Christian Chavassieux
Publié le 15/01/2012

Sur un plateau


Enfin la consécration ! Je passe à la télévision, dans l'émission « la grande librairie ». A peine installé dans un fauteuil, le présentateur François Busnel m'assaille de questions : « Vous êtes qui ? Qu'est-ce que vous voulez ? Et d'abord qui vous a laissé entrer ? »
Chavassieux écrit, "et c'est bien à peu près tout ce qu'il est capable de faire", soulignent ses ex. On peut retrouver ses petites phrases et de courtes nouvelles sur son blog, KRONIX. Il est aussi l'auteur de plusieurs romans (le baiser de la Nourrice, Le psychopompe, chez JP Huguet éditeur, Mausolées et Les Nefs de Pangée, chez Mnémos, et L'Affaire des Vivants, chez Phébus), de pièces de théâtre (Le rire du Limule, Peindre, Pasiphaé, Minotaure...) mises en scène par François Podetti au sein de la compagnie NU, de textes poétiques (Les chants plaintifs, édition La petite fabrique ou Nos Futus, chez Sang d'Encre), d'un essai sur sa ville (J'habitais Roanne, chez Thoba's éditions), il est invité à participer à des revues (MIcrobe, le chasse-patate, etc.). 

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Christian Chavassieux

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Le 1 avril 2010

Contributions : la question de la censure

Courrier interne

Chère amie et co-rédactrice en chef,Je vous interroge sur un problème que je qualifierais d’éthique. Madame X (je tais le nom mais son avatar a des ailes de papillons, vous voyez qui je veux dire ?) a parcouru avec succès toutes les étapes de la Piste d’envol. Trois de ses innombrables posts ont fini par être acceptés par nos soins et ont été publiés dans cette section réservée aux internautes. Jusque là tout va bien. Simplement, comme le veut la règle de notre revue fort ludique, certes, mais extrêmement rigoriste quant à son fonctionnement, Madame X a légitimement le droit devenir une chroniqueuse officielle de ventscontraires.net. Ce qui a été fait en grande pompe : Stéphane Trapier, l’illustrateur illustre, lui a dessiné l’avatar de ses rêves (avec des ailes de papillons donc). Madame X vient de nous envoyer une quarantaine de nouvelles inédites qu’elle n’est jamais parvenue à faire publier. C’est infâme, chère amie et co-rédactrice en chef : infâme. Que pouvons-nous faire ? Dites-moi vite !Jean-Daniel Magnin Cher ami et co-rédacteur en chef,Vous avez voulu être chef, maintenant, il faut assumer. Votre neutralité suisse dût-elle en prendre un coup. Un chef, ça fait des choix. Madame X peut avoir toutes les ailes de papillon qu’elle veut, si ses textes ne méritent pas d’être publiés dans notre revue fort rigoriste et néanmoins ludique, ils ne le sont pas. Même chose pour nos chroniqueurs de choix, même chose pour vous, cher ami et co-rédacteur en chef. Et même chose (aïe) pour moi. Pas de collier anti-éthique, dura lex, sed, vous savez… lex.  Laure Albernhe

Le 13 mars 2015 à 17:36

Oh l'autre cuisine !

