Vincent Lecoq
Publié le 14/04/2012

Fukushima, mon amour


Sarkozy se fait des films

Bricoleur d’images, de sons et de mots, il a débarqué sur ventscontraires.net via la Piste d’envol et s’est tellement incrusté qu’il a fini par en devenir le responsable éditorial. Il est également l’auteur d’une pièce de théâtre et a collaboré à plusieurs fictions TV.

 

Plus de...

Vincent Lecoq

 ! 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 11 janvier 2011 à 08:00

Au secours les mots : Alice de Poncheville défend le mot "transparence"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici."Il faut accroître la transparence des politiques financières et monétaires." Rapport FMI 29 septembre 2010.Un peu comme avec un de mes amis qui a le sens inverse de l’orientation — il faut aller à gauche quand il tourne spontanément à droite —, je sais qu’un homme politique ou qu’une organisation qui parle de transparence a toujours quelque chose à cacher. Le mot transparence a la puissance des formules magiques. Entendez-le prononcé et la volonté d’aller vérifier par vous-même s’évanouit."Tout est transparent dans notre organisation, nos évaluations, notre stratégie, notre management. Nous sommes des êtres de verre, pas fragiles pour autant, car par l’augmentation de notre masse, nous créons de la solidité. Faites-nous confiance." Mais les employés sont fabriqués dans une silice de moins bonne qualité, ils s’effritent, se fendillent, se jettent par les fenêtres et se fracassent sur le sol en mille morceaux. "Nos comptes sont clairs, venez y mettre votre nez." Mais le nez s’écrase contre la vitre de l’immeuble moderne derrière laquelle s’active le grand corps complexe de l’entreprise ou du pouvoir.Rien n’est transparent. Une analyse ne rend pas le patient transparent. L’amour ne rend pas l’amoureux transparent, même s’il peut le rendre lumineux. La création n’est pas transparente, même si elle peut être limpide. La sexualité n’est pas transparente, même pratiquée en pleine lumière. Le mot transparence, utilisé comme il l’est aujourd’hui, m’évoque la pornographie. Comme si en montrant ce qui entre dans les corps, de très près, on pouvait voir autre chose que la mort sinistre de l’imaginaire et de la liberté.Je pense au travail de la femme qui s’extasie devant la transparence de ses vitres pour laquelle elle s’est donnée tant de peine. Au raisonnement alambiqué et pourtant si transparent de mon petit garçon quand il veut obtenir quelque chose de moi. A l’écrivain qui cherche à rendre compte d’une sensation et qui hésite entre les mots éblouissement et transparence qui paraissent opposés. Il choisira les deux, militant pour l’oxymore qui est, au fond, la figure qu’il préfère. La transparence est fragile comme les images qu’elle fait naître. Et je regarde, fascinée, la transparence de ces grains de raisins aperçus sur la toile d’un maître obscur, au détour des pages feuilletées d’un magazine, un soir où tout est beau et sombre.  Alice de Poncheville a été comédienne, elle est devenue réalisatrice de films courts. Elle écrit aussi des romans pour la jeunesse (Ed. de l'Olivier) et son seul livre pour les adultes est un recueil de nouvelles, La Martre, est paru aux éditions de l'Olivier. Elle pratique également la menuiserie.

