Stéphane Trapier
Publié le 21/02/2012

Vox populi


Né le 15 juillet 1790, Stéphane Trapier a toujours raté les rendez-vous de l’histoire. Ancien avant-centre de l’équipe de France, il n’a jamais gagné la coupe du Monde. Il collabore à Fluide Glacial (après le départ de Gotlib), au Monde (sans jamais croiser Beuve-Méry) ou encore à Télérama (dès la retraite de Jean-Claude Bourret). Il a illustré deux ouvrages de Jean-Michel Ribes, et son Rond-Point. Il ne connait pas personnellement Henri Guaino. 

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Le 23 septembre 2010 à 09:50

"Il faut juste être malade mental pour jouer la défaite de son camp"

Jean-François Copé, RTL, mercredi 22 septembre 2010

Déjà que les hôpitaux psychiatriques sont bondés, la situation empirerait si l’on suivait le diagnostic du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Eriger la duplicité politique au rang de pathologie mentale, c’est la charité qui se moque de l’hôpital. Charitable, ce Copé qui pense à la présidentielle le matin en se rasant, à midi en se curant les dents et le soir en se les brossant ? Selon lui les traîtres seraient des irresponsables. Certes. Mais l’irresponsabilité dans l’action criminelle permet d’échapper au procès populaire. Une aubaine alors pour les Chiraquiens qui, après avoir plombé Chaban en 1974 ont joué Mitterrand contre Giscard en 1981, les Communistes faisant l’inverse, les Mitterrandiens plantant Rocard aux européennes en 1994 au bénéfice de Tapie, les plus nostalgiques récidivant en 2007 pour le « jaurésiste » Sarkozy contre  l’« évangéliste » Royal, quand des Rocardo-strausskahniens faisaient un détour par Bayrou pour contourner Ségolène. Sans parler de récurrences comme le vote révolutionnaire à droite de l’extrême-gauche et le vote nationaliste à gauche de l’extrême-droite. Aujourd’hui, à droite, qui fantasme sur une défaite de Sarkozy en 2012 ? Le sieur Copé n’est pas exempt de pulsions en ce sens, lui qui visant ouvertement 2017 préfèrerait sans doute que le sarkozysme soit discrédité pour mieux apparaître comme le recours au coup suivant.  Qui a crié : « Au fou  » ?

Le 4 août 2011 à 08:16

Les SDF nous ouvrent la voie

Dans un contexte de crise de l’hébergement d’urgence, des voix s’élèvent pour reprocher à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir respecté sa promesse de 2006 d’atteindre zéro SDF en deux ans. Quelle mauvaise foi ! Après tout, ce n’est quand même pas sa faute si les hivers n’ont pas été assez rigoureux et que ces malheureux ont survécu en nombre. Et puis il faut bien reconnaître qu’il n’a pas ménagé ses efforts. Durcissement des conditions d’accès aux soins, sécuritarisme et stigmatisation systématique de l’infâme assistanat, tout a été fait pour pousser les sans-abri, si ce n’est vers la réinsertion, au moins vers l’exil ou le suicide. Dans un processus qui doit relever du darwinisme social, les SDF ont su s’adapter à la dureté du milieu. Ils sont devenus plus endurants, plus résistants selon une évolution biologique proche de celles que l’on observe chez certains microbes ou virus. Cette mutation dont ils sont les précurseurs concernera bientôt l’ensemble de la société. Dans un monde privé de protection sociale, où les intérêts économiques prendront le pas sur les solidarités institutionnelles, chacun devra en effet faire preuve de force et de combativité. Et là, miracle de la nature, les SDF survivants nous ouvrent la voie et nous donnent de l’espoir. Les plus forts d’entre nous survivront et pourront asseoir leur domination sur les plus faibles. Et ça – reconnaissons-le, c’est vraiment une très bonne nouvelle.