Oh l’autre. Oh l’autre cuisine ! Ça y est : j’ai réussi mon épineux transfert qui tient presque de la transfiguration proprement dite. L’objectif de l’opération miraculeuse, c’était de repêcher savamment ma chronique de février dernier prévue pour le dossier « Qu’est-ce qu’on mange demain ? » qui était restée misérablement sur la touche, étant donné que, très niguedouillement, j’avais oublié de l’expédier à l’intrépide Jean-Daniel Magnin.Place donc, grâce à mon madré subterfuge, à l’autre cuisine, la cuisine des temps prochains, que devraient mettre à l’honneur, et même magnifier, quelques-unes des recettes de prédilection de Pierre Desproges. Qu’est-ce qu’on mangera d’autre demain ? Des cigales melba et du chat grand veneur. C’est la réponse catégorique de Pierre Desproges. Il l’a fournie, comme un vignoble fournit du vin capiteux, dans sa dernière bombe glacée à retardement : le livre Encore des nouilles qui vient de sortir sous la bannière des Échappés, la maison d’édition de la bande à Charlie, ornée rabelaisiennement de dessins de… Wolinski, Cabu, Tignous, Charb, Luz, Riss (oui, c’est comme dans un rêve zinzin, ils sont tous là, à part Honoré !) Il s’agit d’un recueil des chroniques culinaires tordboyautantes que Desproges a frigoussées de septembre 1981 à novembre 1983 pour « la revue bourgeoise, repue et bien élevée » (dixit sa rédac-chef elle-même Élisabeth de Meurville) Cuisine et vins de France. Des chroniques, rassemblées pour la première fois en volume, qui ne plurent pas alors à tout le monde. Une abonnée fit même savoir à l’état-major du magazine qu’elle ne le lisait plus sans arracher préalablement la page du malotru. Au menu de Encore des nouilles : La cigale melba pour six personnes. « Comptez une douzaine de cigales (de la Havane, ce sont les meilleures). Enfoncez-les vivantes dans un teckel que vous aurez préalablement muselé pour éviter les morsures. Jetez le teckel dans un fait-tout avec deux litres d’eau salée. Quand l’eau frémit, le teckel aussi. S’il se sauve, faites-le revenir avec un oignon. À l’aide d’une écumoire, chassez le naturel. Attention : s’il revient au galop, ce n’est pas un teckel, c’est un cheval. En fin de cuisson, passez au chinois, ou au nègre si vous n’avez pas de chinois. » La recette du chat grand veneur : « Quand le chat pète, le mérou bout et quand le chat bout, le mérou pète. » Et « les salades niçoises concoctées dans la Meuse, surchargées d’olives en carton et de queues d’anchois marron merde où les quartiers de tomates anémiées, sauvagement tranchées à Verdun, à peine épépinées, jamais pelées, se gercent et se racornissent dans cet infâme vinaigre d’alcool où le plus pingre gargotier punit ses cornichons. » Mais qu’est-ce qu’on mangera d’autre demain une fois qu’on se sera gavé de cigales melba, de chats grand veneur et de salades niçoises surchargées de queues d’anchois marron merde ? La réponse vient encore de Pierre Desproges : De la « Petite Sucrée ». Ce qui s’avère être le nom familier du pot-au-feu Marie-Croquette, une recette inédite provenant du cahier de bons conseils familiaux de Monsieur Cyclopède qui aurait fait la joie de Jonathan Swift. « Prendre une petite Marie bien ferme, de 7 à 8 mois environ, si possible élevée au lait sans hormones, afin d’éviter le goût de poisson. L’œil doit être vif, le cuisseau dodu. Compter 500 grammes par personne, avec os. Plongez votre petite Marie dans une cocotte pleine d’eau froide. (Si elle se sauve, faites-la revenir avec des échalotes.) Ajoutez sel, poivre, thym, laurier, hochets, tétines, etc. Quand l’eau frémit, la Marie aussi. Lier alors avec 50 grammes de farine Galia premier âge, ou 30 grammes de moutarde à moutard. Après une demi-heure de cuisson à feu modéré, votre Marie ne doit plus se débattre, et la chair doit être d’un beau rouge vif. Il ne vous reste plus qu’à servir en robe des champs, avec une sauce poulette façon bonne femme, ou en croque-bébé avec sauce biquette. Ce plat est connu également sous le nom de « Petite Sucrée ». On peut aussi le confectionner avec un Jean-Marie : on obtiendra alors un « Petit Salé » ». Mais après-demain, quand on sera à court de cigales, de chats, de salades, de Petites Sucrées, que pourra-t-on bien manger d’autre ? Hé bien, en cette inquiétante période-là, et cette fois, la réponse est de moi, il ne nous restera plus en l’espèce qu’à manger la moitié de nos mots. On peut déjà s’y mettre. Encore des nouilles : Chroniques culinaires, de Pierre Desproges, Illustré par Cabu, Catherine, Charb, Luz, Riss, Tignous et Wolinski, et avec une préface d'Elisabeth de Meurville (éd. Echappés 2014)