Le 4 août 2011 à 08:09

Reggae anti-nucléaire

Alors que les niveaux de radioactivité autour de la centrale de Fukushima atteignent ces derniers jours des niveaux de plus en plus inquiétants, un clip vidéo pose la question du nucléaire et de ses dangers. Le morceau écrit dans les jours qui ont suivi la catastrophe est l'oeuvre de Rankin' Taxi, un vétéran du reggae japonais, accompagné par le groupe Oki Ainu Dub Band. Et voici sa traduction en français par Mathieu Gaulène du blog "Le Japon à l'envers" (voir aussi son 2ème blog) C'est terrible, terrible, terrible, terrible, le nucléaireC'est terrible, terrible, terrible, terrible,quand un accident se produit C'est terrible, terrible, terrible, terrible,FukushimaC'est terrible, terrible, terrible, terrible,Ce que ça a fait La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux  La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux Une fois que l'accident se produit, c'est la grande panique,Juste avant le naufrage, c'est le TitanicTchernobyl aujourd'hui est une ville fantôme,Des enfants innocents ont un cancer de la thyroïde Bienvenueau célèbre Plutonium,Au mythe de la sureté,A "Fukushima, c'est terminé" On ne pourra bientôt plus manger,les produits de la fermeN'importe où, n'importe quand,la pollution se répand La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux  La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux Elle touche tout le monde comme par exemple,Kadhafi, Obama, Sarkozy, Berlusconi,Hirose Takashi, Rankin Taxi, le premier ministre,Hanshin (équipe de baseball d'Ôsaka), Kyojin (surnom des Yomiuri Giants de Tôkyô) Ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, Tepco, Kepco, Nandenkanden (chaîne de restaurants ramen) Les hommes, les femmes, les enfants, les adultes, Asahi (journal), Bunshun (magazine), Ebisu, Kirin (marques de bière) Les Blancs, les Noirs, Seiyu, Daiei (supermarchés) Toyota, Nissan, l'Irak et l'Iran La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux  La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,On ne peut ni la voir, ni la sentir Même si le circuit de refroidissement fuit,la centrale nucléaire va bien,Protéger la paix dans le monde 24/24h,Avec la bombe atomique,Se réveiller quand il y a une catastrophe,et n'en tirer aucune leçon,Même en faisant attention,une simple et stupide erreur peut survenir, Des publicités habiles,Dans des médias tout-puissants,Une athmosphère douce,Et des images subliminales,Des journaux accumulant l'argent,En étant remplis de publicités,Et pendant qu'on croit tout ça,Le vent souffle dans notre direction, La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux  La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,On ne peut ni la voir, ni la sentir Elle touche tout le monde comme par exemple,Beyonce, Bae Yong-joon (acteur sud-coréen)Alien, Anpanman, Ultra Seven, Level Seven,Dub Ainu Band, Green Island, Soft Bank, Hard-Punk,Matsumoto Kiyoshi (chaîne de pharmacie), Matsumoto Hitoshi (humoriste)"Zack" (Zaccheroni, sélectionneur du Japon), McDo,Godzilla, Mothra (monstres géants), la police, les petits caïds,Le pdg, les profs, Michaël (Jackson), Maiko Haaaan!! (comédie de 2007)Tamori (humoriste), Takeshi (Kitano),Matsuya, Sukiya, (chaînes de fast-food)Takata (électroménager), Starbucks, La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux  La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,On ne peut ni la voir, ni la sentir, personne ne peut s'enfuir Est-ce que vous voulez mourrir en avalant la radioactivité ?NON Y'A PAS MOYEN !Ils nous disent que la fuite ne s'arrrête pas ?NON Y'A PAS MOYEN !Est-ce que vous voulez que nos enfants nous reprochent de n'avoir rien fait ?NON Y'A PAS MOYEN !Est-ce que vous voulez vivre avec une grave maladie ?NON Y'A PAS MOYEN ! Est-ce que l'amour augmente avec la radioactivité ?Est-ce qu'on devient plus intelligent grâce à la radioactivité ?Est-ce qu'il n'y a plus de guerre avec la radioactivité ?Est-ce que les gens sourient plus avec la radioactivité ? La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux  La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,On ne peut ni la voir, ni la sentir, personne ne peut s'enfuirOn ne peut ni la voir, ni la sentir, personne ne peut s'enfuir (x3)  [En fond, il est écrit sur un portique "Le nucléaire, une énergie pour un avenir brillant"] On ne peut pas fuir, pas fuir, pas fuir, pas fuir,le nucléaireOn ne peut pas fuir, pas fuir, pas fuir, pas fuir,quand il y a un accident, [Rankin Taxi en premier ministre, faisant des grands gestes] C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux,le nucléaire,C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux, tant qu'il n'y a pas d'accident, C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux,le nucléaire,C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux,Jusqu'à que ça le devienne Jusqu'à que ça le devienne (x4) Abruti!