Le 26 février 2012 à 08:32

Tics et tocs

Nombre de nos concitoyens, voire de nos compatriotes se trouvent affligés de tics. Ce constat effectué, il convient de classifier ces petits désagréments. Nous les rangerons dans deux catégories distinctes : les tics polis ou polis tics et les tics pas polis autrement désignés sous la locution de malpolis tics.Nous traiterons ici de polis tics.Le clin d'œil. Cligner de l'œil ne représente pas un gros handicap, à part pour les borgnes. Il consiste à faire du pied avec son œil, c'est-à-dire inviter un interlocuteur à adhérer à son opinion, ou lui indiquer que l'on n'est pas aussi éloigné de lui que semblent l'affirmer les apparences. Le clin d'œil à l'adresse d'un borgne a un effet aléatoire, selon que le destinataire est susceptible de l'interpréter comme une moquerie.Le haussement d'épaules. Hausser les épaules consiste à faire dire à son corps la sottise émise par un contradicteur, ou le manque d'intérêt que suscite une question de journaliste. Il peut se verbaliser par une locution du genre « pauv' con ».Le jeter de menton. Projeter le menton en avant consiste à affirmer une position ou lancer un défi. Certains remplacent le menton par une épaule.Le raclement de gorge. Bien que peu harmonieux au micro, le raclement de gorge constitue un tic subtil. Car comme le rasoir à deux lames, il a une double utilité. Il indique en premier lieu le malaise que le locuteur ressent lors d'une prise de position contre nature, mais insiste sur son courage à l'avoir exprimée. Dans le domaine sexuel, on pourrait le comparer à la prime décomplexion du puceau.La logorrhée.Souvent assimilée à une diarrhée verbale, la logorrhée consiste à dire souvent, très fort et à n'importe quelle occasion n'importe quoi, et particulièrement des imbécillités. Elle a pour effet de marquer en amplifiant sa nature la différence entre les imbéciles de chaque camp. Elle provoque l'indignation en chaîne. Celle ou celui qui profère une énormité s'offusquera de l'indignation outrancière de celui ou celle qui, naturellement offensé, outragé, choqué aura réagi à la sortie originellement émise. On constatera par là que la logorrhée est auto-productive. Certains spécialistes rangent une certaine forme logorrhée, proche du syndrome de la Tourette, parmi les polis tocs plutôt que parmi les malpolis tics.Le lâcher de culotte, autrement appelé le baisser de pantalon. Hormis quelques cas, le baisser de pantalon ne heurte pas la morale, du moins celle que l'on accole au comportement sexuel. Il consiste à renier sa pensée profonde, se trahir et trahir ses proches, mais toujours dans la dignité en invoquant le changement des circonstances.

Le 16 août 2010 à 17:04

Quand la politique dépasse la fiction

Ça fait maintenant plus d’un an que j’ai décidé d’écrire des nouvelles ou des romans de science-fiction. Ça ne se passe pas trop mal, mais j’avoue être confronté à une difficulté à laquelle je ne m’attendais pas. Je me creuse les méninges pour imaginer des trucs délirants mais au final, je dois me rendre à l’évidence, dès que je veux faire de la politique-fiction, j'arrive toujours en deçà de la réalité. Quelques exemples ? - Des politiciens qui dirigent le pays en fonction des désirs d’une poignée de personnes préférant rester dans l’ombre. - Un président qui déclare la guerre à une partie de la population du pays qu’il dirige. - Des parents mis en prison pour des crimes commis par leurs enfants. - Des grandes familles qui s’allient et transmettent le pouvoir à leurs rejetons. - Des zones dans lesquelles la police ne peut intervenir qu’en envoyant des troupes d’élite, lourdement armées. - Des tentatives pour repérer et ficher les "individus à tendances criminelles" dès leur plus jeune âge. - Des interventions militaires destinées à protéger les intérêts de puissantes compagnies privées – dans le jargon, on appelle ça des guerres corporatistes. - Une dégradation de l’environnement niée par des politiciens aux ordres de ces mêmes compagnies… Et cette liste de bonnes idées, hélas déjà prises par le gouvernement, n’est pas exhaustive. Reste à espérer que nos dirigeants ne soient pas des vampires, sinon je n’ai plus qu’à aller pointer chez Arlequin.

