La Monstrueuse Université
Publié le 22/03/2012

ORLAN : "Je suis un femme et une homme"


Hybridons-nous! - 3

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Autres épisodes :

> premier épisode

"J'ai toujours considéré mon corps de femme, mon corps de femme-artiste, comme étant le matériau privilégié pour la construction de mon œuvre. Les premières œuvres plastiques ont été faites avec les draps de mon trousseau ainsi que certaines actions et performances."

Hybridons-nous! une conférence donnée par ORLAN à La Monstrueuse Université du Théâtre du Rond-Point le 19 octobre 2010
Les artistes conférenciers de la Monstrueuse Université du Rond-Point prouvent que le monstre canalise nos peurs et nos doutes, que son inhumanité n’est parfois qu’une projection de nos secrètes espérances. 

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Le 6 octobre 2010 à 08:14

En octobre, le brame des biches

Playmates du mois

Les cerfs sont des animaux grégaires.Ils se répartissent en deux groupes la majeure partie de l'année (hors période de reproduction) :- d'un côté les femelles, qui forment des hardes faites de plusieurs petits noyaux où la hiérarchie est très importante et se remarque surtout pendant les grands rassemblements. La "chef " se montre nerveuse, vigilante et toujours très attentive, alors que les autres paissent tranquillement; si un bruit, une odeur, est inquiétante elle prévient ses compagnes par de petits cris, le groupe s'ébranle alors, dans l'ordre et la discipline. La biche dominante ouvre la marche (ou la course), la "sous-chef" la ferme.– chez les mâles, tout se passe autrement. Le dominant est tout simplement le plus fort, il peut tyranniser les plus faibles, comme les laisser aller devant, et les suivre à distance. Il n'a aucune tâche de protection, si un danger survient, les mâles se sauvent les uns derrière les autres, sans aucune autre distinction que la rapidité et le sens de la fuite.Pour la reproduction, ce système de clan s'arrête vers le début de l'automne, c'est la période du rut (octobre). Les sujets les plus âgés seront les premiers à manifester leur désir. Les cerfs abandonnent donc leurs quartiers, pour rejoindre leurs compagnes, chaque mâle va se trouver un territoire (parcelle nuptiale) et essayer de retenir le plus grand nombre de biches. Il délimite son territoire en bramant.

Le 12 février 2018 à 17:59

Emma Dante : Monter sur scène comme sur le monde

L'auteure et metteur en scène Emma Dante arrive de Sicile avec Bestie di scena - sa troupe aussi démunie qu'Adam et Eve chassés du Paradis va passer de la honte de la nudité à la jouissance de vivre dans un corps de peau. Rond-Point — Comment avez-vous écrit le spectacle ? Avec vos quatorze interprètes ? Ils écrivent avec vous, ils interviennent ? Comment les dirigez-vous ici ? Emma Dante — Bestie di scena est un travail assez particulier parce qu’il manque de tout. C’est une sorte de « pressurage de théâtre », un jus de quelque chose qui nous fait sentir mal à l’aise. Il n’y a pas de costumes, pas de rôles, pas de scénographie, il n’y a même pas de texte, pas d’histoire, rien. C’est un zéro absolu qui doit faire face au vide de l’existence. J’ai travaillé beaucoup avec les acteurs, d’abord au rythme d’une rencontre par mois pendant un an, ensuite pendant les deux mois des répétitions. Au bout d’un parcours très complexe, fait de regards et de silences, on a pu mettre au point ce qui nous intéressait vraiment, c’est–à–dire cette condition d’absence totale, accompagnée de la perception très claire d’une sorte de mise à zéro. À l’instar d’Adam et Eve chassés du paradis, les bêtes sont nues quand elles débarquent sur terre, où elles vont connaître le monde matériel avec ses embûches et ses tentations. Bestie di scena c’est exactement ça, c’est un spectacle plein de tentations et de pureté. Est-ce que vous aimez les acteurs ? Est-ce qu’il vous arrive parfois de les maudire ? J’aime les acteurs parce que sans eux, je ne pourrais pas faire le genre de théâtre que je fais. Parfois, je les maudis aussi, surtout quand je sens qu’ils sont en train de perdre la foi. Je ne sais pas interpréter Jésus, mais je sens que l’histoire de ma compagnie est un peu celle des disciples de Jésus ! Mes acteurs ont choisi un chemin, une discipline, une foi, voilà pourquoi je pense devoir me conduire un peu comme Jésus, afin de donner du poids à leur choix ! Mais je ne crois pas être douée pour ce rôle : je suis grincheuse, irascible et je jure assez souvent. Je ne peux pas jouer Jésus, je dirais plutôt que je suis plus adaptée au rôle du diable déguisé en Jésus. Les acteurs croient en moi, ils m’aiment, mais ils me craignent aussi beaucoup. Ce qui est mon salut. Le fait d’être le diable déguisé m’aide assez... Je ne peux pas être trop gentille, ni trop méchante. Pour que je puisse atteindre mon but, on doit avoir peur de ce que j’ambitionne.   Que signifie pour vous, alors que vous signez les costumes, la nudité de l’acteur ? Pourquoi est-elle si essentielle ? La nudité des acteurs dans Bestie di scena devient un costume à part entière. Au bout d’un moment, on oublie qu’ils sont nus et on les voit comme s’ils étaient habillés de chair. Ça m’a toujours étonné, cette habitude que nous avons d’accepter la nudité des animaux domestiques, quand ils s’accroupissent dans un parc pour déféquer ou pisser et inversement notre scandale, notre dégoût en voyant un homme ou une femme s’accroupir dans un coin d’un parc parce qu’ils ont besoin de pisser et ils n’arrivent peut-être plus à se retenir. Si un homme n’arrive plus à se retenir et qu’il n’y a pas de toilettes dans les parages et qu’il est obligé de se soulager dans la rue comme un animal, l’accepterions-nous ? Et si, après avoir déféqué, ce même homme sortait de sa poche un sachet en plastique pour ramasser sa propre merde, l’accepterions-nous ? Je ne crois pas. Non, on ne l’accepterait pas. Bestie di scena parle aussi de ce genre de refus que nous avons.   Interview texte Pierre Notte Propos vidéo recueillis par Jean-Daniel Magnin