Le 6 août 2015 à 08:19

L'orgasme pour toutes

Imaginez que les femmes aient aussi leur Viagra. Que votre chaude-bouillante maîtresse multiplie ses assauts par dix. Que votre épouse aussi d'enthousiasme devant votre belle érection que devant un kilo de poiscaille à vider se mette brusquement à grimper aux stores du loft. Que votre pauvre mère racornie par dix ans de veuvage danse la gigue en allant au Point P. Que votre molle voisine d'open space disparaisse tous les quarts d'heure à l'appel de jeunes stagiaires glandus à moustache naissante. Que votre ingrate belle-soeur devienne subitement devenue folle du cul de la famille. Que votre fille si sérieuse découvre enfin la commodité de sa chambre indépendante d'où vous voyez sortir des tripotées de technocrates à houppette et chaussures pointues... Voilà ce que nous réserve la future pilule de désir Lybrido. Ça agit au bout de trois heures, et son effet NE dure QUE quelques heures ! Qui va tenir la maison, les enfants, le ménage ? Et les courses, les repas ? Bon, ça encore ! Mais qui va coucher avec le plombier, le charcutier, le boulanger, le réparateur de machine à laver, le livreur de Nespresso, le mec du labo d'analyses, le dentiste, le coiffeur, le voisin de droite, de gauche, du dessus et du dessous, le chauffeur de taxi, son patron, ses collègues de travail, les vôtres, le technicien de surface, le conseiller bancaire, le type de la médiathèque, le prof de Qi Gong !!! On nous a déjà imposé le mariage pour tous, on ne va pas laisser passer l'orgasme pour toutes ! Non mais des fois !

Le 25 juin 2011 à 06:40

# 4 - Yesterday - Kay Pop remix - The Beatles - Count Basie VS Booka Shade

Seoul Juke Box

Yesterday, sort en 1965 sur l’album « Help » des Beatles et va devenir la chanson la plus reprise avec plus de 3000 versions et la plus diffusée par les radios du monde. Cet été 1965, le monde est une promesse d’avenir radieux, de jeunes étudiants amoureux se baignent dans le fleuve Han et prennent le soleil en écoutant Yesterday sur un transistor ramené des USA par les GI’s de la base. Cette même année, 3 ans avant 1968, le sociologue américain Seymour Lipset publie une thèse expliquant que la situation dans laquelle se trouvent les étudiants serait  propice à la contestation et à un changement de monde. Au même moment Che Guevara se rend en Corée du Nord et, faisant peu cas de la famine et la torture, déclare que « ce pays est un modèle révolutionnaire auquel Cuba devrait aspirer ». Séoul est à peine plus grand que Bordeaux, la partie sud du fleuve est une campagne marécageuse infestée de moustiques et personne ici ne boit du vin. Et les Beatles chantaient, un truc qui colle encore au cœur, au corps et au slip  : Hier, tous mes problèmes me paraissaient si loinAujourd'hui, on dirait qu'ils sont là dans le but de resterOh, je crois en hierSoudainement, je ne suis pas la moitié de l'homme que j'étaisIl y a une ombre suspendue au-dessus de moiOh, hier est venu soudainement Aujourd’hui on ne se baigne plus dans les eaux sombres et lourdes du fleuve Han. Seul le monstre de « The Host » y montre le bout de sa queue. La base et les Gi’s sont toujours là après le Vietnam, l’Irak, L’Afghanistan. Des millions de Nord Coréens souffrent encore de la torture et de la famine. Les jeunes étudiants manifestent contre le prix des inscriptions à l’université mais ne veulent surtout pas changer le monde. Des milliers de jeunes nantis branchés sud coréens portent des T shirt  avec le visage du Che et surconsomment leur vie en plastoc tandis que leurs pères se rejoignent au Cigar Club pour fumer de gros cubains. Les quartiers ultra modernes du sud du fleuve Han sont dix fois plus grands que Bordeaux. Les moustiques prennent l’ascenseur et se hissent jusqu’au 63ème étage de la tour et viennent sucer le sang sucré de l’élite qui déguste des grands crus de 1965 et réclame au dee-jay Kay d’Orsay dans une nostalgie chic et vintage de jouer le dernier remix de Yesterday, 3001ème version d’un 21ème siècle radieux actif.    (Another Barbarian in Asia – Henry Halfwarm)

Le 24 mai 2012 à 08:24
Le 17 décembre 2011 à 08:23
Le 29 novembre 2013 à 09:44
Le 29 juillet 2015 à 08:29

