Romain Boussard
Publié le 11/03/2012

Super héros


Ancien étudiant en coloriage et pâte à modeler reconverti dans le dessin d'actualité. 
http://rboussard.canalblog.com/
 

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Le 4 avril 2012 à 10:33

"Le torrent révolutionnaire des Français est sorti de son lit"

Jean-Luc Mélenchon, meeting à Vierzon, mardi 3 avril 2012

Filer la métaphore, c’est prendre le risque de faire des nœuds à sa pensée. Que nous dit-il cet homme de « conviction » (Sarkozy dixit), qu’est le candidat du Front de gauche ? Le peuple possède une force hydraulique désormais activée par la turbine mélenchonienne. Soit. C’est au moins une énergie renouvelable. Pour les megawatts, on évaluera le  22 avril. Mais n’empêche qu’il nous suggère aussi, cet homme à « l’identité forte » (NKM dixit), que par le passé le « torrent » était resté dans son « lit. ». Ou bien il roupillait, ou alors, bordé par les soins de la Réaction, il se tenait allongé dans une position inoffensive. Pas terrible, le sous-texte. C’est que depuis Karl Marx qui a vu les Communards monter « à l’assaut du ciel », l’imaginaire révolutionnaire peine à retrouver une telle hauteur. On serait plutôt dans le mimétisme : 1917 en Russie s’inspirait, précisément, de 1848  en France, tandis que par un plaisant retour des choses Mai 68 plagiait octobre 1917, dans ses déclinaisons lénino-trotsko-maoïstes. Et Jean-Luc Mélenchon, cet homme « sincère » (Morano dixit), il se la joue comment la Révolution ? Dans le style, on voit bien qu’il emprunte au tonitruant Marchais des années 70. Pour le fond ce serait plutôt entre Thorez et Chavez. Deux grands défenseurs de l’énergie nationale. Le charbon pour l’un, le pétrole pour l’autre. Mélenchon c’est peut-être la Révolution accédant enfin à l’âge de l’électricité. Un vrai bond en avant.

Le 23 mai 2015 à 08:11

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Les riches sont-ils à plaindre?

OUI. Non seulement les riches sont à plaindre, mais il faut absolument les aider à repousser le triste sort qui les accable. Etre riche, vous savez, ce n'est pas drôle tous les jours. Quand on a tout, on ne fait pas grand-chose ; on glande. On glande chez Fauchon, Hermès, Louis Vuitton. On déprime un peu. On se mouche dans des billets de 200 euros. On achète ceci ou cela, mais on n'en a pas vraiment envie, parce que de toute façon, en tant qu'actionnaire majoritaire, on est quasiment propriétaire du magasin. En plus de ça, en tant qu'actionnaire, il faut veiller à ce que l'argent rentre bien tous les jours et qu'il n'aille pas se perdre dans des investissements stupides qui feraient baisser la courbe du chômage. Créer des emplois, c'est bien joli, mais trop de gens qui travaillent c'est autant de grévistes potentiels et de candidats à l'assistanat. Si on est riche, ce n'est quand même pas pour faire plaisir aux autres ! L'argent doit rester là où il est, entre gens bien nés qui savent jouer au bridge et apprécier un Dom Perignon. Oui, les riches sont bien à plaindre, d'autant que, s'ils jouent au bridge, c'est parce qu'ils ne peuvent pas jouer au Millionnaire, vu qu'ils sont déjà bien pourvus de ce côté-là. Et s'il leur arrive parfois de jouer au Loto, c'est juste pour voir à quoi peut bien ressembler ce rêve de pauvre qui consiste à cocher des grilles à la con avec un stylo offert par la Française des jeux. Le stylo fuit affreusement. Le bar-tabac sent l'anisette et le vieux manteau humide. Bonjour l'ambiance ! Tout ça ne vaut pas une coupe au Fouquet's, encore que les Champs ne sont plus ce qu'ils étaient, avec tous ces jeunes de banlieue qui déboulent le ouikend et qui posent leurs pattes sales sur les vitrines de luxe. Eh oui, eux aussi ils aimeraient être riches. Les pauvres ! Les inconscients ! Ils ne savent pas combien il est difficile de conserver sa fortune sans se faire spolier par l’État, combien l'exil fiscal relève aujourd'hui du parcours du combattant ! A ce prix-là, il vaut mieux être pauvre et y rester. Les soucis sont moindres et l'avenir se décline au présent.

