Romain Boussard
Publié le 20/04/2012

Scène de ménage


Ancien étudiant en coloriage et pâte à modeler reconverti dans le dessin d'actualité. 
http://rboussard.canalblog.com/
 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 13 juin 2011 à 09:53

« Il s'agissait d'humour corrézien entre républicains qui se connaissent de longue date »

Jacques Chirac, communiqué de presse, dimanche 12 juin 2011.

C’était la mise au point ou la scène de ménage. Chez les Chirac, «Maman » qui est née Chodron de Courcel ne rigole pas avec les mésalliances. Alors , quand son époux prend par l’épaule le socialiste François Hollande un samedi à Sarran (Corrèze), et lui confie à haute voix, qu’il votera pour lui à la présidentielle puisque son candidat préféré, Alain Juppé, n’est pas candidat, elle a dû rire jaune. A quoi ça sert que la Bernadette se décarcasse pour faire endosser par l’UMP, avec le feu vert du président de la République qui aspire à être réélu, les trois quarts de l’ardoise des emplois fictifs de la mairie de Paris ? Et à l’approche du procès qui doit solder l’affaire, est-il malin de le titiller, lui qui n’est pas sans influence sur les choses de Justice ? Alors Jacques Chirac  a dû signer le lendemain un acte de contrition dont on ne jurerait pas qu’il soit de sa main. Chirac connaît trop sa Corrèze pour savoir que l’humour politique, entre Brive et Ussel, ce serait plutôt dans un second degré tout en retenue, dont Henri Queuille, ancien président du Conseil, fut l’indépassable orfèvre. On lui doit : «Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout.» Et surtout cette maxime, dont Jacques Chirac a fait un large usage : «Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. » C’est une des raisons sans doute qui ont fait que François Hollande ait eu le sourire modeste.          

Le 22 août 2011 à 10:21

"Nous rassemblons les ruisseaux, les ruisseaux forment les rivières, les rivières se joignent au fleuve et le fleuve finit toujours par déboucher sur la mer"

Arnaud Montebourg, Frangy-en-Bresse, 21 août 2011.

Le prétendant à l’investiture socialiste pour 2012 ne part pas favori, mais son emphase lui vaut déjà une couronne. Celle de Neptune ? C’est pas pour chicaner, mais son imagerie aquatique est quand même un peu pompée de Jaurès : « C'est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source ». Le père du socialisme démocratique a cependant pris un coup de vieux à l’ère du réchauffement climatique. Ce n’est plus l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui s’en prend à l’homme. Nonobstant la fonte des icebergs, elle n’a pas tous les torts, la mer, au regard des agressions d’une espèce humaine qui la barbouille de pétrole, la tapisse d’immondices, la décore de plastiques ou encore lui bouffe tous ses poissons. Bref « déboucher sur la mer » c’est se coltiner tous les problèmes de la planète auxquels une présidence de la République française confiée à Arnaud Montebourg ne suffirait sans doute pas. D’autant qu’icelui s’est fait le chantre de la « démondialisation ».  Autrement dit remonter du grand large libéral vers le local souverain, à grands coups de taxes douanières. C’est inverser les courants pour assécher la mondialisation. De façon plus prosaïque, on pourrait comparer la méthode à faire rentrer du dentifrice dans un tube. C’est précisément l’inverse du projet altermondialiste, visant à ce que toute la planète ait droit équitablement à l’hygiène dentaire.  

Le 4 octobre 2012 à 11:26

J'avais des hauts, j'avais des bas

j'avais plus ou moins chaud

Je dis pas ça pour râler, mais c'est Mitt Romney qui a remporté le débat. Les juges l'ont déclaré vainqueur à l'unanimité par ippon dans le troisième round. Ça a l'air super important. Quelque part, aux Etats-Unis, peut-être à Punxsutawney mais peut-être pas, d'ailleurs ce n'est pas le sujet, il y a des gens, ils sont, je ne sais pas, représentants en articles de toilettage canin, ou compositeurs de musiques d'attente pour administrations municipales, je ne sais pas, je ne les connais pas vraiment, des gens qui se disent "ah tiens, j'allais voter Obama, mais il a perdu le débat". Ils n'ont pas regardé, hier soir, leur fils cadet Polgar avait une répétition avec son club de ballet, ils ont dû aller le récupérer avec le 4x4 parce que leur fille aînée Gunda avait cassé l'autre voiture en sortant du garage, depuis elle est consignée (mais il faut aussi dire que j'ai une vision des Etats-Unis principalement basée sur les sitcoms des années 90)(sauf pour les prénoms), mais ils ont entendu dire à la radio qu'Obama avait perdu le débat et, du coup, ils vont plutôt voter pour Ralph Nader. Parce que bon, perdre le débat, quand même, ça ne se fait pas, ce n'est pas comme ça qu'on nous a éduqués (rires).    Et c'est pile leur voix qui va faire balancer le Connecticut (ou l'Indiana, je ne suis pas raciste) et ainsi faire pencher la balance, et c'est quand même ballot parce que d'habitude, ils n'écoutent jamais la radio mais là Ramuncho, leur labrador, a appuyé par inadvertance sur le bouton en essayant de ratrapper le frisbee que lui lançait Hans, le voisin noir homosexuel handicapé. Alors bon, quand on voit les milliards que les candidats investissent malgré la crise dans leurs campagnes pour tout perdre sur une blague mal placée en deuxième partie de débat, je me dis que finalement, on aurait mieux fait d'organiser directement des championnats du monde de débat, et à la fin le gagnant est président et tout le monde s'embrasse.

