Jean-Daniel Magnin
Publié le 12/02/2012

L'invention de Jean-Claude commercialisée par un grand constructeur


Plus fort qu'Autolib', la Zéro Carbone du peuple

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Mes rêves : ouvrir à 17 ans le Boui-Boui, café d’art à Genève ; filer à Berlin ; étudier la philo à Paris ; créer des spectacles « hors théâtre » aux festivals de Nancy, Polverriggi ou Avignon ; ouvrir Mac Guffin, cabinet de scénaristes ; voir vivre mes pièces de théâtre à la Renaissance, dans le In d’Avignon, à la Bastille, au Vieux Colombier avec la Comédie-Française, et à l’étranger. Et ce rêve de rassembler les écrivains de théâtre en 2000 ; et d’écrire avec Jean-Michel Ribes le projet du Rond-Point ; et là, de mettre ventscontraires.net sur la piste d’envol.

Dernière publication, un roman : Le Jeu continue après ta mort

 

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Jean-Daniel Magnin

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Le 4 novembre 2015 à 13:00

Ça va chauffer !

Les seules fois où j'ai vu de l'argent traîner sans que personne ne songe à le ramasser — il y avait plein de billets et de pièces couverts de poussière — c'était sur des photos prises près des centrales de Tchernobyl et de Fukushima. Ce qui m'a fait me poser la question suivante : ne sommes-nous capables de changer de comportement qu'une fois la catastrophe consommée ? Si tu as du pétrole dans ton jardin, tu le tireras jusqu'à la dernière goutte, même si tu es convaincu qu'il faut en finir avec les énergies fossiles. Est-il humainement impossible de ne pas tirer profit d'un bien disponible ? C'est l'enjeu de ces COP qui se suivent en réunissant tous les pays de la Terre, aux intérêts si divergents. Peut-on espérer que l'Arabie Saoudite, par exemple, annonce soudain : — Pas de problème les gars, j'arrête de pomper, je rebouche les puits ! et que les pays phare de la construction automobile surenchérissent : — Le moteur a explosion ça pue, c'est ringard, siècle dernier : on vous jure c'est fini ? Nous entrons dans l'anthropocène, ce moment de la planète où l'action des humains est prépondérante, comme un porte-avions lancé à pleine vitesse qui d'un seul coup renverserait la marche de ses hélices en arrière. Une seule manière de contrer l'incommensurable force d'inertie qu'appuient de tout leur poids lobbies et industriels : il faut que les peuples s'en mêlent. Serons-nous assez nombreux et déterminés pour initier ce changement de cap à temps ? Ça va chauffer !

Le 31 janvier 2013 à 15:53

Paul Jorion : Un tournant comme notre espèce n'en a encore connu que deux ou trois jusqu'ici

Trousses de secours en période de crise

Du 12 au 23 février, sept nouvelles "Trousses de secours en période de crise" s'enchaînent au Rond-Point : Paul Jorion viendra le vendredi 22 février enregistrer en public un épisode de "Le Temps qu'il fait", chronique phare de son blog où il suit en direct la chute annoncée d'un système économique en faillite. Il nous fait le plaisir de répondre à quelques questions. L'intelligence a-t-elle toujours été "collaborative" ?Oui bien entendu, et le plus souvent entre personnes qui ne se connaissent pas : les références bibliographiques d’un livre mentionnent tous ceux qui y ont collaboré – le plus souvent à leur insu et pour beaucoup, post mortem ! A une époque où les politiques ont l'air de faire de la figuration, y a-t-il des expériences en ligne de type collaboratif qui à vos yeux ouvrent des pistes ou offrent des outils pour avoir prise sur les événements ?Oui, il y a sur l’internet une multitude de réseaux sociaux, de systèmes de messages instantanés, de blogs, de forums, de groupes de discussion, qui fonctionnent comme autrefois seuls le faisaient les think-tanks, les universités populaires, les groupes de recherche. L’avantage sur l’internet, c’est qu’on peut être n’importe où à la surface du globe. Au sein du groupe de discussion « Les amis du Blog de Paul Jorion », il y a des participants que je n’ai jamais rencontrés, j’ignore même pour certains dans quel pays ils vivent. Ces groupes ont joué un rôle considérable dans les printemps arabes, dans le mouvement des indignés ou « Occupy », ils vont décider de ce que la Chine deviendra, ou l’Inde – comme on l’a vu récemment dans une actualité tragique. C’est ce qui explique pourquoi les services de renseignement, y compris des gouvernements dits démocratiques, consacrent aujourd’hui tant d’énergie à infiltrer l’internet, à tenter de le manipuler. On dit que la concurrence est le moteur de l'évolution. La collaboration peut-elle régater dans cette course ?La collaboration est première : elle joue en permanence entre nous, sans elle, rien ne pourrait fonctionner dans nos sociétés, on ne pourrait même pas circuler dans les rues ! La concurrence n’est pas le moteur de l’évolution : c’est une « valeur » qu’on essaie de nous vendre bien qu’elle soit dysfonctionnelle. Saint-Just l’avait déjà fait remarquer : la concurrence ne joue dans le monde naturel qu’entre espèces, à l’intérieur des espèces, c’est la collaboration qui prévaut. On parle de crise. Vivons-nous à l'intérieur d'une césure ou sommes-nous déjà de plain pied dans un nouveau type de société ?Non, nous ne sommes pas encore dans un monde nouveau, il y aura beaucoup d’efforts à faire, beaucoup de sacrifices à consentir. Il y a un tournant à opérer, ce sera un tournant comme notre espèce n’en a encore connu que deux ou trois jusqu’ici, sans doute le plus sérieux puisque ce sont les conditions de survie d’une espèce comme la nôtre à la surface de la terre qui sont cette fois en jeu. Sur votre site, vous venez de vous passer de la possibilité de laisser des commentaires. Quelle leçon en tirez-vous ?La formule du blog avec commentaires s’enraie, comme nous avons pu le constater, quand leur nombre dépasse 500 par jour (d’autant plus que sur mon blog les commentaires faisaient souvent plusieurs pages) : on n’a plus le temps de tout lire, les intervenants ne retrouvent plus les textes qu’ils ont mis en ligne, la frustration monte. Pour que le « think tank » spontané ne soit pas alors noyé dans une masse d’informations impossibles à traiter, il faut le recréer en plus petit ailleurs : pour maîtriser la complexité. C’est ce que j’ai fait. Autre chose à dire à ce sujet?Oui : retroussons nos manches, ce n’est pas le boulot qui va manquer !

