Raphaël Chabloz
Publié le 12/06/2015

30 millions d'amis


et moi, et moi, et moi

Je ne suis pas raciste, mais tout de même, vous trouvez ça normal, vous, qu'on nourrisse des pigeons idiots qui passent leurs journées à roucouler et dont les fientes abîment nos murs et nos statues, et tout ça aux frais du contribuable, bien sûr ? Vous avez déjà vu une petite vieille mettre du vieux pain sur son balcon pour attirer les rats, les cafards ?  
En Suisse, une loi vient de passer pour interdire la détention de dauphins. Toujours les mêmes animaux qui ont la belle vie. Toujours les mêmes pour lesquels on légifère. Les dauphins, les ratons-laveurs, les petits lapins, les poneys. Parce qu'ils sont si choux. Pendant ce temps-là, on massacre des colonies entières de fourmis coupables d'avoir volé un peu de sucre, dans l'indifférence générale. Prenez la Constitution helvétique, je vous mets au défi de trouver une seule ligne sur les gnous, les agoutis, les carcajous ou les podagres. Alors je vous pose la question. Est-ce vraiment normal ? Est-ce vraiment ce monde-là que nous voulons pour nos chinchillas ?  
Et moi, par exemple, qui vous parle, si j'étais un chaton, il me suffirait d'être mignon pour faire trois millions de vues sur youtube sans avoir besoin de me creuser la cervelle (et heureusement, parce bon, le chaton, on parle de quelqu'un qui peut poursuivre sa propre queue pendant des heures, alors se creuser la cervelle, excusez-moi, mais c'est pas tellement le genre de la maison) pour trouver une chute à cette chronique « plus animalière ».
Bien que n'ayant jamais pratiqué le water-polo, je suis blogueur, journaliste, suisse, traducteur et parfois même auteur, mais pas trop. J'aimerais vous parler de mon enfance et de ma passion pour les dés de courgette. Hélas, les icônes scintillantes figurant sur ce site me terrifient et, pour le dire franchement car c'est important la franchise, me tétanisent.

http://www.bonpourtonpoil.ch/ 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 25 juillet 2013 à 09:25

Mollo ! Mollo

Carnet de voyage. C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Amilcar. Non... c'était à Ürgrübn en Cappadoce, dans la love valley. Après une soirée dansante et arrosée dans un restaurant-grotte, nous n'avons pas envie de rentrer à l'hôtel. Alors, nous prenons le parti de faire comprendre au chauffeur turc du bus de rouler au pas. Nous cherchons des mots dans des langues différentes jusqu'à ce que, en désespoir de cause et, surtout, en manière de plaisanterie, je lance « Mollo ! Mollo ! ». Compréhension et exécution immédiate. Cette injonction est courante dans le vocabulaire familier des machinistes. Elle signifie : aller doucement à la manœuvre. Par exemple : charger à l'amoureuse. Autrement dit, faire descendre lentement le rideau, afin qu'il ne se fasse pas voler la poussière. En revanche, il s'agit de l'appuyer (de le monter), il ne faut pas lui faire faire l'avion. Si le mot mollo est, selon les dictionnaires, apparu tardivement dans le vocabulaire du spectacle vivant – en 1933 -, il est courant, depuis longtemps, dans celui de la marine. Il vient du verbe mollir, utilisé en météorologie marine pour dire que le vent tombe. Or, théâtre et marine sont intimement liés. Les théâtre à l'italienne, à leurs débuts, ont engagé des marins, puisque ce type de théâtre nécessitait des compétences de la marine à voile. Les marins ont apporté leurs superstitions sur les planches en faisant de l'emploi de l'emploi du mot « corde » un interdit ; c'est dire le fatal si le mot « corde » échappe à un machiniste. Sur un bateau, aussi, d'autres mots comme bout (en prononçant le « t »), filin, ganse lui sont substitués. Non seulement par mesure de précision, mais aussi parce que le seul lien qui continue à s'appeler « corde » sur un bateau est celui de la cloche avec laquelle on salue les morts. Les suicides par pendaison qui eurent lieu ensuite sur une scène vinrent renforcer l'interdit. Sur un bateau, on ne mange pas de lapin : il ronge le chanvre des cordages. Un autre exemple de proximité entre la marine et le théâtre : la gamelle. Il s'agit d'une sorte de projecteur mobile placé sur un pied orientable, destiné à éclairer une partie du décor, et non pas les comédiens. Sur un bateau, la gamelle est la soupière pour chaque plat des matelots, composé de sept hommes. N'avoir ni quart ni gamelle, c'est n'avoir rien à faire à bord. A la Comédie-Française, une expression était utilisée dans les années 1970 : chercher la gamelle au frigo, chercher un projecteur dans l'une des réserves du théâtre, endroit non chauffé, où il faisait frigo... Sur un navire comme sur les planches, marins et comédiens sont embarqués sur le même bateau.