Le 22 avril 2012 à 09:31

Pour ou contre 18 heures 30

Dernière polémique avant fermeture (des bureaux de vote)

Il fallait s'y attendre, à l'heure où s'achève la campagne pour le premier tour de l'élection présidentielle, une ultime polémique s'ouvre. La technologie, éternelle responsable de nos maux les plus divers, nous précipite vers l'anarchie. Et l'on va bafouer la Loi, et l'on va dénaturer le vote des Français. De sales petits opportunistes voudraient annoncer le résultat de l'élection avant l'heure, dont tout le monde sait que ce n'est pas l'heure. D'abord, l'ennemi est à l'extérieur, un étranger pour tout dire. Un étranger francophone, mais un étranger tout de même. Suisse, Belge, quoi d'autre ? Anglais aussi, probablement, les Anglais (et qui plus est sont en grand nombre anglophones) ont toujours un sale truc à se reprocher dans les vilaines histoires. Des sites d'information, et ce tout à fait légalement puisque non soumis à la loi française, iraient pérorer le nom du vainqueur privant nos chaînes nationales de la primeur de notre information. Ah ! Misère ! On joue contre nous avec nos propres lois. On se croirait en Europe !Mais l'ennemi est également intérieur, comme si la coalition belgo-helvétique ne suffisait pas. Dès 18 heures 30, les serins du Web, professionnels et amateurs iraient gazouiller le nom des finalistes dans leur cuicuiteur, sur la page de leur « livre à figures », alors même qu'à certains endroits de l'Hexagone (il paraît que c'est dans les coins que l'on s'arrête le plus tôt) les gens n'ont pas fini de voter. Imaginez donc que cela incite les abstentionnistes à se déplacer en nombre ! Que deviendrait l'élection sans abstention ?Aussi, que ne promulguons-nous un décret interdisant purement et simplement 18 h 30. Dès 6 heures du soir, le temps s'arrêterait pour ne reprendre qu'à 20 heures et le tour serait joué.On se demande vraiment à quoi ils pensent au gouvernement.

Le 9 mars 2012 à 08:50

"Nous voterons Sarkozy parce qu'il y a quelque chose d'indéplaçable en lui, parce qu'il pose franchement cette question : de quelle vérité l'homme est-il capable ?"

Igor et Grichka Bogdanoff, Le Parisien, 9 mars 2012.

Les deux plus fameuses protubérances mentonnières de l’univers connu, viennent d’apporter au Président-candidat, un soutien qui va lui faire chaud dans les tuyères. Un soutien cosmique à tous égards.  Il faut être capable de penser en cinq dimensions (au moins) pour justifier la réélection d’un sortant au motif qu’il est « indéplaçable. » A notre misérable échelle humaine, on pense qu’au terme de cinq ans à un poste où il n’aurait pas spécialement brillé – à en croire des sondages terrestres divers et concordants – son déménagement définitif de la rue du Faubourgg Saint-Honoré serait d’une logique démocratique banale. Errare ! Ces anciens présentateurs de l’émission « Temps X » sur TF1 (une sorte de journal  de la science hard), sont les messagers d’une opinion intersidérale attribuant à Nicolas Sarkozy l’immanence définitive tant sa masse développe d’énergie :  E= M6, si l’on préfère résumer d’une équation cette brève vulgarisation de la pensée bogdanovienne. Assurément un homme qui descend parmi les hommes, pour leur délivrer des vérités dont ils ne seraient pas rendus compte par eux-mêmes,  leur démontrer qu’en osant tout on peut tout, alors oui cet homme-là est d'une autre dimension. Et on ne s’en débarrasse pas comme ça, sur le coup d’une humeur électorale. Un de ses prédécesseurs n’a toujours pas été déplacé de la croix où des jaloux l’avaient cloué.

Le 1 janvier 2012 à 00:00
Le 17 décembre 2011 à 08:23
Le 16 février 2012 à 10:39

« Le débat de la prochaine présidentielle ne se jouera pas droite comme gauche, euh, droite contre gauche. »

Nicolas Sarkozy, TF1, mercredi 15 février 2012

Pour un candidat-président qui allait « cliver » à mort durant la campagne afin de transformer le « Flanby » socialiste en bouillie de chat, pas étonnant qu’il se soit mélangé les pinceaux.  En se lançant officiellement dans la bataille, il s’est métamorphosé en président au dessus des partis, des syndicats et même des « élites », qui ne décidera plus de rien à l’avenir sans « donner la parole au peuple. » Promis, juré, craché. Et le peuple, c’est malheureux mais c’est ainsi, comprend des gens de gauche. Alors, évidemment, les référendums à venir – déjà trois au compteur - mieux vaudrait qu’ils transgressent les camps politiques sur des sujets bien tordus, s’il ne veut pas qu’à chaque fois les électeurs se remobilisent sur le  mode « Dégage ! »  Enfin, s’il est réélu. Car d’ici là, il y a du boulot. On ne dira jamais assez le stress du président qui se succède à lui même. Une seule exception : Mitterrand en 1988. Sarkozy en 2012 serait plutôt dans le mimétisme giscardien. Ce qui n’est pas le bon choix quand on se souvient de ce qu’il advint en 1981. Mais la peur de perdre peut être mauvaise conseillère :  il a ainsi opté pour un slogan de campagne : « La France forte ! »,  quasi identique à celui de Giscard voici trente ans : « Il faut une France forte. » C’est sans doute ce qui explique l’autre lapsus de son annonce de candidature, quand il a failli dire qu’il concourrait pour un  second « septennat. »

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication