Jef Aérosol
Publié le 05/04/2012

These boots...


"L'art, c'est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art" (Robert Filliou)

Je suis assis, à l'atelier, et je décide de faire marcher mes yeux à fond pendant environ 5 minutes... mais à fond ! ça veut dire pas juste regarder ou voir, mais bien plus que ça... je dévore tout... je bouffe des yeux, je me gave, je me baffre : tout y passe... mes toiles, bien entendu, mais surtout les murs, les poignées de portes, le sol, les taches par terre, les taches sur le mur, les objets, les détails des objets, les couleurs, les ombres, la lumière... je fixe la lumière en écarquillant, je m'explose le nerf optique, je m'en fais mal aux iris, aux pupilles, aux paupières, j'ai la cornée qui s'enflamme et j'ai l'humeur vitrée (!) puis, je saisis mon appareil, je pose mes pompes devant ces cartons dont les fonds colorés sont en train de sécher (avant que j'y claque des pochoirs en noir et blanc) et je shoote mes vieilles boots mexicaines en fin de vie avant de me passer de l'eau sur les yeux et de reprendre une vie normale...

comme son nom l'indique, jef aérosol s'appelle jef aérosol. il poche tout sauf les oeufs et déforme les poches de ses redingotes en velours lisse avec des bombes qui ne sentent pas très bon mais font davantage pschhhh que boum. il longe les murs la tête haute et adore épater les galeries. les trottoirs aiment bien ses chelsea boots mais ses chelsea boots n'aiment pas les taches d'acrylique et encore moins les cacas de chiens. parfois la nuit, quand la ville dort et qu'il ne fait pas de bêtises sur les murs, il découpe des bouts de carton avec un cutter de compétition en écoutant les flamin'groovies à fond les ballons. depuis trente ans, il peint et repeint les tronches de stars vieillissantes ou complétement décédées, ce qui est totalement ridicule. mais jef aérosol, lui, est encore vivant. c'est une preuve que le ridicule ne tue pas. il est déconseillé d'aller regarder les milliers de photos de ses exactions sur internet, car vous y passeriez des plombes et vous avez certainement mieux à faire. de toutes façons, il peint tout le temps la même chose et signe d'une flèche rouge qui ne veut pas dire zorro mais qui est assez énervante...

on peut me retrouver là :
www.jefaerosol.com
www.facebook.com/jefaerosolfanpage
www.flickr.com/photos/jefaerosol

 

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Honte aux artistes !

 ! 

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Le 8 avril 2011 à 09:14

Vacances en France

Mauvaises rencontres

« Pourtant, qui le croirait ? Un voyage au Morvan offre quelque danger. Des bandes parcourent les routes, composées d'individus d'aspect débonnaire, mais animés au fond de très mauvaises intentions, et qui ne craignent pas d'arrêter le voyageur isolé aussi bien que ceux qui circulent en nombre. Nous n'avons pas ouï dire qu'elles aient dévalisé personne ou pillé les diligences ; mais leur aspect farouche et provocant pourrait déterminer chez le voyageur novice quelque terreur. » Il s'agit de compagnies d'oies, dont le Morvan semble avoir le privilège ; oies puissantes, bien membrées, ayant fort mauvais caractère et portant haut la tête. Ces animaux féroces parcourent en liberté bois, prés et sentiers, et se figurent évidemment que les routes sont faites pour leur circulation exclusive. Dès qu'un bipède non pourvu de plumes et portant nez au lieu de bec se permet d'y mettre le pied, ils s'avancent en bataillon serré, ouvrant à outrance leurs larges becs et crachant à la face de l'intrus tout le catéchisme poissard de leur race. Il y en a toujours une qui est le chef de la bande et marche bravement à l'ennemi, devant toutes les autres, dégoisant un répertoire d'injures et de menaces du plus haut comique. » […] » Du reste, il ne faudrait pas entreprendre une lutte corps à corps avec ces bêtes guerrières. D'un coup de bec elles coupent fort proprement un doigt. Je comprends maintenant pourquoi l'on dit que certains jugements ont "force de l'oie". »(Jean Bertot, Août 1893 : la France en bicyclette : étapes d'un touriste de Paris à Grenoble et Marseille)