Le 26 février 2013 à 12:07
Le 14 mai 2015 à 09:12

Pauvres

Quand on est pauvre c'est par ses semblables qu'on est exclu pas par les autres, la voilà mon introduction. Les autres vous condamnent mais les vôtres exécutent la sentence. Quand t'es pauvre, si t'es commun t'es mort, singulier on t'enterre. Chez les pauvres c'est ceux qui vous ressemblent le plus qui vous poussent à la fosse, justement parce que vous être le reflet du haillon, de la laideur et du manque, parce que vous êtes des leur dans une ressemblance physique ou une destinée commune qui aboutit rue de l'impasse. Etre pauvre c'est haïr, la haine est un muscle, aimer est une faiblesse rédhibitoire. On entend "sois un homme" sous entendu "frappe !". Les pauvres dégueulent un de leurs parce qu'ils se confisquent toute idée d'échappatoire. Et parce qu'on leur demande d'être visibles ou invisibles c'est selon, jusqu'au dernier faut sombrer avec armes et bagages. Pauvre, on a pas le second degré, on vit à température ambiante, on jette un doigt dehors et on prend les habits de circonstance. On a pas le temps des variations saisonnières, on répond par l'instant, on juge à vue parce qu'on a pas le temps pour la seconde d'après, justement parce qu'on est pauvre et être pauvre c'est ne pas avoir le temps du recul, de la distance et puis on reçoit l'ordre d'en haut de ne pas en perdre de temps. Pour le prendre le temps ou même mieux le perdre faut être à l'aise, faut dominer l'homme ou l'horizon, faut se dominer soi… pas donné . Etre pauvre dans sa tête c'est l'être dans ses poches et dans son cœur, c'est vivre à flux tendu et ne réagir qu'après les déflagrations. C'est alors qu'on constate que tout est démoli et on reconstruit indéfiniment à l'endroit de la faille. On colmate, on améliore rien. On se complait dans le statut quo ; même devant les évidences. On nie la fragilité d'un sol, on nie tout, on attend le miracle des cieux ou celui d'un homme providentiel. Pauvre on est noir, vilain et méchant . On est égaux devant rien car le plus pauvre s'acharne à écraser son voisin . Il ne se sent pas "égal" il n'a que des concurrents prêts à lui déchirer la figure. C'est la règle de ceux d'en bas car c'est pas vrai que les pauvres partagent, ils s'entredévorent sur des carcasses aigres. Les pauvres ne se disent pas " bon appétit " ils se remplissent la bouche car ils n'ont pas d'appétit mais la "dalle" ça fait la différence. Les pauvres c'est sommé d'apprendre, de se tenir droit ,d'obéir pour le bien commun ou autre "vivre ensemble". Autrement dit des coups pour être des gens biens. D'en bas on appartient pas à un ensemble, on tourne comme des électrons pas libres d'exploser . On se cogne des sermons de liberté d'expression mais qu'est ce que ça vaut quand tu n'as ni l'une et que t'es dépourvu de l'autre. C'est ainsi depuis toujours ; une pluie d'injonctions s'abat sur les plus démunis, celle de l'empathie, du devoir, du sens de l'humour (noir), de partager, même d'aimer dans les règles de l'art, de rêver selon des codes pré-établis par d'autres, logés un peu plus haut au dessus des nuques. Le pauvre se mange l'injonction d'être cool, tolérant, cultivé, ouvert (que des trucs biens) et surtout comprendre le "chinois" cette langue des riches. Que du bon que du charitable et de l'apaisement dégoulinant à souhait, bref tout ce qu'il n'aime pas, tout ce à quoi il a pas accès et qui lui est parfaitement hostile. On lui reproche au manant d'être bourru, à la fois servile et haineux.... mais c'est tout ce qu'il lui reste d'humain avant l'étape animale, c'est sa résistance au dépit, face au désespoir endémique qui le tient par la gorge. Moi qui sors des zones inhospitalières, je vais vous dire : pauvre on rêve de magnums de champagne, de belles maisons et de mezzanines, on veut voir le monde d'en haut et rire de la turpitude de son prochain, on se venge d'avoir manqué de tout, on veut casser des dents et conjuguer des poings à tous les temps. On fait des rêves en ivoire et carrés et qu'elle est douce la pente quand elle est sur la descente. Oui, le pauvre rêve du pactole pas d'un smic rehaussé, il a les yeux rivés sur la ligne d'arrivée, cette ligne que doivent mordre ceux qui ont appris à mordre. On piaffe pour les six bons numéros. Pauvre, on travaille mais surtout on joue et quand on a plus rien du tout on joue le tout sur le tout. Moins on a et plus on dépense. C' est ça être pauvre, la tête ne se remplit pas de vers d'Apollinaire ou de métaphores d'Hugo, on remplit pas ses murs des œuvres de Camus, on les charge d'ustensiles pour se rassurer d'avoir à les remplir de soupe. Le pauvre veut pas être libre il veut être riche, il veut la six cylindre en V en guise de représailles et pour ça tous les jours y fait des croix dans des cases. On lui dit joue ! et puis l'injonction tombe : partage ! et sa réponse est sans appel : mes couilles. Enfin , quand on est pauvre on s'en remet au secret des belles fumées, on croit au sacrifice de l'animal, au trèfle, au fer à cheval... après tout il suffit d'y croire . Celui qu'est raide est bien décidé, il joue sa vie avec les dés et oublie que la misère est pour lui un lien de parenté, du sang pourri puisqu'il est rouge. Pauvre on est riches que d'égoïsme, de cupidité et de rancœur . On a les défauts de ceux d'en haut, on leur ressemble par le versant le plus bas . quand à nous repus et blindéssûr qu'on se fait un tas d'idéessur ceux qui devant le désastres'en remettent aux astresles pauvres y sont et ça nous désespèrepas sur le chemin qu'on préfèreet qu'ils soient paumés ou plus âgésne rêvent pas de partagermais d'une étoile qui viendraitposer sa grosse cylindréelà juste devant le trottoiret dire - à mon tour d'avoir.

