Romain Boussard
Publié le 22/03/2012

Big brother


Ancien étudiant en coloriage et pâte à modeler reconverti dans le dessin d'actualité. 
http://rboussard.canalblog.com/
 

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Le 2 août 2010 à 08:50

Saleté de chien qui n'a pas fait le job !

Coyotte ! Bon Dieu, viens ici ! Faut qu’on ait une explication. Ici, je te dis. Tu vas pas y couper. Le cambriolage, oui, là, ce week-end, Stéphanie en est malade, tu t’en doutes. Furieuse. Pour elle, t’es un TRAÎTRE. Rassure-toi, j’en ai pris moi aussi plein la gueule. Sauf que c’est toi le chien de garde, pas moi. Et t’as pas fait le job. Tu t’es laissé surprendre. Les types t’ont neutralisé. Bravo. Bijoux, argenterie, meubles anciens, tout est parti. Son bas de laine a également disparu. Non, il ne s’agit pas de bonneterie, bougre de beste ! Un bas de laine, c’est une épargne en liquide. Une somme importante, selon Stéphanie. Eh bien, envolé, pfuit ! Plus rien. Merci, le chien. Va falloir rendre des comptes. Tu vas pas t’en tirer comme ça. Stéph’ est pas du genre qui pardonne. Tu verras. Elle va exiger l’euthanasie. Tes billes sur un plateau lui suffiraient pas. Et je la comprends. On a payé bonbon pour avoir un cerbère, on a eu un mouton. Y a tromperie, en plus du vol. Tout ça est mauvais pour toi. Au mieux, je peux essayer de te revendre à un laboratoire. Ils doivent pas payer cher mais ça compenserait un peu les pertes. Tu ferais des expériences. Des tests. Tu te donnerais à la vivisection. Pour une fois tu servirais à quelque chose. Ah, tu fais grise mine. Eh oui, adieu les beaux jours ! Pour toi, l’avenir se présente mal. Que veux-tu, il y a eu faute professionnelle grave, ça entraîne sanction, faut assumer. Ça te consolera pas, mais sache que nous non plus ne sommes pas au bout de nos emmerdements. Tu vas voir les assurances. Ils vont diligenter un expert, lequel passera ton génome et ton pedigree au peigne fin, il en conclura que tu es un veau et on sera pas remboursés. Tu vois, par ta faute on va être deux fois volés. Stéphanie a raison : tu n’es pas un chien, t’es une merde.

Le 11 janvier 2012 à 16:08

"C'est indigne de reprocher à Nicolas Sarkozy d'aller dans une brasserie populaire !"

Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, RFI, mardi 10 janvier 2012

C’est vrai, quoi ! Pour s’être fait une « cantoche » au Fouquet’s des Champs-Elysées, Nicolas Sarkozy serait taxé  pour l’éternité de goûts somptuaires. On reconnaît bien là ce mépris du peuple animant les empoisonneurs de l’esprit public. Les classes laborieuses  n’auraient pas le droit d’accéder à un lieu où le menu s’affiche à 78 euros minimum ( sans les vins) ? A eux seulement, les bouis-bouis avec plat du jour à 10 euros, pain compris ? On nage dans  l’ostracisme social. Et dans la mauvaise foi. De celle qui voudrait nous faire prendre un pédalo loué à Malte pour le yacht d’un milliardaire, ou la touchante rencontre d’un président esseulé et d’une immigrée italienne, intermittente du spectacle avec un enfant à charge, pour une romance jet-set. Et pendant qu’on y est, voilà le « bouclier fiscal » stigmatisé encore comme une mesure pour les riches,  par ceux qui n’ont pas idée de ce qu’est le sort d’un agriculteur smicard propriétaire de quelques hectares à l’Ile de Ré. Ne parlons même pas de ces familles méritantes qui peinent à entretenir le château des ancêtres, et dont les colonnes infernales du candidat Hollande sont résolues maintenant à sucrer le quotient familial. Qui dira ce qu’il en coûtera d’une augmentation de la TVA sur la vente des Rolex ? Bien plus qu’un point sur le prix de la baguette. Et pourquoi pas, demain, imposer à tous un salaire de "minable" à 5000 euros par mois ? Ça nous pend au nez. Debout les gavés de la terre !

Le 7 octobre 2011 à 10:59

« Nicolas Sarkozy doit porter la rupture de la rupture. Il doit porter le changement »

Jean-Pierre Raffarin, le Figaro Magazine, vendredi 7 octobre 2011.

