Thomas Vinau
Publié le 29/02/2012

Skip James, clochard céleste


Portrait 30

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La flamme orange
Lorsqu'il m'a dit tu pourrais écrire sur Skip James j'ai illico pensé à la flamme
La flamme orange de sa voix
J'ai dit ok mais attends il faut d'abord que j'allume un feu en écoutant Devil got my woman
1966 la flamme orange
La flamme orange de sa voix
Papier/brindilles/allumettes dans la cendre
Il fallait que j'allume un feu à genoux dans la cendre
La brique la suie dans les champs noirs et blancs
La flamme orange de sa voix lorsqu'il chantait le diable première période dans le vagin rouge du diable
la flamme orange de sa voix
Bentonnia Mississipi sur le cuir noir des petits cireurs de pompes
Le long prêche de la flamme orange
Sa voix qui brûle sur les routes
Sa voix qui construit des maisons
Sa voix qui taille des costards pour tous les coupeurs de coton et trente ans plus tard 1966
Le succès que lui fait reprendre le manche
Un singe dans le dos et un crabe dans le ventre
La flamme orange toujours
Some day, baby you known you got to die...
Né en 1978. Habite dans le sud avec sa petite famille. S'intéresse aux choses sans importance et aux trucs qui ne poussent pas droit. Est un etc-iste et un brautiganiste. Se prend parfois pour le fils de Bob Marley et de Luke la main froide. S'assoit sur le canapé. Se reprend. Décapsule. Ecrit des textes courts et des livres petits.
etc-iste.blogspot.com 

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Le 4 août 2011 à 08:16

Les SDF nous ouvrent la voie

Dans un contexte de crise de l’hébergement d’urgence, des voix s’élèvent pour reprocher à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir respecté sa promesse de 2006 d’atteindre zéro SDF en deux ans. Quelle mauvaise foi ! Après tout, ce n’est quand même pas sa faute si les hivers n’ont pas été assez rigoureux et que ces malheureux ont survécu en nombre. Et puis il faut bien reconnaître qu’il n’a pas ménagé ses efforts. Durcissement des conditions d’accès aux soins, sécuritarisme et stigmatisation systématique de l’infâme assistanat, tout a été fait pour pousser les sans-abri, si ce n’est vers la réinsertion, au moins vers l’exil ou le suicide. Dans un processus qui doit relever du darwinisme social, les SDF ont su s’adapter à la dureté du milieu. Ils sont devenus plus endurants, plus résistants selon une évolution biologique proche de celles que l’on observe chez certains microbes ou virus. Cette mutation dont ils sont les précurseurs concernera bientôt l’ensemble de la société. Dans un monde privé de protection sociale, où les intérêts économiques prendront le pas sur les solidarités institutionnelles, chacun devra en effet faire preuve de force et de combativité. Et là, miracle de la nature, les SDF survivants nous ouvrent la voie et nous donnent de l’espoir. Les plus forts d’entre nous survivront et pourront asseoir leur domination sur les plus faibles. Et ça – reconnaissons-le, c’est vraiment une très bonne nouvelle.

Le 29 octobre 2011 à 08:18
Le 28 décembre 2012 à 10:43
Le 9 juin 2015 à 08:28

Des scientifiques découvrent que les rayures des zèbres ne sont pas noires, mais blanches

C’est la stupeur dans la communauté scientifique, après la découverte d’un chercheur lituanien qui s’intéressait de près au pelage des zèbres. Le spécialiste en zoologie est parvenu à démontrer que les rayures qui ornent l’animal ne sont pas noires sur fond blanc, mais bien au contraire, blanches sur fond noir. Le chercheur, Irmantas Rajoksis, aura passé plus de deux ans à observer l’animal rayé avant de rendre publiques ses conclusions. « Nous pouvons confirmer à 95% qu’à l’origine, l’animal est bien noir » explique le scientifique. « Les rayures sont donc bien blanches, ajoutées sans doute par pure coquetterie » précise-t-il, en tournant en dérision la théorie d’un de ses confrères qui prétendait que les zèbres étaient des chevaux en pyjama. Irmantas Rajoksis a commenté dans la presse locale les récentes avancées dans ses recherches. Des travaux menés à l’université de Vilnius et rendus difficiles selon lui par le manque de moyens qui l’ont forcé à travailler à partir de clichés photographiques pour mener ses recherches. « Nous avons trop peu de ressources pour nous permettre des observations sur le terrain » explique Maria, une étudiante du professeur. « M. Rakjoksis est sûrement le lituanien qui a mené le plus d’observations de clichés d’animaux » précise-t-elle, admirative. Les travaux d’Irmantas Rajoksis avaient déjà dépassé les frontières de son pays, puisqu’il avait démontré il y a plusieurs années que les poissons clowns n’avaient probablement aucun humour.

Le 16 octobre 2012 à 08:35
Le 5 décembre 2015 à 07:43

Prenez, ceci est mon... hips

En avril 2013, à Avignon, un homme été contrôlé par la police avec un taux d'alcoolémie de 11 grammes par litre. Quand on sait que le taux d'alcoolémie théoriquement mortel se situe autour de 5 grammes, on ne peut s'empêcher de saluer la performance du valeureux Vauclusien. Pourtant, en l'an 33 de notre ère, un homme s'était illustré avec un niveau d'alcoolisation encore plus spectaculaire. Lors d'un repas qu'il partageait avec une douzaine d'amis, notre champion leur confia que son sang était en fait du vin, un délicieux rouge à 12 degrés que son père adoptif aurait qualifié de bien charpenté. J'imagine d'ici les doutes qui ne manqueront pas d'émerger dans votre sourcilleux esprit mais l'homme dont on raconte ici l'exploit n'a rien d'un menteur et je vous demanderais de considérer ses propos comme paroles d'évangile. Revenons à nos moutons, ou plutôt à notre agneau pascal qui révéla à ses camarades que son sang et le vin avaient les mêmes caractéristiques et contenaient donc la bagatelle de 12% d'alcool. Quand on sait qu’un humain (fils de Dieu ou pas) compte environ 6 litres de sang et que la densité de ce sang est de 1,06 kg/litre, on peut en déduire que notre ami comptait 6,360 kg de sang. Le sang de celui que, pour préserver son anonymat, nous appellerons JC contenait 12% d’alcool soit 763,2 grammes d’alcool pour 6 litres de sang. Le taux d’alcoolémie du prodigieux buveur était donc de 127 g/l. Avec un tel taux d’alcoolémie, notre homme aurait dû être mort depuis longtemps. Le miracle de sa survie peut sans aucun doute être considéré comme la preuve de sa nature – n'ayons pas peur des mots - divine. Pour savoir ce qu’a bu JC pour atteindre un tel taux d’alcoolémie, on applique la règle suivante : taux d’alcoolémie : Alcool Total absorbé (g) ÷ [ Poids (kg) x le coefficient de diffusion ] Pour un homme, ce coefficient de diffusion est de 0,7. Si on estime que JC pesait 70 kilos, on peut conclure que, pour atteindre un taux d'alcoolémie de 127g/l, il a ingéré 6223 g d’alcool soit 622,3 verres et donc environ 83 bouteilles, ce qui représente, reconnaissons-le, un sacré exploit. Rien d'étonnant donc qu'avec un tel niveau d'alcoolisation, notre ami JC ait pu avoir l'impression de marcher sur l'eau et voir des pains se multiplier sous ses yeux.

Le 10 mai 2011 à 11:30
Le 19 juillet 2010 à 12:53

Sous Les Toits

Boulevard Magenta, 7e étage, 9m² mansardés jusqu’à la raie, pas de douche, robinet d’eau froide et chiottes sur le palier, 400 euros par mois. Si le soleil ne tape pas trop fort, jette un coup d’œil tout là-haut, dans l’arrondi de la toiture en taule, derrière chaque vasistas se planque un type en manque de tout. Toute la journée, il guette, sa petite radio à piles posée sur les genoux, il écoute les Grosses Têtes, les infos 15 fois par jour, il attend, il renifle, il tousse, il se marre, il dit merde, il roule sur son matelas, en écrase deux bonnes heures. Quant t’es pauvre, y’a pas grand-chose à branler, surtout à Paris. Marcher, s’asseoir sur un banc, lire deux, trois feuilles d’un journal, se rentrer, bouffer un cassoulet, descendre 3 litre d’un rouge dégueulasse, et basta. Tous les jours comme ça. Jusqu’à plus soif. Et rien en vue. Jamais. On était vendredi soir, mon voisin avait recouvert de merde les murs presque blancs des chiottes du palier, et la femme de ménage ne serait pas là avant mardi. J’ai cogné à sa porte. Il a ouvert en ticheurte calbute douteux. Il était raide. – Qu’est-ce tu me veux ? il a dit. – Pourquoi t’as fait ça ? j’ai demandé. – Pourquoi j’ai fait quoi ? il a dit. – Les chiottes, j’ai dit. – Si t’es pas content, c’est le même prix. Il m’a claqué la lourde à la gueule. Je suis retourné dans ma piaule en maudissant cet enfant de salaud. 30 ans qu’il vivait là, qu’il faisait la manche devant l’église de la gare de l’Est, ça lui donnait un certain pouvoir, quelques droits. J’ai ouvert une boutanche, me suis versé un verre, allumé une tige, et j’ai commencé à taper un poème à la machine à écrire histoire de passer le temps. Le temps d’être complètement raide. Le temps que tous les souvenirs bien vaseux me remontent à la surface, d’enclencher la radio. Et de chialer sur des musiques bien niaises.

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