Le 9 mars 2012 à 08:50

"Nous voterons Sarkozy parce qu'il y a quelque chose d'indéplaçable en lui, parce qu'il pose franchement cette question : de quelle vérité l'homme est-il capable ?"

Igor et Grichka Bogdanoff, Le Parisien, 9 mars 2012.

Les deux plus fameuses protubérances mentonnières de l’univers connu, viennent d’apporter au Président-candidat, un soutien qui va lui faire chaud dans les tuyères. Un soutien cosmique à tous égards.  Il faut être capable de penser en cinq dimensions (au moins) pour justifier la réélection d’un sortant au motif qu’il est « indéplaçable. » A notre misérable échelle humaine, on pense qu’au terme de cinq ans à un poste où il n’aurait pas spécialement brillé – à en croire des sondages terrestres divers et concordants – son déménagement définitif de la rue du Faubourgg Saint-Honoré serait d’une logique démocratique banale. Errare ! Ces anciens présentateurs de l’émission « Temps X » sur TF1 (une sorte de journal  de la science hard), sont les messagers d’une opinion intersidérale attribuant à Nicolas Sarkozy l’immanence définitive tant sa masse développe d’énergie :  E= M6, si l’on préfère résumer d’une équation cette brève vulgarisation de la pensée bogdanovienne. Assurément un homme qui descend parmi les hommes, pour leur délivrer des vérités dont ils ne seraient pas rendus compte par eux-mêmes,  leur démontrer qu’en osant tout on peut tout, alors oui cet homme-là est d'une autre dimension. Et on ne s’en débarrasse pas comme ça, sur le coup d’une humeur électorale. Un de ses prédécesseurs n’a toujours pas été déplacé de la croix où des jaloux l’avaient cloué.

Le 29 octobre 2011 à 08:18
Le 22 septembre 2011 à 17:33
Le 27 septembre 2011 à 11:18

Jean-Paul Clébert, clochard céleste

Portrait 25

Jean-Paul Clébert a été surnommé un temps, le clochard qui a failli avoir le prix Goncourt. Jean-Paul Clébert est né le 23 février 1926 et il est mort la semaine dernière, le 21 septembre 2011. Dans son nom, Jean-Paul Clébert est à une voyelle de clébard. Après avoir été cheminot, trimard, résistant puis avoir parcouru l’Asie, il tape la cloche dans le beau Paris Insolite des années cinquante. Ses compagnons de route ? Doisneau, Giraud, quelques surréalistes, quelques situationnistes. Il écrit au dos des paquets de gauloise après avoir découvert Bourlinguer de Cendrars. C’est lui qui l’introduira chez Denoël. Son seul maître, avec peut être Henry Miller à qui il fait visiter les bordels Parisiens. Clébert parlait des gitans, des arabes, des juifs, des caniveaux, des chiens, des petits matins rouges, des ficelles, des putes, des chineurs, de la faim et du vin. Il n’idéalisait rien et surtout pas la misère. Il montrait ce que personne n’en connaissait, sa beauté, sa fierté, son courage. Il était venu finir sa vie pas loin de chez moi, dans les collines du Luberon, loin du Paris frimeur qu’il ne reconnaissait plus, écrire des livres sur l’ail ou la Provence. Mais il sera resté jusqu’au bout du même bord ; «avec ces hommes qui crèvent de  faim, se foutent pas mal des beautés de la liberté et de la marche à pied, ont misé sur l’avenir et le boulot bien fait et dont on apprend du bout des yeux le décès dans la colonne des faits d'hiver, vieux et vieilles morts solitaires dans un taudis innommable, ou rongés tout vivants sur leur grabats par les rats». Les éditons Attila ont rééditées son Paris Insolite il y a deux ans.

Le 23 mai 2011 à 16:02

« Quand Sarkozy expliquera qu'il en a parlé à Obama, vous répondrez que vous en avez parlé à Gérard Dugenou, ramasseur de champignons en Corrèze ? »

Anonyme UMP, p.c.c. Patrick Cohen, France Inter, 23 mai 2011.

François Hollande donné favori aux primaires socialistes est dans le collimateur des « snipers » sarkozystes. Une « gâchette » encagoulée de l’UMP a balancé une première salve dans le Journal du dimanche, ravalant le prétendant du Limousin au rang d’amateur mycophile. La détonation serait restée assourdie, si elle n’avait reçu l’écho providentiel de France Inter le lendemain, à une heure de grande écoute, par la voix du journaliste questionneur relayant le compliment à l’intéressé. Celui-ci a eu beau jeu de moquer ce mépris pour la France des sous-bois. Il est vrai qu’il n’est jamais très malin, de se la péter quand on entre en campagne. Qu’on se souvienne du « Qui connaît ce monsieur Besson ? » de Ségolène Royal. Ca a boosté la vente des confessions imprimées du transfuge socialiste. Obama, qui ne connaît sans doute pas Gérard Dugenou, se rappelle, lui, de Hillary Clinton sa rivale lors des primaires démocrates, quand elle avait diffusé sur les chaines de télévision un spot publicitaire dit des « Trois heures du matin. » On entendait le téléphone sonner à la Maison blanche pour cause de crise grave. Qui saurait répondre, alors que les petits n’enfants américains dormiraient ? Celle qui a été associée aux mandats présidentiels de son époux, ou l’ancien animateur social de Chicago ? On sait qui des deux postulants les électeurs ont envoyé aux fraises.

Le 10 mai 2015 à 07:55

Hommage aux pauvres « ingrats, gloutons et désobéissants »

« Je n’aime pas les pauvres, s’écriait l’irréductible Georges Darien dans La Belle France en l’an 1900. Leur existence qu’ils acceptent, qu’ils chérissent me déplaît ; leur résignation me dégoûte. À tel point que c’est, je crois, l’antipathie, la répugnance qu’ils m’inspirent qui m’a fait révolutionnaire. Je voudrais voir l’abolition de la souffrance humaine afin de n’être plus obligé de contempler le repoussant spectacle qu’elle présente. » Octave Mirbeau s’étonnait lui aussi que « les misérables ne brûlent pas plus souvent la cervelle aux millionnaires qu’ils rencontrent ». C’est dans le même état d’esprit qu’en 1891, le grand Oscar Wilde a fricassé un des plus stupéfiants chefs-d’œuvre du livre d’inadhérence aux normes, L’Âme de l’homme sous le socialisme, réédité il n’y a pas longtemps aux Mille et Une Nuits ainsi qu’aux Cahiers de l’Herne, et disponible en e-book. Après avoir filé une belle giroflée aux réalités sordides de la société victorienne (la misère matérielle et intellectuelle des ouvriers, le culte du veau d’or et des possessions, le règne du paraître, de l’hypocrisie, du conformisme, la sanctification de la virilité, de la famille, de la religion, du sport). Après avoir défini férocement la démocratie (« le bâtonnement du peuple par le peuple et pour le peuple ») et avoir dénoncé un grand soir prolétarien qui déboucherait sur une « caserne industrielle », une tyrannie collectiviste, une négation dialectique des désirs individuels. Après avoir bien souligné, du bout des lèvres et un verre de cherry brandy à la main, que, pour lui, la vraie révolution, ce n’est pas de sacrifier ses inclinations égoïstes au profit d’une société vertueuse, mais c’est tout au contraire de magnifier ce qu’il y a de plus égoïste en nous, de plus personnel, de plus subjectif, de plus libidinal dans un monde réinventé : le monde du complet épanouissement de chacun. « La réalisation de soi-même est le premier but de la vie. » « La forme de gouvernement qui convient le mieux à l’artiste est l’absence totale de gouvernement. » « L’homme ne vaut que dans ses libres associations. » Après toutes ces fracassantes mises au point, L’Âme de l’homme sous le socialisme ne manque pas de se gausser de la charité ordinaire qui « abaisse, démoralise » et encourage la soumission. « Ne nous dit-on pas souvent que les pauvres sont reconnaissants de la charité qu’on leur fait ? Certains, sans doute, mais les meilleurs d’entre eux ne le sont jamais. Ils sont ingrats, mécontents, désobéissants, révoltés. Ils ont bien raison. La charité n’est à leurs yeux que ridicule et dérisoire esquisse de restitution, ou une aumône sentimentale que les sentimentaux accompagnent généralement d’une arrogante prétention à exercer leur tyrannie sur la vie privée des pauvres. Pourquoi ceux-ci devraient-ils se montrer reconnaissants des miettes qui tombent de la table des riches ? Ils devraient y être assis, et ils commencent à s’en rendre compte. Quant à être mécontent, quiconque ne le serait pas dans de tels décors et avec un tel mode de vie ne serait qu’une parfaite brute. La désobéissance, pour qui connaît l’histoire, est la vertu spécifique de l’homme. C’est par la désobéissance qu’il a progressé, par la désobéissance et par la révolte. On loue parfois les pauvres de leur frugalité. Il est aussi grotesque qu’insultant de conseiller aux pauvres la frugalité. C’est comme si on conseillait à un homme qui meurt de faim de moins manger. Il est absolument immoral pour un travailleur de la ville ou de la campagne de cultiver la frugalité. L’homme n’est pas fait pour prouver qu’il peut vivre comme un animal mal nourri. Il doit refuser ce genre d’existence, et se mettre à voler (…) Quant à la mendicité, il est moins dangereux de mendier que de voler, mais il est plus noble de prendre que de mendier. Non : un pauvre, qui se montre ingrat, peu frugal, mécontent, et révolté, a des chances d’être une véritable personnalité et d’être capable de grandes choses. » Hé oui, c’est comme ça, Wilde et Darien nous invitent en quelque sorte à choisir nos pauvres. Comme on choisit ses compagnons de jeu, de table, de combat ou ses partenaires sexuels. Dans tous les cas, il importe de savoir sélectionner ses mauvaises fréquentations. Mais voilà le moment pour Oscar Wilde de s’en prendre violemment dans son pamphlet à toute forme de travail ne dispensant pas du plaisir. « Tout travail monotone, ennuyeux, tout travail impliquant des contacts répugnants, des conditions déplaisantes, devrait être accompli par la machine. Les machines doivent travailler pour nous dans les mines de charbon, assumer les services d’hygiène, chauffer les vapeurs, nettoyer les rues, transmettre les messages sous la pluie, se charger de toutes les besognes fastidieuses ou déprimantes. (…) L’esclavage humain est odieux. L’avenir du monde dépend de l’esclavage mécanique. » Et c’est là évidemment que « le poète au tournesol » soulève des tempêtes en milieu rebelle. C’est en proposant tout à trac comme les abondancistes des années 70, Jacques Duboin et Cie, et comme les situs dans quelques-uns de leurs premiers textes traitant de l’automation généralisée, La Grande Relève des hommes par la machine. Je suis persuadé, pour ma part, qu’on peut être, fût-ce au prix d’acrobaties vertigineuses,  à la fois wildephile et proluddite, qu’on peut sans se renier tantôt bousiller impitoyablement des machines antipathiques et tantôt les mettre au service des conseils d’anti-travailleurs qui s’annoncent. Le débat est lancé. Les jeux ne sont pas faits.  

Le 30 novembre 2011 à 12:13

« Depuis 2002, chaque année la délinquance a recruté dans ce pays. »

Claude Guéant, Assemblée nationale, mardi 29 novembre 2011.

Ce serait d’ailleurs un des seuls points positifs pour l’emploi en France. Nul besoin de passer par le Pole Emploi, toute demande pressante exercée auprès d’un guichetier de banque suffit pour entrer dans la carrière. Une formation spécialisée, suivie en prison, peut permettre le cas échéant au "junior"  d’accéder au niveau "senior", ouvrant de fructueuses perspectives dans le secteur du convoyage de fonds. Une autre filière pour les jeunes sans qualification est envisageable à partir d’un stage dans le négoce des hallucinogènes, avant d’accéder à des postes plus intéressants dans la pharmacopée des rave parties ou  la diffusion de poudre en boites de nuit. La connaissance de langues étrangères reste un avantage comparatif au moment de l’embauche. L’espagnol est requis dans le transport intercontinental de colis. Enfin pour les demandeurs d’emploi habiles de leurs mains, des emplois à haute technicité politique sont accessibles en période électorale où une provocation à l’émeute est convenablement rémunérée par tout candidat faisant de la peur du désordre son propre fonds de commerce. Atttention, seuls des CDD sont à espérer dans cette activité qui offre néanmmoins quelques ouvertures en cours de mandat, lors d’éventuels troubles sociaux. Hélas, le code pénal freine une croissance riche en emplois. Des allègement ou suppressions de dispositions inutilement tatillonnes, seraient un encouragement à la baisse du chômage.     

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