Une raffarinade c’est comme un filet d’air frais qui vous surprend agréablement dans la touffeur du débat public. Elle vous transporte dans une autre dimension de l’esprit avant de vous rendre à vous-même dans un état de complète zénitude.  Son auteur éponyme qui conçut : « notre route est droite, mais la pente est forte » ou encore : « il est curieux de constater en France que les veuves vivent plus longtemps que leurs maris » mais surtout : "The Yes needs the No to win... Against ze No !" » faisant croire sur l’instant que l’issue du référendum constitutionnel européen allait basculer, cet homme-là aurait pu se reposer, assuré d’une gloire inégalable.  Que nenni. Celui qui fut l’âme du Poitou ne débande pas.  C’est Sarkozy qu’il entend sauver contre lui-même en lui recommandant une rupture de la rupture qui, si l’on ose la glose, revient à ce qu'il fasse désormais le contraire de ce qu’il annonça lors de sa précédente campagne présidentielle. Or la rupture de 2007 valant promesse de changement, on mesure toute la force eschatologique de la raffarinade susdite où l’injonction initiale est associée à la prescription de devoir maintenant « porter le changement ». Ne rien faire et tout faire à la fois, ce n’est peut-être pas de la tarte mais c’est l’art de joindre les deux bouts. Un exemple qui viendrait d’en haut et serait bien utile aux gens d’en bas. Longue vie au résilient Raffarin !

Le 30 novembre 2011 à 12:13

« Depuis 2002, chaque année la délinquance a recruté dans ce pays. »

Claude Guéant, Assemblée nationale, mardi 29 novembre 2011.

Ce serait d’ailleurs un des seuls points positifs pour l’emploi en France. Nul besoin de passer par le Pole Emploi, toute demande pressante exercée auprès d’un guichetier de banque suffit pour entrer dans la carrière. Une formation spécialisée, suivie en prison, peut permettre le cas échéant au "junior"  d’accéder au niveau "senior", ouvrant de fructueuses perspectives dans le secteur du convoyage de fonds. Une autre filière pour les jeunes sans qualification est envisageable à partir d’un stage dans le négoce des hallucinogènes, avant d’accéder à des postes plus intéressants dans la pharmacopée des rave parties ou  la diffusion de poudre en boites de nuit. La connaissance de langues étrangères reste un avantage comparatif au moment de l’embauche. L’espagnol est requis dans le transport intercontinental de colis. Enfin pour les demandeurs d’emploi habiles de leurs mains, des emplois à haute technicité politique sont accessibles en période électorale où une provocation à l’émeute est convenablement rémunérée par tout candidat faisant de la peur du désordre son propre fonds de commerce. Atttention, seuls des CDD sont à espérer dans cette activité qui offre néanmmoins quelques ouvertures en cours de mandat, lors d’éventuels troubles sociaux. Hélas, le code pénal freine une croissance riche en emplois. Des allègement ou suppressions de dispositions inutilement tatillonnes, seraient un encouragement à la baisse du chômage.     

Le 22 février 2012 à 07:00

Image de campagne

Ça l'affiche mal

La rupture ! Sacré nom de nom, la rupture, encore et toujours la rupture.Voilà le leitmotiv de l'homme qui casse tout. Garnement, il devait réduire en miettes tous ses joujoux. Il casse tout. Il nous les briserait, même, à en croire ses détracteurs de la première heure. La rupture, il la vante, s'en revendique jusque sur ses affiches de campagne.En 2007, il nous regardait en face, « Ensemble, tout devient possible » semblait-il dire. Derrière lui, un vague paysage de campagne. Il n'y avait pas âme qui vive. La campagne était floue, non identifiable, déserte. Nous avions un homme accompagné par le néant.En 1981, Mitterrand nous en avait déjà servi une, avec un village de la Nièvre et son clocher. La force était tranquille, comme la vie à la campagne. Giscard d'Estaing, quant à lui, président sortant s'apercevait devant un paysage industriel qu'« il fallait une France forte ». Il était temps.Georges Marchais, en 1981, « l'anti-Giscard », souriait devant une foule de travailleurs cégétistes, tandis que Jacques Chirac assis dans un salon possiblement Louis XV, photographié par Helmut Newton nous regardait dans le fond des yeux. Tout en haut, l'affiche proclamait « Maintenant, il nous faut un homme de parole. » et tout en bas, se terminait par ce slogan de marque de lessive « Jacques Chirac le président qu'il nous faut ». Finalement après avoir été bien rincés et bien essorés nous avions sans doute besoin de changement d'où l'idée de rupture.Nouvelle élection, nouvelle campagne, nouvelle affiche et nouvelle rupture. Cette fois, l'image rurale a disparu et est remplacée par une mer étale. L'homme ne nous regarde plus en face. Ne nous voit-il pas ? Ne peut-il plus nous voir ? Il fixe un point invisible à tous. Pas même l'horizon, qui est derrière lui, et vide de tout, comme le paysage campagnard de 2007. A bien le contempler cet horizon, on se rend compte qu'il n'y a rien à voir.

Le 9 mars 2012 à 08:50

"Nous voterons Sarkozy parce qu'il y a quelque chose d'indéplaçable en lui, parce qu'il pose franchement cette question : de quelle vérité l'homme est-il capable ?"

Igor et Grichka Bogdanoff, Le Parisien, 9 mars 2012.

