Jean-Michel Helvig
Publié le 05/01/2012

« C'est carrément carton rouge, on n'insulte pas le président de la République »


Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe à l'UMP, BFM-TV, mercredi 4 janvier 2012

Elle a même failli en avaler son sifflet le nouvelle wonder girl de la cellulle « riposte » du parti du Président. On le croit pas ! L’ignoble Vizir socialiste venait d’être surpris en train de traiter de « sale mec » le Vizir légitimement en fonction. Le recours à la vidéo pouvait pourtant éviter à Valérie Rosso-Debord l’erreur de jugement. Les images enregistrées auraient montré un François Hollande ( celui qui veut prendre la place de qui l’on sait) parodiant devant des journalistes supposés l’écouter en « off » un Nicolas Sarkozy se présentant bientôt devant les électeurs : "Je suis le président de l'échec, je suis un sale mec, mais dans cette période difficile, je suis le seul capable, j'ai le courage..."  Un résumé plaisant de la seule carte qui reste à jouer pour un candidat à réélection au bilan quinquennal désastreux, mais qui se rappelle que dans le film Titanic, la panique était telle que personne n’a songé à faire passer le commandant par-dessus bord. Bref, François Hollande a fait de l’humour. Et ça c’est une arme déloyale aux yeux d’une Valérie Rosso-Debord qui admet qu’on peut rire de tout, mais pas du Président. Parce que sinon,  elle est une sacrée farceuse  la Valérie. Un jour qu’elle était invitée au Petit Journal de Canal + il lui fut demandé ce qu’elle avait fait le matin même en tant que femme de droite. Elle répondit : « J’ai fait une tarte. »
Journaliste longtemps fournisseur exclusif à Libération avant de diversifier ses livraisons (La République des Pyrénées, Le Républicain Lorrain, Mediapart), a ouvert une succursale dans l’édition où il a proposé divers ouvrages à caractère notoirement politique, dont un « Bêtisier raisonné de la campagne 2007 » (Robert Laffont) qui est loin d’avoir épuisé le sujet. 

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Le 20 décembre 2011 à 11:22

« Je peux vous dire que je débloquerai la bombe atomique. »

Christine Boutin, 13 décembre 2011, Public-Sénat.

Tous aux abris ! Elle n’est pas encore élue présidente de la République, la Madone des autels, qu’elle a déjà le doigt sur le bouton de la force de frappe.  Mais pas de panique : ce n’est pas un crime contre l’Humanité qu’elle serait prête à commettre, plutôt un sarkocide pour cause d’obstacles élyséens à sa collecte de parrainages. Si d’ici février elle n’atteint pas les 500 signatures de maires requises pour se présenter, elle actionnera donc l’arme fatale.  Bien sûr chacun s’interroge : une excommunication vaticane ? Un ralliement à Hollande ? Une dénonciation d’affaires pas très claires ? Sa détermination est telle, qu’on en arriverait à imaginer qu’elle va se faire sauter avec sa bombe. Une sorte de sainte kamikaze, effacant par son sacrifice tous les péchés du quinquennat.Ce n’est encore qu’une menace. Pas besoin d’avoir fait Saint-Cyr pour savoir que l’arme nucléaire, c’est d’abord la dissuasion. De Gaulle avait théorisé la dissuasion du faible au fort, les évolutions ont conduit à l’envisager du fort au fou, Christine Boutin n’est pas forte, mais pas folle non plus. Elle sait que pour se faire entendre un peu il faut « débloquer » beaucoup. On la croyait « bonne fille », on se trompait. On se trompe d’ailleurs souvent sur elle. Certes elle est anti-avortement, anti-PACS, anti-mariages homosexuels, anti-euthanasie, elle n’est cependant pas anti-liberté d’aller au théâtre voir les pièces de son choix. C’est au moins ça.

Le 11 mai 2010 à 16:08

« Après, fin 2011, on ne fera que de la politique »

Nicolas Sarkozy, devant les députés UMP à l'Elysée, 5 mai 2010.

C’est curieux, chez le président, ce besoin de faire une phrase de ce genre. Cafardée par des élus à la sortie d’une réunion, elle mérite un détour dans le guide des déconnages du quinquennat, quand le chef de l’Etat croit les micros fermés et l’auditoire connivent. Nous voilà avisés que les « réformes » qu’il compte avoir achevées d’ici le second semestre de l’année prochaine, n’auront été qu’une parenthèse désenchantée. Limite train-train. Mais ce faisant il nous interloque. Qu’a-t-il fait de ses années exécutives, ce Nicolas Sarkozy que l’on croyait animalement politique ? Le bouclier fiscal, ce n’était donc pas de la politique ? De l’humanitaire peut-être ? Le mammouth du public dégraissé, de l’hygiénisme ? Les annonces sécuritaires à répétition, un TOC ? Le débat sur l’identité nationale, un grand café philo ? Pendant tout ce temps il aura donc été au supplice le fils de Pal, avant d’en arriver à ce qui prime pour lui : « faire de la politique », autrement dit le retour au bourre-pifs, ceux de l’opposition s’entend. Du bling-bling, au bing-bing.   Hélas, la prochaine présidentielle ne doit avoir lieu que les 22 avril et 6 mai 2012 ; il va bien lui falloir, jusque-là, poursuivre le boulot de président « pas politique ». Une suggestion qui arrangerait tout le monde : il démissionne en septembre 2011, et la boîte à gifles est ouverte sans attendre. Rien que du bonheur.  

Le 3 avril 2011 à 12:00

« La primaire ne peut pas se réduire à un concours de boeufs charolais. »

Arnaud Montebourg, Le Monde, Dimanche 3/Lundi 4 avril 2011

Serait-ce parce qu’il est lui-même issu d’un coin où l’on élève la volaille de Bresse que le sémillant postulant à l’investiture présidentielle manifeste autant de condescendance à l’égard d’une autre espèce animale ? Il devrait être bien placé pour savoir que le bœuf charolais est originaire de ce même département de Saône-et-Loire dont il préside le Conseil général. La vacherie, en réalité, visait ses concurrents aux comices de l’automne 2011, quand il s’agira de sélectionner la plus belle bête à concours du cheptel socialiste. Arnaud Montebourg aurait élevé le débat s’il s’était livré aux mérites comparés de son propre « charolais », avec le  « limousin » de François Hollande, la « normande » de Laurent Fabius ou la « flamande » de Martine Aubry. La ficelle serait néamnoins restée trop courte pour attraper le bétail de Dominique Strauss-Kahn, labellisé naguère par le suffrage universel à Sarcelles (Val d’Oise). Depuis longtemps on n’a plus vu un bovidé paître dans cette banlieue parisienne. C’est à des petits détails comme ça que l’on vérifie si un politique est du « terroir » ou pas, comme dirait Christian Jacob, aboyeur de l’UMP pour qui l’étable ne ment pas. En vérité, Arnaud Montebourg a voulu signifier que sa candidature n’était pas de celles qui s’exhibent passivement, mais devait être regardée comme la performance d’un taureau de combat. Le drame est qu’à l’heure actuelle il n’encorne que du vent.

Le 5 octobre 2011 à 08:56
Le 16 septembre 2012 à 10:18

«Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l'interdiction de l'inceste tombera»

Mgr Barbarin, archevêque de Lyon, Radio RCF, 14 septembre 2012.

Il ne se doutait pas le prélat des gones, ce qu’il déchaînerait de violences dans le monde avec ses propos stigmatisants sur le mariage des homosexuels. Ils avaient à peine circulé sur les réseaux sociaux, que quelques milliers de gays parisiens rameutés dans le Marais, attaquèrent les locaux de la délégation pontificale. Le nonce apostolique qui, par imprudence, était resté sur place, fut promptement déculotté et exhibé en place publique, ce qui le tua de ridicule. Au Vatican, les “faucons” de la Curie pressaient le pape Benoit XVI de déclencher les foudres excommunicatoires contre les insurgés car les exactions s’étendaient. A Lyon, les livres de Christine Angot étaient jetés dans un brasier alllumé au papier bible.  Dans le quartier berlinois de Prenzlauer Berg des hordes de partouzards brandissaient des préservatifs gonflés à l’helium en scandant: “nous sommes tous des Borgia.” A San Francisco, des crucifix étaient brûlés sur Castro street, à Londres on placardait des photos d’ecclésiastiques dans le plus simple appareil. Bien embarrassé, le Président Hollande chargea Laurent Fabius d’apaiser les esprits. Le ministre des Affaires étrangères qualifia “d’écœurante”  la déclaration de l’archevêque de Lyon. Cela ne fit que justifier plus encore les émeutes. Aux dernières nouvelles, YouTube a décidé de censurer les images religieuses.

Le 3 avril 2012 à 08:44

Vous craignez l'abstention : parler à un spécialiste peut vous aider

Les derniers chiffres des instituts de sondage sont inquiétants. Depuis quelques mois, les experts exprimaient leurs craintes quant à l'évolution du phénomène mais son ampleur à venir décontenance aujourd'hui les commentateurs les plus optimistes. Manifestement, les Français n'ont plus envie. Le désir s'émousse jour après jour et les danses du ventre, oeillades et autres parades de séduction paraissent aujourd'hui bien vaines au regard du désintérêt et même du désamour grandissant des Français pour ce qui constituait pourtant autrefois une passion et une fierté nationale. Les tentatives d'explication du phénomène sont variées. Certains perçoivent une érosion du désir liée à une lassitude à l'égard de discours, postures et positionnements trop souvent répétés. D'autres expliquent que l'attitude auto-centrée des partenaires potentiels aurait provoqué un rejet de l'acte : à quoi bon s'investir quand l'autre ne pense qu'à lui sans se soucier sincèrement de votre désir et de vos attentes ? Pour d'autres enfin, la morosité ambiante serait un facteur majeur d'explication : les Français, préoccupés par le quotidien, n'ont clairement plus la tête à ça. Trop de rouleurs de mécaniques, trop d'amants en panne d'inspiration ou d'imagination, trop de contorsions vaines et de circonvolutions stériles. Las, les Français s'emmerdent. Tout n'est pourtant pas définitivement joué et il est bien sûr courant de redouter une panne juste avant le passage à l'acte. Et si, pour l'heure, dans les enquêtes d'opinion, l'abstinence ne cesse de progresser, on peut encore espérer qu'un sursaut de créativité, d'audace et de fantaisie pourra revigorer les élans refroidis.

Le 28 juin 2012 à 10:24

" Il n'y aura pas d'euro-obligations aussi longtemps que je vivrai. "

Angela Merkel, Bundestag, Berlin, 26 juin 2012

Et le lendemain elle était invitée à diner par François Hollande à l’Elysée. Angela, ce soir-là, avait dû emmener avec elle un goûteur. Des fois que le président français la prenne au mot pour faire passer cette idée d’une mutualisation de la dette publique des européens. On a beau être entre gens civilisés, il y a des coups de pouce qu’on préfèrerait donner au destin plutôt qu’au SMIC. Mais il faut reconnaître à la chancelière allemande une foi chevillée au corps. On n’en connait pas beaucoup de ses collègues qui iraient mourir pour un emprunt. Certes si elle s’oppose à ces “euro obligations” c’est parce qu’elle ne veut pas que ses compatriotes se retrouvent  avec des créances pourries et leurs yeux pour pleurer des larmes de bière. Dans le système des euro-obligations chacun devrait en effet apporter une garantie à la hauteur de ses moyens, et les moyens allemands sont très au dessus de la moyenne communautaire. Quand l’on sait que l’opposition social-démocrate à la chancelière ne serait pas  hostile à cette “mutualisation”, ce qu’elle suggère en définitive à ses compatriotes c’est de la réélire à vie, afin de ne pas être les dindons de l’euro. Ce n’est cependant pas faire injure à la médecine d’outre-Rhin, que de lui prédire une fin inéluctable à la chancelière. Ce serait alors la revanche des euro-obligations ? Même pas. L’économie européenne c’est un match qui se joue à 27, mais où c’est toujours l’Allemagne qui gagne.