Le 28 janvier 2015 à 10:03

Petite archéologie de l'artiste satirique

L'Assiette au Beurre, 8 mai 1909

A l'occasion du lancement du premier numéro de la revue satirique Les Hommes du Jour lancée par Victor Méric en 1908, l'artiste Aristide Delannoy réalise, pour la couverture, une caricature de Georges Clemenceau à l'apparence d'une tête de mort, au lendemain d'une répression sanglante envers les carriers des sablières de Draveil. Redécouvrons un épisode marquant de la liberté d'expression sous la IIIème République extrait de l'ouvrage Un crayon de combat, Aristide Delannoy par Henry Poulaille, 1982. « Nous étions, disait Méric, assez inquiets. Il nous fallait, pour le premier numéro destiné au Grand Flic Clémenceau, un dessin vigoureux, acerbe, mordant. J'avais fait le possible pour le texte. Quand Delannoy, quelques jours après, revint avec son carton et exhiba la fameuse tête de mort, nous trépignâmes de joie. Avec un dessin semblable, c'était le succès assuré. Ce fut le triomphe. La Gueule de Clémenceau tirée à 25 000 s'enleva comme du petit pain ». Clémenceau furieux, se jura d'avoir l'artiste au premier tournant qui se présenterait.[...] Quatre mois se sont écoulés depuis qu'il a reçu son camouflet de bonne année. Voilà l'heure de la monnaie à rendre. Le numéro a paru. Magnifique, plus beau encore que celui qui lui était consacré. Le Général* « pacificateur du Maroc » est représenté en boucher sanglant et le sang dégouline de lui, d'un beau rouge. [...] Les sieurs Delannoy et Méric furent appelés pour répondre devant la justice du crime de lèse- Patrie. Ils eurent chacun un an de prison et 3 000 F d'amende. Clémenceau avait pensé et espéré que leur incarcération gênerait les deux prisonniers dans la marche de leur travail, mais l'un et l'autre avaient pris la précaution de préparer des articles et des dessins pour parer aux accidents possibles et il n'y eut pas de surprise au cours de la publication. Par contre, Delannoy tomba malade au point que ses camarades de geôle démarchèrent auprès du directeur de la prison. Méric et un prisonnier d'Action Française lui exposèrent le sérieux du cas, si bien que Delannoy fut libéré aussitôt. Le malade n'en devait pas moins décéder de son mal qu'avait aggravé le séjour de quatre mois qu'il fit à la Santé. [...] Sa signature se trouve dans plus de soixante fascicules et elle était encore en novembre 1910 dans Messe de Minuit et Réveillons qu'il composa pour Noël 1910. Ce sont ses derniers dessins, avec son Christ chez les Prostituées, paru dans le numéro hors-série sur Noël des Hommes du Jour. [...] Delannoy est mort à 37 ans. [...] Il avait confiance en lui, il acceptait d'aller sur le ring. [...] Ce serait, pensait-il, passionnant. [...] » *d'Amade (ndlr) Source de l'image : Gallica.fr

Le 30 novembre 2014 à 09:22

Il vaut mieux avoir l'air conditionné que l'air stupide

Les bizarreries du langage

Quand le général de Gaulle se plaignait amèrement de la difficulté à gouverner un pays où l’on ne trouve pas moins de 258 sortes de fromages, c’était sans compter non plus avec les bizarreries du langage qui fleurissent aux quatre coins de l’hexagone. Que dire en effet d’une langue où l’on remercie un employé dont on n’est pas satisfait, où on lave une injure mais on essuie un affront, où l’on pose une question mais on soulève un problème, et où les malheureux qui sont dans de beaux draps passent des nuits blanches à force d’avoir des idées noires et du fait même n’arrivent pas à dormir sur leurs deux oreilles (moi non plus d’ailleurs)?Comment expliquer aussi la présence de l’estomac dans les talons, des pieds dans le plat, du chat dans la gorge, de la confiture chez les cochons, du rubis sur l’ongle, sans parler de la curieuse cohabitation des vessies avec les lanternes !Drôle de pays en effet où il ne faut pas confondre : scène, cène, Seine, saine ou chair, chaire, cher, Cher et où pendule est masculin entre les mains d’un radiesthésiste et féminin entre celles d’un horloger. Mais il y a mieux : amour, délice et orgue, masculins au singulier et féminins au pluriel ! Ce qui faisait d’ailleurs dire à Courteline :« Je ne me vois pas en train d’écrire : J’ai vu un orgue magnifique. C’est le plus beau des plus belles. »Quant à archives, fiançailles et ténèbres, ils sont, eux, condamnés au pluriel ! Bref, tout cela me paraît bien singulier…Curieuse langue enfin, où le mot mnémotechnique est si difficile à retenir…et où il vaut mieux finalement avoir l’air conditionné que l’air stupide.

