L'insécurité n'est pas un mal en soi, mais un symptôme
Lutter contre l'insécurité par le tout répression, c'est comme prendre du sirop pour la toux quand on a mal à la gorge, et continuer à dormir dehors sous la pluie en hiver.
En médecine comme en politique, il y a plusieurs façons de
lutter contre les maux auxquels nous sommes confrontés.
D'abord, on peut chercher à soigner les symptômes. Quand on a
une pharyngite, on prend du sirop pour la toux. Quand l’insécurité est latente,
on envoie la police.
On peut aussi s’attaquer aux racines du mal.
Pour certaines pharyngites, on prendra des antibiotiques. Si
l’on est assez robuste, il suffit parfois de rester au lit, et l’organisme se chargera
de lutter contre l’infection. Dans le même esprit, pour lutter contre l’insécurité, on s'efforcera d’endiguer la pauvreté, le chômage, la paupérisation...
Enfin, et c’est la troisième option, on peut faire de
la prévention ; éviter de sortir sous la pluie, avoir une alimentation saine et
un train de vie équilibré, bref disposer d’un organisme qui ne favorise pas le
développement de la maladie. En appliquant cette idée à la lutte contre l’insécurité, on en vient à se demander si une société qui pousse à la consommation à outrance ne favorise pas ainsi la délinquance, en faisant de l'argent une finalité en soi.
Un dernier commentaire. Ce n’est qu’en phase terminale, ou devant
une maladie inconnue, que les médecins se résignent à ne s’attaquer qu’aux
symptômes, afin de soulager le patient…