Le 8 août 2014 à 08:08

Au secours les mots : Stéphanie Hochet défend le mot "flexibilité"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici. La modernité a commencé avec le caoutchouc qui, après avoir rendu des services à l’homme a pris l’homme à son service ; si une matière peut être à ce point malléable, pourquoi l’homme ne le serait-il pas aussi ? On a utilisé des élastiques avant d’inventer les horaires élastiques. Vous n’êtes pas prêt à travailler à cinq cents km de chez vous ? Vous n’acceptez pas de bosser la nuit alors que vous avez une famille et que (sans vous offenser) vous n’avez plus vingt ans ? Une entreprise délocalise et s’installe dans un pays où la main-d’œuvre ne va pas manifester de si tôt pour obtenir un salaire décent. C’est la sainte flexibilité du travail. On aime tellement notre économie qu’on lui prête des qualités de gymnaste. Qui n’a pas admiré la souplesse insolente de ces athlètes défiant les lois de la pesanteur, jouant de l’équilibre avec leur corps ? Les beaux jeunes hommes pendus aux anneaux, biceps tendus. Et les saltos des gamines roumaines. Dans hévéa, il y a Ève. Ce qui s’impose à l’homme s’impose encore plus à la femme. De la ductilité à la docilité, il n’y a qu’un pas. Des femmes, on attend non seulement qu’elles se coulent dans le moule, mais aussi qu’elles deviennent le moule : assez solides pour contenir l’ordre, assez souples pour s’y conformer. Le social a contaminé la flexibilité, au point que le mot a cessé d’être beau. Même le joli terme souplesse est en train de devenir suspect. On apprécierait que la politique cesse de rendre inutilisables les vocables les plus purs. Il est urgent pour les chômeurs de regarder la télévision quand les prochaines compétitions de gymnastique auront lieu. Extension des muscles, souplesse du mouvement, réactions précises. Un exemple de flexibilité. L’énergie alliée à la légèreté. Femmes au foyer, chômeurs, râleurs patentés, inadaptés de la croissance, soyez flexibles ! Et puis non, ne le soyez pas. Soyez paresseux et jouisseurs comme les chats voluptueux, doux, souples, flexibles eux aussi… Stéphanie Hochet est l'auteur de six romans, dont Combat de l'amour et de la faim, Prix Lilas 2009. La distribution des lumières est sorti pour la rentrée littéraire 2010 chez Flammarion. Elle collabore au Magazine des livres, à BSC News et à Libération. En savoir plus : http://stephanie.hochet.over-blog.com/ Illustration : Dupont&Barbier www.dupont-barbier.com       

Le 3 juillet 2015 à 07:42

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Les animaux font-ils de la politique ?

NON. Les animaux ne font pas de politique. Or, comme chacun sait, ceux qui ne font pas de politique votent à droite. Donc, les animaux sont de droite. Ils préfèrent la nature aux maisons de la culture ; ce sont des scouts qui s'ignorent. Avec ça, ils sont très famille-famille et ils n'aiment pas les étrangers : le taureau, par exemple, se montre particulièrement chatouilleux quand on en entre dans son enclos ; il voit rouge, c'est un anti-communiste primaire. Ajoutons à cela que la plupart des animaux ne connaissent que l'agressivité, l'instinct, la force. Chez les crocodiles, cela s'explique facilement : ils n'ont jamais lu une seule ligne du Contrat social de Rousseau. Leur cerveau reptilien reste assez borné, et c'est bien dommage pour ceux qui, tombant dans la rivière et qui ont peut-être lu le Contrat social, découvrent tout à coup que la philosophie n'est d'aucun secours quand un bataillon de sauriens vient de réduire vos jambes au niveau du torse. Mais, me dira-t-on, c'est user là d'un exemple excessif. Et puis, qu'est-ce qui prouve que, parmi les crocodiles, il n'y en a pas un qui a lu Rousseau ? Un crocodile intello. Un saurien de gauche, qui aurait lu Marx et Groucho. Un croco qui dirait à la réunion de cellule : « Camarades, la violence n'appelle que la violence : si vous ne voulez pas finir en sacs à main, refusons la violence de ceux qui nous exploitent juste pour notre peau ! Bref, arrêtons de jouer aux crocodiles. Devenons pandas, dauphins, ours en peluche, Bisounours... » Mais il y a fort à parier que ce croco-là se ferait dévorer par ses congénères bas du front, qui finiront eux aussi en sacs à main, car c'est entendu : les animaux ne font pas de politique !