Le 23 avril 2013 à 08:34

Jérôme Cahuzac mentait à ses enfants à Noël depuis des années

Ce sont des enfants effondrés. Leur père a non seulement menti à la nation, à la tribune de l’Assemblée et dans une émission de RMC, mais il a aussi menti à ses propres enfants, et ce pendant plusieurs dizaines d’années. « Il nous disait, il va passer ce soir et tu auras des cadeaux. Tout était faux. C’était lui qui mettait les cadeaux  ». Marjorie Cahuzac est toujours sous le choc. Après les révélations de son père, les enfants de Jérôme Cahuzac ont également reçu une lettre. Dans celle-ci, il déclare là aussi avoir menti à sa famille chaque Noël et s’en excuse. « Que l’on mente dans une émission de Jean-Jacques Bourdin et à l’Assemblée nationale est une chose. Mais qu’il ait en plus menti à sa propre famille, je ne peux l’accepter » a pour sa part affirmé Jean-Luc Mélenchon sur son compte Twitter. Selon la lettre envoyée ce week-end, Jérôme Cahuzac se défend et affirme avoir cédé à la pression populaire. « J’ai vu d’autres parents le faire, je ne pensais pas à mal. Tout le monde le faisait autour de moi ». Plus loin, l’ancien ministre regrette amèrement et demande pardon et  révèle l’entendu du mensonge : « Non, il n’a pas de renne ni une grosse veste rouge. Il ne vit pas non plus au Pôle Nord le reste de l’année ». Selon ses propres dires, il affirme avoir acheté les jouets dans des zones commerciales lorsque ses enfants étaient à l’école. Marjorie a cependant annoncé qu’elle pardonnait à son père « J’avais des doutes, je me disais que c’était incroyable que quelqu’un avec qui on n’a aucun contact sache tout de notre vie et nous donne exactement les cadeaux qu’on souhaitait ». Et d’ajouter. « Et à chaque fois il avait vu juste, c’était incroyable. Aujourd’hui je me rends compte à quel point mon papa m’aimait en fait et je lui en suis reconnaissante ». Mais cet aveu vient lever d’autres questions et peut-être d’autres mensonges familiaux, enterrés. Ainsi en 1988, les enfants déplorent l’étrange disparition de Cabot, un berger allemand âgé de 15 ans. À l’époque, Jérome Cahuzac aurait affirmé à ses enfants « qu’il était parti au pays des chiens ». Et Marjorie de s’interroger «  En grandissant il est clairement apparu que nulle part il n’existe de pays des chiens. Alors je veux savoir, où est Cabot, va-t-on le revoir un jour ? » Le Gorafi Illustration: wikicommon / Cyclotron

