Lucien Verneuil
Publié le 01/02/2012

Mes adieux à Sarko


Chanson inspirée de Gains...barre

Je suis venu te dir’ que tu t’en vas
Angela n’y pourra rien changer
comm’dit si bien, Villepin t’es un mauvais
je suis venu te dir’ que tu t’en vas

tu t’souviens des votes anciens et tu pleures
tu suffoques, tu blémis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais
oui je suis au regret
d'te dir'que tu t’en vas
oui t’en fais trop, oui, mais- je suis venu te dir'que tu t’en vas
tes sanglots longs n'y pourront rien changer
comm'dit si bien Hollande, hall du Bourget
je suis venu te dir'que tu t’en vas
tu t'souviens des cons peureux et tu pleures
tu sanglotes, tu gémis à présent qu'a sonné l'heure
Une veste à jamais
oui je suis au regret
d'te dir'que tu t’en vas
car tu nous en as trop fait

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Le 1 juin 2010 à 16:14

« Quand Nicolas Sarkozy nous donne des leçons de maîtrise budgétaire, c'est un peu M. Madoff qui administre quelques cours de comptabilité ».

Martine Aubry, Convention nationale du PS, samedi 29 Mai 2010

Quand la première secrétaire lâche une blague de ce genre elle fait un tabac chez tous les sarkophobes, et ça fait plus de monde qu’il n’en faut pour gagner une primaire présidentielle. Dans le sérail socialiste, il est connu et répété que ce bon mot lui a été soufflé par un spécialiste maison, Guillaume Bachelay, qui est un peu à gauche ce qu'André Santini est à droite.Une aide précieuse, car lorsque Martine Aubry est livrée à sa seule inspiration le trait s’épaissit. En 2006, elle commenta la candidature à la candidature de Ségolène Royal en ces termes : « Il faut proposer un autre modèle aux Français. Donc le problème n’est pas de leur plaire, pas de savoir si on a les bonnes mensurations ».Il est vrai qu’au jeu des « autant demander à », le risque de dérapage est à la mesure du désir de nuire. C’est ainsi que Jean-Marie Le Pen commit en 2007 cet aphorisme d’un goût exquis : « Confier à Jacques Chirac des responsabilités en matière écologique reviendrait à confier la protection de l’enfance à Dutroux ». Dans un registre plus convenable, mais peut-être plus convenu, il faut retenir un éditorial non signé de Lutte ouvrière : « Sarkozy prétend moraliser le capitalisme : autant demander du lait à un bouc » (Août 2007).Ce filon rhétorique du comparatif assassin devrait, grâce à Martine Aubry, s’enrichir de nouvelles perles dans un avenir proche.

Le 24 janvier 2011 à 13:15

Prévisions météo pour l'année 2011

Raz-de-marée de sondages et intempéries médiatiques attendus

Après un mois de janvier mitigé, les premières avaries chiffrées se dessineront début février. Progressivement, la masse média statisticienne envahira le pays. Les chiffres se feront plus fréquents, leur probabilité élevée de 80 à 85% avec des pointes pouvant atteindre par endroits 100 à 140%. La pensée critique restera couverte sur l’ensemble des régions malgré ici ou là quelques timides éclaircies. La rigueur sera aussi de mise pour échapper au brouillard sur les débats d’idées et au gel des programmes. En effet, un risque de verglas sur les conceptions politiques concrètes, innovantes et participatives est à craindre. Toutefois, en milieu d’année, après les premières transhumances estivales, un anticyclone journalistique arrivant par le pourtour méditerranéen nous apportera une embellie saisonnière. Les enquêtes ciblant des panels d’électeurs baisseront en température. Selon toute vraisemblance, la période favorisera de fortes vagues d’opinions positives caniculaires. A cette alternance de courte durée succédera un temps dépressionnaire. Les sondages d’opinion violents viendront souffler à plus de 40 nœuds accompagnés des pertes de points en rafale. Certains candidats devront donc s’attendre à de fortes chutes d’intentions de vote. Une avalanche de livres politiques s’abattra alors du nord au sud et de l’est à l’ouest, pleine de convictions brumeuses. Le degré de pessimisme ambiant gagnant le territoire, l’ambiance sera électrique, les orages verbeux éclateront progressivement. Une France soumise à la tempête numérique guettera fiévreuse, l’ouragan présidentiel, plus très loin désormais…  Conseils de Prévisions Météo : abritez-vous ! Si vous devez absolument mettre le nez dehors, sortez couvert. En cas de vents contraires, n’hésitez pas à retourner votre veste.

