Duanra
Publié le 07/02/2012

Cour de récré


Durant les 30 dernières années  de ma vie j'ai fait ce rêve récurrent où j'essayais en vain de repasser mon BAC, (non je n'ai pas mon BAC).
Ce n'est que depuis quelques mois que je ne le fais plus, ce qui me permet enfin de dessiner sans culpabiliser, c'est à dire sans me dire que je devrais réviser au lieu de perdre mon temps.
 
 

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La rue mouvementée le matin et sans le plaisir de la tour Saint-Jacques droit devant soi

(Chose vue)

La rue mouvementée le matin est avec le plaisir de la tour Saint-Jacques droit devant soi. La tour Saint-Jacques, majestueuse et blanche, derrière à l’exact opposé. La rue est bruyante de tous côtés. Il faut être vite dans la vie de la ville ce matin. D’abord un café le coude sur le comptoir, une winston for winners et se souvenir de cet homme qui parlait des musiques qu’il écrit, de la difficulté de plus en plus d’être sur la scène et sous les feux des projecteurs. Il enviait la solitude, être à sa table, et le face à face avec l’écran de l’ordinateur. J’enviais, un peu, l’émulation du groupe. L’instinct grégaire en berne, pour le dire comme ça. Le retour à la rue il fait plus froid peut-être et je suis comme à contre-courant. Disparaître ici, l’insatisfaction est un moteur. Pourquoi pas. Le col de la veste remonté haut, la tête dans les épaules et la main droite dans la poche du pantalon noir, les doigts jouent avec l’objet et le briquet. La femme et l’enfant s’avancent vers moi. La femme et l’enfant avec les rollers elles roulent vite sur le trottoir. L’écharpe de la femme virevolte pour ainsi dire et l’enfant tient la main de l’enfant, elle est encore endormie. Elles sont la main dans la main et filent sur le bitume, la femme sourit et l’enfant se tient les yeux mi-clos. Elles descendent la rue vers le centre de la ville, l’enfant se rapproche de la femme et enserre un peu sa taille, colle sa tête contre la hanche de la femme dont la main se pose sur sa tête.

Le 19 septembre 2011 à 08:38
Le 22 octobre 2013 à 12:12

Au pays de Candy

N'en déplaise aux déclinologues de tout poil, la reprise de l'activité en France, d'abord frémissante, s'accentue chaque jour un peu plus. Il suffit de se balader dans les rues de l'hexagone, de fréquenter ses transports en commun pour se rendre compte que les Français ont décidé de conjurer le fatalisme et l'inertie pour prendre leur destin à bras le corps et construire ensemble des lendemains meilleurs. Profitant de chaque instant de liberté, nos vaillants compatriotes ont retrouvé le sens de l'effort et de l'abnégation Sans une plainte, sans demander la moindre rémunération, les Français se sont attelés à une tâche qui les dépasse mais à laquelle ils se consacrent allègrement, portés par un mouvement inédit que certains rapprochent déjà du stakhanovisme d'antan. C'en est maintenant fini de la procrastination : chaque minute oisive est désormais mise au service de la cause. Et tant pis si ça coûte bonbon, rien n'arrêtera cette déferlante sans précédent dont l'ampleur laisse sans voix les plus brillants analystes. Les Français dont certains commentateurs critiquaient quotidiennement le manque de créativité se sentent pousser des ailes et laissent libre cours à leur imagination pour inventer, combiner, déjouer les bombes du conformisme, oser les manoeuvres les plus risquées et remettre cent fois leur ouvrage sur le métier pour lutter contre ce qui sclérose trop souvent nos sociétés, la poisseuse gélatine du pessimisme et de la résignation. Dans cette spirale vertueuse, la solidarité souvent mise à mal dans les périodes de crise retrouve, elle aussi, ses lettres de noblesse et c'est collectivement, en s'entraidant, en s'apportant un soutien de tous les instants que les adeptes de cette lame de fond avancent main dans la main vers un avenir radieux et plus sucré. Eh oui, bonne nouvelle : les Français n'ont toujours pas de pétrole. Mais ils ont Candy Crush.

