Le Tampographe Sardon
Publié le 15/05/2012

Bons points modernes #1


Le Tampographe ne fabrique jamais de tampons sur commande. Il n'aime pas les artistes, il s'intéresse pas à leur travail, il n'a aucune curiosité pour les merdes qu'ils produisent généralement, s'il pouvait il les emploierait volontiers à goudronner les routes, curer les fossés, vider les poubelles ou creuser le canal Seine-Volga.

Son site : http://le-tampographe-sardon.blogspot.com/ 

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Le 28 mai 2010 à 11:05

« A vue de nez, ça me chiffonne un peu le nez »

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, Grand Jury RTL-Figaro-LCI, 16 mai 2010

Un Cyrano déclamant : « si j’avais un tel nez, il faudrait sur le champ que je me le chiffonnasse » froisserait les oreilles. La porte-parole des écolos a eu la métaphore audacieuse en attribuant en outre des affects politiques à son appendice nasal. Invitée à faire part de ses sentiments sur une  candidature de Dominique Strauss-Kahn à la présidentielle, elle a répondu en un alexandrin bancal qu’elle avait le directeur du FMI dans le nez à cause de sa fonction, reconnaissant ensuite qu’elle n’avait jamais reniflé l’homme de près. En un certain sens, tant mieux pour elle.C’est, néanmoins, une étrange alchimie celle qui confère à la relation entre le nerf optique et le nerf olfactif un tel pouvoir de suggestion, sauf à être né avec des narines en tissus ou de papier. Mais, après tout, une expression populaire n’est pas un art figuratif. Par exemple, « ça me troue le cul »  qui est la version hard de « ça me chiffonne le nez »,  présente aussi ses incohérences anatomiques.Cécile Duflot a une spontanéité rafraîchissante ; qui d’autre qu’elle, dans sa corporation, est capable, dans une émission sérieuse, de dire « Machin…truc » pour résumer à la va-vite, une démonstration supposée déjà connue de tous ? Elle est plus glaçante quand elle cède à un discours où le goût politique est commandé par des odeurs.

Le 26 février 2012 à 08:08
Le 12 avril 2012 à 10:44

Nicolas Sarkozy, héros rimbaldien et "oxymore sur pattes" ?

Dire ceci et son contraire, n'est-ce point ce qui caractérise les sincérités successives dont le peuple a le secret ? Être « Je » et « l'autre », n'est-ce point la prophétique intuition de Rimbaud qui s'est capillarisée dans la vie quotidienne postmoderne. C'est en ce sens, pour le dire d'une manière tout à la fois familière et rhétorique, que Sarkozy est un « oxymore sur pattes. (Michel Maffesoli, sociologue, Atlantico.fr, 12 avril 2012)   Cet éminent professeur à la Sorbonne, spécialiste des imaginaires sociaux, a puisé loin dans sa vaste intelligence pour expliquer combien l’antisarkozysme était la haine du peuple, la négation de la vie, la défaite de la poésie. Avec en guise de bouquet final, cette définition du président sortant en  “oxymore sur pattes” dont on se demande bien comment ça peut lui permettre d’avancer droit en campagne. En fait, derrière cet audacieux plaidoyer pour une unité motrice des contraires, se profile l’implacable réquisitoire visant la normalité prudhommesque de François Hollande, identifiable à un pléonasme à roulettes.  Sarkozy en héros rimbaldien, c’est fort. Mais Maffesoli sait ce qu’extra-lucidité veut dire. N’est-ce pas lui qui avait dirigé la thèse de doctorat d’Elisabeth Teissier ? Cette même astrologue aux sincérités successives qui avait prédit que Martine Aubry gagnerait la primaire socialiste et que Nicolas Sarkozy perdrait la présidentielle (Morandini, Direct 8, le 13/10/2011).  Du coup, c’est notre sociologue de la postmodernité où le vrai avance masqué derrière le faux, qui pourrait bien retomber sur…ses pattes.    

Le 26 avril 2012 à 08:31

Rouleau de printemps

Nous dévoilons en exclusivité le tout nouveau véhicule de campagne jaune vif, armé de phares puissants, à fort pouvoir hypnotique, que le candidat sortant a finalement élu pour son tour de France (celle qui se lève tôt) en vue du scrutin du 6 mai. Il fait encore nuit mais il est déjà aux commandes, prêt au départ, couvé des yeux par un Xavier Bertrand au garde-à-vous, en grand uniforme, futuriste et pimpant, de la Nouvelle UMP (Union pour Ma Pomme), d'un vert moins environnemental que printanier, renaissant, avec deux bandes blanches pour suggérer ces "lignes blanches" que le hardi conducteur d'engin n'hésitera pas à franchir, quitte à tout écrabouiller ? A droite de la photo, à moitié rogné, dans une posture qui semble soumise, contrite – contrainte ? -, on reconnaîtra Dominique de Villepin, au surplomb du caniveau où naguère il manqua de choir. Il est prévu que tout du long du tour de France électoral grands et petits dignitaires de la Nouvelle UMP aient ainsi à s'échelonner, aux fins de laisser s'exprimer une joie volontairement contenue sur la ligne de départ. L'allégresse devrait être totale quand à la veille du scrutin décisif le héros remontera les Champs, le scénario prévoyant même que les deux figures les plus glamour de la Nouvelle UMP, Rachida et Rama, grimpent dans la cabine pour couvrir de baisers et de fleurs le petit Timonier, en un spectaculaire contraste avec les énormes rouleaux électoraux, couverts de boue et tachés de sang.