Le 22 septembre 2011 à 17:33
Le 11 novembre 2011 à 08:02
Le 1 septembre 2010 à 11:11

"Je subis depuis deux, trois mois une sorte de lapidation médiatique assez impressionnante"

Eric Woerth, ministre du Travail, interview dans Le Parisien/Aujourd?hui, lundi 30 août 2010

C’est sans doute sa contribution personnelle à la campagne de solidarité en faveur de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, cette iranienne condamnée à la lapidation pour un adultère dont l’aveu lui a été arraché – dans les divers sens du terme – par ses bourreaux islamistes. Plus que de la sympathie, de l’empathie. Ceux qu’un tel parallèle révolte n’ont pas dû prendre la mesure de l’extrème gravité du sort particulier d’Eric Woerth. Au moment où il s’exprime Sakineh attend, dans sa cellule de la prison de Tabriz, confirmation de la sentence par un tribunal islamique, alors que lui est en cours d’exécution, sans aucun sursis du tribunal médiatique. Une crauté sans nom. En Iran, le supplicié a le corps demi-enseveli exposé aux lanceurs de pierres, mais au moins on lui recouvre le visage. En France, au lieu d’objets contendants – ni trop petits, ni trop gros pour faire durer l’agonie – on arrose de « papiers » confondants – ni trop courts, ni trop longs – on bombarde de sons et d’images à heures fixes, sans que le malheureux puisse y échapper, faute d’avoir été rendu sourd et aveugle par une toile serrée autour de son cou. Et tout ça pour quoi ? Pas même un adultère, il aurait juste été trop attentif au sort de son épouse, et peut-être trop attentionné envers un bienfaiteur de son parti, décoré de la légion d’honneur. Que de la générosité. C’est ainsi que cet homme est grand.

