Allan Barte
Publié le 20/03/2012

Vae Victis


Allan Barte est né il y a quelques temps, quelque part entre Hanoï et Kergrist-Moëlou.
Après des études de Droit à la "one again" et un Master en communication politique, il s'oriente très logiquement vers la Bande Dessinée et le scénario de dessin animé. 

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Le 2 février 2012 à 09:03
Le 16 août 2010 à 17:04

Quand la politique dépasse la fiction

Ça fait maintenant plus d’un an que j’ai décidé d’écrire des nouvelles ou des romans de science-fiction. Ça ne se passe pas trop mal, mais j’avoue être confronté à une difficulté à laquelle je ne m’attendais pas. Je me creuse les méninges pour imaginer des trucs délirants mais au final, je dois me rendre à l’évidence, dès que je veux faire de la politique-fiction, j'arrive toujours en deçà de la réalité. Quelques exemples ? - Des politiciens qui dirigent le pays en fonction des désirs d’une poignée de personnes préférant rester dans l’ombre. - Un président qui déclare la guerre à une partie de la population du pays qu’il dirige. - Des parents mis en prison pour des crimes commis par leurs enfants. - Des grandes familles qui s’allient et transmettent le pouvoir à leurs rejetons. - Des zones dans lesquelles la police ne peut intervenir qu’en envoyant des troupes d’élite, lourdement armées. - Des tentatives pour repérer et ficher les "individus à tendances criminelles" dès leur plus jeune âge. - Des interventions militaires destinées à protéger les intérêts de puissantes compagnies privées – dans le jargon, on appelle ça des guerres corporatistes. - Une dégradation de l’environnement niée par des politiciens aux ordres de ces mêmes compagnies… Et cette liste de bonnes idées, hélas déjà prises par le gouvernement, n’est pas exhaustive. Reste à espérer que nos dirigeants ne soient pas des vampires, sinon je n’ai plus qu’à aller pointer chez Arlequin.

Le 7 janvier 2012 à 08:35
Le 29 avril 2010 à 14:32

« Si une candidature naturelle se dégageait au PS, ce pourrait être Dominique Strauss-Kahn »

Pierre Moscovici, Emission "Face aux Chrétien" (RCF,Radio Notre-Dame, La Croix), 23 avril 2010

Naturellement, ce que dit cet éminent socialiste ne doit pas être pris à ras les pâquerettes. Dans son esprit, l'entrée en lice de Dominique Strauss-Kahn s'imposerait avec une telle évidence que la contrarier serait, en quelque sorte, contre-nature. La vocation surnaturelle de Ségolène Royal étant hors concours, toute autre ambition que celle de l'acronymique DSK relèverait donc de la greffe artificielle genre Aubry, ou d'une bouture bricolée façon Hollande.Mais à quoi reconnaît-on la candidature « naturelle » ? La question est de saison. Alain Juppé a désigné Nicolas Sarkozy comme « candidat naturel » de l'UMP en 2012, mais c'est moins pour vanter la plante que suggérer le risque de plantage. Dominique de Villepin s'est déjà auto-ensemencé pour chasser la mauvaise herbe sarkozyenne, Jean-François Copé cultive en pot une candidature naturelle pour  2017, et Jean-Luc Mélenchon s'y voit dès 2012 en se prévalant d'un caractère qui n'a rien de « lyophilisé». Les Verts, c'est un comble, sont les moins fertiles en candidatures sans engrais. Il y aurait bien Daniel Cohn-Bendit, mais ses racines allemandes en font un présidentiable hors-sol. Bref, le « naturel » en politique exige d'être semé à temps pour décourager les parasites, et de ne pas attendre la victoire pour être arrosé.