Le 2 avril 2013 à 10:32

Un enfant gravement malade réconforte un clown d'hôpital sur sa vie

La vie réserve parfois de touchants instants. Cette rencontre entre Jérémy Lachèze, 8 ans, et Fabrice Lecamp, 41 ans, fait partie de ces instants. Le premier est atteint de la mucoviscidose et le second travaille comme clown d’hôpital depuis 2003. Les deux garçons ont fait connaissance lors d’une intervention de Fabrice à l’hôpital Necker où Jérémy est alité depuis 1 mois. Une rencontre pleine de bienveillanceet de rire mais qui ne s’est pas déroulée comme on pourrait le penser puisque les gestes de réconfort et de compassion sont finalement venus du jeune garçon malade. Donner envie de s’accrocher « Je suis sorti de là, j’avais complètement rechargé les batteries. Ça m’a fait tellement de bien ! » nous confie Fabrice à la sortie de son numéro de clown auprès de Jérémy. Une prestation très vite interrompue par ce dernier qui a souhaité s’adresser au clown d’hôpital : « Il m’a dit d’arrêter ce que je faisais. De stopper les gags et le nez rouge. Que j’étais pas obligé de faire ça. Ensuite il m’a expliqué qu’il était déjà très heureux comme ça  et que ce qui l’inquiétait vraiment, ce n’était pas tant son état mais plutôt la tournure que prenait ma vie » raconte Fabrice, encore sous le coup de l’émotion après sa rencontre avec l’enfant. Jérémy de son côté a lui aussi trouvé cette rencontre enrichissante et reste content d’avoir pu apporter un peu de réconfort à un clown d’hôpital : « Si ma maladie me permet au moins de rencontrer des clowns d’hôpitaux et de les aider à comprendre que rien n’est perdu pour eux, alors c’est déjà ça. » et le tout jeune mourant de continuer : « Je sais que je ne pourrai pas faire de miracle et changer complètement leur vie. Mais si je peux juste les aider à s’accrocher, à les convaincre de changer de métier, parce qu’au fond je pense qu’ils méritent mieux, alors je continuerais de le faire jusqu’au bout. » Une course contre la montre Une ambition que le garçon malade a décidé de voir comme un challenge, le temps jouant de fait contre lui. Mais Jérémy Lachèze semble avoir fait au moins un nouveau converti après cette rencontre avec Fabrice, comme l’explique ce dernier : « Je pense que je vais arrêter de faire clown d’hôpital. Alors, ce qui m’attend après je sais pas trop. Soit je décide de persévérer en tant que comédien, peut-être intégrer une compagnie, soit je décide de faire carrément un autre métier. Peut-être cariste. A voir. » Le Gorafi Illustration: iStock / foto-rolf

Le 24 juin 2010 à 16:07

Della Monna Lisa al Cavaliere della Notte

Réponse aux textos de Pierre Notte à Mona Lisa

Treize messages reçus.  Archivés. Tredici piccoli testi en mémoire dans ma petite boîte noire. Treize, nombre étoilé au ciel mathématique, mon chevalier de la nuit.Pourquoi répondre ? Si tu m’avais vraiment regardée, tu aurais vu ce que cachaient mes mains abandonnées sur mon giron. Si tu m’avais observée, tandis que d’un coup de pouce tu expédiais tes messages, tu aurais vu s’abaisser mon regard, s’entrouvrir discrètement mes doigts. A chacune des treize fois, tu aurais perçu le frisson sur ma peau à l’apparition de ton nom. Tu aurais vu se creuser mes fossettes et se fendre mes yeux. « Regardez ! Elle sourit ! », s'extasiaient les convenus. « C’est moi qu’elle regarde ! », clamaient les vaniteux. Non je ne répondais pas. Je cherchais par-delà le troupeau moutonnant ta silhouette fébrile. T’apercevais me regardant mais ne me voyant pas. D’ailleurs tu étais souvent en compagnie. Gérard Philipe, Catherine Deneuve, des journalistes, deux petites dames du Nord… Rarement seul.Alors… Garce ? Non ! Juste une ragazza comme une autre, un peu sage, un peu folle, un tantinet perverse. Tu m’en veux, n’est-ce pas, d’avoir publié mon courrier intime, et toi seulement en page 117, entre Valmont et Sibleyras ! Tu ne supportes pas d’être un parmi d’autres ! Petit garçon… Mais si j’avais répondu, je n’aurais plus reçu ton désarroi, tes impatiences, tes menaces et tes serments ! Nous nous serions perdus à parler pour ne rien dire que des banalités.Pourtant, je romps l’omerta aujourd’hui. Parce que j’ai peur. Oui, moi, la Gioconda ! Peur qu’un jour tu ne te lasses, ne te taises à ton tour. Peur de ne plus sentir vibrer tes mots et que meure à jamais mon envie de sourire quand je pense à toi.> voir Pierre Notte "Textos restés à ce jour sans réponse à madame Lisa" 