Le 4 mai 2011 à 10:30

Mille colombes au Fouquet's

Entretien avec Christophe Alévêque

Franco Bolli : Alors les mille colombes, qu’est-ce que c’est ? Christophe Alévêque : C'est un mouvement de résistance ludique né le 6 mai 2007 à 23h15 suite à l’apparition de Mireille Mathieu sur la place de la Concorde. Nous étions devons nos écrans de télévision et là on s’est retrouvé avec Mireille Matthieu, Enrico Macias, Gilbert Montagné et Jeane Manson. On a cru qu’on était en mai 60 mais non, on était en 2007. Et quand l’icône des Japonais a décidé de chanter « mille colombes » là  je me suis dit « ça commence très très mal, c’est le début d’une longue série. » Et effectivement, ça a été le cas : la première grosse connerie d’une longue série. Ensuite, il y a eu la soirée au Fouquet’s, alors on a décidé de grouper les deux et de faire une sorte de madeleine de Proust mal digérée : le Fouquet’s  + Mireille Mathieu = mille colombes. Tous les ans, on se réunit pour fêter l’anniversaire du petit devant le Fouquet’s. Et  cette année, c’est les 4 ans. FB : Cette édition pourrait être la dernière ? CA : Normalement, c’est le dernier anniversaire du Petit devant le Fouquet’s, étant donné que le 6 mai 2012 sera le deuxième tour des présidentielles mais on n’est à l’abri de rien. Cette année, il y aura les classiques : on va chanter faux tous ensemble, il y aura une fanfare, un gâteau d’anniversaire, une distribution de billets de 500 euros pour relancer le pouvoir d’achat et puis quelques surprises. Il est possible que je fasse une tentative d’immolation. FB : Comment se sont déroulées les premières éditions ? CA : Ce qui est important, c’est qu’on ne fait pas ce rassemblement pour se compter : c’est un geste, une réaction. La première année, on était 50 devant le Fouquet’s et on a ri autant sinon plus que les autres années. L’idée, c’est de faire un pied de nez devant cet endroit qui est une sorte de succursale de l’Elysée. On n’a jamais été emmerdé par les forces de l’ordre. Les responsables du Fouquet’s ne peuvent rien dire : le trottoir ne leur appartient pas et ce n’est pas ça qui va leur faire perdre leur clientèle de Japonais. La première année, c’est limite si le type des RG n’est pas venu chanter les mille colombes avec nous. Ce n’était pas l’heure et l’endroit pour lui mais ce n’est pas le cœur qui lui manquait. La première année il y avait 2 ou 3 cars de CRS mais ils ont compris que c’est un mouvement de résistance ludique et qu’on n’est pas là pour foutre la merde. FB : Quel est le message que vous souhaitez faire passer ? CA : Le message politique qu’il y a derrière tout ça, c’est de résister en se moquant d’eux et puis le fait de le répéter, ça permet de ne jamais l’oublier. Ils ont essayé d’effacer ce moment du concert de la Place de la Concorde  qui était pathétique à mourir. Le Fouquet’s qui était le premier geste d’une grande série de maladresses du Président de la République, ils ont essayé de le gommer plusieurs fois. Nous, on est là pour le réécrire à chaque fois qu’ils veulent l’effacer. FB : Avec ce genre d’actions, ne courez-vous pas le risque de vous fermer des portes au niveau des médias ? CA : Je fais ce que je considère comme mon métier de pitre social jusqu’au bout. Certainement, ça me ferme des portes mais tant pis. Je trouve que l’époque est apathique, consensuelle, lisse. Tout le monde est dans la peur et dans l’angoisse et c’est ce que j’essaie de dénoncer donc  si je ne suis pas le premier à le faire, il y a un truc qui merde. FB : Si Nicolas Sarkozy est réélu, pourriez vous accepter un Ministère d’ouverture ? CA : Il y a un peut-être un Ministère que je pourrais accepter, c’est celui de la suppression de l’élection présidentielle. FB : Quelle alternative proposez-vous? CA : On peut penser à une forme de constituante. On vit dans une sorte de monarchie républicaine et un seul homme porte beaucoup trop de pouvoirs et de puissance dans ce pays donc si on tombe sur le mauvais comme c’était le cas il y a 4 ans, ça peut finir en catastrophe. Il faudrait un peu plus de pouvoir à l’Assemblée nationale et répartir un peu plus la démocratie entre tout le monde. FB : il ne s’agit pas pour vous d’un rejet de la politique en tant que telle ? CA : Pas du tout. Je n’ai jamais dit « les hommes politiques sont tous pourris ». Disons qu’il y a une certaine odeur qui se dégage.  S’ils arrêtaient de faire des conneries, on arrêterait de les répéter. Je crois beaucoup en la politique, je pense que c’est quelque chose de sérieux mais qui est dévoyé depuis quelques années. La Présidentielle c’est devenu un show médiatique. Pour la dernière élection, le débat d’idées était inexistant. C’est des batailles  d’images, de slogans, de paquets cadeaux ; ce qu’il y a à l’intérieur, tout le monde s’en fout un peu. Mais il y quand même clairement une différence entre la droite et la gauche. Le problème après, c’est dans l’application. FB : Et si des partis de gauche vous proposaient de participer à des meetings de soutien ? CA : Je n’irai jamais à un meeting de soutien. Je ne suis pas militant, pas encarté, je suis un homme libre. C’est pour ça que le 6 mai, il va y avoir une surprise. Il est possible qu’à un moment donné, après avoir mûri une réflexion jusqu’à la pourrir, Super Rebelle décide de faire son parcours de son côté et de se présenter à l’élection présidentielle. Pour le moment, j’essaie d’être totalement investi et de consulter tout le monde :  les oracles, ma mère, mes voisins et tous les membres de mon parti politique. Sur le site des mille colombes (http://lesmillecolombes.com/), ça va continuer après le 6 mai. Tout dépend de si je vais au bout ou pas mais pendant un an, il y aura encore plein de choses à faire. FB : Un message pour les lecteurs de ventscontraires.net ? CA : Je compte sur les lecteurs de ventscontraires.net pour la suite, d’autant plus qu’il y aura un spectacle au Rond-Point sur les présidentielles du 10 avril jusqu’au 6 mai. Je participerai beaucoup à ventscontraires.net et je demanderai aussi beaucoup de participation de la part des internautes.

Le 5 février 2012 à 09:21
Le 8 juillet 2010 à 18:16

« J'observe aujourd'hui qu'il y a une espèce de collusion médiatico-politico-trotskyste d'extrême qui essaie de jeter l'honneur d'Eric Woerth »

