Plonk & Replonk
Publié le 22/06/2015

Busodrome


L’association Plonk & Replonk Editeurs est un collectif de créateurs, fondé en 1997 basé à La Chaux-de-Fonds, Suisse.
Jacques et Hubert Froidevaux en sont les principaux membres actifs.

Nous travaillons essentiellement dans le domaine de l’image, et plus spécifiquement du photomontage humoristique.
Nos créations sont diffusées en librairies (Suisse, France et Belgique) sous formes de cartes, de livres et d'autocollants, ainsi que dans la presse.
À noter que Plonk & Replonk est un des principaux leaders sur le marché européen du nain de jardin bétonné, un secteur à forte croissance.

http://plonkreplonk.ch/

 

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Le 4 septembre 2013 à 10:03

La Suisse expliquée aux Français #3

Le Gruyère

Imagine un peu : tu es victime d'un cambriolage. Le cambrioleur te prend deux trucs, un cendrier en rotin Louis XIV, pas génial mais d'assez bonne facture, et un oblitérateur à pommes de terre pour le moins dérangeant visuellement, tu l'avais reçu à Noël et tu n'as jamais osé le jeter. Bon. Déjà, c'est une situation assez pénible à vivre. Mais en plus, tu réalises que le voleur est un très riche marchand d'art des environs. Et qu'en plus, il vend des copies encore plus laides de l'oblitérateur à pommes de terre sous le nom de cendrier en rotin Louis XIV.   Terrible, non ?   Maintenant, imagine qu'un pays où le fromage coule à flots, où vaches et brebis rivalisent d'audace et d'imagination pour produire mille divins nectars, où les produits laitiers sont nos amis pour la vie, décide de produire du Gruyère français et de l'Emmental français, un genre de chewing-gum lacté dont on se sert principalement pour la maçonnerie mais parfois aussi, hélas, pour des gratins, voire des sandwiches dont la simple consommation peut rendre aveugle et sourd. Ridicule, non ?Il ne peut y avoir de Gruyère français vu que le Gruyère vient d'une région intitulée Gruyère et qui tire son nom de la ville de Gruyères, c'est quand même pas compliqué, est-ce que je te vend du Beaujolais moldave et de la saucisse de Toulouse de Francfort ? Non. Donc bon. De la même manière, l'Emmental tire son nom de la riante vallée de l'Emme, dont il aurait bien fait de ne jamais sortir, si tu veux mon avis. Est-ce que le Paris-Dakar a lieu en Amérique du Sud ? Donc bon.   Mais surtout, surtout, le Gruyère n'a pas de trous. On peut en faire, bien sûr, avec une perceuse, si on s'ennuie au bureau, pourquoi pas, nous sommes en démocratie, hélas, mais il n'a pas de trous. Jamais. Nulle part. Contrairement à l'Emmental dont, c'est amusant, les trous sont la partie qui a le plus de goût.   Ainsi, dans l'expression : "ça alors, la défense de St-Etienne est un véritable Gruyère, ce soir, ou bien ?", il ne faut pas comprendre qu'elle a des trous. Mais qu'elle est un peu jeune et manque donc de goût. Ou bien qu'elle entre dans la composition de la fondue moitié-moitié. Ou bien qu'elle a un peu l'accent fribourgeois. Je ne sais pas. Moi, tu sais, le sport, depuis que Federer est redevenu mortel, je n'y comprends rien. Mais ça ne veut pas dire qu'il y a des trous. Jamais.