Le 10 mai 2011 à 11:30
Le 12 février 2013 à 09:54

L'homme qui prétendait avoir trouvé du travail malgré la crise était un mythomane

Dijon – Stupéfaction à Dijon après l’euphorie du week-end. L’homme qui, vendredi, affirmait avoir trouvé du travail malgré la crise a reconnu devant les enquêteurs avoir totalement inventé l’histoire. Une annonce qui vient briser les nombreux espoirs d’un redémarrage prochain de l’économie française. Une région sous le choc La joie aura été de courte durée. L’homme qui prétendait avoir trouvé du travail malgré la crise a reconnu devant les enquêteurs avoir inventé l’histoire de toutes pièces. « Visiblement, nous sommes en présence de quelqu’un qui était en mal de publicité » ont expliqué les enquêteurs lors de la conférence de presse. Les médias ont été aussi montrés du doigt pour ne pas avoir vérifié davantage l’information. « Il y a dans cette affaire des responsables, mais nous refusons de servir de boucs émissaires » a protesté d’une seule voix la presse. L’homme, quant à lui, à refusé de donner plus d’explications sur son mobile. « C’était quelqu’un d’équilibré, je ne comprends pas pourquoi il a fait ça » explique un proche. « J’ai été choquée d’apprendre qu’il avait menti. Des gens avaient beaucoup d’espoirs et maintenant tout est fini » raconte une jeune femme avant de fondre en larmes. Dans l’immédiat, le gouvernement se refuse à commenter l’affaire plus que de raison. « Cela ne remet pas en cause les agissements et les décisions du gouvernement. C’est un incident isolé, nous souhaiterions que l’opposition ne monte pas cet événement en épingle et se comporte de manière républicaine » a fait savoir Arnaud Montebourg. Le Gorafi Illustration : iStock

Le 30 septembre 2011 à 11:20

Oscar Wilde, le scandale du plaisir

D’après ce que nous enseignent les livres de sciences naturelles, des millénaires ont été nécessaires à la Terre pour donner naissance à Oscar Wilde. La gestation fut longue. Les époques qui ont précédé sa naissance n’ont pourtant pas été inutiles ; elles ont fourni un parfait compost. Bien sûr, il y eut un choix à faire. Pour qu’Oscar Wilde naisse les dinosaures ont dû disparaître. Ils n’auraient pu coexister, Wilde n’aurait pas toléré leurs manières grossières et leur habitude de piétiner les fleurs des champs. Il fut aimé et haï pour la même raison : on comprenait ses livres parfaitement mal. La haine est là, il faut la dévoiler sous les baisers et les applaudissements. Sans doute aurait-il vécu plus heureux et plus longtemps si on l’avait haï plus tôt. La haine vaccine quand elle est injectée dès l’enfance, laissant aux anticorps de l’indifférence le loisir de se développer. Il maniait la langue comme le plus efficace des fouets, capable aussi bien de gifler que de caresser. Il pensait avoir dompté l’Angleterre. Mais le vieux lion cessa de s’amuser et le dévora dans un tribunal. On porta les restes du prince déchu dans une cellule de la prison de Reading où, pendant deux ans, ses derniers muscles furent rongés par la fatigue et les rats. Né en Irlande, il acheva de mourir en France. L’Angleterre n’eut que sa vie. Oscar Wilde est aimé aujourd’hui, et il ne peut rien contre cet amour. On aime les artistes morts, car ils sont sans défense. La société les tue pour qu’ils deviennent le symbole de ce dont elle les accuse. Homosexualité et débauche étaient des accusations imparables sous le règne de Victoria. Les crimes de Wilde sont ailleurs. Son génie passe pour une génération spontanée d’idées brillantes. L’horrible vérité est qu’Oscar Wilde travaillait énormément. Il jouait la facilité par pudeur. Il faisait trop de bruit pour qu’on remarque combien il était humble. Il parlait trop de lui pour qu’on comprenne combien il était préoccupé des autres. Il prenait trop soin de son apparence pour qu’on voie à quel point il ne s’en souciait guère. Le grand scandale d’Oscar Wilde est le plaisir qu’il donne, plus que celui dont il parle. Il est aphrodisiaque quand il aborde la politique. Il est aphrodisiaque quand il écrit sur les fleurs, les costumes de scène, l’amour ou la morale. On ne pardonne pas à un écrivain d’avoir un style si excitant. Le faible lecteur se sent coupable. Habitué à souffrir pour apprendre, il en déduit que, s’il jouit, cela ne doit pas être bien sérieux. Wilde a réussi la fusion de l’intellect, de l’apollinien et du dionysiaque. On trouve Wilde drôle, brillant et inventif, on le couvre de qualités secondaires, pour ne pas voir qu’il est, avant tout, un artiste tragique et un penseur. Il y a des artistes qui éloignent le public par leur inaccessibilité. L’inaccessibilité de Wilde est son accessibilité. Peu de gens ont compris son désespoir et la profondeur de sa révolte. S’il n’était défendu de rire dans les amphithéâtres de philosophie, il serait considéré comme un des plus grands philosophes. Il faut lire ses contes, voir ses pièces et étudier ses essais pour se rendre compte qu’il fait partie de ce petit nombre d’artistes capables à la fois de nous émouvoir, de nous faire rire, de nous donner du plaisir et de changer notre regard sur le monde. Un seul de ses aphorismes constitue un repas complet : « Le succès, c’est aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. » Il est mort aussi. Ce n’est pas le moindre de ses talents. Le propre des grands artistes n’est pas d’être immortel, mais de mourir. Dire que seuls les grands artistes sont immortels est une bêtise. La vérité est que seuls les grands artistes meurent. Le reste de l’humanité arrête seulement de respirer. Allez vous recueillir devant la tombe d’Oscar Wilde au cimetière du Père-Lachaise. Touchez la pierre et regardez le Sphinx. Vous comprendrez, alors, que cette tombe est le seul endroit de la planète où Oscar Wilde ne se trouve pas.   Article édité dans le catalogue Le Rire de résistance, BeauxArts éditions et Théâtre du Rond-Point (Photo Napoléon Sarony)

