L'Université populaire de Caen
Publié le 30/01/2012

Michel Onfray : "Il faut se défaire des passions tristes"


Le post-anarchisme - 8

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La pensée anarchiste est riche de potentialités à réactiver. La légende du socialisme libertaire mérite , comme toutes les légendes, une déconstruction afin de rendre à cette force de frappe intellectuelle et politique toute sa puissance contemporaine. Il s'agit de pratiquer le droit d'inventaire dans un corpus foisonnant et contradictoire : l'individualisme de Stirner ou le collectivisme de Kropotkine ? Le pragmatisme de Proudhon ou l'utopie débridée de Fourier ? La pruderie de Sébastien Faure ou le libertinage généralisé d'Emile Armand ? Le millénarisme de Godwin ou le municipalisme de Bocklin ? La violence de Ravachol ou le pacifisme de Reclus ?"

Michel Onfray

ventscontraires.net diffuse en feuilleton la conférence de Michel Onfray sur le post-anarchisme, donnée au Théâtre du Rond-Point avec l'Université Populaire de Caen
> L'intégralité de la conférence est disponible dans un coffret 4 Cd édité par Frémeaux et Associés
> Captation diffusée par Cinaps TV, la chaîne de la culture et de la connaissance (disponible sur la TNT en Île-de-France)


"L’UP de Caen se décentralise – à Paris... D’une manière ironique et politique, toute l’équipe vient visiter la province qu’est Paris pour lui montrer qu’on peut résister à la veulerie contemporaine, dans laquelle excelle souvent la capitale, en reprenant le flambeau de la résistance intellectuelle et culturelle au triomphe sans partage, ou presque, de la barbarie libérale." Michel Onfray 

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Le 1 avril 2010

Michel Onfray

Les grands riards

Depuis six mois Michel Onfray «décentralise» l'Université Populaire de Caen vers Paris, plus précisément au Théâtre du Rond-Point. Expérience positive, elle sera renouvelée la saison prochaine. Pour l'heure, il nous parle des philosophes qu'il préfère : ceux qui savent rire."L’histoire de la philosophie officielle aime les pisse- froids, les tièdes, les raseurs, les émétiques, les verbeux, les tristes figures, les barbants, les phraseurs. Nul besoin de donner les noms, la liste se superposerait à celle des auteurs officiels des programmes scolaires ou à celle des habituels totems universitaires. Or il existe une autre histoire de la philosophie, non officielle. Elle  n’est ni enseignée, ni éditée, ni traduite, ni diffusée, et pour cause : elle est subversive, elle défend le corps et la chair, le vin et les femmes, la vie et l’amour, la table et l’amitié, le théâtre et la poésie, le voyage et la musique, elle moque les puissants et rit des Princes, elle raille les honneurs et méprise l’argent, ces sucres d’orge des esprits bas. Dans cette liste dont l’origine remonte au VIe siècle avant l’ère courante, on ne trouve que les grands « riards » comme dit Montaigne qui en fait partie, à savoir : Démocrite et les matérialistes, Diogène et les cyniques, Aristippe et les cyrénaïques, Philodème de Gadara et les épicuriens, Carpocrate et les gnostiques, Quintin Thierry et les Frères du Libre Esprit, Montaigne donc, Cyrano et les libertins, puis une pléiade de mauvais garçons dont les derniers furent, après Nietzsche, Foucault, Deleuze et Guattari. Rire, voilà à quoi il faut philosophiquement tendre : rire des puissants et de leurs hochets, rire des politiques et des importants, rire des présidents de ceci, des roitelets de cela, rire des icônes du marché, rire du barnum télévisuel, rire des journalistes, ces demi-habiles qui jouissent d’un pouvoir sans contre-pouvoir, la définition de toute tyrannie, rire des sportifs, rire des philosophes en chambre, des penseurs en toc, rire des curés, de tous les curés, rire des dévots des religions, de toutes les religions, rire des uniformes, rire des partis, rire des uniformes, rire des écoles, rire des chapelles, rire du vulgaire de la plupart des comiques qui ne savent pas rire, rire des rubans à la boutonnière, rire des ministres, rire des professeurs qui n’aiment pas leur métier, rire, rire, rire….Et pour ce faire, philosopher en ayant présente à l’esprit l’invite rimbaldienne qui suppose « la philosophie féroce »…"Michel Onfray, philosophe, fondateur de l’Université populaire de Caen> l'Université populaire de Caen au Rond-Point