Le 9 avril 2013 à 07:52

WWF publie sa liste annuelle d'animaux qu'il n'est franchement pas du tout nécessaire de protéger 

New-York – Comme chaque année, le Fond Mondial pour la Nature (WWF) a rendu publique sa liste réactualisée de ces espèces qu’il n’est franchement pas du tout nécessaire ni urgent de protéger. Une liste qui fait débat – parfois même au sein de l’association – mais qui est suivie dans de nombreux pays. Des priorités même dans le monde animal C’est lors d’une conférence de presse express que le Fond Mondial pour la Nature a révélé sa liste 2013 des animaux qu’il n’est franchement pas nécessaire du tout de protéger. Une liste peu différente de celle des années passées, dans l’ensemble. On y retrouve sans surprise le requin blanc. « Une espèce sans intérêt et dangereuse » a commenté le porte-parole de l’association écologiste. « Les rares fois où on essaie de s’approcher d’eux, ils sont agressifs, nous avons perdu suffisamment de plongeurs dans ces idioties » rajoute t-il. Suivent le Dragon de Komodo, reconnu pour sa laideur. « On n’arrive à rien avec ces animaux. Ils font peur aux enfants. Nous avons tenté de faire des peluches à leur effigie, nous n’en avons vendu aucune » ajoute-t-il. Parmi les nouveaux venus, le Koala. L’animal, pourtant au demeurant fort sympathique et à l’allure attendrissante, a usé la patience de nombre d’organisations écologistes. « Nous dépensons des millions pour leur protection et ça ne fait que manger de l’eucalyptus à longueur de journée. Il arrive un moment où il faut taper du poing sur la table ». WWF précise que l’ajout sur la liste est temporaire. « Une fois qu’ils comprendront qu’on ne peut pas toujours être derrière eux, ils se bougeront » . En fin de liste on trouve la grenouille violette, elle aussi très critiquée pour son esthétique « Elle ressemble à tout sauf à une jolie grenouille. Et jusque là on ne lui pas trouvé la moindre utilité ». Autres animaux concernés, le Cochon de mer, qualifié de « moche, triste et ridicule », ou encore le Chlamydophore tronqué qui a surtout beaucoup fait rire l’assistance. Le Gorafi photo: DR  

Le 20 septembre 2010 à 10:18
Le 2 octobre 2014 à 08:48

Sachons distinguer la taupe du homard

La taupe est un petit animal ainsi appelé en raison de sa très faible acuité visuelle et de ses remarquables facultés de dissimulation. Il ne doit pas être confondu avec le homard, qui a une meilleure vue et dispose de pinces qui seraient bien utiles à la taupe dans le cadre de ses activités, mais nous verrons cela plus loin. Pour éviter toute confusion, faites bouillir ensemble les deux animaux : celui qui ne devient pas rouge à la cuisson est la taupe. Cette simple opération facilitera la vie des jardiniers, qui ainsi peuvent se débarrasser de nuisibles, à condition de disposer de mayonnaise.Le homard est un animal très pudique, qui cache ses émotions derrière une épaisse carapace. Sous la caresse, il évite de manifester son contentement. Nul ne l'entend ronronner. C'est d’ailleurs également le cas de la taupe, ce qui rendrait inutile toute sorte de comparaison fondée sur ce seul critère.La taupe, à l’instar du producteur de roquefort et du responsable du rayon bricolage du BHV, passe le plus clair de son temps à l’obscurcir en sous-sol. Elle creuse des galeries à l’aide de grosses pinces dont elle est dépourvue, ce qui la ralentit considérablement ; tandis que le homard, de son côté, observe avec appétit  quelques vers marins, son acuité visuelle étant excellente. On voit par là que la distinction est aisée à opérer entre les deux espèces, pour peu qu’on dispose d’un grand aquarium.La taupe, quant à elle, est perfide ; elle attend la nuit pour se faufiler sous les pelouses ; vous transforme un green de golf en ligne d’en-but après la mêlée.En cas d’orage, le homard reste coi ; mais la taupe nage au fil du courant, dans l’espoir d’une nouvelle vie.Quant au jardinier, il est dubitatif, et se demande ce qui est préférable pour son jardin.

Le 19 octobre 2011 à 09:17

Sonic Youth

Le hérisson est un petit animal mignon de la famille des petits animaux mignons. Se nourrissant essentiellement de petites bestioles peu mignonnes, il fera la joie des jardiniers écologistes. Comme son lointain cousin le porc-épic, le hérisson est un animal de type piquant : lorsqu'il est face à un danger, il se hérisse (ah, tiens, je n'avais jamais fait le rapprochement). Hélas, cette manoeuvre de diversion est bien inefficace face à son prédateur naturel, l'automobiliste. Elle a également valu au pauvre animal de prêter son nom à des choses aussi terribles que « l'élégance du hérisson », un roman où l'on se sert du malheureux rongeur pour enfoncer des portes ouvertes, ou que la tactique du hérisson. Cette dernière consiste à s'arc-bouter en défense à l'aide de longues piques et de miser sur la rapidité de ses ailiers pour tenter de piéger l'adversaire sur une contre-attaque. Une technique bien connue en Suisse : en 1386, les Autrichiens sont ultra-favoris du match retour, qui se dispute à Sempach. Mais, alors qu'ils s'arc-boutent en défense à l'aide de longues piques, le Suisse Winkelried trébuche bêtement, emportant dans sa chute suffisamment de lances adverses pour que ses coéquipiers puissent s'engouffrer dans la brèche et mettre la pâtée aux Autrichiens et c'est particulièrement troué que Winkelried entre dans la légende nationale. Quant à moi, on m'a demandé une chronique « un peu moins hérisson », je pense que c'est en rapport avec ma passion pour les ramoneurs. Ou alors parce que je voulais qu'on me caresse resse resse. Je vous tiens au courant.