Le 18 octobre 2010 à 18:54

ORLAN

"Je n'ai pas fait usage de la chirurgie pour rester cute"

Avant d'entendre ORLAN ce mardi à l'Université Monstrueuse du Rond-Point, voici l'extrait d'un entretien avec la plasticienne paru dans le catalogue de l'exposition "Beautés monstres : curiosités, prodiges et phénomènes" présentée l'hiver dernier au musée des Beaux-Arts de Nancy"Une femme qui utilisait la chirurgie à des fins non esthétiques, c'était inconcevable. La presse n'a pas voulu comprendre et retransmettre ce que je voulais dire. Idem pour mes propos sur la douleur exposés dans mon manifeste L'Art charnel. J'étais tout à coup devenue la plus grande des masochistes. Pourtant mes performances sont contre la douleur, elles se tiennent à distance du body-art, des nouveaux primitifs et des rituels de souffrance comme le tatouage ou le piercing. Comment aurais-je pu lire des textes, donner des ordres, répondre en live aux questions sans anesthésie ? C'est invraisemblable ! Lorsque j'ai montré les images des opérations, j'ai proposé un exercice que vous faites probablement lorsque vous regardez les news à la télé. Il s'agissait de ne pas se laisser avoir par les images et de continuer à réfléchir à ce qu'il y avait derrière. L'humain a tellement besoin d'images matérialisant sa peur qu'il est capable de voir du monstrueux là où il n'y en a pas. Lorsqu'on se retourne sur moi dans la rue, ce qui arrive souvent car mon corps est devenu le lieu d'un débat public, je suis encore très surprise par certaines réactions."Entretien avec Estève et Agnès Vannouvong in "Beautés monstres, curiosités, prodiges et phoénomènes", éditions Somogy et Musée des Beaux-Arts de Nancy, 2009Plus sur ORLAN dans les liens ci-dessous

Le 11 août 2011 à 09:02

Le Petit Cadre rangé sur ma bibliothèque

Patrick Robine explorateur du familier

Il existe quelque part non loin de Killarney, en Irlande un délicieux coin de pêche sous l’arche d’un vieux pont à trois piles cernées de roches blanches qu’affectionnent en saison les perches franches, les bass et les brochets ; un beau plan d’eau cerné de bosquets de grands frênes  jusqu’à l’horizon, et puis là-bas très loin contre un peu de ciel, des montagnes bleues. Ce paysage se trouve enfermé sur mon bureau depuis 1968 dans un petit châssis carré de bois brun de 15 cm à peine de côté et profond dans sa hausse d’environ 3cm… je l’ai trouvé dans la rue au marché aux puces de Portobello dans la neige sale sur un tas de vielles revues, il y a une dizaine d’années. J’en devins le  propriétaire pour trois livres cinquante. C’est une sorte de vivarium une nature morte avec pour toile de fond, une vue assez large du lieu en kodachrome, un faux relief forcé de couleurs artificielles à peine passées. Avec au premier plan, collé sur la rive : de la mousse sèche, trois gros graviers enchevêtrés, un granit et des éclats de roches grises et puis deux touffes de junipérus jaunies laquées probablement… Ce sont là certainement des échantillons prélevés sur place dans la nature du lieu de façon à ce que l’on se sente transporté dans ce petit coin d’Irlande histoire de prendre un petit bol d’air à peu de frais, là-bas… là-bas, car ici entre mes mains ce paysage est protégé, il est sous verre.Alors je reste là, à l’affût sur la berge. Au second plan, derrière les premiers joncs, de l’endroit où je suis posté, à quelques mètres du bord, un couple affairé à maintenir une barque dans le cadre sans trop faire de remous. Ce qui est fou, c’est que miss Saundoris, on le sent bien, n’était pas prévue dans la scène ; elle passait par là au volant de son Austin sur la petite route qui l’amenait à Killarney et puis elle a dû s’arrêter afin que son petit schnauzer se dégourdisse les pattes, et puis bavardant de fil en aiguille elle se laisse embarquer dans l’histoire.Alors elle essaie de sourire, de se détendre, sur les conseils de l’opérateur, elle ne sait pas très bien nager, elle l’a dit, le rameur la fixe, rassurant, balbutiant une conversation maladroite. Elle regarde la surface sombre, un peu comme on évalue chez la mercière un coupon de crêpe noir.Sur la rive exactement à l’endroit où je me trouve, le photographe attend sous le drap derrière le verre dépoli de sa chambre Plaubel. Ce qui n’était pas prévu non plus, c’est cette bourrasque de vent qui balaya d’un seul coup la nappe d’eau et fouetta la robe liberty et découvrit les cuisses blanches et le duvet roux de Miss Saundoris et que ce soir-là on ne l’a pas vue, ni à son cours de trompette, ni au manoir chez sa tante… Linda a choisi de rester là, bien au chaud avec moi, derrière la vitre.

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