Nadine Morano, cour de Matignon, 7 juillet 2010

Du « Morano » ça doit être restitué in extenso pour en apprécier toutes les hardiesses syntaxiques, audaces conceptuelles, et autres ellipses historiques.  Elle est culte dans l’inculte, la pétaradante secrétaire d’Etat à la famille qui répondit un jour sur RTL où on lui opposait une citation de Georges Clemenceau : « Georges Clemenceau a le droit de dire ce qu’il veut ».  Elle a dû faire des impasses pour décrocher son DESS d’information, communication et organisation des entreprises. Quant aux travaux pratiques ultérieurs, ils souffrent d’approximations dans la « communication de crise » dictée de l’Elysée : taper à bras raccourcis sur Mediapart et son patron Edwy Plenel, connu pour ses sympathies trotskystes de jeunesse, qui ont monté une machination à caractère fasciste visant à abattre Eric Woerth comme la presse d’extrême droite s’attaqua jadis à Roger Salengro, et comme l’honneur de Pierre Bérégovoy fut naguère « jeté aux chiens » selon l'expression de François Mitterrand.  Nadine Morano a lu trop vite ses fiches et les a récitées en langage yaourt, oubliant de caser le qualificatif « fasciste ».  Elle s’est du coup privée de la compréhension des staliniens les plus chenus, lesquels dans les années 50 avaient anticipé, en traquant eux aussi "le complot hitléro-trotskyste."

Le 12 février 2012 à 08:41

Industrie et rouflaquettes : le retour de la contrainte extérieure

Econotrucs #6

Dans le débat économique de ces derniers mois, le sujet de la  « politique industrielle »,  cette vieille lanterne pompidolienne,  a fait un come back détonnant. OK, je l’admets, ces jours-ci, d’autres choses peuvent nous rappeler la France de Pompidou, comme la peur des Chinois, le contrôle de la télévision publique (et de l’O.R.TF1), ou encore Jacques… Heu, Thomas Dutronc. Mais ceci est une rubrique économique… Si sauver quelques emplois ouvriers juste avant les élections ne relève pas de la politique industrielle, mais de la cosmétique,  cela vous a au moins permis de découvrir, la larme à l’œil, que notre pays avait perdu une large partie de son industrie.  On se rappelle subitement qu’on ne peut pas vivre sans industrie.   On assiste en fait au retour d’une ancienne terreur, qu’on avait plus connue depuis que  nos ministres ont abandonné les lunettes en plastique marron et les rouflaquettes : celui de la « contrainte extérieure ». Un pays est « contraint » lorsqu’il voit ses importations progresser plus vite que ses exportations. Il doit donc les financer par la dette, et cet endettement va peser sur la valeur de sa monnaie. Dans les années 70, cela voulait souvent dire une monnaie attaquée, une dévaluation pour trouver sa compétitivité extérieure. C’est une des raisons pour lesquelles on à créé le SME puis la monnaie unique. Une dette en euros essentiellement détenue par des investisseurs européens éliminait les questions de contrainte extérieure. Ce qui devenait important, c’était l’équilibre commercial de la zone euro, qui était grosso modo assuré grâce aux excédents commerciaux allemands. L’Europe  restait globalement légèrement excédentaire vis-à-vis du reste du monde.   Pour être plus clair, disons que d’un point de vue financier, on voyait l’Europe un peu comme les  Etats-Unis ou les excédents de tel état vont compenser les déficits de tel autre : personne n’a songé à attaquer le dollar lorsque la Californie était au bord de la faillite. Mais la crise a rappelé que la dette grecque et la dette allemande quoique libellées dans la même monnaie, n’étaient pas équivalentes, et donc que l’euro n’était pas suffisant pour éliminer la contrainte extérieure. Elle a souligné les faiblesses de l’Europe  : une construction inachevée avec un faible budget communautaire, une mobilité faible du facteur travail, et des mécanismes de solidarité inexistants, que l’on est obligé d’inventer en catastrophe, à la faveur de la crise.   Sur une planète où les trois quarts des échanges mondiaux portent sur des biens industriels, un pays qui n’est pas compétitif, (c’est-à-dire qui n’est pas capable de vendre les biens demandés sur le marché international) est conduit à avoir des difficultés grandissantes. Entre 1978 et 82, puis au début des années 90, la France a déjà connu deux vagues de désindustrialisation,  au point qu’on se demande si cette troisième vague ne vas pas sonner le glas de nos derniers bastions industriels. Le désarroi s’installe, que peut-on faire, face aux petits chinois sous-payés ?   On admet en effet désormais que la concurrence des pays émergents est largement responsable de la disparition de tout un pan de l‘industrie française : L’aspect positif des choses, c’est que la crise a sonné la fin d’une certaine mythologie libérale arrivée avec la mondialisation (une « économie de service », des entreprises « sans usines »). Mais puisque d‘autres pays européens sont parvenus à maintenir leur base industrielle, (en particulier l’Allemagne), ne peut-on pas nous aussi envisager une politique industrielle sans rouflaquettes et sans pantalon pattes d’ef, bref, une politique industrielle innovante, basé sur un nouveau modèle ?    Je tenterai de vous apporter des éléments de réponse au prochain épisode, mais j’ajouterai pour conclure que Pompidou, lorsqu’il passait à télé, avait de la classe, de la culture, et la cigarette au bec, choses qui nous manquent cruellement ces derniers temps.