Le 4 mai 2012 à 09:09

Je suis chocolat !

Dans le langage courant, être chocolat, c'est être berné, roulé dans la farine et, plus familièrement, être entubé, l'avoir dans l'os, pour ne pas aller plus loin dans la grossièreté.   Il est admis que cette manière de dire viendrait d'un numéro de clowns ; des clowns qui se produisaient, à Paris, au Nouveau Cirque, en 1896.   George Tudor Hall, dit Footit (1864-1923) était un clown blanc au costume pailleté ; il portait des culottes à pompons laissant nus de gros mollets et un chapeau pointu ; son maquillage renforçait la grimace sanglante de la bouche. Jean Cocteau, qui a vu le spectacle, évoque «  sa voix de duchesse folle », apportant sur la piste « une atmosphère de nursery du diable, où les enfants retrouvaient leurs malices sournoises »   Raphaël Padilla, dit Chocolat (1868-1917) était cubain. Il portait un habit rouge, des escarpins vernis, des bas de soie, un gilet blanc, un petit chapeau melon qu'il ne manquait pas d'épousseter chaque fois qu'il tombait par terre. Avec lui, Footit était d'une mauvaise foi extraordinaire, comme l'annonçait une entrée de clowns appelée Les Deux bouts de bois. Et quand il avait perdu, Chocolat qui était l'Auguste, n'avait de cesse de répéter : «  Je suis Chocolat ! ».   Pour Félicien Champsaur, l'auteur de Lulu – Roman clownesque (1929), Footit « est noir comme l'âme d'un banquier »... surtout quand il entraîne son partenaire dans des jeux cruels du genre : « Nous allons jouer à nous crever les yeux. C'est moi qui commence ! »   C'est l'éternel conflit du fort et du faible, la domination du naïf sur le malin.   Il était tentant pour l'histoire du spectacle et des mots de s'arrêter à cette date : 1896. Mais faire le chocolat existait au moins une décennie auparavant, utilisée par les bonimenteurs dans le sens de jouer à la dupe pour mieux entréper, pour mieux berner le client, le gogo, le pigeon, celui qu'il convient d'arnaquer.   En fait,si le clown Chocolat a donné un corps et un costume à l'expression, elle est bel et bien liée au langage lui-même. Le chocolat étant l'équivalent du cambouis, du charbon, du goudron pour évoquer la sodomie.   Se faire ramoner la turbine à chocolat ou se laisser faire une visite guidée des usines Suchard, c'est aimer le chocolat, avoir des penchants sodomites.   Être chocolat, n'est-ce pas plus jouissif que cette fade expression se faire avoir ? Et, pour se consoler, avoir recours à du chocolat... en tablette.

Le 29 septembre 2015 à 08:30

Les pigeons parisiens évoluent avec leur environnement et deviennent de plus en plus arrogants

Charles Darwin disait « Ce n’est pas la plus intelligente des espèces qui survivra mais celle qui sera le plus apte à changer ». Et si cette espèce « hyper adaptable » était le pigeon ? Reportage. Au contraire des écologistes, Il semblerait bien que « le roi des villes » ne soit pas près de disparaître. En tout cas c’est que semble confirmer une étude de Pigeon Magazine. Selon le très sérieux hebdomadaire « Les pigeons parisiens ont muté pour s’adapter et survivre dans la jungle parisienne. Ils sont notamment devenus très arrogants. Deux à trois fois plus qu’un paon ou qu’un producteur tv pour vous donner un ordre d’idée.  » « Nous sommes les plus beaux et les meilleurs pigeons du monde » Une mutation clairement assumée par les pigeons parisiens. Michel, pigeon parisien depuis 5 ans vient confirmer la tendance « Un pigeon gentil, qui ne snobe pas, n’a aucune chance de survivre dans des univers comme la ligne une du métro ou le quartier de Saint Germain. Je pense que de toutes les façons nous sommes les plus beaux et les meilleurs pigeons du monde. » Évoluer pour survivre Cette capacité d’adaptation du pigeon en milieu urbain a été remarquée également dans d’autres villes de France. Par exemple dans la ville de Limoges ou le pigeon a évolué en fonction de son environnement. Il sécrète maintenant naturellement des antidépresseurs, essentiels pour pourvoir survivre dans la cité comme dans l’ensemble de la région Limousine.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication