Le Tampographe Sardon
Publié le 13/08/2014

Ça eut payé


Bons points modernes #3

Le Tampographe ne fabrique jamais de tampons sur commande. Il n'aime pas les artistes, il s'intéresse pas à leur travail, il n'a aucune curiosité pour les merdes qu'ils produisent généralement, s'il pouvait il les emploierait volontiers à goudronner les routes, curer les fossés, vider les poubelles ou creuser le canal Seine-Volga.

Son site : http://le-tampographe-sardon.blogspot.com/ 

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Le 12 avril 2012 à 10:44

Nicolas Sarkozy, héros rimbaldien et "oxymore sur pattes" ?

Dire ceci et son contraire, n'est-ce point ce qui caractérise les sincérités successives dont le peuple a le secret ? Être « Je » et « l'autre », n'est-ce point la prophétique intuition de Rimbaud qui s'est capillarisée dans la vie quotidienne postmoderne. C'est en ce sens, pour le dire d'une manière tout à la fois familière et rhétorique, que Sarkozy est un « oxymore sur pattes. (Michel Maffesoli, sociologue, Atlantico.fr, 12 avril 2012)   Cet éminent professeur à la Sorbonne, spécialiste des imaginaires sociaux, a puisé loin dans sa vaste intelligence pour expliquer combien l’antisarkozysme était la haine du peuple, la négation de la vie, la défaite de la poésie. Avec en guise de bouquet final, cette définition du président sortant en  “oxymore sur pattes” dont on se demande bien comment ça peut lui permettre d’avancer droit en campagne. En fait, derrière cet audacieux plaidoyer pour une unité motrice des contraires, se profile l’implacable réquisitoire visant la normalité prudhommesque de François Hollande, identifiable à un pléonasme à roulettes.  Sarkozy en héros rimbaldien, c’est fort. Mais Maffesoli sait ce qu’extra-lucidité veut dire. N’est-ce pas lui qui avait dirigé la thèse de doctorat d’Elisabeth Teissier ? Cette même astrologue aux sincérités successives qui avait prédit que Martine Aubry gagnerait la primaire socialiste et que Nicolas Sarkozy perdrait la présidentielle (Morandini, Direct 8, le 13/10/2011).  Du coup, c’est notre sociologue de la postmodernité où le vrai avance masqué derrière le faux, qui pourrait bien retomber sur…ses pattes.    

Le 16 mars 2012 à 08:22

Éros et Tomatos

Le jour même, dimanche 12 mars, du "meeting-monstre" du candidat-sortant à Villepinte, on aura appris que "Louis Sarkozy lance des billes et une tomate sur une policière", en faction devant l'Élysée. En 2007, âgé de 10 ans, le bambin lançait son fameux "Bonne chance mon papa!". En 2012, l'ado lance des tomates sur les forces de l'ordre! Crise pubertaire, sans doute, que le délinquant voudrait endiguer, s'étant récemment inscrit dans une académie militaire aux USA. Reste que le contexte familial est préoccupant, entre la toute-puissante image du Père-Président, et la dangereuse proximité, quand Louis est à Paris, d'une belle-mère people, délurée, sexy … Comment ne pas songer à cet autre adolescent : Hippolyte, confronté pour son malheur aux avances de sa belle-mère, la Reine, Phèdre, et voué à être immolé à l'aveugle courroux de son père, Thésée ? Ainsi, du palais d'Athènes au palais de l'Élysée, d'un Roi à un Président, d'une Reine à une first lady, et d'Hippolyte à Louis il n'y aurait qu'un pas, mais un abîme quand ce dernier cherche à se dépêtrer du drama par le lancer de tomates, aux dépens d'une factionnaire qui, femme et flic, conjoint deux pointes du triangle oedipien. Une tomate ne fait pas le printemps. Louis tournera-t-il racaille ? trader ? anar ? yachtman ? Toujours est-il que l'on peut souhaiter, dans son intérêt, que l'Élysée lui soit bientôt clos, pour cause de non-renouvellement de bail.

Le 9 mars 2012 à 08:50

"Nous voterons Sarkozy parce qu'il y a quelque chose d'indéplaçable en lui, parce qu'il pose franchement cette question : de quelle vérité l'homme est-il capable ?"

Igor et Grichka Bogdanoff, Le Parisien, 9 mars 2012.

Les deux plus fameuses protubérances mentonnières de l’univers connu, viennent d’apporter au Président-candidat, un soutien qui va lui faire chaud dans les tuyères. Un soutien cosmique à tous égards.  Il faut être capable de penser en cinq dimensions (au moins) pour justifier la réélection d’un sortant au motif qu’il est « indéplaçable. » A notre misérable échelle humaine, on pense qu’au terme de cinq ans à un poste où il n’aurait pas spécialement brillé – à en croire des sondages terrestres divers et concordants – son déménagement définitif de la rue du Faubourgg Saint-Honoré serait d’une logique démocratique banale. Errare ! Ces anciens présentateurs de l’émission « Temps X » sur TF1 (une sorte de journal  de la science hard), sont les messagers d’une opinion intersidérale attribuant à Nicolas Sarkozy l’immanence définitive tant sa masse développe d’énergie :  E= M6, si l’on préfère résumer d’une équation cette brève vulgarisation de la pensée bogdanovienne. Assurément un homme qui descend parmi les hommes, pour leur délivrer des vérités dont ils ne seraient pas rendus compte par eux-mêmes,  leur démontrer qu’en osant tout on peut tout, alors oui cet homme-là est d'une autre dimension. Et on ne s’en débarrasse pas comme ça, sur le coup d’une humeur électorale. Un de ses prédécesseurs n’a toujours pas été déplacé de la croix où des jaloux l’avaient cloué.

Le 22 février 2012 à 07:00

Image de campagne

Ça l'affiche mal

La rupture ! Sacré nom de nom, la rupture, encore et toujours la rupture.Voilà le leitmotiv de l'homme qui casse tout. Garnement, il devait réduire en miettes tous ses joujoux. Il casse tout. Il nous les briserait, même, à en croire ses détracteurs de la première heure. La rupture, il la vante, s'en revendique jusque sur ses affiches de campagne.En 2007, il nous regardait en face, « Ensemble, tout devient possible » semblait-il dire. Derrière lui, un vague paysage de campagne. Il n'y avait pas âme qui vive. La campagne était floue, non identifiable, déserte. Nous avions un homme accompagné par le néant.En 1981, Mitterrand nous en avait déjà servi une, avec un village de la Nièvre et son clocher. La force était tranquille, comme la vie à la campagne. Giscard d'Estaing, quant à lui, président sortant s'apercevait devant un paysage industriel qu'« il fallait une France forte ». Il était temps.Georges Marchais, en 1981, « l'anti-Giscard », souriait devant une foule de travailleurs cégétistes, tandis que Jacques Chirac assis dans un salon possiblement Louis XV, photographié par Helmut Newton nous regardait dans le fond des yeux. Tout en haut, l'affiche proclamait « Maintenant, il nous faut un homme de parole. » et tout en bas, se terminait par ce slogan de marque de lessive « Jacques Chirac le président qu'il nous faut ». Finalement après avoir été bien rincés et bien essorés nous avions sans doute besoin de changement d'où l'idée de rupture.Nouvelle élection, nouvelle campagne, nouvelle affiche et nouvelle rupture. Cette fois, l'image rurale a disparu et est remplacée par une mer étale. L'homme ne nous regarde plus en face. Ne nous voit-il pas ? Ne peut-il plus nous voir ? Il fixe un point invisible à tous. Pas même l'horizon, qui est derrière lui, et vide de tout, comme le paysage campagnard de 2007. A bien le contempler cet horizon, on se rend compte qu'il n'y a rien à voir.

Le 16 février 2012 à 10:39

« Le débat de la prochaine présidentielle ne se jouera pas droite comme gauche, euh, droite contre gauche. »

Nicolas Sarkozy, TF1, mercredi 15 février 2012

Pour un candidat-président qui allait « cliver » à mort durant la campagne afin de transformer le « Flanby » socialiste en bouillie de chat, pas étonnant qu’il se soit mélangé les pinceaux.  En se lançant officiellement dans la bataille, il s’est métamorphosé en président au dessus des partis, des syndicats et même des « élites », qui ne décidera plus de rien à l’avenir sans « donner la parole au peuple. » Promis, juré, craché. Et le peuple, c’est malheureux mais c’est ainsi, comprend des gens de gauche. Alors, évidemment, les référendums à venir – déjà trois au compteur - mieux vaudrait qu’ils transgressent les camps politiques sur des sujets bien tordus, s’il ne veut pas qu’à chaque fois les électeurs se remobilisent sur le  mode « Dégage ! »  Enfin, s’il est réélu. Car d’ici là, il y a du boulot. On ne dira jamais assez le stress du président qui se succède à lui même. Une seule exception : Mitterrand en 1988. Sarkozy en 2012 serait plutôt dans le mimétisme giscardien. Ce qui n’est pas le bon choix quand on se souvient de ce qu’il advint en 1981. Mais la peur de perdre peut être mauvaise conseillère :  il a ainsi opté pour un slogan de campagne : « La France forte ! »,  quasi identique à celui de Giscard voici trente ans : « Il faut une France forte. » C’est sans doute ce qui explique l’autre lapsus de son annonce de candidature, quand il a failli dire qu’il concourrait pour un  second « septennat. »

Le 4 août 2011 à 08:16

Les SDF nous ouvrent la voie

Dans un contexte de crise de l’hébergement d’urgence, des voix s’élèvent pour reprocher à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir respecté sa promesse de 2006 d’atteindre zéro SDF en deux ans. Quelle mauvaise foi ! Après tout, ce n’est quand même pas sa faute si les hivers n’ont pas été assez rigoureux et que ces malheureux ont survécu en nombre. Et puis il faut bien reconnaître qu’il n’a pas ménagé ses efforts. Durcissement des conditions d’accès aux soins, sécuritarisme et stigmatisation systématique de l’infâme assistanat, tout a été fait pour pousser les sans-abri, si ce n’est vers la réinsertion, au moins vers l’exil ou le suicide. Dans un processus qui doit relever du darwinisme social, les SDF ont su s’adapter à la dureté du milieu. Ils sont devenus plus endurants, plus résistants selon une évolution biologique proche de celles que l’on observe chez certains microbes ou virus. Cette mutation dont ils sont les précurseurs concernera bientôt l’ensemble de la société. Dans un monde privé de protection sociale, où les intérêts économiques prendront le pas sur les solidarités institutionnelles, chacun devra en effet faire preuve de force et de combativité. Et là, miracle de la nature, les SDF survivants nous ouvrent la voie et nous donnent de l’espoir. Les plus forts d’entre nous survivront et pourront asseoir leur domination sur les plus faibles. Et ça – reconnaissons-le, c’est vraiment une très bonne nouvelle.

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