Jean-Louis Milan
Publié le 02/03/2012

La question à 40 hectares


Si à 57 ans on n'a pas 40 hectares, a-t-on raté sa vie ?
A la fois, homme libre et (sacré) numéro, Jean-Louis Milan les a vus par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva. Mais comme il n'est que modérément courageux, il préférerait que ça reste entre nous. 

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Le 14 octobre 2011 à 08:44

On s'en fout!

Quoi de plus banal que de faire un enfant! C'est à la portée de n'importe quel homo sapiens... On met le papa dans la maman, on s'active... Quelques  acrobaties pour pimenter son ennui, on râle, on crie... Puis on fume une cigarette pour vraiment se décontracter et on s'endort. Alors le résultat de l'union physique entre ce mâle et cette femelle devrait être le cadet de nos soucis. Mais les médias supputent, parlent et écrivent pour ne rien dire, toujours. A la clinique de la Muette, c'est l'effervescence depuis une semaine. Dehors surtout. Les rues adjacentes sont fermées aux voitures et aux passants,  des journalistes armés d'appareils photos et de caméras font le pied de grue pour saisir du vide, de l'inintéressant, du rien. Quel beau métier que d'informer les gens d'inutile et de futile! Surtout en cette période difficile. Ça ne fait même pas rêver...ou alors, la misère s'est définitivement immiscée partout! Et puis que de minauderies insupportables dans le soi-disant non communication de l'évènement. Parce-que "c'est du domaine du privé et de l'intime!" Qu'est-ce qui ne faut pas entendre ! Mais qui peut gober de telles conneries ! Une stratégie qui se cache très mal sous le manteau de la véritable stratégie...allons circulons, il n'y a rien à voir! Ce qui pourrait être intéressant, c'est si le bébé ne voulait pas sortir. Une invitation à la lecture du livre "le divin enfant" de Pascal Bruckner. Drôle, terrifiant, pas politiquement correct, cruel...un régal quoi!

Le 2 mars 2012 à 18:49

« Moi je n'ai pas 40 hectares, OK ? OK ? »

Nicolas Sarkozy, Itxassous, jeudi 1er mars 2012.

C'est la réplique (agri) culte du Président-candidat à un couple de paysans basques qui avait osé l'interpeller : « On n'a pas le même salaire. » Comment qu'il leur a rivé le clou, Nicolas Sarkozy, à  ces croquants qui se la pétaient damnés de la terre. Ils avaient omis de dire qu'ils possédaient  du bien. Et 40 hectares, ce n'est pas une paille. Savent-ils seulement, ces intempestifs ce qu'il en coûterait de posséder autant de terres cultivables dans les Hauts-de-seine ? Bon, c'est vrai que 40 hectares au Pays basque ça ne va chercher que dans les  200 000 neu-neu (5000 euros l'hectare de valeur vénale moyenne selon le J.O de 2009.) Pour ce prix là t'achètes à peine une chambre de bonne à Neuilly-sur-Seine. Pour dix fois plus t'aurais bien pu acquérir l'appartement de Nicolas et Cécilia, il y  a cinq ans, sur l'Ile de la Jatte. Mais justement ils divorçaient. Il a fallu partager, et avec cinq ayants droits il te reste quoi ? Il faut une mauvaise foi de socialiste pour voir le pognon dans l'oeil du voisin, mais pas le lingot dans le sien. La vérité, c'est que les « services » secrets hollandais n'avaient pas seulement déguisé des militants du PS en « abertzale » forcenés ce jeudi 1er mars dans le vieux quartier de Bayonne, que Nicolas Sarkoy était venu reconquérir comme « un territoire de la République ? » Ils avaient aussi travesti deux agents en paysans insolents. Demain, on vous le jure, ce sont des stations d'épuration qu?ils vont installer dans les campagnes.Illustration : d'après l'Ile de la Grande Jatte de Georges-Pierre Seurat