Le 9 mars 2012 à 08:50

"Nous voterons Sarkozy parce qu'il y a quelque chose d'indéplaçable en lui, parce qu'il pose franchement cette question : de quelle vérité l'homme est-il capable ?"

Igor et Grichka Bogdanoff, Le Parisien, 9 mars 2012.

Les deux plus fameuses protubérances mentonnières de l’univers connu, viennent d’apporter au Président-candidat, un soutien qui va lui faire chaud dans les tuyères. Un soutien cosmique à tous égards.  Il faut être capable de penser en cinq dimensions (au moins) pour justifier la réélection d’un sortant au motif qu’il est « indéplaçable. » A notre misérable échelle humaine, on pense qu’au terme de cinq ans à un poste où il n’aurait pas spécialement brillé – à en croire des sondages terrestres divers et concordants – son déménagement définitif de la rue du Faubourgg Saint-Honoré serait d’une logique démocratique banale. Errare ! Ces anciens présentateurs de l’émission « Temps X » sur TF1 (une sorte de journal  de la science hard), sont les messagers d’une opinion intersidérale attribuant à Nicolas Sarkozy l’immanence définitive tant sa masse développe d’énergie :  E= M6, si l’on préfère résumer d’une équation cette brève vulgarisation de la pensée bogdanovienne. Assurément un homme qui descend parmi les hommes, pour leur délivrer des vérités dont ils ne seraient pas rendus compte par eux-mêmes,  leur démontrer qu’en osant tout on peut tout, alors oui cet homme-là est d'une autre dimension. Et on ne s’en débarrasse pas comme ça, sur le coup d’une humeur électorale. Un de ses prédécesseurs n’a toujours pas été déplacé de la croix où des jaloux l’avaient cloué.

Le 19 avril 2012 à 07:50

Jean-Denis

Le nouveau président de la République Française

Le nouveau président de la République Française, Jean-Denis Crosquet, prend tous les matins que Dieu fait, deux tartines de Nutella qu'il plonge dans un Nesquick chargé en chocolat, trois gélules de vitamines ainsi qu'un cachet de magnésium. Le magnésium, c'est bon pour les courbatures d'un président de la République Française. Avant de partir pour le travail, il fait un petit bisou à sa femme, à sa fille encore endormie et à son chien, Kiki, un beau loulou de Poméranie. Kiki est toiletté tous les mercredis. Il prend ensuite le RER puis le métro. Jean-Denis, pas Kiki, le beau loulou de Poméranie. Le nouveau président de la République Française, Jean-Denis Crosquet, n'aime pas le RER parce qu'il est souvent bondé et qu'il y faut souvent respirer des aisselles. Jean-Denis Croquet, comme la majorité des français, n'aime pas ça, renifler des aisselles. Les aisselles, ça ne devrait pas exister. Quand il arrive à l'Elysée, le président de la République Française, Jean-Denis Crosquet, fait son petit pipi. Puis il s'égoutte. Il ne se lave pas les mains car il juge cela inutile. Aussi inutile que les aisselles. Il pète, comme tout le monde : il camoufle le son en toussotant. Comme tout le monde. Il serre quelques mains et il sourit à l'idée de ne pas s'être lavé les mains. Jean-Denis Crosquet a une jolie secrétaire : elle ressemble un peu à Jennifer Garth, la Jennifer Garth de Beverly Hills. Parfois, Jean-Denis Crosquet se met à rêver qu'il a une liaison avec sa secrétaire qui ressemble à Jennifer Garth parce qu'il a toujours souhaité avoir une liaison avec Jennifer Garth puis il se ravise : il aime tellement sa femme. Alors il chasse cette pensée incongrue en regardant le beau portrait de son épouse qui trône sur son bureau. Il s'assoit : il est 8h00. Dehors, il se met à pleuvoir : des gouttes ruissellent sur la baie vitrée du bureau du président de la République Française, Jean-Denis Crosquet. Dehors, le jardinier commence à travailler plus pour gagner plus. Jean-Denis prend son stylo Bic et griffonne sur un calepin Super Conquérant son discours du jour qui commence ainsi : « Le capitalisme, c'est comme les salsifis : c'est pas bon, mais on est obligé d'en manger. Immigration : on va mettre les étrangers dans de la pâte à beignets et la proposer à Kentucky Fried Chiken. Education : Joker. Quoi ? Tout le monde a le droit à un joker, non ? Ecologie. L'écologie, c'est fait pour faire joli. C'est la guirlande du riche ». Les français ont voté comme des idiots pour un idiot. A l'autre bout du monde, Jennifer Garth s'envoie une ligne de coke en plein tarin pendant que Joe Pesci la grimpe. Rien ne va plus à Hollywood : les avions continuent de pleuvoir. Steven Seagal ne sauve plus rien hormis sa calvitie.

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