Les deux plus fameuses protubérances mentonnières de l’univers connu, viennent d’apporter au Président-candidat, un soutien qui va lui faire chaud dans les tuyères. Un soutien cosmique à tous égards.  Il faut être capable de penser en cinq dimensions (au moins) pour justifier la réélection d’un sortant au motif qu’il est « indéplaçable. » A notre misérable échelle humaine, on pense qu’au terme de cinq ans à un poste où il n’aurait pas spécialement brillé – à en croire des sondages terrestres divers et concordants – son déménagement définitif de la rue du Faubourgg Saint-Honoré serait d’une logique démocratique banale. Errare ! Ces anciens présentateurs de l’émission « Temps X » sur TF1 (une sorte de journal  de la science hard), sont les messagers d’une opinion intersidérale attribuant à Nicolas Sarkozy l’immanence définitive tant sa masse développe d’énergie :  E= M6, si l’on préfère résumer d’une équation cette brève vulgarisation de la pensée bogdanovienne. Assurément un homme qui descend parmi les hommes, pour leur délivrer des vérités dont ils ne seraient pas rendus compte par eux-mêmes,  leur démontrer qu’en osant tout on peut tout, alors oui cet homme-là est d'une autre dimension. Et on ne s’en débarrasse pas comme ça, sur le coup d’une humeur électorale. Un de ses prédécesseurs n’a toujours pas été déplacé de la croix où des jaloux l’avaient cloué.

Le 4 avril 2012 à 09:10

Pauvres gens !

Interrogé ce mardi dans la Matinale de Canal + sur ses relations avec André Bettencourt et les soupçons de financement illégal de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a démenti catégoriquement les accusations portées contre lui en dénonçant les « boules puantes » de ses adversaires politiques. Contredisant sa ligne de défense habituelle, le président-candidat a admis qu'il était « bien sûr » possible qu'il ait pu rencontrer l'ancien dirigeant de L'Oréal, précisant que ce dernier n'était pas un délinquant et que le « pauvre homme » était mort depuis des années.   Celui que beaucoup qualifient de « candidat des riches » révèle donc une nouvelle fois le lien particulier qu'il entretient avec les concepts de « richesse » et de « pauvreté ».   Déjà, en 2008, alors qu'un visiteur du Salon de l'Agriculture refusait de lui serrer la main, l'ancien maire de Neuilly-sur-seine lui avait lâché le désormais mythique « casse toi pov' con ».   Car dans la bouche de Nicolas Sarkozy, l'adjectif « pauvre » revêt une tonalité particulière : le pauvre est un objet de pitié ou de mépris, de condescendance et d'incompréhension.   A défaut d'éradiquer la pauvreté en France, celui qui prétendait être le président du pouvoir d'achat et dont le patrimoine personnel s'est accru de 28% en 5 ans fait donc habilement disparaître du champ sémantique de la pauvreté son étymologie première, celle de la misère et du dénuement.   Pour mémoire, en 2009, on considérait comme « pauvre » un individu dont les revenus mensuels sont inférieurs à 795 ou 954 euros. La veuve du « pauvre » André, Liliane Bettencourt, est à la tête d'une fortune estimée à 17 milliards d'euros et percevrait, excusez du peu, un revenu mensuel de plus de 34 millions d'euros. On a la pauvreté qu'on peut.

Le 28 avril 2012 à 09:30

Rouille de printemps

Le fébrile candidat sortant vient encore une fois de changer de véhicule de campagne, en optant pour cette antique "dedeuche" (cliché officiel), mythique emblème de la France, et rouillée jusqu'à l'os en illustration d'un élan éperdu vers les humbles, les petits, les pauvres gens, "les Français qui souffrent". Les chefs de la Nouvelle UMP (Union des Misérables pour le Président), assez réservés à la vue du véhicule pathétique, furent priés de laisser leurs doutes au vestiaire - s'agissant justement de vestiaire, le candidat leur fit parade de ses nouveaux atours : oubliés le beau costard à 6500 euros, les belles tatanes à beaux talons à 4500, troqués contre un costume Tati (59,99) et des souliers Eram (34,95). Juppé, le lettré de la Nouvelle UMP, ayant cru bon de susurrer qu'en latin "eram" signifiait "j'étais", le candidat hurla "J'étais! Je suis! Je serai!", fou de rage il claqua la porte et, après s'y être engouffré, la portière de sa dedeuche qui sous le choc se décrocha. Un team de mécanos la suivra désormais de très près dans une Renault gris métal. Composée en hâte une rangée de supporters, à droite de la photo, s'étire d'un landau à un senior de petite taille. Les paniers disposés sur la galerie contiennent des pin's à distribuer aux foules. Quant à l'écriteau surplombant le pare-brise, s'il n'est pas sans évoquer celui que Pilate fit mettre au-dessus de la tête de Jésus, il reste, à la différence de celui-ci, illisible. L'avenir n'est pas écrit.

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