Le 5 mai 2015 à 08:00

Les sosies des stars à leur tour tentés par l'exil fiscal 

Effet pervers et surprenant de l’exode fiscal de plusieurs vedettes françaises ces dernières semaines, quelques uns de leurs sosies annoncent être à leur tour tentés de suivre leur modèle et de s’expatrier fiscalement, pour suivre en toute logique leurs illustres inspirateurs. Reportage. Un métier ingrat qui demande des sacrifices Nouveau rebondissement dans la polémique autour des exilés fiscaux de renom qui fuient le fisc à l’étranger. Après le départ médiatique de Gérard Depardieu et son obtention de la nationalité russe, ou celui, plus ancien, de Johnny Hallyday, c’est au tour des sosies des vedettes de décider de partir. Pour eux, il s’agit avant tout de coller à leur modèle et d’offrir au public la meilleure prestation possible. Nous avons rencontré certains d’entre eux qui ont accepté de s’expliquer. André Brehert est âgé de 56 ans. Il est un des sosies de Gérard Depardieu. Et depuis plusieurs jours, il prépare lui aussi son départ pour la Belgique. Motif : être le plus crédible dans son œuvre de reproduction. « Le métier de sosie demande beaucoup de sacrifices, il est ingrat. Vous devez agir et vous comporter comme votre modèle. Mais ce n’est pas facile. C’est une étape de plus » explique André. Celui-ci a déjà déposé une demande de domiciliation auprès de la petite ville de Néchin où réside déjà Gérard Depardieu. « Je n’ai pas peur, cela fait partie du métier. J’ai pris plus de 35 kilos, et subi deux opérations à cœur ouvert donc non, ça ne m’impressionne pas plus que ça. J’espère surtout retrouver mon public là-bas » Michel Grebault a 67 ans. Depuis vingt ans, il est un des sosies officiels de Johnny Hallyday. Et comme lui, il a choisi l’exil fiscal, à Gstaad en Suisse « Ça n’a pas été facile au début mais pour moi c’était logique. En tant que sosie, il faut que je me mette dans la peau de mon modèle, que je ressente les longs moments de solitude et d’ennui profond dans une station de sports d’hiver huppée où Internet passe difficilement et où, comme me l’expliquait mon ami Français Groclert, sosie de Michel Sardou, on s’emmerde quand même pas mal. …» Autre sosie, autre situation. Pierre Dacqueux est sosie d’ Alain Afflelou. Bien que peu connu,  ce sosie a aussi décidé de déménager. Direction l’Angleterre. Si Alain Afflelou – le vrai – se défend d’un quelconque exil fiscal, pour son sosie, c’est l’occasion de toucher enfin un nouveau public. « Pour moi c’est très positif, c’est un nouveau départ. J’ai eu beaucoup de mal à remplir les salles en France, j’ai très hâte de commencer. j’espère que le public anglais sera plus compréhensif ». Contacté par le Gorafi, le gouvernement a refusé de commenter ces informations. Le Gorafi

Le 20 janvier 2013 à 10:07

Poubelle la vie

Je dis pas ça pour râler, mais ceux qui pensent les Suisses incapables de se révolter se fourrent le doigt dans l'œil.En ce moment même, la bonne ville de Lausanne est le théâtre d'une révolte silencieuse, d'une démonstration de résistance passive dont Gandhi et Martin Luther King auraient rêvé. Ça concerne les poubelles. Oui, bon, il faut bien commencer quelque part, toutes les révolutions ont commencé petites. Figurez-vous que le gouvernement qui oppresse le bon peuple de son poing rageur veut inciter les gens à trier mieux leurs déchets. Inciter les gens à trier mieux leurs déchets ! Je vous demande un peu ! Et pourquoi pas donner des conseils de jardinage et partager des astuces dans le domaine de la poterie, aussi ? Mais cette fois, c'en est trop, le peuple ne se laisse pas faire. Ah, mais ! Il ne sera pas dit qu'on nous incitera comme ça ! Car on sait bien comment ça se passe. On commence par inciter les gens à trier leurs déchets et ensuite on leur suggère des évènements ludiques pour toute la famille ! Concrètement, nos sacs poubelles sont désormais taxés et il est formellement interdit de balancer ses ordures dans des sacs non-officiels, sinon après c'est l'anarchie. Le lobby des assassins a formellement dénoncé cette grave atteinte à sa liberté professionnelle. Pour les autres gens, en revanche, à cause de la gauche qui remet sans cesse en question les fondements de notre société, ça ne reviendra pas plus cher, vu qu'on t'en rembourse une partie. Mais si tu décides de quand même continuer à utiliser les sacs non-taxés, par principe, l'Etat s'en prend à ce que tu as de plus cher, il t'attaque jusque dans tes valeurs nationales : il ne ramasse pas, et après ça fait désordre (ou plus précisément, ça fait cheni). Et faire désordre, c'est ce qui peut arriver de plus grave à un Suisse, juste après avoir cinq minutes de retard et nier publiquement l'existence de Guillaume Tell. Mais pourtant, courageusement, des citoyens osent braver le gouvernement, ce qui donne lieu à un terrible bras de fer qui me rappelle furieusement la fois où j'avais dit à mon chat "je ne te redonnerai pas de croquettes tant que tu n'auras pas fini celles-ci" (il avait fini par gagner). Je dis pas ça pour râler, mais ceux qui pensent les Suisses incapables de se révolter se fourrent le doigt dans l'œil. C'est juste qu'ils se révoltent pour des trucs pas très importants.

Le 23 février 2013 à 09:23
Le 1 août 2013 à 08:08

Belge comme le jour

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la Suisse. Et ça tombe drôlement bien, puisqu'on m'a demandé : « plus belge, ta prochaine chronique ». Or, quand on y réfléchit bien, Suisses, Belges, tout ça, c'est un peu pareil. Ils ont des Flamands, nous avons des Suisses allemands, la langue est à peine différente et le pouvoir de nuisance est à peu près le même. Ils se débrouillent sans gouvernement, nous en avons un parce que c'est bien pratique pour dire que tout ça, c'est de sa faute, mais personne ne sait tellement qui est dedans. Ils ont un roi, nous avons trois cartes à l'as mit stöck et des combats de reines. Ils ont une équipe de foot surnommée les « Diables Rouges » mais qui est environ aussi diabolique qu'un best of de Kiss, notre équipe joue aussi en rouge. Ils ont Jacques Brel, nous avons Henri Dès. Ils ont des frites, on a des röstis. Ils ont réinventé la bande dessinée, nous avons Yakari. Ils disent 70, comme nous, alors que les Français disent 70, ce qui est parfaitement ridicule, tout le monde en conviendra. Personne n'a jamais très bien compris la Belgique, pareil pour la Suisse. C'est pourquoi je nourris secrètement un dessein politique ambitieux mais réaliste : la fusion de la Wallonie avec la Romandie, réunies sous la bannière de la République monarchique et patatière de Wallomandie. Dont je ne peux vous parler, puisque c'est un projet secret. Du coup, pour mener à bien ma mission, une chronique « plus belge », je vais me contenter de vous raconter des carabistouilles, alleïe, une fois.

Le 18 août 2013 à 09:52

Cheese

J'aimerais, une fois n'est pas couture, profiter de cet espace mis à ma disposition pour parler de quelque chose d'important. Pousser un cri d'alarme. Ça va cinq minutes de faire le guignol, mais il y a des moments où il faut savoir rester sérieux. Il y a des sujets avec lesquels on ne peut pas plaisanter. En réalité, je ne vois qu'un seul sujet avec lequel on ne peut pas plaisanter : le fromage.C'est pourquoi, j'aimerais le dire une fois de plus, car je constate, hélas, qu'il y a encore des gens qui l'ignorent. Et l'ignorance, comme on le sait, est mère de tous les vices.Il n'y a pas, il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais de trous dans le Gruyère. Quand vous dites : "ohlala, c'est un vrai Gruyère", en parlant, je ne sais pas, moi, d'un ami à vous, par exemple, vous voulez dire qu'il vient de la riante ville de Gruyères, qu'il est un peu jeune et risque de faire trancher la fondue, qu'il est savoureux, débrouillez-vous, c'est votre ami, pas le mien, mais en aucun cas vous ne voulez dire qu'il est très troué.Je ne sais pas comment cette méprise est née. Peut-être d'un fromager qui avait un défaut de prononciation, il n'arrivait pas à dire "Emmental" alors il a appelé ça "Gruyère", c'est vrai que c'est assez voisin, comme sonorité, et comme c'était un fromager connu, c'est resté. Peut-être est-ce simplement le signe d'un complot mondial pour nuire à la réputation des fromages suisses. Peut-être, plus simplement, s'agit-il d'inculture : un malencontreux vendeur aura confondu, avec une touchante sincérité, un divin Gruyère avec un caoutchouteux Emmental mais, avec le bagoût qui le caractérie, aura réussi à semer le doute dans les esprits, au point qu'aujourd'hui, des millions de gens confondent. Parfois, on ne croit pas celui qui a le plus raison, mais celui qui parle le plus fort. Cela s'est vu, par le passé : ainsi, on a réussi à faire croire au monde entier qu'il traversait une terrible période de crise et que ça allait pas en s'améliorant, et donc que c'est pas le moment de faire la fine bouche au rayon fromages étrangers, juste en le disant souvent et très fort, on peut bien réussir à lui faire avaler n'importe quel fromage.

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