Le 27 avril 2011 à 15:13

Restons soudés

(Comme titre, j'avais aussi "caustique dans les prés")

On m'a dit « Pas mal, ta première chronique, mais la prochaine fois, il faudrait être plus caustique. » « Super », j'ai répondu, parce que j'ai des lettres. Avant de faire une semaine d'angoisse de la page blanche aiguë (j'ai essayé d'écrire en vert sur fond mauve, ça n'a pas aidé et j'ai eu un peu mal au coeur). Parce que pour un Suisse (je suis suisse, je ne sais pas si j'en avais parlé), ce n'est pas si évident d'être caustique, à cause de la neutralité, du calvinisme et des erreurs de traduction. En France, c'est beaucoup plus facile : on te refile une chronique et hop, tu parles de politique, tu balances tes vannes caustiques avec la verve d'un chacal et la faconde d'un narval, « Nicolas Sarkozy est petit », « Marine Le Pen est la fille de Jean-Marie Le Pen, qui est borgne », « Nicolas Hulot a présenté Ushuaia, comme le savon », c'est drôle, c'est efficace et avec un peu de chance, tu te fais renvoyer ou insulter par un autre chroniqueur et là, c'est le succès garanti. En Suisse, c'est plus compliqué, parce qu'avec la présidence tournante (oui, oui, comme le ping-pong), personne ne sait jamais trop qui est le Chef d'état. Le temps qu'on fasse une blague sur sa taille, ses dents ou ses cheveux (nous aussi, on a de fins analystes de la chose publique, tu crois quoi?), il a déjà cédé sa place. Et puis de toutes façons, le caustique, j'y touche pas trop, à cause de mon hypocondrie.

Le 25 mars 2012 à 10:23

« Hollande est nul ! Il est nul tu comprends ? Royal on peut en dire ce qu'on veut, mais elle avait du charisme. Bien sûr tu gardes ça pour toi. »

Nicolas Sarkozy, M, le magazine du Monde, 24 mars 2012

En route vers un  second tour : « Le Nul » contre « Le Sale Mec ». Quand le Président-candidat « prend par la main » le reporter Philippe Ridet, il a évidemment une idée derrière la tête. Distiller par le canal d’un « off » destiné à être branché de suite sur le mode « on », une dose du venin susceptible de paralyser l’adversaire. En la circonstance, l’opposer  à l’ancienne qui se voit décerner un brevet de « charisme », alors que les membres du « Sarko Tour 2007 »  murmuraient à l’oreille des journalistes, que la « Nulle » c’était elle. Philippe Ridet, aurait pris le « Sarko Tour 2012 »  à une étape précédente,  c’était Martine Aubry qui était regrettée, car elle au moins avait des « convictions ».   Dans la série  « casser »  l’ Autre, que faire de mieux ( ou pire) ?  Plus que nul, il y a bien archi-nul, mais ça fait redondance, alors que le « sale mec » lancé naguère par François Hollande sans avoir l’air d’y toucher, a des applications multiples.  Est-ce pourquoi les Sarkozystes ont surréagi au « sale mec » quand les Hollandais ont opposé un silence remarqué au « nul » propagé par le Monde ?  François Hollande  a  juste ironisé  : « ça se rapporte toujours à celui qui l’emploie. » C’est que, pour l’heure,  il semble y avoir une majorité de l’opinion pour penser que le risque qu’un « nul » l’emporte est moindre que celui d’un « sale mec » qui rempile.

Le 3 août 2010 à 14:50

« Le message que devra adresser cette loi, si elle est votée, c'est de réaffirmer au sein de l'édifice familial cette responsabilité dont les bases ont été sapées depuis mai 68 »

Eric Ciotti, « Monsieur sécurité » de l'UMP, JDD, 1er août 2010

Quarante ans après, la marche des fiertés réactionnaires sur les Champs-Elysées n’est pas dispersée. Jeter en prison les parents de mineurs délinquants qui ne se seraient pas amendés - le projet auquel fait allusion le député niçois - devrait ainsi être le magnum opus du sarkozysme, stade suprême du gaullisme. Ce préposé de l’UMP aux basses œuvres sécuritaires a déjà associé son nom à quelques intempérances parlementaires. Il récidive en reprenant le fil de l’épopée entamée une semaine avant le premier tour de la présidentielle par un Nicolas Sarkozy pourfendant « l’héritage de Mai 68 » qui aurait aboli toute les valeurs fondamentale de la France, au point de « préparer le terrain au capitalisme sans scrupule et sans éthique des parachutes en or, des retraites chapeaux et des des patrons voyous ». Mais on n’évacue pas sans inconvénient la Sorbonne pour le Fouquet’s. Mai 68 n’était plus « le sujet ». Grâce soit rendue à Eric Ciotti qui rappelle combien ces « événements » furent générateurs de désordres dans la société. La loi ouvrant les vannes du divorce n’est-elle pas le produit des relâchements moraux de l’époque ?  Alors, vite une abrogation restaurant l’ordre conjugal d’avant. Manquerait plus qu’on hérite un jour d’un président de la République trois fois marié et flanqué d’une famille « recomposée ».