Le 27 février 2012 à 09:02

Le candidat providentiel

Il ne se recommande d'aucun parti. Il est anti-européen et anti-bureaucrate. Sur son affiche électorale, on peut lire : « Homme neuf, j'arrive avec des idées neuves. » « Loin d'être l'apanage de certains, l'Assiette au beurre doit être le privilège de tous. » « Vive la république libre et sans bureaux ! » Son programme tient en une dizaine de propositions. Il réclame la transformation en port de mer de la Place Pigalle,le nivellement de la Butte Montmartre, la suppression de la bureaucratie, celle de l'Ecole des Beaux-arts, l'abolition de l'impôt sur les bicyclettes, le transport des dépêches militaires par poissons voyageurs. Il a beaucoup voyagé. Ses titres impressionnent : vice-président du Syndicat des baleiniers de la Corrèze, animateur de la Société générale de publicité dans les W.C du Soudan...  L'homme s'enorgueillit d'être l'inventeur de l'anti-filtre qui transforme instantanément l'onde la plus pure en eau crapoteuse. Le 20 août 1893, Captain Cap qui se présentait aux élections législatives dans la deuxième circonscription du IXe arrondissement de Paris n'obtint que 176 voix, soit 2,22% des suffrages. Dommage. La candidature de ce Captain Cap qui s'appelait en réalité Albert Caperon était soutenue par les habitués de l'auberge du Clou sise rue Trudaine. A savoir Alphonse Allais, Courteline, les poètes Raoul Ponchon et Emile Goudeau. Par où l'on voit que le Clou ne manquait pas de piquant. Captain Cap prononça des discours dans des préaux d'école. Ça et là, dans le quartier Saint-Georges, on l'acclama. On expérimenta ses recettes de cocktail. Une fois dans les urnes,on le bouda. La dureté de la vie politique... Alphonse Allais garda la mémoire de ce fantaisiste,mort prématurément. Il en raconta la truculente biographie en 1902.

Le 3 mars 2015 à 11:04

Portrait : Benoît, le fameux « ami noir » de tous les racistes

Il est l’anonyme le plus célèbre de France. Lui, c’est Benoît Abalo. Le nom et le prénom qui se cachent derrière une phrase entendue dans la bouche de nos connaissances les plus racistes. Cette fameuse phrase : « Je ne suis pas raciste, j’ai même un très bon ami noir ». Cet ami, c’est donc Benoît, qui a choisi de consacrer sa vie à servir de caution morale auprès des français les plus xénophobes. Le Gorafi l’a rencontré à l’occasion d’un entretien exclusif dans lequel il dévoile son histoire et son amitié avec les racistes non assumés. Rompre le silence s’imposait, justifie-t-il, tant il manque de moyens pour assumer la tâche qui est aujourd’hui la sienne. Rencontre. Un statut assumé Il a bientôt 40 ans mais on lui en donnerait à peine 30. Benoît vient du Togo. Il est arrivé en France à l’âge de 7 ans avec sa mère. Aujourd’hui il vit à Boulogne-Billancourt et travaille dans l’immobilier depuis 2001. Mais derrière cette apparente banalité, Benoît est une célébrité. Pas un dîner familial un peu borderline, pas un meeting du FN sans que son existence ne soit évoquée. Car petit à petit, il est devenu l’ami noir, la garantie ethnique des racistes de tout l’hexagone. Un rôle qu’il s’est forgé depuis bientôt 25 ans mais qu’il a refusé dans un premier temps : « Au début des années 90, je me suis rendu compte que de plus en plus de mes amis blancs se servaient de moi comme excuse pour camoufler leur haine des étrangers. Cela m’a d’abord un peu gêné. Puis petit à petit j’ai vu que cela leur permettait d’être plus sereins au quotidien, d’alléger leur sentiment de culpabilité. Alors j’ai accepté ce rôle et j’ai assumé qu’ils se servent de moi pour se dédouaner. » Mais cette fonction, Benoît Abalo ne l’a acceptée qu’à une seule condition : que ces amis racistes ne mentionnent jamais son identité exacte lorsqu’ils parlent de lui. Un besoin d’anonymat qu’il tient à conserver plus que tout : « Je ne veux pas devenir célèbre. Ça ne m’intéresse pas. J’aime l’idée de rester un total inconnu et de garder la tranquillité que cela permet dans la vie quotidienne. Je suis une personne normale et je tiens à le rester ! » On comprend donc mieux pourquoi aucun des racistes rencontrés sur nos routes n’a jamais vraiment expliqué qui était cet ami. Si Benoît apprécie son anonymat, il est cependant confronté depuis quelques temps à plusieurs problèmes que lui impose son rôle « d’ami noir ». En premier lieu, il dit saturer sous les demandes d’amitié : « Depuis 7-8 ans, mon nombre d’amis racistes a littéralement explosé. Aujourd’hui ce sont des millions de relations à gérer et c’est trop pour un seul homme. Il faudrait qu’une autre personne d’origine africaine ou antillaise accepte aussi de devenir la bonne conscience des racistes. » L’autre souci de Benoît ce sont les fausses amitiés, les demandes intéressées : « Tous les jours je reçois au moins 40 à 50 demandes d’amitié sur Facebook venant de gens que je ne connais même pas. Il y a de plus en plus de gens qui veulent devenir mes « amis » juste pour que je leur serve de caution raciale. Sans même qu’il y ait de véritable rencontre entre eux et moi. Là je dis non ! » En un quart de siècle, alors qu’il partait avec un terrible handicap, il a réussi à devenir le meilleur ami des racistes en tous genres. Et ses amis, il les regarde avec un œil tendre et un peu amusé : « Pour tout vous avouer, cela ne va peut-être pas leur plaire, mais la plupart de mes amis sont véritablement de gros racistes, même s’ils récusent cette accusation. Mais quelques uns ne le sont pas et se sentent insultés d’être taxés de « racisme ». Et je comprends cette colère, connaissant moi-même  très bien ces questions de stigmatisation. En ce moment on m’accuse d’homophobie car je suis contre le projet de Mariage Pour Tous. Alors qu’en fait je ne suis pas homophobe, j’ai d’ailleurs un très bon ami pédé ». Le Gorafi