Le 31 mars 2011 à 11:26

Sainte Rita, priez pour nous

Carte postale d'Italie

Rita Dalla Chiesa n'a pas vraiment le physique de son nom (Sainte-Rita est la patronne des désespérés et "la chiesa", en italien, c'est l'église). Car son physique est typiquement celui d'une présentatrice d'émission pour une chaîne berlusconienne. Il se trouve d'ailleurs que c'est son métier : elle anime le talk-show "Forum" tous les jours à l'heure du déjeuner sur Canale 5, média appartenant au Condottiere. Elle se dit ouvertement de droite mais jamais, évidemment, elle ne se prêterait au jeu propagandiste du président du Conseil. Pourtant, c'est elle qui a invité une habitante de L'Aquila, cité sinistrée, on s'en souvient, par un séisme il y a bientot deux ans. Sur le plateau de "Forum", Marina Villa a décrit son calvaire, ce terrible traumatisme qu'ont vécu comme elle les habitants de la ville, traumatisme heureusement apaisé par la rapide et efficace intervention de l'état, qui a relogé les sinistrés dans des logements neufs ou dans des hôtels à titre grâcieux. Deux ans après la catastrophe, la ville serait en voie de retrouver son visage radieux d'antans…Oui, mais voilà… Si Marina Villa habite bien dans les Abruzzes, c'est à une heure de route de L'Aquila. En admettant qu'elle ait effectivement ressenti les secousses, elle n'a pu voir "les radiateurs voler" qu'à la télé, et peut-être bien sur une chaîne berlusconienne, qui sait? La mère de famille, dévoilée, a présenté des excuses aux victimes du tremblement de terre, expliquant qu'elle s'était grisée sous les projecteurs, avouant qu'elle a récité un texte mais niant avoir reçu la rémunération de 300 euros que les médias l'accusent d'avoir touchée… Sainte-Rita, patronne des (faux) désespérés a juré, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Le 18 avril 2011 à 17:28

# 3 - Lost in radiation - mixtape

Seoul Juke Box

Mars 2011, quelques jours après le tremblement de terre, le Tsunami et la catastrophe nucléaire au Japon. Dans l’aéroport de Séoul, temple aseptisé de la modernité, on croise en plein milieu de la nuit une cohorte de ressortissants français expatriés au Japon, volontaires pour un rapatriement en France organisé par l’Etat.  Ils débarquent de Tokyo et Osaka hagards, épuisés. Beaucoup de pères de famille avec des enfants en bas âge issus de couples mixtes, les mères japonaises sont restées là-bas fidèles à leur famille, à leur travail.  Ils avancent en traînant le pas comme une armée napoléonienne en déroute, encadrés par les militaires spécialisés dans les évacuations d’urgence et par quelques membres de l’ambassade vêtus de chasubles jaunes fluo qui leur donnent des instructions à l’aide de mégaphones. Les voilà regroupés aux abords d’un lounge réquisitionné par l’armée et transformé en QG de crise. Des grands gaillards en treillis préparent des biberons de lait chaud pour les nourrissons, les autres s’agitent dans tous les sens et directions pour relever les identités, lister les partants et répondre à toutes les demandes. « Ici vous êtes en sécurité, pas de secousses sismiques, pas de radiations » rassure un grand chauve qui, dans son accoutrement jaune fluo, semble avoir été irradié dans sa tendre jeunesse. Une petite fille se lamente d’avoir abandonné son poisson rouge et zozotte en sanglotant « Ils vont le manzer, il va finir en zuzi ou en zazimi ».  Non ma petite, c’est fini, désormais on ne mangera plus de poisson. Et les thons rouges, menacés de disparition, reviennent en force la nuit le long des côtes de Fukushima, plus sanguins que jamais, électrons libres, les voilà qui clignotent de rouge dans les profondeurs isotopes de la mer et de la nuit nucléaire.   (Another Barbarian in Asia – Henry Halfwarm)