Nelly Kaplan

Les cracks méconnus du rire de résistance

Fallait-il vraiment parachuter dans la ci-présente rubrique de coups de chapeaux aux humoristes rebelles méconnu(e)s la célèbre fiancée du pirate, axe de référence des pétroleuses des année-barricades, compagne de feu du Théâtre du Rond-Point et de la Cinémathèque française, égérie de Breton, Gance, Mandiargues ? Mais oui, mes tous beaux (comme elle aurait dit à ma place), car l’amazone du désordre harmonieux Nelly Kaplan n’est en général acclamée que pour son brûlot filmique de 1969 La Fiancée du pirate devenu cultissime. La plupart de ses partisans les plus résolus n’ont pas vu son Néa, n’ont pas lu son Manteau de fou-rire, n’ont pas bu ses philtres revergondeurs. À eux de se rattraper, mille chaudrons ! À eux de découvrir les autres « péchés capiteux » de la « reine des sabbats ». Quand un bien-aimé a les papillons noirs, je lui montre Charles et Lucie. « Au début, ce ne sont que deux êtres (Daniel Ceccaldi, Ginette Garcin) noyés dans leur médiocrité, noyés dans le renoncement de ce qui était leur côté le plus étoilé, et qui ont perdu toute capacité de lutte. Ils ne vivent plus, ils « durent ». Et ce n’est que parce qu’ils sont confrontés à la réalité rugueuse qu’ils s’aperçoivent que c’est quand même mieux d’être dans la rue les armes à la main (c’est-à-dire en sortant un peu les griffes). » C’est ainsi qu’alors qu’ils se retrouvent « en-dessous de zéro », sans le moindre complice, sans un sou vaillant, sans une croquette pour se nourrir, sans un fil pour se couvrir, Charles et Lucie réussissent à puiser dans leurs bas-fonds les forces nécessaires pour se gaudir de l’adversité et réélectro-aimanter friponnement leur vécu. C’est ainsi également que lorsqu’on me demande quelle est, pour moi, le moment le plus roboratif de toute l’histoire du cinéma subversif-carabiné, j’évoque invariablement un des points d’orgue du long métrage Néa, une adaptation très déviante dédiée à Charles Fourier du best seller d’Emmanuelle d’Arsan qui a été un satané flop commercial en 1976. Nous sommes à la montagne. En pleine tourmente hivernale, l’éditeur Sami Frey promet à Ann Zacharias, qui veut faire criquon-criquette à l’instant même avec lui, de répondre à son souhait le jour où la neige aura fondu sur le toit de la chapelle se profilant dans les hauteurs (c’est-à-dire dans bien plus d’un trimestre !). Sans sourciller, la gisquette s’en va alors sur-le-champ incendier le sanctuaire. Tous les rapports de Nelly Kaplan à notre société couarde et tempérante battent pavillon dans cette scène. Pour la cinéaste, y a pas à lanterner : « Notre folie doit consister à vouloir plus de ce que l’on peut, mais à pouvoir tout ce que l’on veut. » L’histoire de la vie de Nelly Kaplan illustre grandiosement sa profession de foi de 1979 : « Je pense que l’habitude est l’antichambre de la mort et que c’est dans l’aventure qu’on peut rester vivant. » Née d’un père marinier (qui l’initie lui-même à « l’amour absolu, fou, splendidement gratuit, délirant ») et de mère inconnue, « voyante et voyeuse », Nelly entre à seize ans comme préposée au linge dans une maison de rendez-vous de Shangaï où se confirment ses dons divinatoires (elle lit l’avenir dans les gouttes de « liqueur de flux charnel »). Elle partage ensuite ses loisirs entre l’exploration de terrae incognitae, l’apprivoisement de fleurs carnivores en vue d’une rénovation de l’accouchement sans douleur, la lutte armée en Amérique latine, l’érotisme expérimental pratiqué sur des tortues géantes et la rédaction, sous le pseudonyme de Belen, de fééries profanatrices (Le Collier de Ptyx (1971), Le Réservoir des sens (1966), et son autobiographie, Les Mémoires d’une liseuse de draps ou Un manteau de fou-rire (1974)) dans lesquelles les puissances du mal des récits des autres – revenants, grands galactiques, gourgandines, magiciens noirs, androïdes, fées Carabosse, vampires – ont les plus minouches intentions qui soient et ne supplicient que des franches crapules. Sous son propre nom, Nelly frigoussera aussi plus tard les sulfureux Aux orchidées sauvages (1998), Ils furent une étrange comète (2002), Cuisses de grenouille (2005), Et Pandore en avait deux ! (2008) et livrera sous le titre Mon cygne, mon signe sa correspondance libidineuse secrète avec Abel Gance, réalisateur hallucinant et bien plus anarchisant qu’il n’y paraît de J’accuse et de La Fin du monde. Et puis, à sa façon, Nelly Kaplan débauche le septième art en y apportant sa féroce clairvoyance de serpent moucheté, sa décapitante haine des bonnes mœurs et des génuflexions, sa scandaleuse beauté, son goût très vif des puits défendus, son humour écorcheur de chatte-tigresse et son pouvoir mandrakien de faire feu (de joie) de tout bât. Après quelques courts métrages héliothérapiques (dont À la source, la femme aimée, que la censure a clandestinisé), notre chasseresse de snarks fait apparaître avec sa baguette de macralle ses trois comédies-guérilla historiques La Fiancée du pirate (1969), Néa (1976), Charles et Lucie (1979) condamnant au bûcher ce que Dostoïevski appelait « les échasses du devoir et de la morale ». À visionner encore : Papa, les petits bateaux (1971) dans lequel une freluquette bettyboopante fait échouer ravisseurs, guignolos et parents sur les brisants de ses toquades. Et Pattes de velours (1981) qui file une belle rincée aux codes agathachristiques du whodunit. Tout c’qu’y a à dire sur le cinoche d’aujourd’hui, Nelly-Belen le dira dans son manifeste de 1976 Paroles… elles tournent ! : « Poétesses, à vos luttes ! Sorcières, à vos balais ! Pour une création androgyne, douce ou amère, mais violente ! ».