Le 11 novembre 2011 à 08:02
Le 25 février 2014 à 08:35

Étude : La mort, 1ère cause de décès chez les Français de tous âges

Ce matin, 09 h 30 au siège de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) à Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne. La presse a fait le déplacement en masse pour suivre une conférence de presse dont l’importance est à la hauteur de l’affluence. A 09 h 35 précise, une équipe de chercheurs en biologie de l’InVS a rendu publics les résultats d’une recherche sur les causes de la mortalité chez les Français entre fin 2010 et début 2013. Et surprise. Alors que la plupart des observateurs scientifiques s’attendaient à voir les tumeurs et autres maladies cardio-vasculairesdécrocher la médaille d’or, le verdict des chercheurs a laissé bouche bée tout le monde. Selon ces derniers, la mort serait en réalité le 1er véritable facteur de décès dans la population française. « Les gens meurent parce qu’ils meurent » Anne Latieule est chercheuse en biologie à l’Institut de Veille Sanitaire. Elle a participé à cette étude autour de 540 700 cas de décès et son verdict semble sans appel : « Après un listing pour le moins exhaustif de tous les types de morts ces dernières années, on en est venu à cette conclusion aussi simple qu’évidente. Les gens meurent parce qu’ils meurent. Au-delà de la cause secondaire du décès, comme par exemple un cancer, un accident de voiture ou un suicide par pendaison, les Français meurent avant tout parce qu’ils « peuvent » mourir. » Une cause première visiblement ignorée pendant des années et qui pourtant semble concerner tous les citoyens de la France, comme le souligne Jacques Lafarge qui a piloté cette recherche : « Nous n’avons jusque là trouvé aucun cobaye de nationalité française qui ne pouvait pas mourir. La mort semble donc inhérente à l’existence de chacun des Français et peut-être même à l’existence d’êtres humains de nationalité étrangère. Mais sur ce dernier point, il ne s’agit encore que d’une hypothèse. » Une idée loin des croyances des Français Le fait d’être mortel comme raison primordiale de l’ensemble des décès dans l’Hexagone et dans les DOM-TOM ? Une vision de notre condition bien loin de ce que la majorité des Français s’imaginait jusque là, comme le souligne très justement Jacques Lafarge : « Les gens, en tout cas les Français de manière certaine, semblent oublier que la mort fait partie de notre nature apparemment. Et quand quelqu’un qui leur est proche meurt, ils préfèrent se focaliser sur la cause secondaire de la mort et ils s’attristent parce qu’ils se disent que cela aurait pu être évité. Ou alors ils souffrent tout simplement parce qu’ils ont oublié que nous, Français, nous mourrons. Naturellement. » Le Gorafi

Le 4 mai 2011 à 14:53
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