Le 4 août 2010 à 18:17

The People's Republic of Stokes Croft (PRSC)

Carte postale de Bristol

La fresque vous éclate au visage sitôt franchie la frontière sud de la République Populaire de Stokes Croft – le pays où les taggers sont rois. Pas sûr que vous en ayez déjà entendu parler… Bombardé avec le reste de la ville par les Nazis, ce quartier de Bristol était resté "délibérément et criminellement négligé par les autorités", dixit  la Constitution du nouvel Etat. "C'est ici que la municipalité installait ses centres pour drogués et  sdf – tout ceux qu'elle ne voulait pas voir dans le centre de la cité. On va en faire un joyeux centre d'excentricité", précise  Chris Chalkley, Président de la République en bonnet de laine rencontré dans son quartier général de Jamaica Street où il vend tableaux et porcelaines taggées RPSC. "Les habitants ont décidé il y a quatre ans de prendre les choses en main eux-mêmes." Et vous l'annoncent dès votre arrivée via une signalétique jaune et noire très stencil posée au pochoir sur les murs : PEOPLES REPUBLIC OF STOKES CROFT, WE MAKE OUR FUTURE;  WELCOME TO STOKES CROFT, CULTURAL QUARTER, CONSERVATION AREA, OUTDOOR GALLERY. Quelle municipalité accepterait de voir de simples habitants nommer une place "Turbo Island" et d'y planter de mini statues de l'Ile de Pâques ? De s'opposer à l'implantation d'un hypermarché Tesco dans un ancien Comedy Club ? De peindre le mobilier urbain en jaune ? De chercher des jumelages avec d'autres villes du monde et de métamorphoser rues et façades en une chapelle Sixtine mi-rock mi-train fantôme (voir visite virtuelle) ? Le Président Chalkley entouré de quatre directeurs gère les relations musclées avec la mairie et pilote les initiatives en cours : ouverture de galeries, centres d'art, restaurants, et même un musée ready made où se rassemble avec malice l'histoire de la jeune république (on pourra y voir la photo d'un tagger enfermée dans une cage d'oiseau, une bouteille en plastique contenant les cendres d'un sdf dont la PRSC a financé les funérailles...). Et bien sûr, la mise en fresques du nouveau quartier-galerie: "Tout le monde est libre de peindre en plein jour. Mais il y a des propositions si généreuses sur les murs que les taggers doivent être à la hauteur", dit Chris Chalkley en pointant du doigt l'œuvre du célèbre graffeur Banksy : un ours blanc lance un cocktail molotov sur trois bobbies armés de boucliers. On peut l'admirer en dégustant un ramier garni à l'oseille, aux pois rouges et à la confiture de betterave sur la terrasse du café Canteen qui vient d'ouvrir à Stokes Croft et depuis laquelle, chers aficionados de ventscontraires.net, je vous écris cette carte postale.

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