Le 11 août 2010 à 09:45

« Français ou voyou, il faut choisir"

Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, Europe 1, lundi 9 août 2010

Normal, c’est la guerre, faut pas se tromper de camp. En cet été 2010, le pays est devenu belligérant  avec déclaration de «  guerre nationale »  par le général Sarkozy, inspection des troupes dans les quartiers des Beaudottes à Sevran et de la Villeneuve à Grenoble par le colonel Hortefeux, charges au clairon des lieutenants Estrosi, Lefebvre ou Marleix. Il faut avoir les oreilles bouchées à la crème bronzante, pour ignorer que la guerre est non pas à nos portes, mais dans nos murs. Les forces hostiles sont assez habiles pour ne pas se présenter en lignes repérables aux frontières, mais agir de l’intérieur en ordre dispersé : braquages,  snipers, caillassages, déprédations et même quelques campements  séditieux. L’adversaire peine ainsi à être cerné car les « voyous »  ne sont pas une nationalité, une ethnie, une classe, une communauté et encore moins une grande cause. Dès lors, avec qui des négociations d’armistice ou de paix pourraient-elles  être engagées ?  Qu’on se rassure,  il n’est pas envisagé par l’état-major sarkozyste d’autre victoire qu’éradicatrice. Christian Estrosi qui a commis une biographie de Napoléon III avec un « nègre » (en situation régulière), l’écrivain Raoul Mille, a-t-il songé pourtant que le sort de la guerre pourrait basculer et que l’ancien maire de Neuilly finisse à Sedan ? Ou même que l’heure de la retraite sonne après le 7 septembre, quand la cinquième colonne syndicale défilera dans les rues ?

Le 7 mai 2011 à 08:20

Tout conte fée...

Ouf c'est fini! En attendant le mariage du second, de Harry, on a fait le plein d'images rose bonbon digne d'une tenue de Barbara Cartland.  Le monde entier s'est régalé et nous, on n'a pas boudé notre plaisir!  Nous les français, nous savons être "cul cul la praline". Ringards aussi. Certains disent que c'est à cause du port du survêtement de blaireau le week-end. Je suis dubitative.   Bref...La monarchie rosbif avec son faste glacial, le visage de cire de la reine et les deux tourtereaux pas encore rassis font rêver d'accord, mais nous aussi, nous ne sommes pas en reste, nous sommes témoins de belles histoires d'amour désintéressées.  Mamour et Bécassine, dit aussi Johnny et Laetitia enfin...quand ils veulent bien délaisser leur villa de rêve de Los Angeles pour venir prendre un paquet d'oseille qu'ils vont illico dépenser aux Etats-Unis. Et puis...il y a Nicolas et Carla (en plus ça rime!).Quand on veut se donner la peine de soulever le voile, les histoires d'amour sont moins "glamour" qu'on voudrait nous le faire croire. Elles ont souvent les cheveux gras, sont négligées sous les bras et je ne vous parle même pas des petites culottes...que voulez-vous les contes de fées n'existent pas! L'immaculée Blanche-Neige est en fait une grosse cochonne qui après s'être tapé tous les nains, les a envoyés au turbin. Nympho et vénale ! Et le virginal Petit Chaperon Rouge ? Pas mieux ! Une lolita perverse et gérontophile. Le chat botté ? Un sexe (pas très défini) à pattes...une paire de cuissardes en latex, avec en haut des cuisses un chat tout épilé! J'allais oublier la Belle au Bois Dormant qui n'en fini pas de roupiller...une piquousée à l'héro qui baigne dans son vomi oui! Et on en fait une belle endormie !! Je vous laisse imaginer la réalité du tout jeune couple royal...pourquoi voulez-vous qu'il soit l'exception qui confirme la règle ?