Le 4 août 2011 à 08:16

Les SDF nous ouvrent la voie

Dans un contexte de crise de l’hébergement d’urgence, des voix s’élèvent pour reprocher à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir respecté sa promesse de 2006 d’atteindre zéro SDF en deux ans. Quelle mauvaise foi ! Après tout, ce n’est quand même pas sa faute si les hivers n’ont pas été assez rigoureux et que ces malheureux ont survécu en nombre. Et puis il faut bien reconnaître qu’il n’a pas ménagé ses efforts. Durcissement des conditions d’accès aux soins, sécuritarisme et stigmatisation systématique de l’infâme assistanat, tout a été fait pour pousser les sans-abri, si ce n’est vers la réinsertion, au moins vers l’exil ou le suicide. Dans un processus qui doit relever du darwinisme social, les SDF ont su s’adapter à la dureté du milieu. Ils sont devenus plus endurants, plus résistants selon une évolution biologique proche de celles que l’on observe chez certains microbes ou virus. Cette mutation dont ils sont les précurseurs concernera bientôt l’ensemble de la société. Dans un monde privé de protection sociale, où les intérêts économiques prendront le pas sur les solidarités institutionnelles, chacun devra en effet faire preuve de force et de combativité. Et là, miracle de la nature, les SDF survivants nous ouvrent la voie et nous donnent de l’espoir. Les plus forts d’entre nous survivront et pourront asseoir leur domination sur les plus faibles. Et ça – reconnaissons-le, c’est vraiment une très bonne nouvelle.

Le 4 avril 2012 à 10:33

"Le torrent révolutionnaire des Français est sorti de son lit"

Jean-Luc Mélenchon, meeting à Vierzon, mardi 3 avril 2012

Filer la métaphore, c’est prendre le risque de faire des nœuds à sa pensée. Que nous dit-il cet homme de « conviction » (Sarkozy dixit), qu’est le candidat du Front de gauche ? Le peuple possède une force hydraulique désormais activée par la turbine mélenchonienne. Soit. C’est au moins une énergie renouvelable. Pour les megawatts, on évaluera le  22 avril. Mais n’empêche qu’il nous suggère aussi, cet homme à « l’identité forte » (NKM dixit), que par le passé le « torrent » était resté dans son « lit. ». Ou bien il roupillait, ou alors, bordé par les soins de la Réaction, il se tenait allongé dans une position inoffensive. Pas terrible, le sous-texte. C’est que depuis Karl Marx qui a vu les Communards monter « à l’assaut du ciel », l’imaginaire révolutionnaire peine à retrouver une telle hauteur. On serait plutôt dans le mimétisme : 1917 en Russie s’inspirait, précisément, de 1848  en France, tandis que par un plaisant retour des choses Mai 68 plagiait octobre 1917, dans ses déclinaisons lénino-trotsko-maoïstes. Et Jean-Luc Mélenchon, cet homme « sincère » (Morano dixit), il se la joue comment la Révolution ? Dans le style, on voit bien qu’il emprunte au tonitruant Marchais des années 70. Pour le fond ce serait plutôt entre Thorez et Chavez. Deux grands défenseurs de l’énergie nationale. Le charbon pour l’un, le pétrole pour l’autre. Mélenchon c’est peut-être la Révolution accédant enfin à l’âge de l’électricité. Un vrai bond en avant.

Le 22 février 2012 à 07:00

Image de campagne

Ça l'affiche mal

La rupture ! Sacré nom de nom, la rupture, encore et toujours la rupture.Voilà le leitmotiv de l'homme qui casse tout. Garnement, il devait réduire en miettes tous ses joujoux. Il casse tout. Il nous les briserait, même, à en croire ses détracteurs de la première heure. La rupture, il la vante, s'en revendique jusque sur ses affiches de campagne.En 2007, il nous regardait en face, « Ensemble, tout devient possible » semblait-il dire. Derrière lui, un vague paysage de campagne. Il n'y avait pas âme qui vive. La campagne était floue, non identifiable, déserte. Nous avions un homme accompagné par le néant.En 1981, Mitterrand nous en avait déjà servi une, avec un village de la Nièvre et son clocher. La force était tranquille, comme la vie à la campagne. Giscard d'Estaing, quant à lui, président sortant s'apercevait devant un paysage industriel qu'« il fallait une France forte ». Il était temps.Georges Marchais, en 1981, « l'anti-Giscard », souriait devant une foule de travailleurs cégétistes, tandis que Jacques Chirac assis dans un salon possiblement Louis XV, photographié par Helmut Newton nous regardait dans le fond des yeux. Tout en haut, l'affiche proclamait « Maintenant, il nous faut un homme de parole. » et tout en bas, se terminait par ce slogan de marque de lessive « Jacques Chirac le président qu'il nous faut ». Finalement après avoir été bien rincés et bien essorés nous avions sans doute besoin de changement d'où l'idée de rupture.Nouvelle élection, nouvelle campagne, nouvelle affiche et nouvelle rupture. Cette fois, l'image rurale a disparu et est remplacée par une mer étale. L'homme ne nous regarde plus en face. Ne nous voit-il pas ? Ne peut-il plus nous voir ? Il fixe un point invisible à tous. Pas même l'horizon, qui est derrière lui, et vide de tout, comme le paysage campagnard de 2007. A bien le contempler cet horizon, on se rend compte qu'il n'y a rien à voir.