Le 1 juin 2010 à 16:14

« Quand Nicolas Sarkozy nous donne des leçons de maîtrise budgétaire, c'est un peu M. Madoff qui administre quelques cours de comptabilité ».

Martine Aubry, Convention nationale du PS, samedi 29 Mai 2010

Quand la première secrétaire lâche une blague de ce genre elle fait un tabac chez tous les sarkophobes, et ça fait plus de monde qu’il n’en faut pour gagner une primaire présidentielle. Dans le sérail socialiste, il est connu et répété que ce bon mot lui a été soufflé par un spécialiste maison, Guillaume Bachelay, qui est un peu à gauche ce qu'André Santini est à droite.Une aide précieuse, car lorsque Martine Aubry est livrée à sa seule inspiration le trait s’épaissit. En 2006, elle commenta la candidature à la candidature de Ségolène Royal en ces termes : « Il faut proposer un autre modèle aux Français. Donc le problème n’est pas de leur plaire, pas de savoir si on a les bonnes mensurations ».Il est vrai qu’au jeu des « autant demander à », le risque de dérapage est à la mesure du désir de nuire. C’est ainsi que Jean-Marie Le Pen commit en 2007 cet aphorisme d’un goût exquis : « Confier à Jacques Chirac des responsabilités en matière écologique reviendrait à confier la protection de l’enfance à Dutroux ». Dans un registre plus convenable, mais peut-être plus convenu, il faut retenir un éditorial non signé de Lutte ouvrière : « Sarkozy prétend moraliser le capitalisme : autant demander du lait à un bouc » (Août 2007).Ce filon rhétorique du comparatif assassin devrait, grâce à Martine Aubry, s’enrichir de nouvelles perles dans un avenir proche.

Le 26 avril 2012 à 08:31

Rouleau de printemps

Nous dévoilons en exclusivité le tout nouveau véhicule de campagne jaune vif, armé de phares puissants, à fort pouvoir hypnotique, que le candidat sortant a finalement élu pour son tour de France (celle qui se lève tôt) en vue du scrutin du 6 mai. Il fait encore nuit mais il est déjà aux commandes, prêt au départ, couvé des yeux par un Xavier Bertrand au garde-à-vous, en grand uniforme, futuriste et pimpant, de la Nouvelle UMP (Union pour Ma Pomme), d'un vert moins environnemental que printanier, renaissant, avec deux bandes blanches pour suggérer ces "lignes blanches" que le hardi conducteur d'engin n'hésitera pas à franchir, quitte à tout écrabouiller ? A droite de la photo, à moitié rogné, dans une posture qui semble soumise, contrite – contrainte ? -, on reconnaîtra Dominique de Villepin, au surplomb du caniveau où naguère il manqua de choir. Il est prévu que tout du long du tour de France électoral grands et petits dignitaires de la Nouvelle UMP aient ainsi à s'échelonner, aux fins de laisser s'exprimer une joie volontairement contenue sur la ligne de départ. L'allégresse devrait être totale quand à la veille du scrutin décisif le héros remontera les Champs, le scénario prévoyant même que les deux figures les plus glamour de la Nouvelle UMP, Rachida et Rama, grimpent dans la cabine pour couvrir de baisers et de fleurs le petit Timonier, en un spectaculaire contraste avec les énormes rouleaux électoraux, couverts de boue et tachés de sang.

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