Le 9 septembre 2014 à 10:48

La classe, c'est aussi la Truant Class

C'est la rentrée des cancres La rentrée des classes, ce n’est pas seulement bien sûr la rentrée de la lutte des classes à l’école, c’est aussi la rentrée des cancres, des cancres présentables certes, les ptits morpions faisant rigoler dans les chaumières sortant tout droit de la fadasse Foire aux cancres, les têtards que Beaumarchais appelait « les insolents chérubins ». Et les cancres réellement mal léchés en faisant voir plus d’une aux pères la baguette, aux madames j’ordonne et aux profs pot-de-colle dans le droit fil des garnementeries de Max et Moritz, de Poupon la peste, de Lucignolo (le mauvais camarade anarchisant de Pinocchio), du Voleur de Bagdad, du Giannino Furioso de Vamba, du Bon Petit Diable de la Comtesse, des « Lucifers en culottes courtes »* de Pascal Bruckner (dans Le Palais des claques, 1986) ou des non moins infernaux Katzenjammer kids. Insupportables « petits fous-fous », comme disait de vous Jehan Rictus, vous avez votre place dans les premiers rangs du Rond-Point. Au même titre que bien d’autres mauvais sujets. Grâce au ténébreux Jules Van, l’historien dans les Libé des eighties du « Vrai Art nouveau » (l’art du détournement, de l’imposture, du sabotage, du pique-assiettisme sauvage…), j’ai mis la main sur un des meilleurs éloges anonymes du « cancre dira-t-on » ayant flâné dans les préaux de France. Ça date de 1979. Les peaux de vache, les faux-culs et les concons  « À la maternelle déjà, je haïssais les maîtres. En face d’eux, j’étais un gamin tout sourire, charmant et naïf. Aussitôt hors de vue, je pilais les craies dans les encriers, gravais des obscénités sur les belles tables cirées et répandais de l’encre sur la chaise des maîtresses aux jolis froufrous. Au lycée, en 4e, je fondais avec deux voisins de fronde le groupe « Arsène Lupin », dont la malfaisante activité était la guerre aux professeurs et aux pions. Dès les premières semaines, nous savions à quoi nous en tenir sur le noble caractère de notre chiourme. Nous la classions en trois catégories, les « peaux de vache », les « faux-culs » et les « concons ». Avec les peaux de vache, tous les coups – clandestins – étaient permis : clous rouillés sur la chaise, tableau pesant effondré en plein cours, insultes blessantes et anonymes, « vache qui rit » collées au plafond tombant en débris mous, pneus lacérés, chapeau plein de merde. Face aux faux-culs, nous étions plus ouvertement ignobles. S’ils se vengeaient sans pitié pendant les conseils de classe ou nous livraient aux censeurs, ils devaient subir ensuite notre vengeance et nos farces monstrueuses. Nous venions au cours avec dix de ces petites boîtes qui imitent à la perfection le « meuh ! » gras d’une vache, et donnions une heure de concert alpestre. Dès qu’une boîte était découverte, une autre hurlait de plus belle dans la travée d’à-côté. Et ainsi de suite. Nous attendions que notre faux-cul craque, nous étions méchants et cruels. Prétextant sa mauvaise haleine, toute la classe lui tournait soudain le dos ou se protégeait le visage avec une moue dégoûtée. Nous déclenchions après cinq minutes de leçon la sonnerie de la fin des classes, un magnétophone caché dans un sac et sortions en hurlant dans la cour. Le faux-cul était savonné par la direction. Avec les « concons » enfin, espèce des plus rares, nous étions toujours absents et trichions sans vergogne. » Touche pas à mon terrain vague En guise de complément, voici une info de La Libre Belgique du 8 février 1973 que je trimballe depuis lors dans mon cabas sur ce qui peut nous tomber sur la cafetière quand on court sur le haricot des cancres. « Deux garçons de treize ans ont démoli à l’aide d’un bulldozer une maison toute neuve que l’on avait édifiée sur leur terrain de jeu favori, à Reno, aux États-Unis. Ils ont attendu que les ouvriers du chantier soient partis pour la nuit et sont alors allés chercher un bulldozer dont ils avaient repéré la présence à un kilomètre de là. Avec cet engin, ils ont passé à quatre reprises sur la maison neuve. Lorsque les ouvriers sont revenus le lendemain matin, ils n’ont pu trouver que des gravats. » Nous laissons les mots de la fin tout d’abord à la bien oubliée aujourd’hui Nicole Bley, alias La Panthère bleue, qui frigoussa en 1972 le pamphlet carabiné Lâche ton cul, camarade (Pauvert). « Tous les enfants feront ce qu’ils voudront : ils se passeront des films interdits, et y’aura plus d’écoles ; ils pourront jouer à l’eau ; et se mettre les doigts dans les trous de nez, et ils pourront manger leurs crottes de nez et dire aux vieux tout ce qu’ils pensent d’eux ; roter, pisser, péter et chier à la figure de qui ils veulent ; puis dessiner des cochonneries partout virgule, faire des virgules virgules, sur tous les murs, avec leurs excréments !... Faire des pâtés de sable avec le sang coagulé de leurs parents. » Et c’est Pierre Desproges qui ferme notre rideau scolaire avec sa version personnelle de L’École est finie : « Il faut mettre le terme aux maîtres ! »   NB : La Truant Class : la classe des petiots faisant l’école buissonnière. * « Les Lucifers en culottes courtes crevaient les pneus des voitures de leurs maîtres et maîtresses, les bombardaient de petits suisses et de fromage blanc pendant les cours, posaient des clous, pointes retournées, sur leur chaise, les huaient, les sifflaient ouvertement. »  

