Geoffroy Monde
Publié le 19/01/2012

Dreameet.com


Geoffroy Monde est magique depuis 2004 et a souvent été élu meilleur espoir. Il raconte tout ça dans des albums publiés aux éditions Lapin et sur son blog Saco : Pandemino. Des fois, il ment. 

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Le 22 janvier 2012 à 08:49

Crac boum hue!

Dans le métro parisien, cette semaine. Les gars, pas tout jeunes, sont entrés à la station Saint-Jacques. Chapeautés de feutres noirs, ils étaient vêtus de costumes de même couleur. Le plus grand s’est adossé à une portière opposée au quai et le petit, plus énergique, a fait une pirouette en s’accrochant à la barre centrale. Puis il a commencé une sorte de monologue, assez comique, sur la conjoncture, la crise et le déficit. Instinctivement, beaucoup des voyageurs occupant le wagon – on était en début d’après midi – avaient tourné la tête vers l’infini, jouant mal l’indifférence. D’autres semblaient amusés, un peu… Sur la banquette, en face de la mienne, était assise une jolie femme, au chic bourgeois et raffiné. Comme c’est la mode depuis quelque temps, elle avait gainé ses jambes de bas noirs qui, je dois l’avouer, troublaient quelque peu la lecture du volume d’austère littérature que je tenais entre les mains. Mes pensées étaient ailleurs… Ma voisine était sérieuse, trop, et ses jolis yeux ne trahissaient aucun passage de folie passagère sous ses cheveux auburn… Méfions nous de l’eau qui dort ! Les deux lascars musiciens avaient enchaîné coup sur coup deux tubes de Jacques Dutronc. Qu’ils chantaient bien et qu’ils étaient drôles ! Un début de sourire se dessina sur le visage de ma voisine puis elle sourit franchement, aux anges ! Et elle se mit à chantonner tout doucement : « Moi, j’ai un piège à fille, un piège tabouuuuuuu ! Qui fait crac boum hue ! Un joujou extra ! » Croyez-moi si vous voulez, mais certaines bourgeoises ne sont vraiment pas sérieuses. Et c’est vachement bien.

Le 3 novembre 2011 à 07:12
Le 27 octobre 2011 à 08:43
Le 18 mars 2012 à 08:31
Le 9 juin 2010 à 13:00
Le 13 octobre 2014 à 08:23

Leurs mains comptaient cinq doigts

Dans la nuit du 5 au 6 hyuz, Trdm Krzt affirme avoir été enlevé par des jouglas bleus. Voici son témoignage : « Il faisait un pyrex pas possible cette nuit-là. J’étais posté à la fenêtre de ma chambre à prendre l’air quand soudain j’aperçois une sorte de Dzoing volant, carré comme un huissier. Dans un grand vacarme, l’engin se pose à une centaine de mètres de ma demeure et en descend trois jouglas bleus d’une taille impressionnante – ils faisaient dans les deux prouks, deux prouks et demi, chacun. Après s’être étirés, ils se mettent à marcher d’un pas lent à inspecter les lieux. Bientôt, je réalise qu’ils se dirigent vers chez moi. Je me rue sur mon secrétaire et me saisis de mon Katrol 38. Ils sonnent à la porte. J’ouvre en braquant mon Katrol sur eux. Effrayés, ils lèvent leurs longs bras vers le ciel. L’un d’entre eux me dit dans une langue très étrange (la réplique a été captée par le EIM - Enregistrement Intra Muros) : - Pogrul loumirnie dotru. Castre pryst tombolot acite grouza im potiron ! A quoi je réponds : - Je ne comprends rien à ce que vous racontez. Allez-vous-en ! C’est alors qu’un deuxième se met à s’exprimer avec les mains – qui comptaient cinq doigts ! Je comprends enfin qu’ils cherchent un toit pour la nuit. Pour prouver leur bonne foi je suppose, le troisième sort de sa poche un billet vert et me le tend. Le billet ressemble beaucoup, mais en bien plus petit, aux diplômes qu’on accroche fièrement dans nos salons. Toujours en braquant mon Katrol sur eux mais avec moins de véhémence, je leur fais signe d’entrer en leur demandant d’enlever leurs zobasses avant de franchir le seuil. Puis, comme le veut la tradition, je leur sers un Partzel au chocolat. En les observant siroter leur boisson je finis par les trouver touchants et sympathiques. A un moment donné, il y en a un qui a voulu se prendre en photo avec moi. « Selfie ! Selfie ! » qu’il a crié automatiquement… Ensuite, somnolent et quelque peu rassuré, je prends congé pour aller me coucher, les laissant dormir dans le salon… Le lendemain matin, j’ouvre les yeux dans un endroit qui m’est parfaitement inconnu. Je suis attaché sur un chariot de la tête aux pieds. On m’a probablement anesthésié car je ne sens rien et je peux à peine bouger. Des jouglas bleus vêtus de blouse blanche s’affairent autour de moi. Je regarde dehors, il y a une sorte d’immense suppositoire qui s’apprête à décoller. A moitié endormi, je demande à l’un des jouglas bleus en blouse blanche – une  meuf – où est-ce que je me trouve. N’ayant pas l’air d’avoir saisi ma question, elle me répond par une autre question, laconique :  - Nasa ? Je fais non de la tête – « non, je ne veux pas faire pipi » – et je me rendors. Quand je rouvre les yeux, je me retrouve cette fois-ci chez moi, dans mon lit, avec une énorme tache violette à l’avant-bras… » A la question « comment décririez-vous les jouglas ? » Trdm Krzt répond : « Les jouglas sont bleus. Leur planète est bleue. Chez eux tout est bleu presque. Bleu comme la tristesse. »

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