"René l'énervé", facétie musicale et opéra tumultueux
Entretien avec Jean-Michel Ribes #2
"Depuis
2007, j'éprouve un malaise qui ne diminue pas" dit Jean-Michel Ribes en
parlant de notre gouvernement. Pour en finir avec cette nausée, il a
décidé de la transformer en farce joyeuse : un opéra bouffe mis en
musique par Reinhardt Wagner, qui débute le 7 septembre prochain au
Théâtre du Rond-Point. Un éclat de rire de résistance "face à
l'affaissement du langage, au dénigrement de l'esprit, à cette agitation
immobile dont la médiocrité nous étouffe".
René l’énervé est une pièce politique ?
Quelle pièce ne l’est pas ! C’est une banalité de dire qu’il
n’y a pas d’art sans subversion, ni de théâtre sans désir de chambardement. René, dans ce sens, est bien une pièce
politique. C’est la réponse du berger à la bergère ! Puisque les politiques
font du spectacle, il est bien normal que les hommes de spectacle fassent de la
politique… Reconnaissez que depuis quelque temps, ils n’y vont pas de main
morte ! Ils méritaient bien René l’énervé
! C’est un minimum !
Le poétique peut-être
une voie de rédemption pour la politique ?
René l’énervé n’est
en rien une oeuvre documentaire, ni une tentative de reproduction exacte de
notre actualité, c’est une bouffonnerie coloriée librement avec bonne et
mauvaise foi, un conte sur le pouvoir et les clowneries de l’homme qui devient
providentiel. Une sorte de ras-le-bol en chansons… Fable en rien manichéenne, puisqu’on
y découvrira le double de René : deuxième lui-même, adversaire obstiné et
résolu du premier.
Propos recueillis par Pierre Notte