Le 12 mai 2011 à 13:32

Ce maudit orgasme

M le mot-dit

Racontez-nous votre M, votre mot-dit maudit du moment, justifiez votre haine et dépassez-la en détournant ou remplaçant le maudit… en maximum 2000 signes. Aujourd'hui Sophie Dulac déteste le mot "orgasme" :Avec son préfixe en or prétentieux et son final en consonance de maladie respiratoire, le mot fait pédant et dédaigneux. IL pue l’encyclopédie médicale bradée consultée à la va vite au fond d’une bibliothèque municipale poussiéreuse avec des sourires empruntés. IL s’imprègne des premières cigarettes, des petits émois d’adolescents amoureux qui s’instruisent en cachette avec les courriers du docteur Ruth. IL est le vilain point de mire des apprentis  libidineux. IL manque pourtant de dimension et la cible atteinte laisse un sentiment d’imperfection. La volupté est peut être ailleurs, dès les premiers effleurements, le froissement d’un déshabillé, un souffle sur l’oreiller, un corps à explorer, des murmures partagés. Lui le vaniteux de la jouissance transforme l’or en pacotille et  le trésor de se réduire en manifestation physiologique. Le mot plait pourtant, s’affiche, fait vendre. Entre le nouveau régime protéiné et les bons plans shopping, il conjugue les genres et  les styles. De la presse gay, économique, au glamour féminin ou plus populaire, on le décortique, on l’autopsie, passé au scalpel IL reste tout aussi laid comme un organe éclaté. Lui qui pourrait symboliser ce qu’il y a de plus beau n’évoque qu’un mécanisme, enterre la sensualité, allègue le sexe et oublie la chair. Sophie Dulac Vous désirez "mot-dire" à votre tour ? > c'est ici que ça se passe !

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