Le 25 décembre 2014 à 09:17

Rester vivant, de Yves-Noël Genod

Déclaration d'amour d'une spectatrice

Oui c'est infiniment beau. C'est le geste théâtral de Yves-Noël Genod et de ses hôtes magiciens au son, à l'image et d'une magicienne sculpturale, furtive passante insaisissable et du diablement père spirituel et charnel, ce génial Charlot métaphysique grandiose de la poésie, qui sait puissamment piétiner ce qu'il adore. Vous serez dans la chute d'Alice au fond du trou du Pays des merveilles, et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous serez dans le ventre de la baleine aux côtés de Jonas et de Pinocchio et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous serez dans la soute du navire qui traverse le Styx avec un Charon millénaire et sans âge, enfantin, grâcieux, délicieux, fils d'Hélios le Soleil et de Gaïa la Terre, et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous serez dans l'Atelier imaginaire de Léonard de Vinci qui peint, pense, s'envole, Joconde... et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Ici la couleur du silence prend cette teinte douce, ouatée, de ce noir plein d'âmes qui nous emporte dans un “on ne sait où“ fabuleux . Il y a un "Noir Genod“, comme il y a un “Noir Soulages“ ou un “Bleu Klein“. C'est une nouvelle mythologie qui s'invente devant nous. Elle est faite de notre fibre la plus humaine et la plus prodigieuse, du meilleur et du pire de nous toutes, de nous tous. C'est un voyage hors du temps et dans le temps, hors du texte et dans le texte, sans corps et comme si on entrait dans le corps de cette voix dont le clavier va et vient, ose des basses presque obscènes, monte en spirale jusqu'à des cieux que même Borges n'aurait pas su écrire. Ne manquez pas cette rencontre, cette chance d'être AVEC ce geste exceptionnel qu'est le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous êtes à Paris, la plus belle ville du monde avec tout près de vous vivant, si vivant le plus magnifique geste de théâtre du monde. Vu trois fois ce “Rester vivant“. Je reviendrai. Non je ne suis pas folle, non je n'exagère pas, tous les gens que j'ai amenés avec moi vous le diront... : ) Vivante, je le suis encore plus que jamais par ces rendez-vous réussis ! Ne les ratez pas ! > Rester vivant, un spectacle d'Yves-Noël Genod

Le 15 septembre 2010 à 14:40

Patron de la Culture, tiens bon !