Le 28 janvier 2012 à 09:59

« Hollande et Juppé ont oublié d'être cons »

Gérard Longuet, RMC, vendredi 27 janvier 2012

L’équanimité du ministre de la Défense a ses limites. Entre les deux « pas cons » qui s’affrontaient sur France 2 jeudi soir, il avait comme collègue de gouvernement de l’un d’eux sa petite idée de celui qui était plus que « pas con… ». Ou moins que con pour ceux qui comptent à l’envers. Mais le jugement importe moins ici, que l’introduction à une heure de grande écoute radiophonique du concept de « con » dans l’analyse politique. Le mot restait confiné aux considérations privées entre personnes d’opinions opposées. Le consacrer publiquement dans son adjectivation savante et non sa substantivation vulgaire, ouvre des perspectives nouvelles dans l’étude des caractères politiques. Car si Hollande et Juppé ont « oublié » d’être con, c’est bien que d’autres ont dû penser à l’être. D’où sans doute l’expression : jouer au con, que l’on pourrait appliquer à tel président de la République, pour prendre un exemple au hasard, laissant croire qu’il pourrait échouer à se perpétuer. Il reste que si certains ont « oublié » d’être cons c’est qu’il existe bien, dans le tréfonds de leur vécu, une connerie laissée de côté. Chercher le con en soi, serait dès lors une de ces introspections que la psychanalyse recommande pour éviter que le refoulé vienne se venger. Tel Juppé apostrophant Hollande : « on verra ce que vous ferez »,  comme s’il avait déjà intériorisé la défaite. L’injonction « casse-toi pov’ con » serait alors à réinterpréter dans toute sa complexité polysémique.

Le 23 septembre 2010 à 09:50

"Il faut juste être malade mental pour jouer la défaite de son camp"

Jean-François Copé, RTL, mercredi 22 septembre 2010

Déjà que les hôpitaux psychiatriques sont bondés, la situation empirerait si l’on suivait le diagnostic du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Eriger la duplicité politique au rang de pathologie mentale, c’est la charité qui se moque de l’hôpital. Charitable, ce Copé qui pense à la présidentielle le matin en se rasant, à midi en se curant les dents et le soir en se les brossant ? Selon lui les traîtres seraient des irresponsables. Certes. Mais l’irresponsabilité dans l’action criminelle permet d’échapper au procès populaire. Une aubaine alors pour les Chiraquiens qui, après avoir plombé Chaban en 1974 ont joué Mitterrand contre Giscard en 1981, les Communistes faisant l’inverse, les Mitterrandiens plantant Rocard aux européennes en 1994 au bénéfice de Tapie, les plus nostalgiques récidivant en 2007 pour le « jaurésiste » Sarkozy contre  l’« évangéliste » Royal, quand des Rocardo-strausskahniens faisaient un détour par Bayrou pour contourner Ségolène. Sans parler de récurrences comme le vote révolutionnaire à droite de l’extrême-gauche et le vote nationaliste à gauche de l’extrême-droite. Aujourd’hui, à droite, qui fantasme sur une défaite de Sarkozy en 2012 ? Le sieur Copé n’est pas exempt de pulsions en ce sens, lui qui visant ouvertement 2017 préfèrerait sans doute que le sarkozysme soit discrédité pour mieux apparaître comme le recours au coup suivant.  Qui a crié : « Au fou  » ?

Le 11 novembre 2011 à 08:02
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