Jean-Daniel Magnin
Publié le 12/02/2012

L'invention de Jean-Claude commercialisée par un grand constructeur


Plus fort qu'Autolib', la Zéro Carbone du peuple

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Mes rêves : ouvrir à 17 ans le Boui-Boui, café d’art à Genève ; filer à Berlin ; étudier la philo à Paris ; créer des spectacles « hors théâtre » aux festivals de Nancy, Polverriggi ou Avignon ; ouvrir Mac Guffin, cabinet de scénaristes ; voir vivre mes pièces de théâtre à la Renaissance, dans le In d’Avignon, à la Bastille, au Vieux Colombier avec la Comédie-Française, et à l’étranger. Et ce rêve de rassembler les écrivains de théâtre en 2000 ; et d’écrire avec Jean-Michel Ribes le projet du Rond-Point ; et là, de mettre ventscontraires.net sur la piste d’envol.

Dernière publication, un roman : Le Jeu continue après ta mort

 

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Jean-Daniel Magnin

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Le 23 février 2013 à 17:39
Le 14 mai 2015 à 09:12

Pauvres

Quand on est pauvre c'est par ses semblables qu'on est exclu pas par les autres, la voilà mon introduction. Les autres vous condamnent mais les vôtres exécutent la sentence. Quand t'es pauvre, si t'es commun t'es mort, singulier on t'enterre. Chez les pauvres c'est ceux qui vous ressemblent le plus qui vous poussent à la fosse, justement parce que vous être le reflet du haillon, de la laideur et du manque, parce que vous êtes des leur dans une ressemblance physique ou une destinée commune qui aboutit rue de l'impasse. Etre pauvre c'est haïr, la haine est un muscle, aimer est une faiblesse rédhibitoire. On entend "sois un homme" sous entendu "frappe !". Les pauvres dégueulent un de leurs parce qu'ils se confisquent toute idée d'échappatoire. Et parce qu'on leur demande d'être visibles ou invisibles c'est selon, jusqu'au dernier faut sombrer avec armes et bagages. Pauvre, on a pas le second degré, on vit à température ambiante, on jette un doigt dehors et on prend les habits de circonstance. On a pas le temps des variations saisonnières, on répond par l'instant, on juge à vue parce qu'on a pas le temps pour la seconde d'après, justement parce qu'on est pauvre et être pauvre c'est ne pas avoir le temps du recul, de la distance et puis on reçoit l'ordre d'en haut de ne pas en perdre de temps. Pour le prendre le temps ou même mieux le perdre faut être à l'aise, faut dominer l'homme ou l'horizon, faut se dominer soi… pas donné . Etre pauvre dans sa tête c'est l'être dans ses poches et dans son cœur, c'est vivre à flux tendu et ne réagir qu'après les déflagrations. C'est alors qu'on constate que tout est démoli et on reconstruit indéfiniment à l'endroit de la faille. On colmate, on améliore rien. On se complait dans le statut quo ; même devant les évidences. On nie la fragilité d'un sol, on nie tout, on attend le miracle des cieux ou celui d'un homme providentiel. Pauvre on est noir, vilain et méchant . On est égaux devant rien car le plus pauvre s'acharne à écraser son voisin . Il ne se sent pas "égal" il n'a que des concurrents prêts à lui déchirer la figure. C'est la règle de ceux d'en bas car c'est pas vrai que les pauvres partagent, ils s'entredévorent sur des carcasses aigres. Les pauvres ne se disent pas " bon appétit " ils se remplissent la bouche car ils n'ont pas d'appétit mais la "dalle" ça fait la différence. Les pauvres c'est sommé d'apprendre, de se tenir droit ,d'obéir pour le bien commun ou autre "vivre ensemble". Autrement dit des coups pour être des gens biens. D'en bas on appartient pas à un ensemble, on tourne comme des électrons pas libres d'exploser . On se cogne des sermons de liberté d'expression mais qu'est ce que ça vaut quand tu n'as ni l'une et que t'es dépourvu de l'autre. C'est ainsi depuis toujours ; une pluie d'injonctions s'abat sur les plus démunis, celle de l'empathie, du devoir, du sens de l'humour (noir), de partager, même d'aimer dans les règles de l'art, de rêver selon des codes pré-établis par d'autres, logés un peu plus haut au dessus des nuques. Le pauvre se mange l'injonction d'être cool, tolérant, cultivé, ouvert (que des trucs biens) et surtout comprendre le "chinois" cette langue des riches. Que du bon que du charitable et de l'apaisement dégoulinant à souhait, bref tout ce qu'il n'aime pas, tout ce à quoi il a pas accès et qui lui est parfaitement hostile. On lui reproche au manant d'être bourru, à la fois servile et haineux.... mais c'est tout ce qu'il lui reste d'humain avant l'étape animale, c'est sa résistance au dépit, face au désespoir endémique qui le tient par la gorge. Moi qui sors des zones inhospitalières, je vais vous dire : pauvre on rêve de magnums de champagne, de belles maisons et de mezzanines, on veut voir le monde d'en haut et rire de la turpitude de son prochain, on se venge d'avoir manqué de tout, on veut casser des dents et conjuguer des poings à tous les temps. On fait des rêves en ivoire et carrés et qu'elle est douce la pente quand elle est sur la descente. Oui, le pauvre rêve du pactole pas d'un smic rehaussé, il a les yeux rivés sur la ligne d'arrivée, cette ligne que doivent mordre ceux qui ont appris à mordre. On piaffe pour les six bons numéros. Pauvre, on travaille mais surtout on joue et quand on a plus rien du tout on joue le tout sur le tout. Moins on a et plus on dépense. C' est ça être pauvre, la tête ne se remplit pas de vers d'Apollinaire ou de métaphores d'Hugo, on remplit pas ses murs des œuvres de Camus, on les charge d'ustensiles pour se rassurer d'avoir à les remplir de soupe. Le pauvre veut pas être libre il veut être riche, il veut la six cylindre en V en guise de représailles et pour ça tous les jours y fait des croix dans des cases. On lui dit joue ! et puis l'injonction tombe : partage ! et sa réponse est sans appel : mes couilles. Enfin , quand on est pauvre on s'en remet au secret des belles fumées, on croit au sacrifice de l'animal, au trèfle, au fer à cheval... après tout il suffit d'y croire . Celui qu'est raide est bien décidé, il joue sa vie avec les dés et oublie que la misère est pour lui un lien de parenté, du sang pourri puisqu'il est rouge. Pauvre on est riches que d'égoïsme, de cupidité et de rancœur . On a les défauts de ceux d'en haut, on leur ressemble par le versant le plus bas . quand à nous repus et blindéssûr qu'on se fait un tas d'idéessur ceux qui devant le désastres'en remettent aux astresles pauvres y sont et ça nous désespèrepas sur le chemin qu'on préfèreet qu'ils soient paumés ou plus âgésne rêvent pas de partagermais d'une étoile qui viendraitposer sa grosse cylindréelà juste devant le trottoiret dire - à mon tour d'avoir.

Le 22 février 2013 à 11:21

Jean-Charles Massera

Trousses de secours en période de crise

Samedi 23 février, l'écrivain Jean-Charles Massera est sur la scène de la salle Roland Topor et ouvre pour nous sa trousse de secours en période de crise. Pour ventscontraires.net, il accepte de répondre à quelques questions. La crise, c'est quoi ?C'est de ne pas trop savoir où on se projette, de ne pas savoir ce qu'on peut faire (éventuellement ensemble) pour être un peu plus et sous-vivre un peu moins… Si mes souvenirs sont bons ça s'appelle une crise de sens. Est-ce notre monde qui "part en sucette" ? Pour devenir quoi ? Pour aller où ?Disons qu'il ne cesse de s'améliorer depuis le Moyen Âge, mais qu'il a encore quelques problèmes dès qu'il s'agit de faire la différence entre la fin et les moyens. Il devient donc meilleur, mais a un peu de mal à passer l'âge de raison pragmatique. Cela dit, le fait de ne pas savoir où il va est plutôt une bonne chose, ça laisse la porte ouverte au travail. Dans "La Sorcière", Michelet disait que lutins et  fées n'étaient autres que les dieux de l'Antiquité réfugiés au Moyen Âge sous la jupe des bergères... Sommes-nous comme ces bergères, incrustés de grands idéaux du passé réduits à l'échelle de simples biens de consommation ?L'avantage des biens de consommation, c'est qu'apparemment ils nous occupent à autre chose qu'à faire la guerre. Là où la consommation n'est pas encore arrivée à notre stade, la guerre menace souvent. Donc gardons la consommation et les corps seront bien gardés. Reste que c'est pas avec ça qu'on va s'épanouir. Pas plus qu'avec des idéaux d'ailleurs (les idéaux ça nous rend trop petit(e)s). N'avons-nous d'autre horizon que d'être héroïquement lâches ?Esthétiquement, certainement (si l'art pouvait changer le monde, ça se saurait). Nous autres, "petits blancs hétéro occidentaux" comme vous l'écrivez, avons-nous encore envie de rire de nous-même ?Disons qu'après une journée de travail, ça détend, mais c'est un peu juste pour s'en sortir. Ce qu'il faudrait surtout là, c'est travailler à autre chose qu'à cette complaisance vis-à-vis de notre supposée incapacité à imaginer un autrement. Ce qui n'exclut pas le rire hein… Vous écrivez des livres, vous êtes en clip sur Internet, vos textes et votre voix sortent des hauts parleur radio, vous commencez à exposer dans des centres d'art et à réaliser des films. Qu'attendez-vous particulièrement de la scène de théâtre ?Des spectateurs (à qui Benoît Lambert et moi-même pourront refiler l'envie de s'inventer un peu de mieux-être et l'énergie nécessaire pour se bricoler les bons logiciels). Le théâtre ça permet de discuter de deux ou trois trucs assez urgents, de manière directe. Le but c'est qu'ensuite on rentre chez soi avec une furieuse envie de vivre mieux et la conviction que c'est possible en bossant un peu. Si vous deviez proposer une trousse de secours pour l'Europe, qu'y aurait-il dedans ?Beaucoup moins de mecs et beaucoup plus de nanas… surtout dans les programmations culturelles. Et tant que là-dessus on ne bougera pas, on ne pourra pas trop se la ramener en tant qu'outil critique du monde. > http://www.jean-charles-massera.com

Le 8 octobre 2010 à 14:48

Chocolat Show

Slam cacao

Je veux que mes mots prennent ta couleurQue mes paroles prennent ton odeur Que dans mon palais ça fonde quand je parle de toiMa passion ne sera ni brune ni blonde mais CHO-CO-LAT T’es bon t’es bonne My hot chocolate madoneDans mes doigts fondants je t’emprisonneTu es ma cortisone in every seasonCéleste boisson des Amériques Tu m’excitesJe veux te humer te lécher te verser te toucher t’étaler t’aduler t’acidulerTaciturne et insomniaque je dors juste pour te prendre au réveilTu es mon premier rayon de soleilYou are the sunshine of my lifePADAPAPAPAMPrunelle de mes yeux Tu me rends heureuxMes matinées s’enjolivent quand tu débarques dans mon colon Tu me files mon premier frisson Tu es mon absinthe matinale Que généreusement j’avaleGrâce à toi je suis de bonne bonne bonne humeur ce matin y’a des matins comme çaDévoué à ta cause sur l’autel de ma cuisineLe matin t’es plus chaude que ma copineMaître Banania frère Benco Laissez moi vous prêcher Je veux que mes mots prennent ta couleurQue mes paroles prennent ton odeur Que dans mon palais ça fonde quand je parle de toiMa passion ne sera ni brune ni blonde mais CHO-CO-LAT Je redeviens vierge chaque matin mon bol entre les mainsLike a virgin drinked for the very first timeTu glisses saveur réconfortante Sur ma langue devenue brûlante Troublante boisson Qui me fais revivre sans raison Le plaisir de tous ces matins Où j’allais à l’école retrouver mes copainsTu as le goût d’avant le divorce de mes parentsDe ces paquets colorés que je trouvais marrantsDe ces personnages de publicité toujours enjouésComme si un buveur de chocolat chaud ne pouvait jamais être triste« Ma femme m’a quitté Mes enfants me détestentJe viens d’être licenciéEt j’ai attrapé la pesteMais je bois du CHOOOOOOOOOOCOOOOOOOOOOLAAAAAAAAAAT »

Le 19 novembre 2015 à 09:54

Jade Lindgaard : "Les limites maximum de taux de CO2 dans l'atmosphère sont déjà dépassées depuis deux ans"

L'état des savoirs sur les changements climatiques La journaliste Jade Lindgaard suit pour Médiapart les négociations climatiques en vue de la COP21. Aujourd'hui, nous dit-elle, les travaux du GIEC offre une synthèse sans précédent sur l'état du climat et des effets sur lui de nos activités économiques. C'est un outil extraordinaire, réunissant les travaux de physiciens, chmistes, météorologues, sociologues, économistes, spécialistes de la faune et de la flore, etc. Il est de plus en plus précis et ses conclusions sont plus alarmantes que jamais. On y voit clairement un lien entre les émissions de CO2 et le dérèglement du climat qu'on peut déjà observer à travers des événements qu'on ne prévoyait que pour dans plusieurs décennies. Les limites maximum de taux de CO2 dans l'atmosphère sont déjà dépassées depuis deux ans. Comme il faut beaucoup de connaissances pour apprécier les résultats complexes de ces travaux, un objectif symbolique et politique a été établi autour d'une limite du réchauffement global de l'athmosphère limité à 2°. Il s'agit d'une élévation de température moyenne pour l'ensemble de la planète, qui cache des réalité disparates, avec des régions déjà torrides où il fera 5 voire même 6 degrés de plus. Or certaines régions gagneront à ce réchauffement. En fondant la banquise arctique donne accès à des champs pétrolifères jusqu'alors inaccessibles. Vu de France, 2° ne semblent pas effrayants. Mais d'énormes bouleversements auront lieu, comme l'arrivée du moustique vecteur du chikungunya ou le déplacement des vignobles vers le nord...  

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