Nous avons aimé
Publié le 29/01/2012

James Castle, artiste sourd muet et sans doute autiste


à la Galerie Karsten Greve jusqu'au 17 mars 2012


James Castle est né une année avant la fin du XIXe siècle. Il n'a jamais su parler, lire, écrire, signer ou lire sur les lèvres. Il a vécu avec ses parents dans l'Idaho, USA. Son père fermier tenait aussi le bureau de poste dans le village. James Castle y récupérait emballages, cartons et brochures publicitaires pour les utiliser comme du papier à dessin. Il préparait sa palette en mélangeant de la suie, du papier crépon et de la salive, et dessinait à l'aide d'une baguette de bois taillée ou d'un carton souple roulé.

Il a dessiné les bâtiments dans la campagne, les maisons, les granges et les clôtures. Ses maisons et ses intérieurs avec poële à charbon ou cheminée ont la précision fantômatique de ces images qui restent un instant imprimées au fond de la rétine. On ne sait comment il s'y est pris mais s'il le veut il maîtrise parfaitement la perspective. Les êtres humains, lorsqu'il les fait entrer dans ses dessins, ont l'air posés les uns à côté des autres, encapsulés par une chrysalide. Peut-être est-ce ainsi qu'il se percevait lui-même. Il recopiait fasciné les lettres de l'alphabet et les chiffres, réalisait des livres, des sculptures ou des collages avec tout ce qu'il pouvait récupérer.

Son travail a été reconnu une quinzaine d'années avant sa mort en 1977 et il a pu ainsi assister à sa première exposition personnelle au Musée de Boise, dans l'Idaho. C'est depuis 2009 qu'on a redécouvert son travail.

Courez à la galerie Karsten Greve, 5 rue Debeylleyme dans le Marais à Paris, une partie de son œuvre y est rassemblée jusqu'au 17 mars 2012.
Vous n'imaginez pas le nombre de manuscrits, de films, de livres, de projets que le Rond-Point reçoit chaque mois. Et parmi ces monticules, il y a des perles qui n'ont pu trouver place dans la programmation déjà très fournie du théâtre. La tête pleine de pages vibrantes et le cœur chaviré, nous publions ici ce que nous avons aimé et que nous désirons vous faire partager.
 

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Le 12 novembre 2011 à 08:24
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