Conseil Citoyen 9

Depuis longtemps déjà, patron dans la culture, Tu diriges pépère une grosse structure Vendant et achetant à tes alter egos Des spectacles souvent qualifiés d’inégaux, Mais que toi tu défends comme étant « Grand Public ». Ce dont se satisfont tes soutiens politiques.   Cette rentrée pourtant te voit le souffle court. La femme d’un copain qui travaille à la cour T’a laissé sous entendre en sortant d’un dîner Qu’on évoque en haut lieu de te déboulonner. Depuis tu ne dors plus. Mais pourquoi tant de haine ? Qui peut vouloir ta tête et ton beau CDN ? Sait-on que tu as dit de cette région centre Où tu as tes fonctions et qui t’accueille en chantre: « Ce centre national est vraiment dramatique » ? Ce bon mot aurait-il engendré la réplique ? Que faire ou bien que dire avant que l’on t’évince ? Comment retrouver l’ombre et l’oreille du Prince ?   Saches-le, pour entrer encore au ministère Le sésame a deux mots: Restrictions budgétaires ! Ainsi, pour tes acteurs, sous-traite à l’étranger Dans un pays bien pauvre et juste ravagé Par une pandémie ou un puissant séisme. Politiquement neutre et emprunt d’exotisme Ton acte humanitaire, engagé, philanthrope, T’offrira du crédit jusqu’aux fonds de l’Europe. Choisis des spécimens assez haut en couleurs, Quelques femmes jolies, sans être racoleur, De ces jeunes qui rêvent d’atterrir en France. Aller les dénicher te fera des vacances. Qu’ils sachent bien bouger et prendre l’éclairage. Le texte quant à lui sera, en sous-titrages, Une histoire du cru traduite à ta façon Dont tu encaisseras ainsi l’adaptation. Paie-les en défraiements, ils ne s’en plaindront pas Et seront même heureux de sauter les repas Et de glorieusement reprendre leur charter Avec ce qui chez-eux vaut un an de salaire. Veille bien cependant qu’aucun d’eux ne se pique De vouloir demander l’asile politique. Bien sûr que des copains te trouveront réac, Tu feras des jaloux au sein du Syndeac, Qu’importe, il faut durer et tu pourras peut-être Finir en commandeur et des arts et des lettres.

Le 30 août 2015 à 07:51

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Comment se baigner en Bretagne ?

Pour se baigner en Bretagne, il n'est pas nécessaire d'avoir inventé l'eau chaude. Il faut y aller progressivement, un peu comme on s'apprête à plonger dans une baignoire remplie de piranhas. Par contre, chose rassurante, il n'y a pas de piranhas en Bretagne, rien que des méduses qui dérivent au fil du courant. Comme je le disais plus haut, il faut y aller progressivement. Premier jour : découverte de la plage et de ses habitants. Si la mer n'est pas là, c'est qu'elle s'est retirée : elle a comme ça des élans de pudeur qui l'amènent à prier pour les marins disparus. Deuxième jour : on mouille ses pieds sur le rivage. Oui, l'eau est froide. Le Gulf Stream n'est pas arrivé jusqu'à vous, tant pis. Oui, vous pouvez crier, si cela vous soulage. Troisième jour : tentative d'immersion jusqu'aux genoux ; au-delà, ce n'est pas raisonnable, à moins de porter un maillot fourré. Quatrième jour : vous commencez à vous habituer, l'idée vous vient de vous immerger jusqu'à la taille, ce que vous faites, et là, comme dans une illumination, vous comprenez ce qu'ont pu éprouver les naufragés du Titanic, bien qu'ils portassent leurs vêtements ce jour-là. Cinquième jour : il n'y en a pas ; il fait un temps de cochon, la mer est déchaînée comme une meute de gros chiens fous. Sixième jour : le soleil revient ; vous êtes dans l'eau jusqu'au cou, autant dire qu'il vous faut à présent imaginer que vous vous baignez en Corse ou en Sicile. Septième jour : enfin, dotée d'une belle inconscience et d'un sacré coup de soleil dans le dos qui vous fait ressembler à un touriste hollandais, vous vous élancez dans l'eau sans craindre l'hypothermie ! Vous êtes parvenu à vous baigner en Bretagne. Vous êtes un champion. Il ne vous reste plus qu'un jour de vacances. 

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