Le 6 mai 2011 à 09:36

Mort de Ben Laden

Le web pourri par de fausses citations

Le 2 mai dernier, en écho à la mort de Ben Laden, un internaute nous proposait de publier une citation de Mark Twain, "Je n'ai jamais souhaité la mort de quelqu'un, mais j'ai lu quelques nécrologies avec grand plaisir ! ". En recherchant sur le net l'origine de cette phrase, la rédaction de ventscontraires.net a très vite découvert que la version anglaise de la phrase circulait déjà massivement sur les réseaux sociaux, Twitter notamment. Dans la langue de Shakespeare et de Mark Twain, cela donnait : "I've never wished a man dead, but I have read some obituaries with great pleasure". Pour des milliers d'internautes, la citation était l'illustration parfaite de leur sentiment à l'égard de la mort du leader d'Al Qaida : un mélange de satisfaction et de refus de se réjouir de la mort d'un homme, quel qu'il soit.Parfaite illustration mais peut-être un peu trop parfaite. Car la phrase de Mark Twain a quand même un petit défaut : l'écrivain ne l'a jamais écrite ou prononcée. Il existe une autre référence avérée cette fois mais elle est l'oeuvre de Clarence Darrow, avocat américain né en 1857 et mort en 1938 : "“I have never killed a man, but I have read many obituaries with great pleasure." / "Je n'ai jamais tué un homme mais j'ai lu de nombreuses nécrologies avec grand plaisir". D'après certaines explications, la citation de Darrow se serait retrouvée à proximité d'une phrase de Mark Twain dans un recueil de citations en ligne et c'est de cette proximité que la serait née la confusion, amplifiée ensuite par la viralité d'Internet.Sur les réseaux sociaux, toujours à l'occasion du décès de Ben Laden, une autre phrase est devenue un best seller. Elle était cette fois attribuée à Martin Luther King : "I will mourn the loss of thousands of precious lives, but I will not rejoice in the death of one, not even an enemy" / "Je pleurerai la perte de milliers de vies précieuses, mais je ne me réjouirai jamais de la mort d'un seul, pas même un ennemi". Cette fois encore, l'auteur de la phrase n'était pas celui qu'on croyait. Il s'agissait en fait de quelques mots personnels postés dans un statut facebook par une certaine Jessica Dovey, une Américaine de 24 ans, professeur d'anglais au Japon, en exergue d'une véritable citation de Luther King. Les mots de la jeune femme attribués par erreur au pasteur américain ont ensuite été relayés sur son compte Twitter par un acteur et écrivain américain du nom de Penn Jillette. Et comme le brave Penn Jillette compte la bagatelle de 1 600 000 "followers", il n'en a pas fallu plus pour que la "citation" fasse le tour du monde et des réseaux sociaux.PS : la citation du titre n'est pas de Saint Matthieu.

Le 12 février 2013 à 09:54

L'homme qui prétendait avoir trouvé du travail malgré la crise était un mythomane

Dijon – Stupéfaction à Dijon après l’euphorie du week-end. L’homme qui, vendredi, affirmait avoir trouvé du travail malgré la crise a reconnu devant les enquêteurs avoir totalement inventé l’histoire. Une annonce qui vient briser les nombreux espoirs d’un redémarrage prochain de l’économie française. Une région sous le choc La joie aura été de courte durée. L’homme qui prétendait avoir trouvé du travail malgré la crise a reconnu devant les enquêteurs avoir inventé l’histoire de toutes pièces. « Visiblement, nous sommes en présence de quelqu’un qui était en mal de publicité » ont expliqué les enquêteurs lors de la conférence de presse. Les médias ont été aussi montrés du doigt pour ne pas avoir vérifié davantage l’information. « Il y a dans cette affaire des responsables, mais nous refusons de servir de boucs émissaires » a protesté d’une seule voix la presse. L’homme, quant à lui, à refusé de donner plus d’explications sur son mobile. « C’était quelqu’un d’équilibré, je ne comprends pas pourquoi il a fait ça » explique un proche. « J’ai été choquée d’apprendre qu’il avait menti. Des gens avaient beaucoup d’espoirs et maintenant tout est fini » raconte une jeune femme avant de fondre en larmes. Dans l’immédiat, le gouvernement se refuse à commenter l’affaire plus que de raison. « Cela ne remet pas en cause les agissements et les décisions du gouvernement. C’est un incident isolé, nous souhaiterions que l’opposition ne monte pas cet événement en épingle et se comporte de manière républicaine » a fait savoir Arnaud Montebourg. Le Gorafi Illustration : iStock