Le 8 septembre 2011 à 09:03
Le 16 janvier 2011 à 10:46

Le cercle des indignés

La deuxième décennie du nouveau siècle avait débuté avec un petit bouquin  de 24 pages d’un vieillard plus que digne qui enthousiasma tout le pays en même temps qu’était diffusé un énième sondage inepte classant ses habitants champions du monde des pessimistes. On aimait bien se distinguer dans l’hexagone et on accueillit ces deux nouvelles avec une jubilation blasée. Indignez-vous qu’il disait et tout le monde l’avait pris au mot. Le monde à feu et à sang n’intéressait pas vraiment ; on s’indignait surtout de ne pas être suffisamment pris en compte  dans l’échiquier de nos vies rétrécies, via les réseaux sociaux où chacun y allait de sa cause, en un clic sur une conscience en berne. Sur les lamelles molles d’un microscope daté, on plaçait ses mesquines préoccupations au centre des éternelles lamentations. « Je m’indigne donc je suis », formule typiquement française et purement rhétorique s’en tenait là. Peu importait la cause, il y en avait tant, disait le patriarche et comme cette fois on se devait de saluer avant l’issue fatale l’homme auréolé de la rumeur qu’il avait participé à l’élaboration de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (excusez du peu) on ne pouvait raisonnablement pas passer à côté de cette aubaine là. Alors on s’indignait comme autrefois les Shadock pompaient, à hue et à dia. L’année se plaçait sous l’augure de débats creux et insipides annonçant une élection dont on se demandait à quoi elle pouvait bien rimer. Puisque l’ennemi avait été identifié, que l’on s’apercevait avec horreur de l’inutilité crasse des politiques face à ce monstre tentaculaire, on s’indignait. Puisqu’on avait maintenant un auditoire, certes illusoire, on se déplaçait de mur en mur pour annoncer la bonne nouvelle : indignez-vous ! 153 amis aimaient ça. Puisqu’on ne pouvait raisonnablement admettre nos solitudes emplies d’angoisse, on propageait la bonne parole : indignez-vous ! 168 amis aimaient ça. Puisque la promesse infâme de visibilité, d’ubiquité, d’universalité et toute autre tasse de thé semblaient à notre portée, on colportait cette parabole : indignez-vous ! 392 amis aimaient ça. Au même moment, à un jet de pierre de nos côtes méditerranéennes, personne ne s’indignait des massacres perpétrés contre des arabes affamés, des étudiants bâillonnés, des marchands ambulants n’ayant plus rien à vendre. On ménageait la susceptibilité des dirigeants installés en tenant discrètement une morbide comptabilité. Surtout, on s’en fichait royalement de ces basanés, on avait notre lot de haine ravalée. Alors on s’indignait comme on pissait quand Brel pleurait sur les femmes infidèles…Illustration : Nicolas Sarkozy et Zine El-Abidine Ben Ali

Le 5 février 2012 à 09:21
Le 9 juin 2011 à 15:00

Attentat de Karachi : Owni publie 91 pages de documents de la DGSE

91 pages de notes, de télex et de rapports de la DGSE sur l’attentat de Karachi, publiés pour la première fois, permettront à chacun de se forger une opinion sur ce que les services secrets français savent de cette ténébreuse affaire. Permettant ainsi d’explorer l’une des questions de fond du dossier : celle d’un lien entre cet attentat du 8 mai 2002 contre les ouvriers français chargés de construire des sous-marins à Karachi (où onze d’entre-eux ont péri), et le contrat d’armement à l’origine de leur présence sur place, signé près de huit ans plus tôt, le 21 septembre 1994, par le gouvernement d’Édouard Balladur. La lecture de ces 91 pages comblera les esprits soucieux de reconstitution factuelle. En particulier, elle leur permettra de découvrir, en détail, les violentes tensions provoquées au Pakistan par le niveau de corruption sur ce contrat. Mais elle décevra les partisans d’histoires vites résumées, défenseurs de thèses définitives. Ceux-là seront frustrés d’y découvrir que la responsabilité d’Al-Qaida n’a jamais été prise au sérieux par les premiers enquêteurs. Ou que la DGSE n’a jamais rédigé, le jour de l’attentat, une note établissant un lien entre cet attentat et un arrêt de commissions décidé par Jacques Chirac dans le cadre de rivalités propres à la scène française (nous y reviendrons plus loin). Ces pages ont été déclassifiées en plusieurs fois, et adressées au juge Marc Trévidic en charge de l’instruction judiciaire, bien souvent sans soucis de cohérence. Nous avons décidé de vous les présenter en restituant l’ordre dans lequel elles ont été rédigées, entre 1994 et 2009. Et en les regroupant dans dix dossiers chronologiques, correspondant à dix moments importants de l’affaire. > Lire la suite de l'article sur Owni.fr

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