Le 25 juin 2010 à 10:59

« Je ne peux que constater le désastre avec l'équipe de France où des caïds immatures commandent à des gamins apeurés »

Roselyne Bachelot, Assemblée nationale, mercredi 23 juin 2010

C’est ce qui s’appelle karchériser les footballeurs qui déshonorèrent  la patrie en terre australe. Elle n’y est pas allée de mainmorte la ministre de la Santé et des Sports, dévoilant aux députés l’humeur présente d’un Président encore marqué par ses tribulations de naguère à la Courneuve, quand il voulait passer les caïds au jet à pression afin de protéger les gamins. Pourtant c’est la même Roselyne Bachelot qui avait lancé auparavant, pour claquer le bec de Rama Yade, sa péronnelle de Secrétaire d’Etat : « Je suis la ministre des Bleus dans les bons et les mauvais moments ». Si la Madelon s’est métamorphosée en Ma Dalton c’est que, entre-temps, le drapeau noir a flotté sur la marmite des Bleus. Dans les hautes sphères du pouvoir, s’est-on alors inquiété, à la veille d’une journée nationale d’action contre la réforme des retraites, du fâcheux exemple fourni  par cette grève générale contre la mise à la retraite d’un seul, le très anal Anelka ? Si même les prolétaires aux chaines en or s’y mettent !  C’est cependant ignorer une loi générale des bandes, observable des cages d’immeubles aux conseils des ministres, qui veut que l’intimidation de quelques-uns est d’autant plus forte que les chances de recours auprès d'une autorité légitime sont faibles. Domenech-Sarkozy, même tracas.

Le 13 septembre 2010 à 09:50

Au secours les mots : Carole Zalberg défend le mot "racaille"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici.Ravalec avait-il lu Requiem des innocents? Le titre de son roman Cantique de la racaille s’inscrivait en tout cas dans le droit fil du premier et génial récit de Louis Calaferte. Depuis ma lecture de ce chef d’œuvre, je m’étais toujours représenté la « racaille » comme la population à la marge qui y est évoquée même si ce mot, je crois, n’est jamais employé par l’écrivain. Le mot « racaille »  me venait quand je repensais à ces êtres – dont des hordes d’enfants – ne possédant rien d’autre qu’un sens aigu de la survie sans cesse contrarié par un sens non moins vif de l’honneur. La racaille était misérable mais avec panache. Contrainte de voler, trafiquer, se battre souvent à mort et pour ainsi dire dès le berceau, mais en déployant une énergie et un savoir faire qui forçaient le respect. Elle vivait au milieu des déchets mais refusait d’en être. A la société qui ne voulait pas d’elle, la racaille opposait sa force vitale et l’orgueil du résistant. Dans « racaille », moi j’entendais rocaille ; du dur et du nombre serrant les rangs. Le mot imposait son aridité sonore.Même si la racaille, chez Ravalec, avait un peu molli, ses personnages montraient la même capacité à durer, à faire les zouaves au-dessus de l’abîme au risque d’y sombrer.Entre-temps, dans les quartiers et les banlieues, on s’était passé le mot. « Racaille » et ses variantes « caillera » et « caille » devenaient à la fois insulte et titre de noblesse (à la manière du « nigger » brandi par les Noirs Américains eux-mêmes, mais qui demeure une injure méprisante quand d’autres l’emploient). La racaille, donc, désignait plus que jamais une population écartée du gâteau mais bien déterminée à obtenir sa part, quitte à se salir les mains. Lésée mais inventive et volontaire. Pas toujours sympathique et parfois carrément menaçante, mais chacun fait avec ce qu’il a quand les disparités sont à ce point flagrantes. Je continuais à aimer dans ce mot son pouvoir d’évocation, son refus d’embellir autant que d’apitoyer.Et puis Nicolas Sarkozy a promis de « nous » en débarrasser, de la racaille. C’était en 2005, à Argenteuil. Pour son grand nettoyage des cités, il comptait s’y prendre au "karcher". Il n’était pas le premier à déraper. D’autres avant lui avaient dévoilé de nauséabondes associations d’idées autour du même mot. Mais c’est ce jour-là qu’il  m’est devenu imprononçable. L’employer revenait à vomir ou cracher. C’était comme s’associer. Car au karcher on ne nettoie pas de l’humain mais du sale, du détritus. De l’indigne d’exister.Ce qui me frappe aujourd’hui, pourtant, c’est qu’en renonçant à ce mot, je l’ai abandonné à celui qui l’a souillé et le laisse croupir depuis parmi d’autres mots avilis. Il est grand temps, je crois, de le lui reprendre. Pour tout savoir de Carole Zalberg : http://www.carolezalberg.com/

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