Le 11 mai 2012 à 08:43

Chronique Rurale

Neuvième jour : tristesse, et le naufrage de l'enfance

> Premier épisode                     Aujourd’hui je suis un petit peu triste. Je vais vous expliquer pourquoi. J’ai lu quelque part, dans un bouquin ramassé parmi les décombres d’une bibliothèque abandonnée, que Dieu pouvait parfois nous apparaître sous la forme d’un chat, notamment chez les Egyptiens – mais c’est finalement assez rare -, ou bien alors d’un enfant, chez les Chrétiens en particulier. Encore quelque chose que je ne savais pas. Après réflexion, il m’apparaît cependant que l’enfance, qui est un absolu naufrage – on pourrait même dire un carnage - ne porte pas par  elle-même la sereine plénitude qu’on serait en droit d’attendre d’un Dieu. A sa sortie, vers 10 ou 12 ans, il ne reste plus grand chose de cette pureté légendaire avec laquelle on serait soit- disant venu au monde. On est tout souillé des dégueulasseries de nos parents, des coups tordus de son père et des couteaux dans le dos de sa mère. Le problème est précisément que nos parents ont aussi eu à subir tout ça. C’est donc une sorte de malédiction. Tout à l’heure, comme je cheminais sur le bord de la D536, et pour être parfaitement exact, à l’endroit où elle croise la D650, je suis malencontreusement tombé sur un enfant qui pleurait en sautillant doucement d’un pointillé à l’autre, ses petites mains dans ses poches, son petit nez tout crotté de croûtes radioactives et par le rhume des foins. Dans ma mansuétude, je me suis approché de lui, et me suis livré a un gentil interrogatoire : j’appris qu’il s’était enfui du village vacances de la CAF de Blainville-Sur-Mer. Depuis l’accident, le village a été réquisitionné par l’armée et transformé en camp de réfugiés pour les orphelins de la catastrophe. Le gamin portait autour de son cou un sac en tissu qui mentionnait «faites un geste pour la planète avec les sacs éco-malins». Dans le sac, emberlificotée comme une vieille pelote, le gosse avait enfoui une boule de cheveux roux à l’odeur à peu près insoutenable. Je sais que personne ne voudra me croire, mais la boule rassemblait les cheveux de sa mère que lui avait confiés l’employé des pompes funèbres juste après la crémation. Un peu comme une sorte de doudou, si vous voulez. Je vous raconte ça histoire de confirmer que le nucléaire, ça fait pas que rigoler, ça peut aussi faire pleurer. Bon, je reprends le fil de ma pensée : je vois ce petit enfant, là, tout perdu sur le bord de la route et les yeux dans le vide, et je pense que le mien - celui qui grandit, là, dans ma sorte d’utérus hermaphrodite - je ne me verrais pas l’abandonner. Je ne me verrais pas le laisser même une seule minute sur le bord de n’importe quelle route, ou de quoi que ce soit qui ait un bord. Je l’aimerai comme un sparadrap. Et au moment où je dis ça, cette idiotie du sparadrap, je comprends que je l’aimerai trop, que je finirai même par l’étouffer, par l’étouffer dans un sac en plastique, pas « écolo machin » du tout cette fois. Par le mettre au congélateur pour le regarder dormir en me mordant les poings avec des remords jusqu’à la fin de ma putain de vie. Et que l’enfance c’est de toute façon le début de la mort et que tes parents ne font rien que t’apprendre la solitude, la seule vérité qui vaille, la terrible réalité de la condition humaine. Et tant que ça ne t’est pas rentré dans la tête, tu restes un être inachevé, il te manque à jamais quelque chose, tu as perdu ta maman, tu t’es paumé sur le bord de la route avec ton doudou-cheveux et tu pleures. Ouin. Et si tu n’avales pas cette couleuvre de la solitude et de la douloureuse impossibilité du bonheur, si tu restes à tout jamais coincé sur le bord de la vie avec l’idée que quelque chose de pur est éventuellement réalisable, alors tu restes un être inachevé qui a éternellement perdu sa maman. Pur, mais inachevé. Je tourne la tête, et je vois près de la route un arbre mort dont le tronc tient pourtant encore debout. Quelques étoiles assez puissantes pour percer le nuage d’azote s’allument au- dessus de ses branches noires. Je vais m’allonger et tenter de dormir un peu. Demain, ce sera la phase décisive de mon plan.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication