saura, s’il le faut, vous faire fermer le bec à coup de Flash-Ball et de lance à incendie ! Oui ! La poule est l’avenir de l’humanité, car, le jour où elle aura des dents, les hommes n'en auront plus ! L’Europe sait tout cela, l’Europe a un côté voyant-astrologue ; elle peut lire l’avenir dans la fiente de poule ! L’Europe a même vu que nous avions les deux pieds dans la M… ! Pourtant, la main sur le cœur, la France continue de chanter… Voyez ! On ne s’entend déjà plus ! On se croirait dans un poulailler ! Heureusement que l’Europe est là pour protéger notre liberté en cage !!!
 
 

Drame écolo


Jean-Claude était consterné. Non seulement Jeannette lui interdisait désormais le moindre verre d'alcool mais, en plus, elle avait eu le culot de déverser à la rivière toutes ses bouteilles de gnôle, détruisant ainsi un écosystème fragile au mépris des règles élémentaires de l'écologie politique et du développement durable en faveur des générations futures.
Thierry Noellec
Internaute




 
 

Je n'ai plus le temps de prendre mon temps


C’est fou ! J’ai une montre à quartz au poignet, une horloge numérique sur mon portable, l’horloge du café d’en face et pourtant, je peux le dire : « Je n’ai plus le temps ! »
Qui pourra me réapprendre la lenteur oubliée ? Si vous avez cinq petites secondes d’attention, expliquez-moi, c’est tout, je ne demande rien d’autre, d’ailleurs je ne dispose pas d’assez de temps pour vous écouter plus longtemps. Je suis affairé, surbooké, je fais tout en vitesse. Mais quand même je m’évertue à faire tout ce qui doit être fait à temps avec une efficacité maximale. Je me raccourcis les délais, je dors moins, je travaille plus, et j’essaie de réduire mon temps libre. Alors quoi ? Le métier de chronométreur est devenu un job qui rapporte. Imaginez, faire carrière dans le temps…
Je bois vite un expresso et hop, je file ! Je suis contrôlé. J'ai une trotteuse dans le ventre. Je travaille comme Time Manager dans une fabrique de boîtes de vitesse automatiques, mon métier depuis pas mal de temps. J'ai failli être engagé dans un laboratoire de recherche sur l'accélération des particules. Trop stressant. Imaginez qu’on arrête le temps… Plus rien ne bougerait, même pas notre pensée !
L'horloge subjective dépend des émotions ressenties par la personne qui l'évalue. C'est Einstein qui l'a démontré. Tout est relatif, non ?! Mais désolé, je vous bouffe votre temps ! Je serai donc bref , car tout le monde n’a plus le temps d’avoir le temps. Même de temps en temps…
 
Jean-Luc Schietecatte
Internaute




 
 

Mantra du chômeur


entretien imaginaire

– Que voudriez-vous faire dans la vie ?
Dans la vie… ça me paraît assez restrictif. Et puis, qui a dit qu’il fallait se limiter à une chose ? Je veux faire de tout. Tout ce qui m’est imparti : respirer, admirer le soleil, observer les jeux d’enfants dans les parcs, flâner en chassant du pied les feuilles mortes. Je conçois ma vie toute entière, sans entailles, d’un flux continu. Certes, je classerai sagement les dossiers, discuterai au creux des cafètes avec des collègues insipides et blasés ; je resterai même un soir pour finir un petit rangement. Mais ni ces gens, ni les dossiers, ni le chef en papier ne vont pas me manquer à la fin du contrat. Mon salaire n'ira pas dans des boutiques de luxe, pour des fringues à la mode ou des bijoux clinquants. J’aménagerai sobrement ma modeste piaule qui me servira de logis provisoire, suffisant. Je dépenserai un petit peu pour acheter des bouquins, inviter les copains, leur offrir des cadeaux. Tout le reste, je le garderai, pour m’offrir un petit peu de flâneries, de voyages et de temps de chômage.
Ekaterina Kulakova
Internaute




 
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