Le 19 novembre 2012 à 09:01

"La journaliste Audrey Pulvar annonce la fin de sa relation avec Monsieur Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif."

Audrey Pulvar, SMS/AFP, dimanche 18 novembre 2012.

Ah ! que voilà un  genre d’information qui vous délivre des chassseurs de scoops et autres intermédiaires peu fiables. Le medium c’est le messsage, et vice versa. Vous voulez du people ? On vous en donne en prise directe. Ce n’est même pas dans la chambre à coucher que pénétre autrui, c’est dans le lit même, que dis-je, plus intime encore, dans la puce du mobile à touche qui vous « cordonbilicalise » ( désolé pour le neo-log. pas facile à tweeter) avec le monde extérieur. La méthode ouvre des espaces infinis à la transparence démocratique. Ainsi, et à titre d’exemples : «  François Fillon et Jean-François Copé vous annoncent qu’ils ne passeront pas Noël ensemble » ; « Nicolas Sarkozy fait savoir que son épouse Carla va devoir choisir entre son retour sur scène et un retour à la maison » ;  « Jean-Marc Ayrault dément toute liaison ( même aérienne) avec  Cécile Duflot »,  « Valérie Trierweiler accepte l’invitation à diner d’Arnaud Montebourg samedi soir au restaurant le Coq gaulois » ; « François Hollande demande à la journaliste brune qui lui a posé une question économique à sa conférence de presse, de lui communiquer ses coordonnées »; « Marine Le Pen a décidé de porter le voile, seulement à la maison » ; « Manuel Valls déteste le violon, mais souhaite que ça ne se rèpète pas. » Et enfin : « Audrey Pulvar se remet sur le marché, ministre s’abstenir. »

Le 7 février 2012 à 09:23

Au théâtre ce soir

Indéniablement, le spectacle est touchant. Ne gâchons pas notre enthousiasme, laissons nos petits cœurs de midinettes prendre le pas sur la raison puisqu'ils ont des raisons que la tiède et paisible réflexion ignore. Et applaudissons. Applaudissons. Applaudissons, car le spectacle est beau et nous ne comprenons rien à rien. Comment avons-nous pu nous fourvoyer à ce point en collant à cet homme doux une étiquette de matamore colérique, ambitieux au-delà du supportable, fort en gueule, d'histrion dévolu à l'emploi de troisième rôle. Valet fourbe et traître, ce n'était pas Scapin, c'était Iago. Ce n'était pas Matti, c'était Mosca. Finalement, on lui trouvait davantage des ressemblances avec un Puntila dégrisé, un Arturo Ui en pleine forme ou un roi Ubu ivre de lui-même. Indubitablement on se trompait. Méchants que nous sommes. Ce que c'est que l'aveuglement. Car on l'a vu, ces temps-ci, offert aux foules, rieur, blagueur, onctueux comme une crème anglaise, sucré comme le miel, faire risette aux enfants et aux ouvriers, des ouvriers que les méchantes langues disent triés sur le volet pour jouer les utilités ; on l'a vu, complice avec eux, franc du clin d'œil, amical de la tape sur l'épaule. Il se confierait à eux s'il n'y avait la malencontreuse présence des tendeurs de micros et autres porteurs de caméras. D'ailleurs, il leur dit, aux ouvriers, lorsqu'impatients ceux-ci lui demandent s'il a l'intention de se présenter à l'élection, et ne craint pas de l'affirmer devant les micros et les caméras. En son for intérieur, l'homme n'aime pas la surexposition. Modeste, tempéré, simple. Il n'y a qu'à entendre sa voix, regarder son sourire plein de compréhension et d'indulgence. Mais courageux. Au point de ne pas craindre de prendre des mesures « impopulaires » risquant par le fait d'écorner sa popularité, comme il ne craindra pas de faire son mea culpa, de confesser « le moment venu » les quelques faiblesses dont il aura pu faire preuve, les erreurs de jugement qu'il n'aura su éviter. On se trompait en tout. Ni Puntila, ni Ui, ni Ubu, c'est Tartuffe qui est à l'affiche en ce mois de février. Richesse du répertoire !

Le 30 novembre 2011 à 12:13

« Depuis 2002, chaque année la délinquance a recruté dans ce pays. »

Claude Guéant, Assemblée nationale, mardi 29 novembre 2011.

Ce serait d’ailleurs un des seuls points positifs pour l’emploi en France. Nul besoin de passer par le Pole Emploi, toute demande pressante exercée auprès d’un guichetier de banque suffit pour entrer dans la carrière. Une formation spécialisée, suivie en prison, peut permettre le cas échéant au "junior"  d’accéder au niveau "senior", ouvrant de fructueuses perspectives dans le secteur du convoyage de fonds. Une autre filière pour les jeunes sans qualification est envisageable à partir d’un stage dans le négoce des hallucinogènes, avant d’accéder à des postes plus intéressants dans la pharmacopée des rave parties ou  la diffusion de poudre en boites de nuit. La connaissance de langues étrangères reste un avantage comparatif au moment de l’embauche. L’espagnol est requis dans le transport intercontinental de colis. Enfin pour les demandeurs d’emploi habiles de leurs mains, des emplois à haute technicité politique sont accessibles en période électorale où une provocation à l’émeute est convenablement rémunérée par tout candidat faisant de la peur du désordre son propre fonds de commerce. Atttention, seuls des CDD sont à espérer dans cette activité qui offre néanmmoins quelques ouvertures en cours de mandat, lors d’éventuels troubles sociaux. Hélas, le code pénal freine une croissance riche en emplois. Des allègement ou suppressions de dispositions inutilement tatillonnes, seraient un encouragement à la baisse du chômage.     

Le 1 mars 2012 à 19:07

Anti-sarkozysme (à l'école) primaire

En visite à Bayonne ce jeudi, Nicolas Sarkozy a été vivement pris à partie par des manifestants qui l'ont copieusement hué aux cris de "Président des riches" ou "Sarkozy, dégage !". Quelques minutes après les incidents, le président-candidat n'a pas manqué de dénoncer l'honteuse collusion entre des militants socialistes et de dangereux "indépendantistes basques, dont certains, comme l'ETA, ont du sang sur les mains". Certains esprits chagrins ne manqueront pas d'y voir un douteux amalgame mais ce serait méconnaître la phénoménale entreprise de manipulation ourdie depuis plusieurs semaines par les partisans de François Hollande. Pour preuve, cette photo apparemment anodine diffusée sur le site de campagne de Nicolas Sarkozy lors de sa visite dans une école primaire. Au tableau apparaît pourtant au grand jour le criminel endoctrinement auquel sont soumises nos chères têtes blondes prises en otage par la redoutable caste gauchiste de l'éducation nationale. Voyez plutôt : les instituteurs n'ont rien laissé au hasard et se sont emparés du brûlot révolutionnaire de notre chroniqueuse Marie Nimier, "Charivari à Cot-Cot-City" pour fustiger en bloc Nicolas Sarkozy alias Fricatout (dont on va jusqu'à se demander s'il est un être humain) et Claude Guéant (comment ne pas le reconnaître sous les traits du chien Morsec ?) et appeler de leurs voeux une insurrection au sein même de la police : "révolte chez les poulets". La présence du mot "rouge" et d'un drapeau marocain dans un des dessins d'enfant montre enfin que cette tentative de déstabilisation clairement marxiste bénéficie même d'appuis (et sans doute même de financements) étrangers.Espérons que les services de la DCRI et du contre-espionnage sauront se montrer aussi vigilants que ventscontraires.net et prendront enfin les mesures qui s'imposent pour que cessent enfin ces odieuses entreprises crypto-terroristes contre l'Etat.

Le 7 mars 2012 à 10:54
Le 20 mai 2012 à 12:37

Président normal, mon oeil

Ce François Hollande, moi je dis ce type il est pas net.   Pour ne rien faire comme son prédécesseur et surtout pour bien sonner le glas du soi-disant « bling bling », le nouveau président a commencé par renoncer à avoir un corps. Rien que ça. Uniquement, parce que Nicolas Sarkozy était peut-être un peu « physique », avec ses footings, ses tics, ses talonnettes, sa montre, ses photos de vacances, sa femme nue dans les magazines, la petite veine sur sa tempe et l’envie, parfois, d’en venir aux mains avec ses adversaires. Il avait un corps, Sarkozy, c’était un vrai mec, quoi.   Puis, arrive cet Hollande qui s’acharne à afficher le contraire : lui, c’est l’éthique, l’efficacité, la sobriété exacerbée du fonctionnaire. Voilà, « fonction »,  « fonctionner », Hollande se réduit volontairement à un petit robot en costume cravate au service du peuple ! Ce type n’a pas de corps. Et tout le monde applaudit ! Vous y croyez ?   Bon, il pourrait s’arrêter là, le socialiste, mais non, une fois que tout le monde a bien compris à quel point il est un pur symbole, VLAN, il nous fout un rebondissement de dernière minute, un truc spectaculaire et totalement malhonnête : quelques heures après son investiture, il est frappé par la foudre ! Non, mais ! Pas en marchant dans le rue, trop facile, pas assez gros : il est frappé par la foudre dans le CIEL, dans un AVION. Et d’un seul coup, ce type désincarné nous rappelle que lui aussi a un corps, mais attention, pas un corps qui fait du footing dans un pull à rayures trop grand ! Lui, c’est un corps carrément attaqué par le feu, un corps qui risque de tomber du ciel, c’est un demi-dieu, un héros de film américain, le Bruce Willis du PS ! Un homme au sommet, seul, mortel, courageux ! Putain. Si ça ce n’est pas du gros gros storytelling symbolique, j’y connais rien ! Et vous savez combien ça coûte, une foudre ? Hein ? Alors, la fin du bling bling, mon œil.

Le 27 juillet 2011 à 09:12

« Nous ce qu'on a envie c'est que Sarkozy y soit giclé »

Philippe Poutou, candidat investi par le NPA à la présidentielle, Europe.fr, mardi 26 juillet 2011.

Foin des scrupules de classe ! Le préposé à la succession du facteur Besancenot est certes un ouvrier syndiqué de chez Ford dont il serait socialement incorrect de moquer la syntaxe, mais depuis que le président de la République en exercice martyrise une langue française ayant pourtant chez nous valeur constitutionnelle, il est permis de souligner que, d’emblée, la nouvelle figure du trotskysme présidentiel prend rang parmi les bonnets d’âne du débat politique national. Une catégorie transpartisane en pleine croissance. Le niveau monte assurent des sociologues de l’Education, mais pas uniformément. Le camarade Poutou a le pronom qui fait gicler la conjonction, et la voix passive qui couvre la voix active, en ce sens il tiendrait aisément la jambe à un  Nicolas Sarkozy dont les propos improvisés – ou les discours lus trop vite – sont truffés de phrases mal embouties. Un débat d’entre deux tours les réunissant à l’horizon 2012, aurait des côtés pittoresques. À coups de « c’est quoi que vous aurez fait à ma place ? » et de « c’est facile de causer ce qu’on sait pas », ou encore de « marre que c’est toujours les mêmes qui se la rincent », le débat public tutoierait des sommets. Bien sûr un Jean-Marie Le Pen usait d’un subjonctif impeccable à des fins détestables, ce qui suggèrerait que conjugaison n’est pas raison. Mais ce n’est pas une raison non plus pour pousser la grammaire dans les orties.

Le 12 juin 2011 à 10:00

Manuel de communication à l'usage des honnêtes gens et des délinquants

Juin - méprisez vos adversaires

— Sire, le peuple à faim ! — Eh bien, qu’il mange. — Mais Sire, il ne peut pas. — Il n’a qu’à se forcer !   Comme l’illustre ce petit dialogue, réputé avoir été tenu peu de temps avant la révolution, entre Louis XVI et l’un de ses conseillers, il est parfois possible de balayer d’un revers de main les doléances ou les critiques de vos détracteurs. En effet, s’il est des situations dans lesquelles il faut se montrer diplomate, il en est d’autres qui ne nécessitent aucun effort. Après avoir passé la moitié de l’année à recourir à des trésors d’hypocrisie et de mauvaise foi pour faire valoir vos droits, pendant ce mois de juin, vous avez bien le droit de vous lâcher un peu. Certains de vos détracteurs ne méritent tout simplement pas que vous dépensiez votre temps et votre énergie pour réfléchir à une quelconque stratégie afin de leur répondre. Faites le leur comprendre en coupant court à la conversation. Attention néanmoins à bien choisir les victimes de votre mépris, sans quoi, à l’instar de Louis XVI, cela pourrait vous coûter votre tête.   Au SDF qui fait la manche, un : « Tu n’as qu’à travailler. » coupera court à toutes ses revendications. S’il est petit et malade, vous pouvez ajouter : « Fainéant. » Ne le faites pas s’il est plus costaud que vous.   À votre adjoint, qui propose une autre stratégie de vente que la vôtre, un simple : « C’est complètement con. » devrait faire comprendre qu’il a pour devoir de rester à sa place et d'adhérer totalement aux idées de son supérieur, c’est à dire aux vôtres.   Quelques exemples :   "Tout est question de volonté, pas de moyens" – Xavier Lemoine, maire UMP de Montfermeil (Seine-Saint-Denis).     "C’est stupide." – Nicolas Sarkozy au sujet de l’intégration des œuvres d’art dans le calcul de l’ISF. "Il n’y a pas d’alternative." – Nicolas Sarkozy dénigrant les 35 heures.

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