Le 24 février 2017 à 09:29

Nicolas Truong, intervieweur interviewé #2

Il conçoit et met en scène "Interview", avec Judith Henry Nicolas Bouchaud : l’interview qu'il connaît bien pour le pratiquer lui-même, comme lieu théâtral à explorer Après Projet Luciole, voyage dans la pensée critique et philosophique contemporaine dont j’observe par  passion et profession les contours depuis vingt-cinq ans, Interview est également une façon de partir de mon  expérience et de mettre en scène une partie de ma propre pratique : celle d’un journalisme d’idées qui ne cesse d’utiliser cette figure imposée du métier, cet exercice de style médiatique, cet art de l’accouchement des  pensées. Inépuisable matière à situations de jeu, lieu d’une rencontre, expression d’une parole solidement bâtie – parfois totalement réécrite – ou de l’improvisation orale, l’interview s’impose assurément comme un singulier théâtre de la parole qui appelle pour ainsi dire le plateau.   Le fil scénique du projet repose sur des entretiens réalisés avec des interviewers menés par les comédiens et moi-même. Nous sommes allés à la rencontre de la journaliste Florence Aubenas, de l’écrivain Jean Hatzfeld, du sociologue Edgar Morin, du médiologue Régis Debray et des cinéastes Raymond Depardon et Claudine Nougaret. Nous les avons interrogés sur leurs façons de questionner, d’approcher, de mettre en confiance leurs interlocuteurs. Comment s’adresse-t-on à un sportif, à un paysan, à un jeune des cités, à un tueur de masse ou un rescapé ? Comment recueille-t-on la parole des gens ordinaires dans la France périphérique d’aujourd’hui ou dans l’ex-Yougoslavie en guerre ? Comment fait-on parler un routier ou un politicien ? Et le résultat est passionnant. Car  cette parole est inédite. Mis à part les albums souvenirs des interviewers starisés de la télé, les propos de ceux  qui questionnent sont rares. Et ils nous apprennent beaucoup de ce qu’est devenue la parole aujourd’hui, sur la façon dont on fabrique les  « bons clients » qui reviennent tout le temps dans les médias par leur bagou et leur art oratoire. Judith Henry  et Nicolas Bouchaud sont donc partis avec moi rencontrer ces artistes de la rencontre. De ces discussions est  né un texte, principalement composé de ces entretiens. Judith et Nicolas sont donc tour à tour Jean Rouch et  Edgar Morin (qui nous a donné accès aux rushs du film Chronique d’un été), Florence Aubenas et Jean Hatzfeld, Claudine Nougaret et Raymond Depardon.   Il s’agira bien sûr de mettre en scène les différentes figures de l’interview. De jouer avec, et de voir ce que l’interview fait au jeu : entretiens célèbres appréhendés du seul point de vue de l’intervieweur ; montage qui  tronque un entretien ; intervieweur finalement questionné par l’interviewé, pure gestuelle de dialogues, etc. Mais aussi de dessiner un portrait de l’intervieweur. Et de raconter une histoire, de composer un récit, celui  de l’acheminement vers la parole qui aboutit à l’urgence et à l’éloge du silence dans le monde du bavardage généralisé. Nicolas Truong

Le 1 avril 2010

Michael Cashman

Best coming out of the year

A quoi pense Michael Cashman à ce moment-là ? Qu’il est heureux d’être britannique ? Qu’il a cinquante-neuf ans et que c’est peut-être mieux que d’en avoir vingt en ce moment ?Qu’au temps où il était comédien, un Oliver Twist de comédie musicale puis un héros des soap de la BBC, il en a improvisé des scènes, mais des comme celle-là, jamais ?Qu’il est moins sûr de changer le monde qu’il y a dix ans, quand il entrait en politique et se faisait élire député européen du parti travailliste ?Qu’il n’avait jamais rêvé de venir à Luanda (Angola), même en novembre ?Que les débats sur la jeunesse et la liberté sexuelle, ça tourne toujours mal ?Qu’il voterait des deux mains l’envoi du contingent sur l’Ouganda qui vient de décréter la prison à vie, et dans certains cas la peine de mort pour les homosexuels, mais aussi trois ans de prison pour les parents qui ne dénoncent pas leurs enfants et la même chose pour les professeurs qui ne préviendraient pas la police dans les 24 heures?Que l’Ougandais qui parle à quelques rangées de lui dans cette assemblée sans pouvoir réunissant représentants de l’Afrique, des Caraïbes et de l'Europe, il lui mettrait volontiers  son poing dans la figure ?  Que le Malien qui défend l’Ougandais, au motif que la Suisse proclame chez elle l’interdiction des minarets, va s’en prendre une lui aussi ?Que celui d’à côté qui dit que l’homosexualité est un crime contre l’humanité, il va lui montrer ce que c’est qu’un crime? Difficile à dire ce qu’il pense.Finalement il se lève et déclare : « Je  m’appelle Michael Cashman, je suis député britannique et je suis homosexuel ».

Le 11 octobre 2011 à 09:03

Les Yes Men

sur ventscontraires.net

Andy Bichlbaum et Mike Bonanno, interrogés par ventscontraires.net, nous livrent leur conception du rire de résistance.Héros du Net, activistes altermondialistes héritiers des situationnistes ou de Fluxus, les Yes Men ont porté la pratique du canular politique à son apogée en se faisant passer pour des représentants des multinationales, de l'OMC, cible privilégiée de leurs provocations hirsutes. "Le rire de résistance est notre outil de prédilection pour des raisons pratiques. Notre but est de créer des événements – ou des situations – qui agissent comme vecteurs capables de véhiculer au plus grand nombre possible de gens des messages importants à nos yeux. Nous les faisons d’habitude en collaborant avec – ou, pour les esprits romantiques, en piratant – les médias dominants. Vu le fonctionnement de ces médias, il ne suffit pas qu’un événement soit important pour qu’il soit couvert. Il lui faut au moins « être officiellement » important (une déclaration présidentielle), ou violent ou drôle. Nous nous en tenons à cette dernière option. Notre plus grand succès avec cette technique eut lieu en 2004. Les médias américains (et français) auraient bien volontiers ignoré le vingtième anniversaire de la plus grande catastrophe industrielle de l’Histoire – la catastrophe de Bophal – même si la date suivait de près un événement d’importance : l’achat d’Union Carbide par le groupe Dow Chemical. Cette coïncidence avait redonné espoir aux militants de cette cause. Quand nous avons été alertés par leurs soins, nous avons utilisé l’humour afin de propager la nouvelle auprès des médias – avec pour résultats plus de 900 articles dans les médias américains…"The Yes Men

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